35ème festival de Deauville et palmarès (4-14 septembre 2009)
Pour la première fois, Laterna Magica se rendra à Deauville pour son festival du cinéma américain, le temps du dernier week-end seulement, mais avec quand même l’idée de partager avec vous nos sentiments sur les films vus en cette occasion.

Cette année, l’invité d’honneur du festival n’est autre que celui qui aura incarné Han Solo et Indiana Jones, Harrison Ford. Des hommages seront également rendus aux acteurs Andy Garcia et Robin Wright Penn, ainsi qu’au réalisateur Robert Aldrich et aux Rois de la comédie, les ZAZ David Zucker, Jim Abrahams et Jerry Zucker.
Mais avant de penser aux Planches, présentons en quelques mots les longs-métrages sélectionnés pour cette 35ème édition.
Tous les films ne nous sont pas inconnus. Deux ont même déjà été chroniqués en ses pages suite à leurs présentations dans les sections parallèles du Festival de Cannes (Humpday à la Quinzaine, Precious à Un Certain Regard), et d’autres ont déjà eu les faveurs de quelques autres prestigieux festivals (Sundance, Berlin), ce qui leurs permettent de débarquer à Deauville précédés de flatteuses réputations.
Cold Souls de Sophie Barthes

Synopsis officiel : Paul Giamatti, célèbre acteur américain, est en pleine crise existentielle. Il se cherche, peinant même à trouver le ton juste lors des répétitions de sa prochaine pièce, “Oncle Vania” de Tchekhov. Il entend alors parler de la “Banque des Ames”, laboratoire privé proposant un service des plus intrigants : soulager les patients de leur âme. Séduit, il décide de procéder à l’ablation de son âme. S’en suivent des réactions en chaîne dont il n’imaginait pas l’ampleur…
Ce que nous savons : La consonnance française du nom de la réalisatrice n’est pas un hasard. Sophie Barthes est née en France mais elle a grandit aux Etats-Unis et en Amérique du sud. Cold Souls est son premier long-métrage, après deux courts (Zimove vesilya en 2004, Happiness en 2006). Sélectionné à Sundance au début de l’année, Cold Souls nous intrigue au moins pour son pitch mais aussi, et même surtout, parce qu’il est porté par cet acteur génial qu’est Paul Giamatti…
Harrison Montgomery de Daniel Davila

Synopsis officiel : Ricardo, un petit délinquant qui doit de l’argent à un chef de gang, a trouvé refuge dans un immeuble résidentiel délabré. Il se lie d’amitié avec une jeune fille dont la mère est sous la coupe d’un homme violent. Ils découvrent qu’un de leur proche voisin, Harrison Montgomery, cache un secret qui pourrait bien régler tous leurs problèmes.
Ce que nous savons : Il s’agit du premier long-métrage de Daniel Davila. Le personnage éponyme est incarné par Martin Laudau, acteur qui débuta sous le regard d’Alfred Hitchcock dans La Mort aux Trousses et qui accèdera à la notoritété quelques années plus tard grâce à la série télé Mission : Impossible. Lauréat de l’Oscar du meilleur second rôle en 1994 pour son incarnation de Bela Lugosi dans l’Ed Wood de Tim Burton, nous avons eu l’occasion de le revoir dernièrement dans La Cité de l’ombre.
Humpday de Lynn Shelton

Synopsis : Un soir de beuverie, deux vieux amis hétéros se lancent le pari de jouer ensemble dans un film porno gay mais artistique…
Ce que nous savons : Présenté à Cannes en mai dernier dans le cadre de la Quinzaine des réalisateurs, Humpday sortira sur les écrans français dès le 16 septembre. Vous pouvez déjà en lire notre chronique
Precious de Lee Daniels

Synopsis officiel : Lorsqu’à seize ans, Precious apprend à lire et à écrire dans une école alternative, un monde nouveau s’ouvre à elle. Un monde où elle peut enfin parler, raconter ce qui l’étouffe. Un monde où toutes les filles peuvent devenir belles, fortes, indépendantes. Comme Precious…
Ce que nous savons : Grand vainqueur du dernier festival de Sundance (Grand Prix, Prix du public, prix spécial du jury), Precious est reparti bredouille de Cannes ou il était présenté dans la section Un Certain Regard, non sans avoir provoqué quand même un certain effet sur la Croisette. Le film est formidablement porté par cette jeune actrice amateur et atypique, Gabourey Sidibe, et qui ne devrait pas manquer d’attendrir les festivaliers des Planches de Deauville. Les chanteurs Lenny Kravitz et Mariah Carrey (méconnaissable dans le film), qui avaient déjà travaillés avec Lee Daniels, apportent leurs contributions via de petits rôles tout à fait intéressants. Pour en savoir plus, retrouvez notre chronique cannoise…
Shrink de Jonas Pate

