Regard sur la situation des orphelinats en Roumanie

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Quelle est donc la situation des orphelinats en Roumanie ? Après la chute du régime de Ceausescu, la terrible situation des orphelinats en Roumanie est apparue au grand jour et a suscité une (trop légère) indignation en Europe et dans le monde.

L’une des premières solutions adoptées par la Roumanie fut en effet d’ouvrir les valves de l’adoption sans  respect de certaines mesures de précaution, ce qui a généré commercialisation de l’adoption et quelques scandales notamment aux Etats-Unis où des enfants adoptés en Roumanie ont été maltraités et sont morts …Il y avait au début des années 90 en Roumanie une situation d’extrême misère dans les orphelinats. Le pays exsangue n’avait pas pour désir, moyen, ni objectif d’investir dans les actions sociales en direction de ces oubliés, souvent malades ou retardés mentaux graves, dont personne ne pouvait vouloir et qui vivaient dans le plus complet dénuement, souffraient non seulement de mauvais soins, de malnutrition. Sans oublier aussi  ce triple abandon par leurs parents, qui répondaient souvent à la politique nataliste insensée de Ceausescu, par le système et par les institutions et les trop rares personnels chargés de les faire tourner… Retour sur la situation des orphelins roumains.

 

La mort du système n’est pas encore la fin des moeurs totalitaires, constatait le penseur polonais Adam Michnik. Songeant à la Roumanie que je découvrais pour la première fois il y a 8 ans, il semblait que nul propos n’était mieux adapté aux événements courants qui traversent cette terre dans sa chair et dans son sang. Ce récit a été écrit en 2001 et heureusement, certaines choses ont changé.

 

Comment se détourner vraiment de ces réalités quand les hasards de tribulations vacancières nous ont confrontés, malgré nous et avec un sentiment non moins désagréable de voyeur, à la mesure de la misère humaine et à l’horreur qu’a pu engendrer la folie d’un homme comme Ceausescu ? Qui n’a d’ailleurs pas un jour entrevu la situation sinistre du pays par l’oeil complaisant des médias qui s’employaient à montrer quelque image immonde d’un orphelinat avec ses rats croupissant dans une attente sans espoir ?

Une fois ce plus, cet écrit n’attend rien de ses lecteurs, il est juste une respiration comme tentative d’appréhension, si ce n’est de compréhension. Il se veut le cheminement et le partage de souvenirs qui font partie de moi et que je ne saurais oublier même en essayant, que je ne dois absolument pas oublier !

Chronique d’événements quotidiens dans un orphelinat roumain

21h. C’est notre deuxième soirée passée à Bucarest en compagnie de D., mon ami et correspondant fidèle. A cette heure là, où nous rejoignons le Petit Théâtre pour une représentation dont nous ne savons quasiment rien, Bucarest montre son agressivité, ses chaussées défoncées, ses immeubles aux béances sinistres dont les pierres abritent les abandonnés du système, ses rôdeurs et ses ombres sans visage, ses âmes du Néant qui semblent hanter les lieux plus encore quand les pans de ciel mauve du crépuscule s’abattent sur la ville encore incendiée dans ses tripes par un soleil de plomb… Par endroit, Bucarest est une ville où la peur est tenace et nous violente intérieurement. L’arrivée au théâtre est comme un soulagement. Une rupture soudaine. Je revois la petite salle, sombre et vétuste, aux fauteuils de velours rouge rongés par l’humidité et mal assurés qui grinçaient quand on s’y installait après avoir été guidé sans un mot à nos places respectives par un homme en habit gris. Ici, il ferait presque froid dans un décor peu engageant et vieilli. Juste le temps d’observer un public clairsemé, d’âge composite en majorité féminin. Puis l’obscurité envahissante, submergeant nos émotions. La lente procession des acteurs portant des cierges. La déclamation des poèmes que je ne pouvais pas comprendre mais dont l’intention m’était malgré tout accessible. Au fil de cet étonnant voyage sur fond de deuil, de nuit, de mort, d’abandon, je pressentais les fluctuations d’une prodigieuse énergie semblable à la fois au fleuve capricieux et au ciel menaçant. Là saisi dans ces remous qui croissent, s’apaisent un temps, diffèrent leur éclat avant de frapper à vos tempes, de refluer et de mourir ou de se calmer seulement ; là, saisi par l’aventure organique des éléments que la seule voix parvient à restituer avec subtilité, avec maîtrise, avec une puissance fracassante, comment n’être pas envoûté, transporté, défait ?

Prodige de la Troisième Lettre du récital de Mihai Eminescu, le dernier des romantiques, révéré en Roumanie mais dont l’oeuvre, selon Dan, semble sacrifier la sacro-sainte profondeur et l’ondoyante vérité d’un vécu dans tous ses états aux rhétoriques complaisantes et suspectes. Vous avez trop à l’aise lacéré ce pays, Trop jeté sur notre peuple honte, discrédit, Trop bafoué la langue, les us, les ancêtres, Pour cacher ces visages de canailles et de traîtres. Un seul mobile c’est le gain sans peine aucune. La vertu ? Une sottise ! Le génie ? Infortune !. Apostrophes incendiaires réveillant la haine du tyran, de l’usurpateur et de sa folie des grandeurs à travers de chacun de ses avatars. Auront-elles suffi à maintenir vivante la fierté d’un peuple qui n’a que ce sentiment pour avancer dans l’incertitude et la pauvreté décadente ? Je garde pourtant de cette tirade un souvenir puissant qui synthétise un peu l’impression que j’ai vécue, l’après-midi même, lors de ma visite d’un de ces orphelinats dont j’avais eu écho, où a un temps travaillé la tante de Dan et qu’il nous a proposé de découvrir par l’entremise de son père sans le masque de la censure des caméras de notre Europe.

Les orphelins roumains : des visages sans nom ni âme …

orphelin roumanieCar en vous écrivant ces mots, je pense aux centaines et milliers de visages qui des décennies durant – et aujourd’hui encore 16 ans après la chute du Conducator Ceausescu -, se sont fermés aux autres et à eux-mêmes. Des visages me pénètrent, sans la moindre velléité de dignité, subissant sans se rebeller, étrangers à leur propre vie et à leurs propres corps. Ce sont les visages des orphelins d’un établissement, aux marges de Bucarest que nous avons gagné en taxi R12 et que nous avons visité dans la journée grâce à un rendez-vous obtenu par l’influence du père de Dan. Des poussières de vie, mais qui se préoccupe des poussières ? Sinistre et révoltante, cette maison d’ombres déploie dans toute sa crudité une saleté pestilentielle, l’absence de tout et des enfants condamnés à vie, prisonniers reclus en des salles qui ne ressemblent à rien et que surveillent des matons. Cent vingt cinq garçons âgés de trois à dix huit ans venus de tous les coins du pays vivent ici dans des conditions que vous ne pourriez imaginer. Ces « vermines », comme on les appelle souvent, y croupissent, puisque partout c’est la misère noire. Sur l’ensemble, seul une vingtaine sont de vrais orphelins ; les autres provenant de familles dont les parents désunis, démunis, asociaux ou à problèmes, ne peuvent supporter la charge d’un 7ème, 10ème ou 14ème enfant ! Et parmi eux, près de la moitié sont des déficients mentaux légers ou plus graves, des handicapés ou des malades séropositifs ou tuberculeux. Ils sont les « enfants de la honte », résultat d’une folie programmée que même les années de la transition ne peuvent enrayer !

Là-bas, quelle que soit la saison, il n’y a rien. C’est atroce. Pas d’argent. Pas de vêtement. Pas de chaussures. Pas de jouet. Pas de chauffage en hiver malgré un seul vieux poêle chargé de chauffer des centaines de mètres carrés. Il est facile de repérer un orphelin dans la rue. Il ressemble aux rats, l’esprit chien fou en moins, mais lui vit dans une prison qui est aussi physique, sali par la poussière ou la saleté, vêtu de guenilles, d’un uniforme râpé sans bouton dont il ne change jamais, y compris des robes pour des garçonnets. Quelle différence ? Dans ces conditions d’hygiène épouvantables, ces enfants élevés sans aucun amour, aux séquelles mentales ou physiques devenus irréversibles par manque de moyen et de médicaments pour les soigner : quels hommes peuvent-ils devenir, à quel avenir peuvent-ils se raccrocher ? C’est la guerre sans cesse : les grands font la loi, menaçant les petits, les battant avec souvent une violence inouïe qui rappelle celle qu’ils ont subie dès le bas âge, leur volant le peu de nourriture, le pain noir ou le bol d’eau sale qu’ils ont pour s’alimenter. Ces petits bouts de choux au regard triste et vide restent sans la moindre protection et acceptent sans broncher, sans même plus pleurer, tandis que la seule fonction des surveillants, armés de bâtons et forts de mots et de noms insultants, est d’empêcher les passages à tabacs et les trafics… On voit ce qui est en général caché au touriste et nos yeux ont peur de ce qu’ils voient comme spectacle de la honte.

Dan nous présente au directeur actuel, Ion Buleandrea, comme des amis « français » de sa famille venus découvrir la Roumanie pour la première fois. Etre « Français » en Roumanie, quand on connait les liens et l’admiration des Roumains pour notre pays et notre culture, est un signe de distinction et le gage d’un accueil particulier, plus chaleureux. Le directeur semble un homme bienveillant en apparence, mais totalement dépassé qui fait ce qu’il peut avec rien. Il n’a pas comme son prédécesseur conservé l’esprit du régime Ceausescu, mais que pourrait-il faire, si ce n’est nous montrer précisément l’état des lieux pour que nous comprenions à quel point rien n’est possible dans les orphelinats roumains. Ce dernier nous propose donc assez vite et à notre grande surprise une visite guidée – chose rare pour des touristes favorisée par la présence de Dan – en nous avertissant de garder le coeur bien accroché car tout ce qui nous attend dépasse l’entendement. En marge de la ville, l’orphelinat se déploie dans un paysage de désolation, entouré d’herbe rêche, rase et sans entretien où quelques cochons nourris par les infirmières sont abattus pour constituer le peu de viande que les enfants reçoivent. Le jour où le cochon est servi avec une orange comme dessert est un jour béni. Le repas des rois pour lequel les grands seraient prêts à s’entre-tuer. Dire qu’il y a dix ans, les conditions étaient meilleures que pour les garçons de l’extérieur et aujourd’hui, l’ordre est inversé. Dans les rues, à la Gare du Nord, les rats misent encore sur la débrouillardise, le plumage, c’est-à-dire le vol des passants ou des touristes qui s’aventureraient sans avoir été informé du danger qu’ils encourent. Ils sont aussi utilisés par les mafias locales pour cirer les chaussures, laver les vitres même quand ils essuient un refus et faire la mendicité en simulant ou non des infirmités. Ils survivent bon gré mal gré livrés à eux-mêmes tout en étant sous influence, mais libres en dépit de la loi du plus fort.

