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Noël en Biélorussie, un cocktail détonant de traditions !


Voici venue la période des fêtes en Biélorussie. Sous un manteau blanc, le pays s’apprête à festoyer. Bonne chaire et retrouvailles en famille, chants et réjouissances. Mais aussi, et c’est nouveau, retour aux vieilles traditions d’antan. Les biélorusses fêteront cette année Kaliada, ancienne coutume effacée lors de la période soviétique.

Fêtes en Biélorussie: l'église catholique rouge de Minsk

Fêtes en Biélorussie: l’église catholique rouge de Minsk

Une tablée colorée. Bariolée et pleine de victuailles. Le saucisson, les salades, la Vodka bien en évidence. Le poêle qui fume doucement et le thé qui infuse lentement dans sa théière bouillante.

L’ambiance calme et classique d’un Noël en famille dans un village biélorusse.

Dehors, la température est souvent d’une dizaine de degrés en dessous de zéro. Dedans, les discussions sont animés, il fait très chaud, les toast fusent au gré des recommandations pour la nouvelle année.

Deux Noël, pour deux religions en Biélorussie


En Biélorussie, on fête Noël deux fois. D’abord, le 25 décembre, pour les catholiques, essentiellement rassemblés dans le nord-ouest du pays.

Ensuite, le 7 janvier, qui correspond à la naissance du Christ pour le calendrier orthodoxe.

Les deux jours sont fériés.

Minsk est alors endormie sous un manteau de neige : les rues sont illuminées. Les biélorusses font leurs achats de Noël. Les vitrines sont décorées. La nuit tombe vers 15 heures.

Le 25 décembre, les orthodoxes ne font pas la fête. Ils profitent simplement de la journée pour se détendre. Seuls les catholiques célèbrent le Christ : mais ils ne représentent qu’environ 14% de la population…

En fait, tout commence vraiment le 31 décembre au soir. C’est LA fête la plus importante, celle, laïque, du nouvel an.

Un héritage de l’époque soviétique, où toute fête religieuse était interdite.

Les familles parcourent parfois des centaines de kilomètres pour se réunir. Personne ou presque ne reste seul.

Dès le 31 au matin, on commence à préparer le repas du soir.

Le repas du Nouvel An en Biélorussie

Dans la cuisine, les grands-mères et les mamans s’activent, avec l’aide des petits-enfants. Dehors, la neige tombe en gros flocons, ou le ciel reste d’un gris marbré un peu plombé.

D’abord, l’entrée.

Du caviar, noir ou rouge, il est beaucoup moins cher qu’en France. Comptez 30 000 roubles pour une boîte, soit environ 8 euros.

Et puis surtout les salades. Les « salades » biélorusses sont un élément incontournable de la cuisine nationale, et qui n’a pas exactement le même sens ni la même consistance que nos « salades » françaises.

Et pour vous donner une idée, voici la recette la plus traditionnelle de la Salade Olivier, celle qui orne toutes les tables biélorusses lors du nouvel an, la salade « Olivier ». Elle tire son nom d’un français, Laurent Olivier, qui selon la légende, en aurait inventé la composition en 1960 !  Voilà ! Vous avez devant vous la salade Olivier, celle qui orna les tables des foyers soviétiques durant 70 ans, et qui reste encore très populaire aujourd’hui.

Et quand la salade Olivier n’est pas préparée, les biélorusses préparent souvent le traditionnel « Hareng sous la fourrure » ou « Hareng en fourrure » (Sieliodka pad shouboï), en fait du hareng mariné dans l’huile. Pour ceux qui souhaiteraient déguster ce plat, voici une recette russe du hareng en fourrure.

Le hareng a bien chaud, pas de doute, il est bien sous sa fourrure. Alors certes, le plat n’est pas ce qu’il y a de plus digeste, mais il est hautement traditionnel et hautement représentatif d’une période où ce genre d’aliments était réservé aux grandes occasions.