Synopsis officiel : Henry Carter est un psychiatre vivant sur les riches collines de Los Angeles et ayant une clientèle très sélect, composée notamment d’acteurs, d’écrivains, d’agents névrosés… Un jour, il se voit confier un nouveau patient : une jeune adolescente troublée et fascinée par le monde du cinéma alors que lui est de plus en plus las de cet univers.
Ce que nous savons : Kevin Spacey revient à Deauville, un an après la présentation hors-compétition de Recount, téléfilm réalisé par Jay Roach et qui évoque le recomptage des voix de l’état de Floride lors de la réélection de George W. Bush.
Jonas Pate est l’auteur de deux longs-métrages coréalisés avec son frère Joshua à la fin des années 90, The Grave (inédit en France) et Le Suspect Idéal (1998), petit polar avec Tim Roth pour lequel nous conservons un bon souvenir.
Sin Nombre de Cary Fukunaga

Synopsis officiel : Sayra, une adolescente hondurienne, retrouve son père. Une occasion pour elle de réaliser son rêve: vivre aux Etats-Unis. Le Mexique est la première étape d’un voyage au cours duquel se succèderont des événements inattendus.
Ce que nous savons : Sin Nombre est le premier long-métrage de Cary Fukanaga. Le jeune cinéaste a remporté le prix du meilleur réalisateur américain lors du dernier festival de Sundance. Sin Nombre y a également reçu le prix de la meilleure photographie, attribué au chef opérateur du film, Adriano Goldman. Le sujet de ce long-métrage, son contexte mexicain surtout, nous font nous souvenir de Maria, pleine de grâce, le superbe film de Joshua Marston, grand vainqueur de l’édition 2004 du festival de Deauville…
The Good Heart de Dagur Kari

Synopsis officiel : Jacques, patron de bar, décide de prendre sous son aile Lucas, un jeune SDF. Sachant que ses jours sont comptés, Jacques, qui a été victime de plusieurs crises cardiaques, demande à Lucas de s’occuper de l’établissement.
Ce que nous savons : The Good Heart est réalisé par le cinéaste islandais Dagur Kari, dont ses deux premiers films, Noi Albinoi et Dark Horse ont été deux belles découvertes. Tourné aux Etats-Unis, The Good Heart est porté par Paul Dano, acteur que Deauville à découvert dans Little Miss Sunshine et qui a depuis été impressionnant face à Daniel Day Lewis dans There Will Be Blood de Paul Thomas Anderson. A noter au casting, la présence de la française Isild le Besco mais aussi de Stephanie Szostak, actrice qui débuta sous la direction de Sophie Barthes (réalisatrice de Cold Souls, également en compétition à Deauville), dans le court-métrage Zimone Vesilya…
The Killing Room de Jonathan Liebesman

Synopsis officiel : Quatre personnes acceptent d’être les cobayes d’une expérimentation scientifique. Elles vont découvrir peu à peu qu’elles sont en fait les sujets d’un programme gouvernemental classé top secret.
Ce que nous savons : après un premier film d’horreur à petit budget (Nuit de Terreur), le réalisateur d’origine sud-africaine Jonathan Liebesman s’est vu enrôlé par Michael Bay et sa compagnie Platinum Dunes pour mettre en scène le prequel de Massacre à la tronçonneuse (Massacre à la tronçonneuse : le commencement). The Killing Room devrait logiquement faire frissoner les festivaliers. Potentiellement le film le plus violent de cette 35ème édition du festival. Au casting, Chloë Sevigny, plus vu au cinéma depuis le remake de Sisters et Zodiac de Fincher ; Peter Stormare, un des acteurs fétiches des frères Coen, et Cléa Duvall, découverte dans The Faculty et également vue dans Zodiac.
The Messenger d’Oren Moverman

Synopsis Officiel : Jeune officier, Will Montgomery est chargé d’une mission délicate : annoncer aux familles la nouvelle du décès d’un des leurs au combat. Il est formé par Anthony Stone, un partenaire de travail avec qui les relations sont tendues…
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Ce que nous savons : Prix du scénario à Berlin au printemps dernier, The Messenger à bouleversé les festivaliers allemands. Oren Moverman signe là sa première réalisation mais on le connait en tant que scénariste puisqu’il est l’un des auteurs de deux superbes films, Jesus’son d’Alison McLean et I’m Not There de Todd Haines. A Berlin, Woody Harrelson (pour le rôle d’Anthony Stone) était préssenti pour le prix d’interprétation. Le personnage de l’officier Montgomery est incarné lui par l’excellent Ben Foster (3h10 to Yuma, Alpha Dog, Otage etc.). Egalement au casting, Samantha Morton, qui fut une des héroïnes de Jesus’son, et que l’on aussi vu dans Control, Minority Report ou encore Accords et Désaccords).
World’s Greatest Dad de Bobcat Goldthwait