L’orphelinat face à la détérioration et à la pénurie de tout…

A l’institution, les relations entre enfants n’échappent pas à la détérioration de tout mais sont surtout devenues terrifiantes entre tabassages, craintes et jalousies. Près des cochons par exemple, on nous signale du doigt un monceau de terre fraîche qui couvre la dépouille d’un jeune enfant enterré comme un chien et que ne sont même pas venus chercher les parents. Un aîné, comme on les appelle, a rabattu si violemment sa tête contre le mur dans un moment de fureur qu’il en est mort, le crâne fracassé. A l’écoute de ce récit, je suis saisie par une nausée que je retiens difficilement dans ma gorge serrée et même l’impuissance ne suffirait pas à qualifier mon sentiment incrédule. Cette vision que j’imagine encore du corps abandonné sans soin dans une marre de sang me submerge d’effroi. Le « numéro 118″, arrivé il y a quelques semaines, est mort dans l’anonymat et l’indifférence. Aucune cérémonie funèbre et pas même une prière des autres gosses. C’est inimaginable quand on sait combien les Roumains vénèrent leurs morts et que les enterrements sont des occasions de « réjouissances » pour célébrer les vivants et renouer les morts. A l’orphelinat, « les morts débarrassent » ! On ne peut pas mieux résumer l’idée. Mais ceux-là n’auront ni fleurs séchées, ni chandelles, ni croix, ni « nourriture », alors que la tradition veut que les morts aient à certaines périodes des mets pour se rassasier… Ils n’ont pour les pires cas ou les pires moments que la compagnie des cochons qui attendent leur heure…

Arrive Illona, institutrice à l’air batailleur, volontaire et énergique de vingt et un ans engagée pour deux ans pour un salaire de misère mal assuré qui prend le relais après de brèves présentations. Autour d’une tasse de café dégueulasse auquel elle nous invite gracieusement dans ce qui fait office de salle de cours, elle s’efforce de nous rassurer en nous transmettant notamment l’expérience de sa mère Andrea, également institutrice passionnée : je comprends qu’il soit difficile de saisir à quel point c’est pauvre ici. Pour ne rien arranger, le dictateur distillait une grande haine raciale parmi la population même si sur le papier, tous avaient les mêmes droits. Plus d’enseignements possibles de certaines matières comme les langues, plus de livres édités si ce n’est après des mois, histoire et géographie falsifiées, textes totalement imprégnés de propagande politique que les enfants ne pouvaient avoir aucun plaisir à travailler. On y célébrait les fiers travailleurs, l’ardente et riante jeunesse, la belle ambition du Plan qui conduisit la Roumanie au surpeuplement d’enfants et à la misère quand tout le monde ployait sous le joug et ne savait comment faire pour nourrir décemment sa famille. Même après 13 ans, rien n’a changé, tout s’est même empiré. Tous les enfants sont entassés dans cette pièce glaciale en hiver, sans table ni chaise avec juste un tableau noir, avec l’impossibilité de former des classes distinctes par niveau. Rien n’est réalisable, ici ; c’est pourquoi il ne suffit pas d’améliorer la qualité du pain pour offrir des assurances crédibles aux créditeurs étrangers potentiels et pour changer le monde de ces enfants .

orphelinat roumanie

Dans sa voix pourtant joviale, on palpe la même impuissance fataliste qui nous tenaille depuis le début de notre visite. On l’écoute nous raconter les repas des enfants braillards au petit réfectoire meublé de vieux bancs et tables de fer bancales. Ici, il y a des cris tout le temps, ils crispent, ils cassent la tête et abrutissent, mais on ne peut empêcher la seule révolte intérieure de ces enfants que l’on bat aussi pour les faire taire et leur apprendre respecter un peu les autres. La nourriture y est servie par cinq ou six enfants choisis par tirage au sort chaque semaine et gare aux coups ou aux menaces si les grands ne sont pas les premiers et n’ont pas les meilleurs morceaux ! Estimant toujours qu’ils n’ont pas assez mangé, ils chipent impunément dans l’assiette des petits qui n’ont d’autre recours que de prétendre qu’ils n’ont pas faim et sont soumis pour tous les gestes du quotidien à un chantage permanent. On est plus effaré encore quand Illona nous explique que l’ancien directeur envoyait souvent les enfants voler dans tout le pays pour avoir de quoi manger. Les enfants apprenaient à voler, de la bouche même des adultes et même avec les nouveaux règlements, la situation n’est que peu rétablie. On comprend mieux pourquoi les éducateurs sont obligés de se promener dans l’établissement avec des matraques pour assurer un semblant d’ordre. Quelle affection donner ou espérer de ces enfants-là ? Et que dire du mépris infligé aux petits Tsiganes dont seuls les bons élèves semblent bien traités ce qui attise les jalousies entre enfants ?

Pour s’occuper de 120 pensionnaires souvent malades ou handicapés, on ne compte que le directeur, une secrétaire, une intendante, une couturière embauchée à la tâche, deux nettoyeuses qui s’en sortent péniblement avec un balai et une vieille serpillière sale, quatre employés de cuisine et cinq éducateurs formés sommairement à des fonctions si pénibles et spécialisées. Illona assure trois jours de présence par semaine de « femme à tout faire » pour l’éducation minimale de ces enfants quand on ne peut leur permettre de se rendre à l’école. Inutile de préciser qu’une majorité des enfants est quasiment analphabète ou sait à peine écrire son nom. Que feraient-ils de ces connaissances « stériles », alors que la plupart ignorent même leur nom et portent des noms d’emprunts faute de papiers puisque beaucoup ont été abandonnés dans des paniers ou une couverture en guise d’héritage, devant l’orphelinat ? Que faudrait-il donc ? De tout, sans mentir. Habits, chaussures, sous-vêtements, anoraks, gants, stylos, crayons, papier, gomme et des jeux surtout. Des jeux pour donner un sentiment d’enfance dans ces lieux où les gosses n’ont pas d’âge et dont on peut estimer le nombre de leurs années par les rides déjà marquées de leur visage. Des jeux pour stimuler leur imagination ou s’amuser dehors comme le font tous les enfants. Mais quand à 5 ou 10 ans, on n’a pas de balle pour jouer au football, ni de luge pour jouer dans la neige alors que l’on voit les autres enfants avec ce minimum, on en pleure pour eux… Faut-il préciser que leur cadeau de Noël se réduit à une orange ou une papillote quand ils sont encore chanceux ?

Personne ne peut être source d’espoir ; pas même les hommes nouveaux, les autorités de l’après-Ceausescu qui regardent ce système s’enfoncer dans sa décrépitude car les mentalités, elles, n’ont pas changé ! Tout le monde achète tout le monde, cultivant toujours la corruption qu’avait déjà fait naître le communisme et l’on paie les policiers en cigarettes pour éviter qu’ils ne fourrent leur nez dans les affaires de l’institution, les vols des pensionnaires. Comment lutter contre cette corruption encore pire qu’avant selon certains ? Et Illona de surenchérir : il y a quelques années, si vous hébergiez un étranger, vous risquiez 30 Millions de lei d’amende _ un an de salaire ! Pire, si dès 25 ans vous n’aviez pas d’enfants, même si vous n’étiez pas marié, vous deviez payer au prorata du salaire. Par contre vous receviez 1000 lei (50 cents d’euro, le prix d’un café ou d’un litre d’essence là-bas) par enfant au titre d’allocation familiale ! Et c’est en l’écoutant que je me demande comment les gens de chez nous osent se plaindre de ne pas encore avoir assez pour élever leurs enfants alors qu’ils ont des allocations pour la naissance, pour la rentrée scolaire, des bourses (…) ?

Paroles tout aussi amères d’une femme qui parle des femmes, des mères de son pays. Saviez vous que le prix de la pilule au marché noir à 8000 lei équivalait à une semaine au moins de nourriture ; pilule par ailleurs interdite sauf à partir de 5 enfants ou de 45 ans ou en cas de grave maladie ? Ne prononçons pas même le mot d’avortement qui était puni d’incarcération à vie parfois si l’on n’avait pas les moyens de payer des pots de vin, voire de mort – les femmes étant suicidées dans les prisons… Pas de gynéco, pas de suivi si ce n’est des insultes d’un médecin : qu’est-ce que tu veux espèce de p*** ? quand une jeune femme osait demander un contraceptif à l’époque où Ceausescu appelait à la multiplication de ses fils pour assurer la fertilité du pays. A la maison, dans les villages comme les hôpitaux de grandes villes, la vie et la mort se conjuguent comme des alter ego même aujourd’hui. Je me souviens d’un hôpital sordide que nous a montré Dan la veille et dont on sentait de dehors une odeur repoussante ! On est pourtant en Europe. A 2000 km de la France. Qui s’en souvient ? Je me souviens des émissions, des livres que j’avais lus sur la Roumanie, des lettres de mes amis que j’avais reçues, mais l’irréalité de l’écran ou du papier rendait cette situation infrangible, alors que là, j’étais bien dans le concret même de loin, en vacancière tranquille en train de voir le pire de l’Europe ou presque ! Témoin paralysée et affolée des ravages de la pensée obscure du Conducator et de son inévitable radicalisation. J’aurais tant aimer apporter même sur Ciao plus que mes mots !!!!

petite fille orphelinat roumanieAprès un détours par des toilettes du siècle dernier, – une espèce de trou au fond du jardin dans une cagette branlante où l’on se rafraîchit un peu le visage vaseux avec un robinet déglingué qui laisse échapper l’eau au compte goutte -, Illona commence à montrer une réticence extrême à l’idée de poursuivre la visite des lieux par les chambres… Étrange comme cette jeune femme si sympathique a revêtu en quelques instants un visage grave et une voix plus brusque et distante. C’est comme si soudain, il y avait un sentiment de gêne, mêlé de honte face à ce spectacle peu flatteur voire humiliant pour ceux qui veillent avec les moyens que l’on va voir, aux destinées de cette institution. Accueil méfiant, donc un rien hostile, bien que nous ne soyons pas des journalistes ou des visiteurs humanitaires. Par un prodige de solidarité, ce sont les femmes, la secrétaire et la comptable qui passent outre les objections pour s’emparer de l’autorité et s’imposer comme guides. Dan a bien du tenter de traduire notre pensée avec calme et un ton rassurant : ce n’est pas pour juger que nous sommes ici ; ce n’était pas pour vous juger que nous avons accepté la proposition de Dan, mais pour aider l’orphelinat !, paroles assorties d’un geste d’impuissance et d’un petit sourire de notre part. Passée la cour anodine et sombre qui ressemble à celle d’un internat, nous pénétrons dans des dortoirs sans fenêtres ou aux fenêtres barricadées sentant effroyablement mauvais dont on nous explique qu’ils sont occupés par les enfants qui ne savent retenir leurs envies pressantes. De toute façon, il faut sortir pour aller faire ses besoins et certains d’entre eux sont encore trop petits pour connaître le chemin, surtout quand tout est noir et qu’aucun éclairage ne rassure.

Passant la deuxième porte, on observe des gosses au crâne rasés dans de minuscules pièces repoussantes, prostrés sur des lits métalliques, blottis sous une petite couverture et qui nous regardent avec une résignation teintée d’embarras. Il n’y a rien dans ces chambres : à quoi bon des armoires puisqu’ils n’ont pas de vêtements à ranger, à quoi bon des casiers puisqu’ils n’ont pas le moindre effet personnel ? Cet hiver, ils auront pour eux un poêle en faïence que l’on nous promet depuis des années », commente la comptable comme s’il s’agissait d’un miracle ! Vous parlez d’un réconfort ? Pour eux, c’est comme s’ils allaient déjà changer de vie… Beaucoup d’enfants d’ailleurs préfèrent rester au lit pour se réchauffer car ils n’ont pas de vêtements assez chauds ni de chaussures pour affronter l’hiver. Aujourd’hui, les enfants sont quasiment tous habillés, on les appelle par leur nom ou leur numéro pour qu’ils se présentent. Illona nous fait remarquer que tous les enfants portent des vêtements prêtés, pour être présentables quand il y a des visiteurs attendus, mais ce n’est pas toujours le cas. Pour assurer leur toilette, ils n’ont qu’une grande salle glacée avec des pommeaux suspendus au plafond d’où coulent quelques jets et trois lavabos dont le débit se mesure à la goutte ! Une douche par semaine et encore ! On ne peut faire mieux puisqu’on ne pourrait payer la facture ! Les glaces brisées sont recollées. Quand un enfant a fait ses besoins sur lui ce qui arrive en permanence, il est nettoyé avec dégoût par l’un des éducateurs – des femmes indifférentes – avec du papier journal, ce qui donne un peu la mesure de la tragédie humaine se jouant dans cet enfer ! C’est effrayant !!!!

