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Iles Lewis et Harris, deux îles en une au bout du monde en Ecosse


Les Iles Lewis et Harris, c’est cette grande île écossaise qui fait partie des Hébrides extérieures. Pour y arriver, il faut compter au minimum deux heures de bateau, ou bien prendre un petit avion. Plus à l’Ouest, il n’y a plus rien avant le Groenland…  

Iles Lewis et Harris en Ecosse ; entre lochs, mer et landes

Avez-vous lu la trilogie écossaise de Peter May ? Il s’agit d’une série policière, mais comme beaucoup de polars, elle donne surtout l’occasion d’appréhender ce qu’a pu être la vie dans ces îles au large de l’Ecosse, au climat rude et à la population clairsemée. Avec des histoires du passé qui font froid dans le dos, et qui paraît-il sont vraies, l’auteur s’étant sérieusement documenté.

Le second ouvrage en particulier, l’homme de Lewis, m’a donné envie d’aller découvrir cette île, qui a la particularité d’avoir deux noms : Harris et Lewis. Harris est la partie Sud, rugueuse à souhait, alors que Lewis offre des paysages aux reliefs plus doux et aux landes infinies. Un peu comme les hauts plateaux auvergnats.

Les deux parties  des îles Lewis et Harris sont couvertes d’une multitude de lochs. Quant à la mer, bizarrement elle prend parfois des couloirs turquoise que l’on associe d’habitude aux atolls du Pacifique.

Venus en ferry, nous avons débarqué au sud, donc à Harris, dans le minuscule port de Tarbert, et nous sommes repartis de Stornoway, la petite capitale de l’île, située au nord, donc côté Lewis. Jusque-là, vous me suivez ? Alors, je vous propose une petite balade au gré de nos errances, dans un décor qui se prête à la contemplation et à la rêverie…

Tarbert se situe tout au fond d’une baie étroite, parsemée de centaines de petits îlots.

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Bien entendu, la quasi-totalité des routes sont à voie unique. Elles sont donc parsemées des célèbres « passing places », endroit où l’on est prié de se garer pour laisser passer les rares véhicules que l’on peut être amené à croiser. Les moutons sont les rois de la route ! Ici, au sud de Harris, nous avons eu la surprise de tomber nez-à-nez avec ce véhicule de collection d’un autre âge. Un  bond en arrière dans le temps…

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Au petit matin sur Harris. La plage est déserte. Le reste de la journée aussi, d’ailleurs, il n’y a pas grand monde !

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Une barrière de sommets marque la « frontière » entre Harris et Lewis. Frontière symbolique et arbitraire, ces montagnes ne dépassent pas 800 mètres ; mais sous ce climat rude, s’y aventurer peut vite donner l’impression d’être dans l’Himalaya !

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Harris comme Lewis est dépouillée d’arbres, et la tourbe continue d’être utilisée en tant que combustible. J’ai essayé, l’odeur n’est pas désagréable, mais l’efficacité assez limitée.

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Une fois passée la barrière montagneuse de Harris, à vous les espaces infinis et les cieux tourmentés de Lewis.

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L’arrivée à Stornoway, capitale de l’île, surprend agréablement : c’est le retour à la civilisation après la traversée de déserts peu hospitaliers. Stornoway rassemble presque la moitié de la population de Lewis et Harris réunies, qui n’atteint pas les 20 000 habitants. Quand on aime l’espace, on est servi !

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Les mégalithes de Callanish sont certainement le lieu le plus ésotérique de Lewis. La plus haute frôle cinq mètres. Ces pierres datent de 4000 ans, et on se perd toujours en conjectures sur la raison de leur présence ici. Quoi qu’il en soit, au coucher du soleil, l’endroit a quelque chose de serein et de métaphysique à la fois.

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Tout près de Callanish se trouvent les ruines du broch de Dun Carloway. Un broch était une tour d’habitation à l’architecture bien pensée, avec un double mur. Une sorte de donjon, sans château-fort autour. Celui-ci date de plus de 2000 ans.

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Quelques kilomètres plus loin, à Carloway, un village de « blackhouses » a été restauré dans son jus.  Ces maisons caractéristiques des pays de langue gaélique, au confort rudimentaire, étaient conçues pour abriter à la fois bêtes et gens. Leur toit de chaume est maintenu par de lourdes pierres attachées par des cordes. Elles ont été habitées jusqu’aux années 70.