Sur la table, les salades sont disposées les unes à côtés des autres. Ainsi que le plat chaud (souvent des pommes de terre et de la viande de poulet ou de canard cuite au four avec des pommes).

Tout le monde se met à table vers huit heures le soir. Le grand-père est le premier à lancer la soirée avec son toast.

Ensuite, chacun mange à son rythme et picore dans les plats disposés sur la table. Les verres sont remplis de Vodka. La télévision est branchée et diffuse un interminable concert qui rassemble toutes les stars pop du moment.

Vers 23h30, tout le monde se lève, et sort dans la rue.

La ville de Minsk qui semblait jusque là endormie fourmille alors. Tout le monde se rassemble au centre ville pour assister au feu d’artifice. A minuit, tout le monde rentre à la maison pour sabrer le champagne soviétique (c’est son nom !!) et entamer les tartes. De grosses tartes pleines de crème, qui n’ont rien à envier de ce côté-là à la cuisine allemande.

Paysage hivernal près de Minsk

Paysage hivernal près de Minsk

Et l’on se gave ainsi jusqu’au matin !

Cadeaux du nouvel an en Biélorussie

A Noël en Biélorussie, que ce soit le 25 décembre ou le 7 janvier, les petits biélorusses n’ont pas de cadeaux.

Ils ne les reçoivent que le 1er janvier au matin, au pied du sapin.

Souvent des cadeaux utiles, du shampoing, des vêtements, très rarement des cadeaux uniquement divertissants.

S’ils ne dorment pas dans la nuit du nouvel an en Biélorussie, ils ont parfois la chance de croiser « Died Maroz », le « père du gel », et sa hotte pleine à craquer.

Les enfants profitent aussi de cette nuit de liberté pour aller s’amuser dehors : saut à ski, patinage, luge, c’est le grand défoulement.

Noël orthodoxe en Biélorussie

Mais en cette période post-soviétique, les traditions sont en pleine évolution, voire en plein bouleversement.

A tel point que nous sommes dans un moment de flottement, où chacun tente de reprendre ses marques et de se réapproprier les fêtes de fin d’année.

Les orthodoxes notamment. Le renouveau de la religion, si longtemps interdite, est fulgurant. A Noël, le 7 janvier, les églises sont pleines.

Et il n’ ya pas que des personnes âgées. Des familles entières passent la nuit aglutinées dans des bâtiments religieux pas assez vastes pour contenir la ferveur populaire.

La messe commence à minuit. Elle dure jusqu’au matin, dans une complexe liturgie.

Certains pleurent d’émotions. D’autres tombent à genoux, comme en extase. D’autres encore sont plongées dans des méditations profondes, insensibles au brouhaha extérieur.

L’Eglise joue en Biélorussie un rôle fondamental de maintien du lien social. Des gens très pauvres s’y retrouvent. Des femmes sans âge y restent des heures debout, ou appuyées sur leurs cannes.

80% de la population est orthodoxe. Ils sont des centaines de milliers à se rendrent à la messe ce soir-là. Et des centaines de milliers d’autres devant leur poste de télévision, où l’office de la cathédrale de Minsk est diffusé en direct.

Une autre messe commence ensuite à 6h le matin, et se termine à 10 heures.

Kaliada, ou le renouveau de la tradition ancestrale biélorusse

A l’origine, Kaliada est une fête païenne… Les biélorusses du moyen âge fêtaient le 25 décembre le solstice d’hiver, le retour des jours qui s’allongent.

La fête durait en fait du 22 au 25 décembre. Elle coïncidait aussi avec le début de la nouvelle année agraire.

Le 22 décembre, dans les villages, on fêtait Kaliada, la mère du soleil. En son honneur, on préparait alors un grand dîner végétarien sur une nappe en paille, symbole de fertilité et d’abondance. Et l’on passait à table à l’apparition de la première étoile dans le ciel.