Le décor fait froid dans le dos autant que la situation de ces orphelins. Tout aurait besoin d’être réhabilité que ce soit les bureaux, les pavillons, les sanitaires ou les cloisons. Murs défraîchis aux couleurs indistinctes, empestant l’humidité. Peu d’ampoules dans les pièces ou les couloirs : on les vend parfois pour acheter un pain… Retour au sombre réfectoire illuminé par de toute petites fenêtres ; les vieilles tables de formica ou de fer et les tabourets, les bancs crissant sur les catelles. Attenantes, on aperçoit les cuisines où l’on s’affaire avant le déjeuner et où l’on est partagé entre l’élan du coeur pour remplir des estomacs criant famines, l’obligation de faire avec très peu, le découragement, l’amertume et une possible indifférence. Est-ce là cette bonté privée, sans idéologie sans pensée évoquée par Vassili Grossman dans Vie et Destin? Elle s’étend sur tout ce qui vit, même les souris qui peuplent l’établissement et sont les fidèles compagnons de ces femmes. Notre seule photographie à l’intérieur les immobilisera dans leur uniforme gris. Il n’y a qu’une salle de loisir pour 120 pensionnaires ; petite, sombre elle aussi, dénudée et dont la seule distraction reste le téléviseur de l’ancienne époque ! Puis, l’inévitable buanderie où est entreposé le linge ; les uniformes, sous-vêtements éculés et maintes fois reprisés quand il y a encore du fil et une aiguille ou de l’argent pour payer la couturière. Il faudrait des vêtements de toutes sortes, des bottes pour franchir l’hiver rude, des chaussures de gymnastique. Pour laver le linge ? Seulement un lavoir, à l’extérieur. On se croirait revenus des décennies en arrière ! Et dire que nous nous satisfaisons à peine de nos machines à laver… Même les draps, souvent sales, les taies, les couvertures manquent.

Des dizaines d’enfants doivent partager leurs lits par manque de couvertures chaudes. Il ne reste à voir que la salle pour les soins médicaux assurés par une infirmière et un médecin qui se déplace en cas de problèmes graves quand on a de quoi le payer. Pour le reste, c’est aux éducateurs à surveiller et diagnostiquer quand ils prennent le temps de venir dans cette pièce puant l’éther. Lors de notre passage, un enfant de 4 à 5 ans croupissait dans son vomis sur un lit. Il attendait l’infirmière tout en sachant qu’il n’aurait au mieux qu’une demi aspirine pour calmer une violente douleur au ventre dont personne ne semble vraiment se soucier. Quasiment pas de sparadrap, de thermomètres, de pommades, de médicaments élémentaires, encore moins d’antibiotiques ou de vaccins dans la mesure où l’on attend une augmentation des budgets qui ne viendra peut-être jamais. Car à l’orphelinat, on n’a pas le temps pour les sentiments : trop de travail, pas de moyens et surtout pas de courage pour apprivoiser ces sauvageons sans avenir … Jusqu’à peu encore, avant que des missions étrangères n’assistent le personnel, on préférait la solution d’urgence ou de force ce qui explique que certains enfants, pris de crises d’épilepsie ou de nerfs étaient attachés aux radiateurs ne fonctionnant plus pour être plus facilement bourrés de neuroleptiques qui les tuaient à moyen terme. Enfin, aujourd’hui, on préfère la patience, mais l’affection n’est pas encore au rendez-vous…

L’heure approche de prendre congé et une poignée d’enfants nous adressent des signes de victoire avec une violence qui écorche leur enfance et qui nous arrache un sourire. Si elle nous avait inspiré de la consternation, notre visite devenait presque la victoire des orphelins et leur élan finissait par nous satisfaire, tant notre présence, pendant quelques instants, leur avait donner l’impression d’exister. Il en faut si peu – un autre regard, un sourire, une main – pour rendre quelqu’un heureux ! Impossible de sortir indemne d’une telle visite malgré les passionnantes discussions que nous avons entretenues pendant toute l’après-midi et les liens que nous avons facilement noués même si à un moment, la honte a pu tendre l’atmosphère. J’ai pu être le témoin de ce qui est toujours pour moi innommable en dépit de mon effort à traduire mes souvenirs, mes impressions, mes visions. Mais je n’ai pu leur donner que quelques sourires en guise d’espoirs et quelques friandises que j’avais sous la main pour les voir rire. Entre action et abrutissement, les orphelins réels ou non se meurent ou survivent dans les flétrissures d’un pays qui les a oubliés, qui les dissimule en général ou les exhibe parfois pour tenter de séduire des pays désireux de les aider. N’avez-vous jamais reçu une enveloppe avec une photo d’orphelin roumain appelant à l’aide ? Ce que vous avez peut-être vu n’est qu’un faible échantillon de la misère de ces orphelinats. Les orphelins ont fait scandale car ils étaient devenus un marché de l’adoption facile pour des enfants blancs à bas prix pour les pays riches, mais ce flux là qui apportait de l’argent a été stoppé…

Les orphelins roumains, entre réalisme et fatalisme…

Aujourd’hui, on ne peut que difficilement sortir un tel enfant de sa misère même avec la meilleure volonté du monde. Personne ne voudrait d’un enfant malade ou handicapé, de toute façon et beaucoup déjà ont dépassé le stade de la récupération. Il finira sans doute sa vie dans cet enfer s’il dépasse les 20 ans, ce qui n’est pas évident pour la moitié d’entre eux !!!! On ne peut qu’apporter un peu de son argent par diverses œuvres humanitaires ou ce que l’on a en trop si l’on passe la frontière ou connaît une association qui assure le transport de tous les produits de première urgence … Il en existe quelques unes parsemées en France qui accueilleront vos dons ; alors, essayons ENSEMBLE de ne pas les oublier, car pour eux quelques cents pourraient changer leur quotidien ! Certains d’entre vous me diront, – je l’entends déjà – qu’il y a déjà beaucoup de misère chez nous. Oui…, bien-sur, mais est-ce une raison pour tourner le dos aux autres ?

Notre seconde journée à Bucarest s’achève sur une intense fatigue aussi physique que morale. Après l’orphelinat et un festin de roi au restaurant dont on se sentait déjà coupable en repensant à la famine des orphelins, quelques efforts nous ont menés jusqu’au récital qui me rappelle toutes ces images pénibles dont je ne reviens pas encore. Je me remémore une phrase étrange et marquante : Apa trece, pietrele raman ; que l’eau s’écoule et que les pierres restent ! . Mais que devient le limon ? Quel amour pour ces abandonnés qui ne connaissent même pas ce mot, ni les gestes qui en témoignent ? PAS D’AMOUR !!! PAS D’AMOUR !!! J’en pleure, j’enrage en moi-même. Quelle vie et quel avenir pour les « vermines » ? PAS DE VIE !!! Des visages creux, des yeux vitreux sans horizon, des mains tendues vers rien, un corps maigrelet parfois impotent, un maintien montrant la vie âpre et sans clémence. Je repense aussi avec un pincement terrible au coeur, à Nicoletta, ma première correspondante qui a peut-être atterri avec ses 5 frères et soeurs, comme tant d’autres enfants après la ruine de la Révolution, dans l’un de ces hospices… Je murmurai Maman, Papa pour me rassurer. Je les avais près de moi, pourtant. Mais tous ces enfants n’avaient pas ma chance, ils n’avaient jamais eu l’once d’une preuve d’affection de personne et ne connaîtraient jamais le sens du mot AMOUR. Mes déchirements intimes, mes peurs, mes doutes me semblaient d’un affligeant égoïsme et presque indécents. Et je me rappelais encore cette conclusion de Dan, la veille devant notre hôtel : Nous sommes malheureux parce que nous n’avons pas ce que nous désirons. Mais savons nous vraiment ce que nous désirons ?

D’un coup, je me sentais bien lâche de ne penser si souvent qu’à moi et mes pauvres petits malheurs… Et je gardai un goût de cendre… en sachant combien l’on peut balayer d’un geste facile de la main – en tournant la page de cet avis après une note, un commentaire ou un passage – les réalités cruelles d’enfances oubliées, ignorées ou mourant dans l’indifférence PARTOUT DANS LE MONDE (et plus encore hors d’Europe), comme pour conjurer le mauvais sort et espérer que cela ne nous arrive JAMAIS … ET pour un enfant secouru combien d’abandonnés qui crèvent comme des chiens ? Croyez bien que ces enfants maudits d’Asie, d’Afrique, d’Amérique, d’Océanie qui par un sort ou un autre – la famine, l’absence de tout, le SIDA ou d’autres terribles fléaux – sont condamnés aux mêmes désespoirs, je ne les oublie pas !! Une pierre à la fois, seulement, car je sais bien que mes mots ne pourront pas changer le monde. Mais le soleil dans le cœur d’un enfant grâce à un bonbon ou un jouet, ça vaut bien un petit geste !

A ces questions :

Combien de temps pour digérer ces images ignobles ?

Combien de temps pour chasser les visages de cette misère ? Comment de temps pour apaiser les battements de nos coeurs ? Combien de temps pour éteindre ce feu de paille, cet élan humanitaire qui s’éveille en nous, enflamme nos passions et fait résonner dans nos tripes l’écho de sentiments trop souvent ignorés ? Combien de temps avant que la lecture d’un avis sur le chocolat Lindt qui ravirait les papilles de ces enfants n’en connaissant pas même le goût, les couches Pampers ou la bière Kronembourg ne nous ramène à notre réalité, nos petits tracas quotidiens ô combien confortables ?!

A ces questions-là, je ne sais pas répondre …

La Roumanie, heureusement ce n’est pas que cela, ça l’est de moins en moins, grâce aux efforts motivés par l’entrée dans l’Union. C’est un beau pays, chaleureux où la misère existe hélas trop souvent, mais où l’Espoir permet d’avancer et de croire en un avenir meilleur!

Certains noms ont été modifiés pour respecter l’anonymat.

Photos de 2005 illustrant le traitement des enfants handicapés (source et crédits des photos)

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Curieuse, j'essaie de faire d'Ideoz un espace éclectique et tourné vers les échanges et la rencontre avec les différences. Historienne, anthropologue et ethnologue de formation. Voyageuse inconditionnelle, je nourris un amour viscéral pour les pays d'Europe centrale et orientale, avec une prédilection pour les Balkans (notamment l'Ex-Yougoslavie...). Dans ces terres, qui m'ont enseigné beaucoup de leçons, au fil de quinze ans de découvertes, de rencontres et de hasards… je me retrouve parfois… tant elles sont insoumises, contrastées, passionnelles et contradictoires.   Me contacter par mail?

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79 Réponses à Regard sur la situation des orphelinats en Roumanie
  1. Weissdorn le 25 mars 2014 à 20 h 31 min

     »Marc le 14 octobre 2013
    La fin d’une dictature est en effet que le commencement d’une nouvelle société mais les effets perdurent encore longtemps. Il aurait fallu que l’Europe s’investisse davantage. Au moins pour les cas comme celui-ci. »

    La dictature c’est la parfaite excuse du en grande partie au fait qu’en Occident les médias ont souvent orienté le public vers cette explication , par manque ( j’espère!) de connaissance de la société roumaine en général et la mentalité des gens plus particulièrement .
    Le regard et les motivations des uns et des autres devrait être exposé avec plus de discernement .

    C’est un problème qui a toujours existé . Même avant Ceausescu . C’est difficile à imaginer que ça peut exister quand nous sommes pas confrontés avec des telles situations , ça ne fait pas toujours plaisir de le dire ( et aux roumains encore moins ) mais personne veut pas aller au delà et s’interroger sur la mentalité qui y règne . C’est plus facile de mettre Ceausescu en avant avec le désastre que lui et ses collaborateurs ont provoqué par la suite , mais un travail sur soi doit être fait au sein de la société roumaine , par les roumains eux mêmes .
    Ce n’est pas l’Europe ne pourra changer leur mentalité .
    Je suis tombé par hasard sur l’article concernant les enfants de Roumanie .
    Je suis née et vécu mon enfance jusqu’à en 1970 là bas et sans être touché par ces malheurs , j’ai connu , parmi mes camarades d’école , des cas d’abandon de naissance où en cour de leur vie .
    Un système politique ne peut peut qu’aggraver une base morale déficiente que existe déjà .