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On voit encore sur les pâturages de Lewis les célèbres vaches des Highlands. Une race extrêmement rustique et aux cornes harmonieuses, aussi belle que nos Salers !  En balade il y a quelques années dans les bocages marécageux de l’Essonne, je suis tombé sur deux vaches des Highlands. Il paraît qu’un vétérinaire vient les examiner deux fois par an, mais le reste du temps, elles sont en liberté totale…

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Nous terminons notre balade près de Tolsta, là où s’arrête la route. Tolsta est célèbre pour son « bridge to nowhere » : le pont qui ne va nulle part. La construction de ce pont fut décidée par Lord Leverhulme, celui là-même qui fonda l’empire industriel Unilever. Patron philanthrope, à la fin de la première guerre mondiale, il achète l’île de Lewis et décide d’employer les ouvriers au chômage, afin de construire un pont. C’est après seulement qu’il s’est soucié de construire une route pour y arriver ! Aujourd’hui la route y arrive bien, mais elle s’y termine. De là part un splendide sentier qui va jusqu’au Nord de l’île.

Pour la petite histoire, Lord Leverhulme voulait  doter Lewis d’une grande conserverie de poisson, mais les îliens déclinèrent son offre, et cinq ans plus tard il leur rendit tout simplement leur île !

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Les Hébrides extérieures en pratique

Notre choix pour découvrir les îles Lewis et Harris a été de louer un camping-car depuis le continent, car les hébergements à Lewis sont assez rares, chers, et pris d’assaut pendant le court été. Les campings sont assez agréables, mais il convient aussi de ne pas s’y pointer trop tard en pleine saison.

A Stornoway, le Laxdale Holiday park est bien équipé et pour les routards, on peut y arriver même à pied : compter une demi-heure depuis le centre-ville.

Sur Harris, terrain de camping rudimentaire à Seilebost, mais superbement situé.

Stornoway est bien équipée, elle compte deux grands supermarchés. Si vous aimez le poisson fumé, je vous recommande d’aller vous approvisionner chez Stornoway Fish Smoker : petite usine qui vend aussi directement au détail. Pas vraiment facile à trouver, car très discrète, la boutique se trouve entre la gare des bus et le supermarché Tesco. Mais elle en vaut la peine : saumons bien sûr fumés de tous bois, mais aussi maquereaux qui fondent dans la bouche…

Parlons aussi des trucs qui dérangent : les moustiques et autres midges, ces moucherons minuscules qui s’acharnent à la tombée du soir. Dicton écossais : pour un midge tué, 100 viennent à son enterrement… donc inutile d’amener sa tapette. N’oubliez pas votre répulsif  et achetez le en Ecosse, rien de vraiment efficace n’est disponible en France à ce jour. Heureusement, la plupart du temps le vent souffle et chasse ces bestioles.

Pour aller sur l’île Lewis et Harris : n’oubliez pas de réserver votre ferry bien à l’avance si vous venez avec votre véhicule. Tous est sur le site de la Caledonian Mac Braye : https://www.calmac.co.uk/. Leurs employés sont très sympas, ils vous dénicheront même les réductions auxquelles vous n’auriez pas pensé si vous faites des sauts de puce d’île en île. Nous avions choisi de partir de Skye, et nous sommes revenus par Ullapool, qui se situe dans le Western Ross, une des plus belles régions d’Ecosse. On en reparlera dans un autre post !

Dernier point : les Hébrides sont un des endroits où la langue gaélique résiste, mais rassurez-vous, les îliens parlent anglais et ils font des efforts dès lors qu’ils entendent notre accent français. Donc aucun souci de ce côté, et l’accueil des écossais n’est plus à vanter. Bon voyage !

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A propos de l'auteur

Pourquoi voyage t'on ? Par curiosité, par goût de l'inattendu ? Pour se faire surprendre, ou bien pour vérifier que la réalité est conforme à ce que l'on avait imaginé ? Sans doute tout cela à la fois. Le voyage, cela se prépare, mais il faut laisser aussi un peu de place à l'inconnu, ne pas hésiter à se laisser déstabiliser, à sortir de notre quotidien si prévisible. Et vous, pourquoi voyagez-vous?

Un commentaire

  1. Caro Lily on

    Merci pour l’article ! Ça n’a pas été trop difficile d’y loger ?

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