Depuis, la christianisation est passée par là. Et les chrétiens, plutôt que d’interdire purement et simplement la fête, l’on fondue et assimilée à la naissance du Christ le 24 décembre au soir.

Sans pour autant anéantir toutes les traditions qui y sont liées. Comme les chants et danses des enfants.

Avant la période soviétique, des groupes de jeunes gens se rassemblaient entre le 24 décembre et le 6 janvier.

Les ados et les enfants découpaient et décoraient une étoile en carton et la recouvrait d’un papier doré.  Puis, cette étoile était accrochée au sommet d’un bâton.

Un jeune homme se déguisait en grand-père (le chef de la bande de Kaliada) et arborait une barbe en lin, tissu traditionnel biélorusse.

A côté de lui, un autre enfant se déguisait en chèvre (masque de chèvre et fourrure portée à l’envers).

Un tsigane, un musicien, une veuve et un « porteur de sac » les accompagnait.

Ils allaient ainsi frapper de maisons en maisons.

La chèvre dansait et chantait…. Puis tombait.

Tout le monde s’inquiétait et le maître de maison devait la soigner en lui donnant à manger ou des cadeaux. Quand la hotte du porteur de sac était pleine, les enfants allaient chanter et danser ailleurs.

Kaliada était en tout cas un acte fédérateur dans la communauté. Et d’après beaucoup d’ethnographes, il était un moment de paix et de fraternité très important dans un contexte politique et économique pour le moins agressif.

La période soviétique a effacé et interdit ce genre de fêtes. Depuis l’année dernière, les agences de presse biélorusses relatent la réapparition, dans tel ou tel village, de « bande de Kaliada » à la fin décembre.

Les fêtes en Biélorussie méritent donc un petit détour !

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A propos de l'auteur

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2 commentaires

  1. Aliosha on

    J’adore Minsk, une ville d’origines anciennes mais qui n’a pas conservé beaucoup de monuments et palais historiques, parce que la ville a été presque complètement détruite pendant la deuxieme guerre mondiale.
    A présent Minsk est une ville moderne, sur les bords du fleuve Svisloch (affluent de la Bérézina), un important centre industriel et culturel, avec beaucoup de boulevards bordés d’arbres, petits lacs artificiels, parcs et jardins, et avec des edifices en style moderne, mais très agréables.

    Seulement le centre historique a été reconstitué en cherchant de conserver le vieux style et dans cet coin, en Place de la Liberté, on trouve encore les restes d’une vieille église orthodoxe du XIIè siècle et quelques couvents en style baroque du XVIIè et de XVIIIè siècle
    Intéressants à visiter c’est le Palais de la Culture du syndicat, le Palais du Cinque de Minsk (un des plus grands d’Europe) près le parc Yanka Koupala , la Cathédrale de Saint Dukhawski et la voisin petite Église de Saint Bernardine, l’Église Polonaise Catholique de Saint Simon avec un clocher rouge, le Conservatoire national de musique et le Théâtre Yanka Koupala.

    Très intéressant à visiter c’est même le Musée de l’histoire de la Grande Guerre Nationale, ou on trouve une collection de presque 80.000 pieces relatifs aux combats de l’Armée Rouge et des partisans biélorusses contre les allemands pendant la deuxieme guerre mondiale

  2. Sandrine Monllor on

    Ton article est très agréable à lire et riche d’informations sur les fêtes de Noël et les traditions biélorusses. C’est d’autant plus appréciable que ce pays pâtit injustement d’une mauvaise réputation de « dernière dictature d’Europe », de « pays misérable »… et j’en passe. Evidemment, son attractivité est peut-être moins évidente que celle d’autres pays plus « médiatiques » et touristiques, mais c’est aussi ce qui fait tout l’intérêt de dépasser les préjugés et de partir à la découverte d’un monde moins connu, moins lisse eu feutré …

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