    Il n’y avait pas que cela . Cela est venu se greffer sur toute une mentalité roumaine qui existait et qui existe toujours . Le rejet de l’enfant d’un autre quand il a remariage , les enfants conçu hors mariage , abandon du a des handicaps de tout sortes .
    J’ai connu des abandons dans des familles des intellectuels , milieu artistique et même des gens du régime communiste . Ce n’était pas lié au manque matériel . C’est le manque d’humanité et égoïsme .
    Les roumains n’aiment pas regarder et accepter cette état de choses , pourtant c’est une vérité , même si elle est cruelle et irritante .
    La période de mon enfance dont je parle , se situe dans la période Gheorghiu Dej (4 ans avant Ceausescu , moins célèbre que lui mais autant communiste et moins Dictateur ) les enfants abandonnés de ma classe ( il avait 5 sur les 23 dans ma classe ! ) à part une petite tzigane qui avait été abandonné par ses parents parce trop nombreux ! les autres filles était toutes de  » bonne famille  » : remariage , filles – mères . Donc pas acceptés et abandonnés .
    A l’école tout le monde les appelait  » les orphelines  » parce qu’un roumain c’est un terme générique mais en fait , elles étaient toutes des enfants abandonnées . Des adorables petites filles , belles , sages et très bonnes élèves , bien plus que nous les autres qui avions des familles aimantes .
    Et à l’époque , heureusement , la condition de ces enfants abandonnés où orphelins était différente de ce qui a été par la suite .
     » La maison de enfants  » , grande maison bourgeoise de 2 étages , se situait dans la même rue que ma maison , à Bucarest . Maison qui existe toujours mais qui n’est plus une Maison d’ Enfants .
    Le personnel qui s’occupait des enfants , à l’époque , était aimant et dévoué aux petits ( les petits étaient très attachés a ces femmes qui s’en occupaient ) et les conditions d’hébergement admirable . Parfois nous allions jouer la bas , avec elles . Pour le gouvernement de l’époque c’était une fierté de bien s’occuper des ces enfants qui , il est vrai , faisaient des bons et loyaux communistes par la suite .
    J’ai encore des photos d’ école sur lesquelles il y ces petites filles . Pendant notre scolarisation de l’école primaire , 3 d’entre elles ont été adopté par des familles du régime de l’époque . Même chez les communistes il avait des belles âmes !
    En Roumanie , je ne dit pas toujours , mais souvent , dans leur mentalité , les belles mères et les beaux pères ont du mal a accepter les enfants des autres mariages . S’il n’y avait pas abandon à l’État s’était abandon dans la famille . Souvent aux grands parents où plus loin dans la familles . Et puis il avait des femmes qui ne voulait pas d’enfants mais comme il n’y avait pas la pilule elle abandonnait l’enfant qui arrivait sans être désiré . Et tout le monde trouvait normal !
    Pendant mon séjour là bas j’ai toujours constaté plus d’abandons que des acceptation d’enfant et toujours avec des  » excuses  » .

    Mais je tiens à dire qu’il a aussi des roumains qui sont honteux de cette état des choses et des gens avec beaucoup de cœur qui en adoptent . Qui veulent faire du bien . Donner un sens à la vie de ces enfants abandonnés , les aimer , leur faire oublier leur douleurs . Des personnes qui assumaient les enfants , parfois dans des conditions de vie plus difficiles que les autres .
    En tout cas , j’ai un souvenir très précis de ces petites ( malgré mon petit age , nous avions 7/8 ans ) quand elles avaient annoncé dans la classe qu’elles allait être adoptés . Leur grand et heureux sourire .
    Je ne sais pas ce qu’elle sont devenus ces petites filles de ma classe mais quand je tombe sur des témoignage comme les vôtres , je pense à elles , sauf qu’elles ont été adoptes par des roumains .

  2. Marc le 14 octobre 2013 à 9 h 58 min

    La fin d’une dictature est en effet que le commencement d’une nouvelle société mais les effets perdurent encore longtemps. Il aurait fallu que l’Europe s’investisse davantage. Au moins pour les cas comme celui-ci.

  3. Nathalie le 11 juin 2013 à 19 h 25 min

    Bonjour,
    je viens de lire votre page sur la Roumanie. Bravo pour ce beau témoignage !
    En 1991 j’ai passé trois mois dans le camin-spital de Hirlau, j’avais 20 ans et cette expérience a dirigé toute ma vie, elle est encore vivifiante en moi, c’est pourquoi quelques 22 ans après je suis là à chercher à repartir en Roumanie.
    Je suis prête à donner mon temps (et bien plus encore) pour les enfants des orphelinats roumains.
    Pourriez-vous m’indiquer un orphelinat, des personnes sur place ?

    C’est avec grand plaisir que je découvre votre site, je vais le parcourir plus en détails.
    Bonne journée à vous, et bonne continuation !!
    Nathalie

  4. Pierrel le 1 mai 2013 à 16 h 47 min

    Bonjour à tous
    pour ma part j’ai été adoptée à l’âge de 8 mois, dans un orphelinat de Craiova (Leganul di copii il me semble…) je compte très prochainement retourner en Roumanie pour la première fois depuis 23 ans.
    Témoignage très touchant d’autant plus que j’étais trop jeune pour me rappeler quoi que ce soit, excepté le récit de mes parents adoptifs.
    Pour celles et ceux qui auraient déjà fait la démarche, comment se passe la recherche des parents biologiques ?
    Bonne journée à tous

  5. Lambert Andréi le 27 février 2013 à 23 h 28 min

    Bonjour,
    Ce qui est de mon cas, j’ai été abandonner par ma mère en 1994 juste après ma naissance.
    J’ai été mis à l’orphelinat « Copii 3″ de satu mare en Transylvanie où les conditions étais médiocre
    Suite à cette mauvaise prise en charge on n’a du m’enlever un Rein (maladie)

    Là-bas, j’ai du tout jeune m’adapter à un mode de vie très dur car a peine 3 ans il fallait savoir se chausser et savoir faire les laçets sinon on sortait pas le bâtiment était vieux, on n’avait a peine de quoi se nourrir.

    Suite a cette mauvaise pris en charge les medcin on constater que j’étais autiste et que j’avais de la schizophrénie forme. Je suis sous risperdal et cela m’aide beaucoup à surmonter mes angoisse.

    À ce jour, je suis retournée en Roumanie et j’ai pu rencontrer ma mère biologique qui à 12 enfants en touts, j’ai une origine tsigane.

    Pour information j’ai été adopter par une famille française en 1998

    Je demande si des gens s’aurait-il passer entre 1994 et 1998 dans l’orphelinat numéro 3 de satu-mare en Roumanie
    Je suis maintenant artiste compositeur.
    Cordialement
    Andréi Lambert
    [email protected]

  6. alex le 7 novembre 2012 à 23 h 03 min

    bonsoir,
    je ss moi même enfant adoptée de botosani, j’aurai voulu savoir si certains d’entre vous vienne également de la casa de copii leagan 1, réabilité aujourdhui en centre pr handicapée ? ou si non si certain d’entre vous connaissent un peu botosani ? si quelques noms vous parle telques : titus. Ciortea, Robert. Dimitriu, ou Cristina popescu.

  7. jpf42 le 18 octobre 2012 à 11 h 47 min

    Je suis allez deux fois en Roumanie pour adopter. J’aime les voyages, j’aurais aimer visiter ce pays plus en profondeur. Mais l’encadrement plus le handicap dont je souffre m’ont empêché d’allez au bout des choses.
    Une courte visite de Bucarest, avec une vue lointaine de l’ancien palais du dictateur. Ce qi m’as marqué c’est surtout la circulation automobile dangereuse et un peut folle avec des routes parsemée de trous.
    La publicité occidentale visible partout, les Mac Donald, les innombrables bureaux de change.
    Toujours la peur du voisinage. On était logé dans un immeuble chez des particuliers et personne ne devaient le savoir.
    La religion très présente avec une pratique très vive chez les orthodoxes.

    Puis le voyage en train couchette jusqu’à Resita, une nuit blanche dans un compartiment insalubre. La peur, car à chaque changement de voie ou de virage l’impression que le train allait dérailler.

    Résita, un accueil plus chaleureux de la part de nos logeurs. Un petit déjeuner avec œufs, saucisson…
    L’orphelinat est proche, il semble bien, pas comme ce que l’on a vu à la télé. Une salle de jeux, des enfants qui jouent à l’extérieur. Seule bémol, dans le dortoir des enfants sidéens mourant ou bien malade ne bouge pas des lits à barreaux.
    Pas possible de visiter la ville nos logeurs n’ont pas d’auto et je suis trop limité physiquement pour gambader.
    Tout cela pour dire qu’avec la santé j’aurais pu bien plus faire que ce que j’ai fait.
    L’handicap limite les joies du voyage et de la découverte.
    Que l’on ne me parle pas de ceux qui font des choses extraordinaires, ils sont aidés et subventionnés. Avec de l’argent tout est possible…

  8. thierrynormandie le 14 septembre 2012 à 7 h 33 min

    Bonjour,

    Je souhaite trouver une mission bénévole en Roumanie, en France, je fais du bénévolat depuis 20 ans, j’aimerai avoir des contacts de personne sur place pour échanger sur les missions possibles!
    Merci de votre aide.
    Thierry

  9. daniel le 23 avril 2012 à 17 h 35 min

    bonjour,
    Je me rends tout prochainement en Roumanie, en camping-car. dans le cadre d’un voyage touristique.
    Avant mon départ, j’ai collecté quelques lots de vêtements pour enfants que je me propose de remettre sur place, soit directement aux orphelinats interessés, soit par le biais d’associations.
    Pourriez-vous m’éclairer sur la meilleure démarche à suivre et m’indiquer les contacts à entreprendre.
    Par avance,merci
    Daniel Martinez

  10. Mindra le 11 janvier 2012 à 0 h 04 min

    bonjour,

    je vous écris afin de savoir si l’orphelinat de Ludus est toujours ouvert ? je vous demande ceci car j’ai cru comprendre que oui.
    J’ai véçut là-bas 11 ans et je me suis dit que vous aviez certaine connaissances sur le lieu.
    Cdlmt
    Mîndra

  11. Lemoine le 6 janvier 2012 à 13 h 10 min

    bonjour, je souhaite trouver une mission en Roumanie , et des échanges avec des gens sur place.
    Partager vos expériences.
    merci

  12. Marine le 10 novembre 2011 à 17 h 29 min

    Bonjour, je rentre de Roumanie où j’ai rencontré une maman visiblement très inquiète de savoir si l’enfant qu’elle a donné à l’adoption il y a 20 ans est toujours en vie et bien portant. Elle ne sait pas utiliser internet et n’a pas non plus d’ordinateurs à sa disposition. Voici les éléments concernant ce fils biologique :

    - né le 01 juin 1991 en Roumanie
    - prénom d’origine : Daniel-Alexandru
    - adopté par famille française ou belge à l’âge de 2 ans.

    • balog le 2 février 2013 à 1 h 33 min

      slt je suis oci a la recherche de ma mére ! la méme situation que cette dame qui recherche sont fils ! sauf que la ses la situation invers ^^
      comant pui-je faire pour la retrouver ?

  13. Visiteur le 16 août 2011 à 14 h 20 min

    Bonjour,
    je vis à IASI j ai 37 ans et je suis français je vis à côté d’un orphelinat je ne sais pas si il s’agit du même !!! Etes vous toujours intéressée pour venir en Roumanie si oui je peux peut être vous aider sur place !

    Mike

    • hanse le 20 novembre 2012 à 11 h 31 min

      bonjour, je suis belge je vis en france j’ai l’intention de m’installer en roumanie comment est l’immobilier dans le nord est je recherche une propriété d’environ 100 ha pour mon installation et l’installation de mon entreprise je n’ai pas trouvé d’agence qui répondent avez vous des piste merci luc

    • balog le 2 février 2013 à 1 h 34 min

      vous conéssez lorphelinat d’arad

  14. Ash le 17 juillet 2011 à 17 h 10 min

    Voilà bien la preuve que 45 ans de régime totalitaire pour plusieurs siècles d’Histoire peuvent réduire un pays à néant…
    J’aimerais, de mon côté, souligner le fait, que, malgré la chute du régime, cela ne change en rien la situation du pays.
    On peut encore espérer que les choses changent petit à petit, mais déjà faudrait-il que les gens en soient conscients!
    J’ai moi même dans mes connaissances deux jeunes soeurs adoptées roumaines, de ces orphelinats… Miteux. L’une a des problèmes de santé, les deux restent quelque peu timides.
    Enfin, je voudrais vous remercier pour cet article. Déjà avais-je lu des témoignages de ces lieux, mais celui-ci est encore plus récent et avec des mots venu des yeux de l’extérieur.