Synopsis officiel : Lance Clayton se rêvait en écrivain riche et célèbre mais il n’est que professeur de poésie dans un lycée de banlieue. Son fils unique Kyle est un adolescent pervers qui lui rend la vie compliquée. Le jour où Kyle est victime d’un accident très insolite Lance peut enfin réaliser son rêve mais au prix d’un secret encombrant…
Ce que nous savons : Bobcat Goldthwait est l’auteur de l’audacieuse comédie Juste une fois, dans lequel une jeune femme épanouie confesse à son fiancé avoir expérimenté la zoophilie avec son chien, un soir d’ennui dans ses plus jeunes années… Le gout de l’insolite, de la perversité et des secrets encombrants n’est donc plus tout à fait à démontrer de la part du réalisateur. Mais voilà notre appétit aiguisé, persuadé que l’on est d’avoir affaire à une comédie qui risque là encore fortement de sortir des sentiers battus. Le film est en plus porté par un maître de comédie pas toujours bien exploité… Robin Williams ! Le cocktail peut être détonnant…
Youth in revolt de Miguel Arteta

Synopsis officiel : Nick Twisp, un adolescent de quatorze ans, tombe éperdument amoureux de la très belle Sheeni Saunders lors d’un séjour dans un camp de vacances. Sheeni est une jeune fille non conformiste mais sa famille, la distance qui les sépare et ses anciens petits amis jaloux font tout pour les séparer. Nick abandonne sa vie monotone et crée François, un double à l’esprit retors, qui est prêt à tout pour être avec Sheeni, quitte à semer le chaos…
Ce que nous savons : On doit déjà à Miguel Arteta deux films doux-amers plutôt réussis, Chuck & Buck (2000) et The Good Girl (2002). Pour cette histoire d’amours adolescentes contrariées, le cinéaste convoque quelques acteurs à la mode, Michael Cera (Juno, Superbad, Nick & Norah’s infinite playlist), Justin Long (Die Hard 4, Zack & Miri makes a porno, Jusqu’en Enfer), ou encore Zach Galifianakis, une des révélations de Very Bad Trip. Egalement à l’affiche, Ray Liotta et Steve Buscemi pour un casting qui a décidément de l’allure. Les jeunes actrices du films, dont Portia Doubleday seront à suivre..
Egalement au programme en avant-première
500 jours ensemble de Marc Webb
Black Dynamite de Scott Sanders
City Island de Raymond de Felitta
District 9 de Neill Blomkamp
Entre Nos de Paola Mendoza et Gloria La Morte
Me and Orson Welles de Richard Linklater
Hors du temps de Robert Schwentke
Hôtel Woodstock d’Ang Lee Lire notre chronique
Julie et Julia de Nora Ephron
Personnal Effects de David Hollander
La Proposition d’Anne Fletcher
Like Dandelion Dust de Jon Gunn
The Informant de Steven Soderbergh
The Private lives of Pippa Lee de Rebecca Miller
The Open Road de Michael Meredith
Ultimate Game de Mark Neveldine et Brian Taylor
Wonderful World de Josh Goldin
Les Docs de l’Oncle Sam
Boy Interrupted de Dana Perry
Facing Ali de Pete Mccormack
Food, Inc. de Robert Kenner
It Might Get Loud de Davis Guggenheim
Nightmares in Red, White & Blue : the Evolution of the American Horror Film d’Andrew Monument
Outrage de Kirby Dick
The Cove – La Baie de la honte de Louie Psihoyos
The September Issue de R.J. Cutler
When you’re strange de Tom DiCillo
William Kunstler – Disturbing the universe de Sarah et Emily Kunstler
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Pour suivre le 35e Festival de Deauville, nous vous donnons rendez-vous sur Laterna Magica principalement pour le dernier week-end, du 11 au 14 septembre. D’autres blogueurs ne manqueront pas de vous faire partager leurs émotions du festival :
- Sandra pour In the mood for Deauville
- Camille pour Cinémaniac
- Mélissa pour Une Dernière Séance
- Jonathan pour Tadah !
- Brigitte pour Les Nouveaux Cinéphiles
- La Cité des Arts
- Etoiles et toiles
- Anne-Soizic et Vincent pour AlloCiné
Grand Prix
Prix du jury (ex-aequo) :
Sin Nombre de Cary Joji Fukunaga
Prix de la Révélation Cartier
Prix de la Critique Internationale
Prix Michel d’Ornano
Qu’un seul tienne et les autres suivront de Léa Fehrer
Composition du Jury : Jean-Pierre Jeunet (Président), Hiam Abbass, Emilie Dequenne, Déborah François, Sandrine Kiberlain, Géraldine Pailhas, Dany Boon, Jean-Loup Dabadie, Patrice Leconte, Bruno Podalydes
Jury Révélation Cartier : Maïwenn (Présidente), Romane Bohringer, Aïssa Maïga, Louise Monot, Nicolas Fargues, Raphaël.
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Rappel des films en compétition :
Cold Souls de Sophie Barthes Lire la critique
Harrison Montgomery de Daniel Dávila
Humpday de Lynn Shelton Lire la critique
Precious de Lee Daniels Lire la critique
Shrink de Jonas Pate
Sin Nombre de Cary Joji Fukunaga
The Good Heart de Dagur Kári Lire la critique
The Killing Room de Jonathan Liebesman Lire la critique
The Messenger d’Oren Moverman Lire la critique
World’s Greatest Dad de Bobcat Goldthwait Lire la critique
Youth in Revolt de Miguel Arteta Lire la critique
