  15. Visiteur le 12 février 2011 à 21 h 45 min

    Bonjour. j’ai trouver votre message sur le WEB. J’ ai moi aussi été adoptée dans un orphelinat de Iasi. Je n’arrive pas a retrouver de trace; Pourrions nous prendre contacte dans l’hypothèse ou vous auriez quelques informations.
    Cordialement

  16. michaux le 11 février 2011 à 21 h 45 min

    Bonjour Patricia
    je suis très touchée par votre témoignage car je suis allée aussi en Roumanie mais sans mes enfants roumains et j’ai constaté à quel point il est difficile de parler ouvertement du sort des enfants dits « irrécupérables », notamment pour les gens ayant vécus sous le régime de Ceauşescu. J’ai rencontré plus d’écoute chez les générations plus jeunes.
    C’est vrai que la carence affective est totalement destructrice chez l’enfant et je connais bp d’enfants roumains recueillis qui ne peuvent pas se reconstruire, mais ils ont au moins la chance d’avoir une famille aimante.
    Je reste toujours très militante dans ce combat et je suis prête à échanger mon expérience de maman de 3 enfants dont 2 qui pourront prétendre à une vie quasi « ordinaire » (j’aime pas trop ce mot !) mais 1 petit qui a eu bp moins de chance et qui aura toujours besoin de sa maman…je sais aussi que désormais il existe des aides sociales départementales mais la crise a accentué les difficultés. Certaines associations comme SERA font de leur mieux pour venir en aide à ces enfants oubliés.
    amicalement
    Dominique

    • Maurouard Chantal le 14 février 2011 à 11 h 36 min

      Reste le problème que je n’ai pas participé à cette discussion le 11 février et que sans l’utilisation de mon mail et les alertes je n’aurais jamais été au courant. Cesse d’utiliser Channe et mon adresse mail chaque fois que tu as besoin d’un message compatissant, ce n’est pas honnête pour ceux qui participent sincèrement au débat. L’intervention de « Channe » est une intervention truquée parce que l’administratrice de ce site utilise mon adresse mail et mon pseudo et une partie de mes phrases qui remontent à plus de deux ans. Voilà qui est vraiment malhonnête. Pour le reste en tant qu’administratrice, tu peux supprimer toute intervention de « Channe » celle qui n’est pas réelle et le hors sujet dans sa totalité.

      • Sandrine Monllor le 14 février 2011 à 13 h 03 min

        Bonjour Chantal,

        Comme indiqué dans la précédent mail, il n’y a aucun trucage, si ce n’est dans ton esprit probablement. Nous avons mis en place un système d’importation automatique de tous les contenus sur lesquels nous réalisions des redirections depuis Esprits Libres. Techniquement, c’est tout à fait légitime et cela fait partie des mentions de notre charte, donc quand les personnes s’inscrivent et comme elles lisent bien sûr les chartes, elles sont informées de ce genre de possibilité. Les membres en ont d’ailleurs été informés via un message d’information en newsletter et IDEOZ ne saurait être tenu pour responsable du fait qu’ils ne la lisent pas. Nous estimons qu’il est normal que les messages en commentaires sur le sujet ne soient pas perdus du fait de la redirection. Tous ont été importés car les machines à notre disposition ne sont pas encore assez intelligentes pour exclure les personnes ne participant plus depuis X temps…. C’est ce que ferait n’importe quel webmaster bénéficiant d’un peu de bon sens et un peu compétent. Les lecteurs ne sont pas ignorants, il leur suffit de consulter leur tableau de bord, s’ils sont intéressés par ce genre d’informations…

        Pour comprendre ce qu’est une redirection puisque ça semble du chinois pour certains : ce lien http://www.forumdesforums.com/modules/news/article.php?storyid=6056 renvoie à l’article d’ideoz exclusivement. Ce sont les messages rédigés sur cet article qui ont été redirigés aussi. Y a-t-il à ce point matière à polémique voire à jeter un doute sur l’honnêteté intellectuelle d’un message qui n’a pas été modifié même pour changer une virgule?

        Les messages ne sont pas rapatriés pour relancer des discussions, mais simplement parce que la technique a ses limites et que l’extraction se fait au moment où elle est lancée. Les messages sont associés aux auteurs en fonction de leur email utilisé sur Esprits Libres et en concordance avec ceux d’IDEOZ, les comptes sont reliés. C’est tout à fait légal, il n’y a aucune usurpation, aucune transformation des contenus. Il s’agit d’un simple transfert de contenus d’un serveur à un autre, gérés par le même responsable et soumis à la même charte.

        Je rappelle que tout problème vis à vis d’un compte doit faire l’objet d’un contact par le formulaire de contact … Merci de bien vouloir éviter de dévier le sujet en question pour toute polémique qui serait vite stérile d’autant qu’elle ne décrébilisera sûrement pas le travail réalisé sur IDEOZ, en dépit des rancoeurs que transmet ton message.

        Si recevoir les alertes, sous prétexte qu’elles ont été réactivées depuis les modifications réalisées sur IDEOZ et qu’elles fonctionnent pour tous les membres ayant un jour ou l’autre participé sur IDEOZ pose problème, il suffit de les désactiver, en quelques secondes. C’est à la portée de tous. Inutile de prolonger cette discussion, me semble-t-il. Pour tout autre message, merci de l’adresser sur le formulaire de contact pour ne pas nuire au sujet bien plus important que ton amertume personnelle à mon égard… Tu en conviendras, puisque l’une des qualités qui t’est généralement reconnue en public sur ce forum est ton absence d’esprit mesquin.

        Cordialement,

        Sandrine,
        Responsable d’IDEOZ

  17. channe le 11 février 2011 à 18 h 06 min

    Il n’y a pas de petits gestes lorsqu’il s’agit des enfants. Si l’on peut apporter un sourire, alléger d’un soucis la journée d’un enfant, je crois que ça n’est déjà pas si mal.
    Mais c’est vrai qu’on est broyé par la désespérance chaque fois qu’on nous met face à face avec certaines réalités qu’on s’efforce de ne pas voir, juste pour ne pas avoir mal.
    Après notre pouvoir d’achat face à la famine de certains, c’est vraiment de la broutille. Pouvoir d’acheter quoi ? Des objets pauvres bien souvent…
    Nous sommes profondément égoïste. Je pense que c’est aussi un réflexe de survie, cet égoïsme. Mais il faudrait savoir s’immerger de temps en temps dans la souffrance de l’autre, pour relativiser sa petite misère ordinaire et bien confortable de l’occident.

    • Maurouard Chantal le 12 février 2011 à 17 h 26 min

      Je ne veux plus qu’on utilise mon pseudo. Ni ma photo perso. Je ne suis plus présente sur ce site. Quant à me désinscrire, encore faudrait il que je puisse me connecter, mon mot de passe a été changé.

      • Sandrine Monllor le 12 février 2011 à 20 h 30 min

        Bonjour Chantal,

        Pour ce qui est de la photo, tu l’as insérée sur Gravatar, donc IDEOZ ne peut rien. Tu dois aller directement sur le site en question et voir avec eux, puisqu’ils en sont les hébergeurs.

        Pour le mot de passe, il n’y a aucun souci de récupération, il suffit de demander un renvoi du mot de passe, un momentané est attribué. Personne ne change les mots de passe, d’autant que personne ne les connaît en dehors des auteurs. La seule chose est de bien utiliser le mail donné lors de l’inscription.

        Pour ce qui est de la désactivation des alertes, il suffit de se désabonner, en cliquant à partir du lien qui est toujours communiqué.

        Concernant le rapatriement de messages, il se fait automatiquement de temps en temps quand la procédure est lancée pour créer des redirections vers IDEOZ. Si un compte est rattaché par le même email que sur Esprits Libres, ça se fait de façon automatique. Sinon, cela apparaîtra comme commentateur de visiteur.

        Pour les désinscriptions, il suffit de remplir le formulaire de contact destiné aux comptes membres, c’est tout simple et accessible à tous, même, me semble-t-il aux plus nuls en informatique. En tout cas, c’est fait pour l’être. Cependant, cela n’exclura pas les éventuelles extractions automatiques ultérieures, qui seront alors associées à un compte invité. En souhaitant avoir répondu à toutes les remarques. Sinon, il suffit d’adresser une demande via le formulaire contact ce qui permet au moins d’éviter les hors sujets ne concernant pas les autres participants d’une discussion!

        Cordialement,
        Sandrine, responsable IDEOZ

  18. Littlestella le 11 février 2011 à 18 h 04 min

    Une lecture qui me bouleverse bien sûr…

    Face au sentiment d’ impuissance, remettons-nous à l’ espoir de voir la Roumanie entrer prochainement dans l’ Union.

    Ce n’ est pas gagné mais c’ est la voie à suivre: se regrouper, s’ unir pour mieux combattre corruption et décadence, pour mieux soutenir les populations affligées.

    Merci pour cet article remarquable de lucidité.

  19. Ion David le 11 février 2011 à 18 h 02 min

    Mon Dieu! Je suis déjà d’une autre génération. Mais j’ai grandi dans un orphelinat roumain. Je me suis enfui de l’orphelinat et de Roumanie, j’avais seize ans. Si j’avais à érire ce que j’y ai vécu, je n’aurais pas une virgule à changer, seul votre talent y manquerait. Merci de le dire pour nous, les quelque-peu encore en vie, trop honteux pour en parler, trop honteux même pour avouer que nous venons de Roumanie, merci pour tous ceux plus nombreux qui n’ont pas survécu. Personne ne nous croit; et pourtant, c’est vrai. Mais c’est inconcevable, et les gens ont raison de ne pas nous croire. J’espérais, je voulais croire de tout mon coeur que cet enfer n’existait plus. Ma vie a été une fuite depuis que j’ai quitté la Roumanie. Je n’en serais jamais débarrassé, et jamais assez loin. Je suis incapable de rester plus de quelques années au même endroit de peur qu’ »ils » me retrouvent. C’est insensé, mais c’est plus fort que moi. Personne en Roumanie ne se soucie d’un gosse qui a disparu.
    Votre article est un miracle et une torture; un miracle parce qu’il dit les choses exactement comme je les ai vécues, comme j’aurais pu le dire moi-même si j’en avias la force et le courage; une torture parce qu’il réveille trop de cicatrices et qu’il balaye l’illusion que tout ceci fait partie du passé; il ne fait partie que de mon passé.
    Mais merci, et je voudrais vraiment savoir comment vous remercier, si la misère des orphelins roumains est inconcevable,j’ai bien peur que l’effet que votre article a eu sur moi l’est tout autant, et que vous ne saurez jamais à quel point je vous en suis gré.
    Finalement, si vous me lisez encore,vous avez bien du vous rendre compte maintenant que le français n’est pas ma langue maternelle, veuiilez en excuser les fautes.

    ion (anciennement numéro 525)

    • Marine le 18 juillet 2011 à 14 h 30 min

      Ion David votre post du 11 février 2011 m’interpelle car je recherche des témoignages d’enfants ayant vécu dans des orphelinats roumains. Les seuls témoignages que nous avons émanent uniquement d’observateurs extérieurs qui, comme leurs lecteurs, ne peuvent se faire qu’une représentation partielle des préoccupations, des peurs, du ressenti des enfants qu’ils voyaient. Que ce passait-il réellement dans la tête de ces petits ? eux seuls pourraient nous le dire aujourd’hui et nous faire mesurer l’impact que cela a eu sur leur vie d’adulte. Par ignorance, la société a la fâcheuse tendance à considérer les victimes comme coupables d’avoir été victimes, ce qui les enferme dans le silence puisqu’ils ont le sentiments que personne ne pourra les comprendre et même pire que ça, ils culpabilisent d’avoir parfois des comportements qu’on leur reproche alors qu’ils ne sont jamais que la conséquence d’un vécu que les autres ignorent. Le problème majeur c’est que les personnes en souffrance n’ont souvent ni les outils ni le soutien nécessaire pour s’exprimer. Vous, David, vous avez les outils, vous vous exprimez parfaitement bien et c’est d’autant plus remarquable et exceptionnel venant d’une personne qui a passé 16 ans dans un orphelinat roumain. Votre témoignage apporterait, selon moi, un éclairage précieux car il permettrait de mieux comprendre et de rassurer les personnes en souffrance au lieu de les stigmatiser. Si vous le souhaitez, je suis à votre écoute : [email protected]

  20. Visiteur le 11 février 2011 à 17 h 59 min

    Bonjour,

    Je sais que beaucoup de choses ont changé mais j’ai entendu dire que même maintenant le cas des handicapés et des roms était loin d’être au top…
    Quelqu’un peut-il m’en dire plus? Savez vous qu’elle est la prise en charge actuellement?

    J’ai été plusieurs fois en Roumanie mais je n’ai jamais pu avoir vraiment d’infos.

    D’après les photos il semble qu’en 2006 c’était loin d’être le top mais en 2011?

  21. Lambert Andréi le 11 février 2011 à 17 h 56 min

    Bonjour, Je ai été dans l’orphelinat a SATU-MARE de decembre 1994 août je vivais tres mal et je vis encorre mal a l’heur où je vous écrit. Donc si cela n’est trop demandée je voudrais avoir le contact du president de l’orphelina que vous pourriez me le donnez a cette adresse [email protected] merci d’avance

    Lambert Andréi

  22. eagles le 11 février 2011 à 17 h 38 min

    Bonjour, ta lettre sur ta visite sur l’orphelinat ma bouleversé, les larmes me montent au yeux, comment toléré autant d’horreur, ces enfants existent ils ? en tout cas cela me montre que l’on a vraiment besoin des autres pour exister, merci pour ton courage, comment transformer en soi autant d’horreur?
    j’ai vraiment envie de faire quelques chose, de leurs offrir un peu d’attention, c’est vraiment un choc pour moi, j’ai l’impression de me réveillé et de sortir de mes petites souffrances habituelles, la vie est vraiment plus vaste, je me sis vraiment envolé avec toi, merci et à bientôt si ca te dis de partager avec moi
    eagles

  23. Daniel Collard le 30 novembre 2010 à 15 h 32 min

    je cherche une liste des orphelin de craiova de 1997 parce -que j’était dans cette orphelina en 1997
    PS : avec un peu de chance j’esseyere de savoir si mes parents biologique sont encore la
    si quelqu’un connait une liste ou des personne qui ont une liste
    envoyer moi vos reponse a [email protected]
    PS : si vous avez une merci de cherchez ce nom alexendru calota

    • Sandrine le 25 février 2013 à 0 h 58 min

      Voici un commentaire qui a éé posté un peu plus tard, peut-être que cela vous concerne :)

      Marine le 10 novembre 2011 à 17 h 29 min

      Bonjour, je rentre de Roumanie où j’ai rencontré une maman visiblement très inquiète de savoir si l’enfant qu’elle a donné à l’adoption il y a 20 ans est toujours en vie et bien portant. Elle ne sait pas utiliser internet et n’a pas non plus d’ordinateurs à sa disposition. Voici les éléments concernant ce fils biologique :

      - né le 01 juin 1991 en Roumanie
      - prénom d’origine : Daniel-Alexandru
      - adopté par famille française ou belge à l’âge de 2 ans.

  24. Marine le 10 mai 2010 à 9 h 30 min

    Rached, comme tu le dis, l’amour est le sens de la vie ou plus exactement il est le moteur de notre vie, la nourriture qui nous permet de révéler ce qu’il y a de meilleur en nous. Par contre, heureusement qu’il ne se limite pas à celui des parents sans quoi nous serions nombreux à vivre sans amour, que l’on soit orphelin où pas.
    L’enfant EST amour. Il suffit de le regarder avec les yeux du coeur pour sentir en nous la chaleur de l’amour. Par contre pour se sentir exister et grandir sans séquelles, dés ses premiers jours et premiers mois l’enfant doit sentir en réponse à ce qu’il est de merveilleux, l’amour de ceux qui l’entourent que se soit celui des parents bio, adoptifs ou de n’importe qui d’autre car l’amour se moque des papiers officiels qui affilient un tel à un tel.
    S’il a manqué hélas de cet amour il traversera des périodes de deuil et de profonde solitude, mais l’être humain a en lui des ressources merveilleuses, et après la pluie vient toujours le soleil.
    Ce dont on a manqué dans l’enfance n’a pas enlevé notre capacité à aimer et ça nous donne l’occasion de l’offrir à d’autres car l’amour est don.
    Pour l’adulte, l’amour est partout là où il pose un regard aimant sans rien attendre en retour.

  25. rached el greco le 10 mai 2010 à 0 h 53 min

    Condamnés à vivre !

    Où est l’amour?

    Orphelin, ce n’est pas être sans père ni mère, mais c’est végéter sans « la présence » de ceux qui nous aiment et que l’on aime plus que tout au monde.

    Eux, le sens même de la vie , voir son seul et noble sens !

    Dieu, pourquoi doit-on, après le départ de ce noble et grand amour, être condamnés à vivre sur les sentiers et chemins de l’errance et de la douleur?

    Il suffit d’un grain pour que l’horloge s’arrête.

  26. Marine le 6 mai 2010 à 11 h 13 min

    Oui le garçon adopté en Roumanie m’a dit aussi qu’il ressentait clairement la méfiance et la crainte des gens, leurs aprioris négatifs dés lors qu’ils comprenaient qu’il était roumain. C’est la méconnaissance de ce peuple qui fait ça, l’ignorance, et c’était pareil il y a 50 ans pour les premiers espagnols, italiens, portugais etc..La différence fait peur quand on la tient à distance et surtout on généralise à partir de quelques cas particuliers qui attirent notre attention ou qui font l’objet de faits divers dans les médias. Heureusement tout le monde ne voit pas les choses comme ça, il y en a quand même pas mal pour qui, la valeur d’une personne n’a rien à voir avec son origine où sa façon de s’habiller. Personnellement j’ai même trouvé davantage de « belles âmes » chez des gens en guenilles que chez ceux en costard-cravate…Un jour par exemple nous nous sommes trouvés avec mes enfants de nuit dans une région perdue du Triangle d’Or. On ne voyait personne, mais on avait été repéré. Soudain on a vu des torches arriver et des ombres qui nous ont fait signe de les suivre sur un petit sentier qui s’enfonçait dans la montagne boisée. Les visages éclairés par la lueur des torches étaient étranges mais on a fait confiance. On est arrivé à un village de cahuttes d’une minorité ethnique. Sans parole on nous a offert à manger et un natte pour passer passer la nuit à l’abri du froid et des animaux sauvages. Ils étaient une douzaine amassés dans la petite pièce à observer notre étrangeté. Une dame m’a massé le dos. Il était très tard, on tombait de sommeil, ils semblaient attendre qu’on prenne une initiative. On s’est mis à l’aise sans se déshabiller, puis on s’est enfilé dans nos duvets. Ce n’est que quand ils ont été rassurés sur le fait qu’on était bien installé pour la nuit, qu’ils se sont éclipsés pour aller dormir dans les maisons voisines. Au réveil le thé était déjà prêt.
    Je te donne mon adresse mail : [email protected] pour qu’on puisse discuter de ce garçon dont je ne peux pas parler ici. C’est important et tu pourras m’apporter un éclairage. Sinon, Sandrine dit qu’on peut aussi s’envoyer des messages perso à partir du forum et que pour cela il suffit d’être inscrit.
    Bonne journée!

  27. Chanussot le 5 mai 2010 à 20 h 33 min

    je tien à précisée que j’ai une copine qui à était adopter en même temps que moi dans le même orpholinat et qui elle a très mal fini donc je pense que la reconstruction est propre à chaqu’un , selon l’aide familial et la forçe personnel !

  28. Chanussot le 5 mai 2010 à 20 h 31 min

    oui j’ai eu de la chance d’avoir des parents qui mon transformer qui aurait soulever des montagnes pour moi et sa sa vos tous l’or du monde,c’est dans ces moment la que l’on prend l’importance des parents les miens sont exeptionnel d’avoir fait sa pour moi et d’une facon ils ont contribuer à l’amélioration de la situation.
    Je dois dire quand mme que sa na pas était facil tout les jours d’être roumaine, car l’image des roumains en France est très dégradante, j’ai eu des soucies avec des personnes raciste enfin raciste qu’avec les gens qui ne sont ni espagnol ni magrebin ni francais ni portuguai ni italien voila j’ai subbi des insultes par rapport a mes origines , des moqueris, parfois les gens insistent lourdement en fesant semblan de pas comprendre pourquoi mes parents sont francais et moi roumaine , c’est pas grave je suis fiére de mes origine et surtout par dessus tout je suis fiére de mes parents . voila
    et oui je veux bien en parler en privé avec vous

  29. Chanussot le 5 mai 2010 à 13 h 58 min

    J’ai 18ans je suis de 1992
    j’e suis exactement arriver en France en decembre 95 (je me suis trmper)
    j’ai étais placé dans l’orpholinat à ma naissance 3 jours après par mon pére l’orpholinat a dit a mes parents adoptif que ma mére était déssédé a l’accouchement car je garde des cicatrices sur le crane ou mes cheveux ne pousse pas.
    Je pensais que ce texte était fait pour dénoncé la misére là bas
    je pense qu’il faut la dénoncé la famine et la misére ne font pas tout dans l’abandon des enfants je pense.
    je pense que le manque de de contraception là bas ogmente les abandons

    Il faut savoir que là bas un mari qui perd sa femme ne peut pas garder ses enfant si il souhaite se remarier il doit les abandonner
    ainsi que pour les femmes.
    J’appreci mon pays mais je juge les conditions de survi des enfants.
    Je pense qu’un enfant na pas a subir tout sa, pour ma part aujourdhui je ne garde aucun souvenir de là bas, je vie normalement avec beaucoup d’amour mais mes parents mon dit que petite sa était difficil pour eux de m’adapter a la vie francaise simplement pour prendre une douche que j’avais jamais pris de ma vie , pour me border le soir c’était la crise de larme n’ayan jamais eu de couverture sur moi, pour me fair arreter c’est toc que j’avais pris a me balancer de l’avant vers l’arriere, pour me fair manger autrechose que du jus de betrave et de la soupe a l’eau avec du pain trenpé dedans servi dans des seau en plastique
    Je pense que les enfants qui vivent là bas sont totalement deconecter du monde c’est telement triste se qu’il subisse.
    Je pense qu’il faut agir oui pour aider c’est enfant qui sont condaner a mourir

    • Marine le 5 mai 2010 à 18 h 02 min

      Merci pour ton précieux témoignage. Je trouve moi aussi qu’un enfant c’est sacré et que quand il est exposé à des maltraitances ou négligences il doit être protégé. Certes ces maltraitances et négligences sont toujours involontaires de la part de leurs auteurs, il n’en demeure pas moins qu’elles peuvent parfois causer de graves dégâts psychologiques chez l’enfant, qu’il les traînera pendant de longues années et qu’ils auront parfois des répercussions sur ses propres enfants.
      Il me semble que le droit élémentaire d’un enfant c’est de recevoir nourriture, soins, affection et protection. Il me semble qu’une société se doit, dans la mesure de son possible, de protéger ce qu’elle a de plus précieux : ses enfants.
      Concernant les roumains et leur rapport à l’enfant, selon moi la pauvreté n’explique pas tout, il est possible qu’un héritage culturel ou « mode de pensée collective » jouent aussi un rôle. Ceci étant il ne nous appartient pas de juger ou de condamner mais d’en tirer des leçons sur notre façon à nous de considérer les enfants, car on en voit aussi chez nous beaucoup de jeunes de ton âges qui souffrent. Je crois aussi que, chacun à notre petit niveau nous pouvons apporter notre petite goutte d’eau pour aider. Et pour toi, la plus belle façon d’aider est de démontrer, comme tu le fait, que même si au départ de la vie on a connu l’enfer, quand on grandit dans l’amour on devient une belle personne.
      Je remercie au passage Sandrine, l’auteur de ce site, de m’avoir permis, grâce à ce blog, de te croiser. Le garçon adopté comme toi en Roumanie à l’âge de 3 ans, n’a pas eu comme toi des parents en mesure de « réparer » sa blessure première qui du coup s’est aggravée. Je pense que l’histoire commune que vous avez pourrait l’aider. Par discrétion, nous ne pouvons pas en parler sur un site, si tu le veux bien je vais demander à Sandrine de nous mettre en lien perso.
      A +

  30. Chanussot le 4 mai 2010 à 20 h 57 min

    Bonjour,
    je suis moi même une enfant adoptée , mes parents mn adopté en 1996
    mes parents biologique mavait abandonner.
    j’ai passé 3ans dans un orpholina a Botosani , mes parents on donner tout leur courage et leur energie pour réussir a m’adopter se qui n’est pas tache facil .
    j’ai lu votre texte je ne suis pas d’accord avec tout se que vous dites, c’est bien de montrer tout se quil se passe là bas mais qu’est ce que sa change?
    on se préocupe peu des enfants abandonner en roumanie, on préfére parler tout le temps de ceux d’afrique ou je ne sais ou .
    le dictateur a était tué en 1991 donc pour toute les personnes qui on abandonner après 1991 se n’est pas a cause du régime de dictature puisque il n’y en avait plus …
    sinon votre texte est très poignan , merci a vous de faire connaitre la misére qu’il se produit encore dans se pays.

    • Sandrine Monllor le 4 mai 2010 à 21 h 01 min

      Je comprends que vous puissiez ne pas être d’accord avec ce que je dis. Avec quoi d’ailleurs? Je suis tout à fait ouverte à échanger avec vous sur ce sujet ou d’autres. Ce sera un plaisir. Il est normal d’avoir des interprétations différentes ; c’est le risque des mots. Par exemple, jamais mon but n’a été de faire connaître la misère de la Roumanie. C’est un pays que je respecte profondément et pour l’apprécier, j’évite de juger ce qui s’y passe, le traitement qui est fait à certains.

    • Marine le 4 mai 2010 à 23 h 34 min

      Bonjour Chanussot,

      Je suis proche d’un jeune garçon qui a été adopté comme toi dans un orphelinat Roumain et ça me touche que tu réussisses à t’exprimer sur ce sujet et que tu t’intéresses à ton pays de naissance alors que tu es encore très jeune. Bravo !
      Pour en revenir à ton message, quand tu dis « je ne suis pas d’accord avec votre message » tu veux peut-être dire, c’est que de relater des faits ne suffit pas, qu’il faudrait agir pour améliorer le sort des enfants et de leurs familles en Roumanie. Est-ce cela que tu as voulu dire ?
      Ensuite tu dis, à juste titre, qu’après 1991 les abandons d’enfants ont continué et que là ce n’est plus à cause la dictature. Mais alors selon toi qu’elle en serait la cause ?

      Puis-je aussi te demander quel âge avais-tu quand tes parents t’ont adoptés ? (J’ai calculé 1996 – 3 = naissance en 1993, mais peut-être n’as-tu pas été confiée à l’orphelinat dés ta naissance?)
      Amicalement,
      Marine

  31. Sandrine Monllor le 24 mars 2010 à 17 h 48 min

    Ce n’est pas le même sujet, mais je vous invite à découvrir ce sujet proposé par une nouvelle membre : Malee, à propos de la condition de l’enfance en Thaïlande.

  32. Marine le 24 mars 2010 à 12 h 48 min

    Daniel tout ce que tu dis me touche beaucoup et ton parcours inspire le respect.
    Je ne peux pas me résigner à ce que le mal triomphe sur le bien. Les personnes de ton village semblent bien méchantes . Mais j’ai du mal à imaginer qu’il s’agisse là du fait de tout un village, peut-être est-ce seulement 3 ou 4 personnes.
    Je crois qu’on devient « méchant » uniquement parce qu’on est malheureux. J’ai l’impression que le problème majeur en Roumanie c’est que beaucoup d’enfants ont grandi sans amour. Cela cause chez l’enfant des troubles importants appelés « troubles de l’attachement » si en grandissant les parents ne sont pas en mesure de « réparer ce qui a été cassé » vont alors s’ajouter d’autres troubles qui feront d’eux des adultes extérieurement comme les autres mais intérieurement en grande souffrance. Tout ces troubles se répercutent sur les comportements qui peuvent faire dire aux autres que ces personnes sont méchantes. Je ne sais pas si je me fais bien comprendre car ce n’est pas facile de résumer en 3 lignes un phénomène complexe.
    Danielle j’admire ton courage pour la difficile aventure dans laquelle tu t’es engagée. Je suis convaincue qu’avec beaucoup d’amour, d’abnégation et de patience tu réussiras à réparer la blessure première de tes enfants. J’imagine que tu as conscience combien c’est un pari énorme. Si tu le réussi je mesure pleinement combien tu auras réussi quelque chose de Grand !

  33. Marine le 24 mars 2010 à 12 h 00 min

    « Au petit bonheur la chance » c’est à dire « à la destinée » avec l’espoir que ça sera « pour le meilleur », le meilleur que le pire si elle le garde. j’essayais simplement par cette expression de traduire ce qui doit ce passer dans la tête d’un maman qui abandonne son enfant. Il faut être dans une très grande détresse pour en arriver à cette irrémédiable séparation, à ce deuil. Le choix se pose entre garder un enfant qu’on n’est pas du tout en mesure d’élever et qui sera négligé voire violenté et lui donner une chance d’avoir peut-être un avenir meilleur s’il est adopté. Pour moi l’adoption, est le dernier acte d’amour envers celui qui, si on le garde, sera exposé des souffrances plus grandes que celles de l’orphelinat. C’est aussi souvent « enlever une bouche à nourrir » pour que les autres enfants aient un peu plus. Je vois ça un peu comme l’histoire de Moîse, la mère le met dans une corbeille sur la rivière et « Va mon fils, que Dieu te sauve! »
    Il ne peut pas en être autrement, ce n’est pas pour lui faire du mal qu’une maman abandonne son enfant, c’est la solution la moins pire. En même temps ne sachant pas ce qu’il va advenir de lui, elle le confie « au petit bonheur la chance »

  34. Daniel Pieplu le 23 mars 2010 à 15 h 37 min

    on s’elloigne du probleme des enfants.au debut de mon instalation,j’avais l’intention de prendre des enfants d’orphelinat les vaccance,les week end.ayant grandit dans un pensionat en france je connaisais le manque que cela represante une famille. mon frere a eu la chance d’etre parainer par un couple moi avec mes allergies personne ne voulais de moi.heureusement ma femme m’a crier casse-cou.tu n’est pas en france m’a t’elle dit ici vie pour toi sinon sela vas te retomber dessus.elle savais de quoi elle parlais .

  35. Daniel Pieplu le 23 mars 2010 à 15 h 18 min

    bonjour marine. je suis depuis 8 ans dans ce village et les problemes on commencer lorsque nous avons mis un frein a notre generositer ce n’etais jamais asser on pretais de largent pour des medicaments pour payer le docteur le veto.on avais bien du mal a rentrer dans nos frais ou a etre rembourser certaine personnes nous fournissais en oeufs du lait nous rendais quelques service. un jour comble de tout on nous a demander si on avais pas honte de reclamer l’argent que l’on avais preter « avec la retraite que j’avais ». nous avons couper toutes discution et n’avons plus depanner ses « personnes »et radio clocher a fait le reste les informations mensongeres on commencer a circuler malgres les dementis des enfants avec lesquelles je n’ai jamais eu de problemes et qui en sont bien malheureux.3 ou4 vielles femmes (dont une qui avais des esperance sur ma maison avant mon instalation)se gargarise de fausses nouvelles a qui mieux mieux et me font beaucoups de mal.au moyen age on brulais des gens sur des ragots.ici les mentalitee ressamble a cela.les familles se dechires sur quelques mots lancer a la sortie de l’eglises par ses piplettes.que faire a part l’indiferance

  36. Dominique le 23 mars 2010 à 12 h 35 min

    pour ce qui est des mamans laissant leurs enfants , je n’ai pas très bien compris le sens de ton message . Je sais seulement que l’Etat durant les années Caocescu demandaient aux familles de faire des enfants et de ne pas hésiter à les lui confier assurant qu’il prenait tout en charge….
    Ses mamans ont dû faire confiance , elles étaient imprégnées de cette mentalité et de toute façon elles n’avaient certainement pas le choix. Je ne sais pas si certaines cherchent aujourd’hui leurs enfants mais je sais que pour mes propres enfants leur mère respective à signer un acte d’abandon devant une tribunal . Ce que tu évoques vaut pour toutes les mères confiant leur enfant à l’adoption, il y a souffrance quelque soit l’origine de la personne mais c’est pour sauver son enfant qu’on le confie.
    Retrouver son enfant n’est pas plus simple ailleurs sauf peut-être en France depuis que le secret des nés sous X peut être levé quand les 2 parties sont OK.
    Je connais une maman adoptante qui a essayé de rechercher les parents géniteurs de son enfant roumain, elle les a retrouvés et leurs réactions a été de demander de l’argent…. Alors quoi penser.. je ne juge pas …je ne sais pas ce que c’est qu’être dans la misère! et je ne veux pas généraliser .
    On est vraiment sur des terrains glissants..

  37. Dominique le 23 mars 2010 à 12 h 34 min

    Merci pour vos réactions, elles prouvent qu’au moins le sort des enfants roumains abandonnés ne laissent pas indifférent.
    C’est vrai qu’il est très difficile d’aider sans juger, en respectant toute l’histoire du pays et nous arrivons souvent avec plein de bonnes intentions sans réaliser que nous pouvons offenser. Effectivement ce n’est pas simple l’humanitaire !
    mais on ne peut pas, non plus, sous prétexte d’avoir peur de mal faire, ne rien faire. Je pense qu’il y a des actions humanitaires bien réfléchies et bien menées qui apportent beaucoup sur place, sans prétention, juste pour soulager. Mes enfants roumains en ont bénéficié et je remercie ceux qui, sont peut-être arrivés avec « leurs gros sabots de sauveurs » mais qui ont osé les prendre dans leurs bras , malgré leur état pitoyable….
    Pour réponse à l’un d’entre vous ( loin de moi l’envie de me glorifier) , je veux juste répondre à la question posée, mes enfants sont sortis de Roumanie, l’une à 8 ans , elle « crevait » dans un mouroir à 2 pas de Bucarest (elle avait l’allure de l’enfant sur la première photo du reportage de Sandrine…), l’autre à 4 ans , il avait lui la chance d’être dans un orphelinat de Constata pris en charge par une ONG , il était donc moins abîmé et mon dernier enfant est arrivé à 2 ans et demi totalement cassé, handicapé mental … Ils vont tous les 3 bien, même si les carences affectives ont laissé des traces ! ils sont aujourd’hui heureux, c’est tout !
    Depuis l’année 2000 l’adoption internationale en Roumanie est bloquée ( en raison de trafics d’enfants) et les orphelinats sont totalement engorgés.
    Pourquoi les autorités roumaines refusent de laisser partir ses enfants alors qu’elles ne peut subvenir à leurs besoins?
    Je sais que ce pays mettra du temps à se reconstruire (et il y a déjà de bonnes évolutions) mais cette nation subit de plein fouet la corruption… et là c’est un terrain vraiment pas facile. Tout se monnaie !

    Mais ne laissons pas tomber ces mômes qui se foutent des enjeux politiques, économiques et sociaux. Ils sont seulement la conséquence d’une dictature » communiste morte « depuis 20 ans et ça leur ai bien égal nos discussions sur l’éthique de l’ humanitaire, ils attendent une main tendue qui les sortira de cette misère . Alors si je peux aider encore , je le ferai.
    Amicalement à tous

  38. Sandrine Monllor le 23 mars 2010 à 2 h 06 min

    Franchement, je ne comprends pas ton expression « au petit bonheur la chance »? Je la trouve très péjorative, surtout quand on sait un peu quelle était la politique de natalité sous le règne de Ceaucescu et quels dégâts elle continue à faire, sans parler de l’accès aux soins ou à des services de santé) avec le coût et les autres difficultés qu’ils constituent… Pourquoi juger sous prétexte de ne pas comprendre ou de ne pas accepter des choix terribles qui nous touchent forcément, même de loin?

  39. Marine le 23 mars 2010 à 2 h 01 min

    Pour ceux qui habitent en Roumanie j’ai une question qui va peut-être vous sembler idiote.
    Sul les centaines et peut-être les milliers de mamans qui ont un jour confié leur enfant au « petit bonheur la chance » il n’y en a donc aucune qui, des années plus tard essayent de retrouver leur enfant ?
    Et dans ce cas comment s’y prennent-elles ?
    Internet est-il répandu ou bien seulement accessible à une minorité de gens aisés ?
    Ces enfants avaient souvent des frères et soeurs plus grand qui doivent se souvenir qu’ils ont un jeune frère dans la nature. Ne cherchent-ils jamais à le retrouver ?

  40. Marine le 22 mars 2010 à 21 h 32 min

    merci à Dominique et à Daniel pour vos témoignages pleins d’humanisme.
    Daniel on imagine combien il doit être décourageant pour un homme bien intentionné d’être suspecté de mauvaises intentions. Je ne sais pas depuis combien de temps vous êtes dans ce village roumain mais peut-^tre que la solution serait de tisser davantage de liens sociaux, de trouver le moyen de gagner la confiance des adultes qui, visiblement, n’ont pas encore assez confiance en vous. Ce qu’on peut retenir de positif dans cette regrettable expérience, c’est que les Roumain manifestent ici un réflexe de protection vis à vis de « leurs » enfants.
    Dominique on comprend et partage votre sentiment de révolte devant la souffrance des enfants qui pourrait être évitée. Car il semblerait bien que la cause de ces souffrances ne soit pas tant liée à la pauvreté qu’à l’ignorance. L’ignorance qui fait qu’un peuple reproduit le mode de penser et d’agir qu’il a toujours connu et ceci sans avoir la possibilité de s’ouvrir à une autre conception de ce qu’est l’enfant et donc plus largement l’être humain. En même temps il faut comprendre que pour un peuple il est particulièrement humiliant de voir débarquer chez lui des étrangers qui viennent leur démontrer qu’ils sont bien mauvais pour être incapable de s’occuper de leurs enfants. Comment réagirions-nous si une personne « bien pensante » venait subitement dans notre cuisine nous expliquer qu’il ne faut pas ranger les fourchettes dans ce tiroir et qu’il faut mettre davantage d’huile pour faire les oeufs aux plat?
    Je crois qu’elle nous agacerait à un point qu’on n’aurait pas envie de l’écouter.
    Il faut bien se rendre à l’évidence. Concernant la Roumanie cela fait à présent 20 ans quelle est envahie d’humanitaires qui ont « soigné des plaies » sans toutefois réussir à éradiquer la maladie. Ceci étant cela n’enlève rien à la grandeur des actions individuelles ou associatives qui sont faite, simplement ça devrait nous amener peut-être à revoir notre vision de l’humanitaire.
    Sandrine à raison quand elle dit ce que je reformule ici par : pltôt qu’agir pour les autres il faudrait amener les autres à agir pour eux-mêmes.
    Dominique tu as raison aussi quand tu dit ce que je reformule ici par : quand on voit un enfant qui a mal, l’urgence est de le soulager.
    Je crois qu’il faut un grand savoir faire, beaucoup de patience et d’humilité pour être efficace en profondeur quand il s’agit d’humanitaire. Mais entre rien faire et faire un peu, vous avez tous raison, qu’il faut choisir de faire un peu ! Et un peu, c’est parfois poser ce regard aimant sur un enfant, qui l’espace d’une seconde, va lui redonner l’espoir. Ce peu là il est énorme.
    Pour ce qui est de l’adoption, c’est une autre vaste question. Dominique, ils ont quel âge vos enfants ?

  41. Daniel Pieplu le 22 mars 2010 à 18 h 20 min

    c’est poingnant de vous voir discuter de la sorte au sujet de ses pauvres petit et vous avez toute les deux raison malheureusement lorsque l’on connais la mantalitee roumaine il n’y a rien d’autre a faire que se qu’a fait dominique prendre un petit et le soustraire a ce calvaire.
    tenter de mener une action ici est mission imposible tent est corompu tout le sisteme meme a l’heure acctuel pour cree quelque chose il faud arroser a tout les nivaux et tres largement et parler des orphelinats est tabou.lorsque j’ai voulu m’occuper de jeune dans mon village les bruits on commencer a courir que j’etait pedophille que c’est pour cela que j’ai quitter la france et bien d’autre cochoneries.j’ai laisser tomber et ne donne meme plus de cours de francais,lol(pour la diction au moins)vu mon nivaux .j’ai apris a nager a plusieurs enfants j’aide comme je peut en essayant d’eviter trops de contactes et les temoigages d’affections.moi qui est elever 5 enfants c’est tres dur ses remarques desobligeantes.j’en suis arriver a ne plus rammasser les enfants qui rentre de l’ecole si’ils n’y a pas un adulte avec eux triste mentalitee.
    il y a quelques associations comme les petite soeur de mere theresa qui font un grand travail sur bucarest dans le secteur de ferantar(zone tzigane)pour le reste silence.!!!

  42. Dominique le 22 mars 2010 à 13 h 07 min

    Bonjour sandrine

    je suis heureuse d’avoir eu votre réponse et vos propos ne m’ont pas dérangés. Bien au contraire ils sont très sensés si on arrive, comme vous le faîtes à intellectualiser la situation historique, économique de la Roumanie. Dans ce cas, je suis tout à fait d’accord , ce pays doit trouver ses solutions et je ne prétends en aucun cas changer le monde ni porter un regard accusateur sur les roumains face à leur politique sociale. Je sais aussi qu’il y a quelques années nos « fous » subissaient le même sort et qu’ aujourd’hui encore nous avons du chemin à faire en accueil pschychiatrique.
    Mais je n’arrive pas à me contenter d’une analyse comme la vôtre.
    Je me sens coupable de savoir et ne rien faire. C’est ce que vous nommez « débordement pour raison affective ».
    C’en est certainement et tant mieux pour mon fils car je vous assure qu’entendre son rire n’est pas illusoire.
    je sais que je n’ai rien fait d’autre que d’offrir une vie de famille et des soins à un seul enfant et que je me suis faîte aussi plaisir. Devenir mère c’est très égoïste. Mais je ne sais pas fonctionner autrement et c’est très bien que des personnes comme vous sachent voir autrement les choses. Moi je fonctionne avec mes tripes et si je pouvais aider encore, même petitement, je le ferai.
    C’est peu mais c’est déjà ça.
    je n’ai rien apporter à la Roumanie car j’en ai pas la prétention mais j’ai fonctionner humainement. Voilà tout !
    merci encore d’avoir répondu et merci pour votre reportage qui permet de voir , savoir et peut-être réagir selon nos personnalités et nos vécus.
    Dominique

  43. Sandrine Monllor le 22 mars 2010 à 0 h 14 min

    Chère Dominique,

    votre colère est légitime. Il est difficile de rester insensible face à l’indifférence ou à la maltraitance, surtout quand elle touche des enfants qui sont dès leur petite enfance en réalité condamnés à un sort comme celui de beaucoup d’orphelinats roumains ou même plus largement des Balkans ou d’Europe orientale. En revanche, je risque de vous dire quelque chose que vous n’aimerez pas entendre si vous me lisez et qui est un peu en filigrane de mon récit : il me semble essentiel que la Roumanie soit capable d’être autonome pour essayer aussi d’avoir les outils pour que la situation évolue, même si cela est sûrement très long et en apparence assez vain. Accompagner raisonnablement, c’est avant tout éviter de vouloir illusoirement changer le monde, même petitement, pour quelques individus et c’est éviter de juger une situation pour des raisons affectives qui nous débordent !

    Je pense qu’il n’est déjà pas possible d’aider sans adopter une attitude de distanciation qui augmentera la pertinence et l’efficacité de l’action. Le problème n’est pas seulement une question de nombre de personnes prêtes à s’investir. Cela se jour à plusieurs niveaux : le manque d’argent chronique dans bien des secteurs du pays (qui empire avec la terrible crise actuelle) exclut une formation de qualité et dans un pays où la reconnaissance sociale à travers certains métiers est très forte, on réalise qu’un travail comme celui d’éducateur, d’infirmière, de directeur d’orphelinat n’est pas assez considéré pour que le travail soit bien fait. Les gens ont vécu repliés pendant des décennies, en étant persuadés qu’il n’y avait qu’en pensant à eux qu’ils pourraient survivre. Ces dégâts d’une dictature ne sont pas faciles à éliminer, me semble-t-il… Ce n’est pas que les Roumains soient insensibles au sort des orphelins, je pense, mais qu’ils n’ont pas les outils pour comprendre une situation et s’impliquer. Ce serait généralisable à d’autres choses, d’ailleurs. La formation fait cruellement défaut et comme vous l’imaginez bien, un travail sans formation professionnelle solide exclut une amélioration réelle de la situation. En France aussi, on remarque les limites dans la psychiatrie moderne, qui manque de moyens, de reconnaissance, d’investissement, malgré la richesse du pays. La Roumanie n’est pas si éloignée, en réalité à ceci près que la période communiste n’est pas si loin.

    Il n’est pas simple de répondre sur un sujet dont je ne suis pas spécialiste. Je ne fais que vous livrer mon humble avis, mais je peux vous dire une seule chose : demandez vous pourquoi vous voulez autant aider? Les réponses que vous pourrez donner éclaireront vos objectifs profonds. Vous ne pourrez alors aider que si vous êtes claire avec vous-même et vos limites et si vous ne voulez pas que tout change sans mesurer tout à fait la situation, malgré l’adoption que vous avez effectuée.

  44. [email protected] le 11 mars 2010 à 14 h 05 min

    Bonjour Sandrine,

    j’ai laissé il y a quelques jours un commentaire sur un reportage que vous aviez fait sur les orphelinats roumains. Je me demandais si nous pouvions envisager une aide sérieuse auprès d’un orphelinat roumain car comme je l’évoquais j’ai adopté deux petits garçons qui sortent de ces horribles mouroirs et qui aujourd’hui ont retrouvé le sourire (malgré de grosses séquelles)et je ne supporte pas de savoir qu’à ce jour on puisse fermer les yeux sur le sort de tous ces enfants qui sont encore maltraités.
    Avez vous des infos à me donner sur ce sujet?
    Pensez vous qu’il soit possible d’organiser un voyage humanitaire en faveur de ces enfants là ?
    Et qu’on ne me dise pas que depuis que la Roumanie est européenne, tout va mieux… je sais de source sûre que le sort de ces enfants est exactement le même qu’il y a quelques années!Merci de votre attention
    A bientôt de vous lire.

  45. dominique le 6 mars 2010 à 16 h 36 min

    bonjour,
    je connais bien les orphelinats roumains car j’ai adopté 2 enfants roumains dont un petit garçon dit irrécupérable car handicapé moteur et mental. Il est arrivé dans un état abominable tels les enfants des photos vus dans votre reportage! aujourd’hui, bien-sur il est lourdement handicapé mais sa joie de vivre, son sourire me comblent chaque jour!
    je suis allée en Roumanie en 2009 comme simple touriste. Evidemment j’ai voulu savoir comment avaient changé les orphelinats, je me suis heurtée à un mur : silence voire même agressivité! Je sais que les mentalités mettent du temps à changer mais m…. il y a encore à ce jour en Roumanie des enfants qui vivent l’horreur et cela est inadmissible! Ne peut on pas créer une association pour aider ces pauvres petits plutôt que discuter. C’est vrai je suis en colère car je ne peux admettre qu’il faille attendre que les mentalités changent! Si nous savons nous devons agir même petitement alors connaissez vous des gens prêts à s’investir pour rendre la vie des enfants roumains abandonnés un peu plus décente? merci encore pour vos informations et je ‘attends votre réponse . Amicalement

    • Patricia le 12 janvier 2011 à 22 h 41 min

      Bonjour Dominique, Marine, Sandrine, et autres…
      Ravie d´avoir trouvé ce site, même si la discussion commence à dater.
      J´ai aussi une fille, maintenant adulte, née en Roumanie, ayant vécu en orphelinat jusqu´à l´âge de 6 ans. Elle a aujourd´hui 23 ans, elle comprends deux langues, mais n´a jamais parlé. Elle s´est tellement frappée, elle même, qu´elle en a perdu les deux yeux, entre 17 et 19 ans. Elle a dû être attachée pendant des années, elle est sous psychotropes en permanence. Elle restera sans autonomie, devra être assistée pour le restant de ses jours.Elle a le statut d´une personne lourdement handicapée.
      Et pourtant, à la naissance, elle était normale, comme la plupart des enfants.Quelques années plus tard, quand je fis sa connaissance, elle était « irrecupabile ».
      Je comprends votre colère, Dominique, et je la partage.Je suis retournée récemment en Roumanie, avec ma fille. Je ne recommencerai pas. Je n´ai jamais vécu autant d´hostilité et d´incompréhension par rapport à l´handicap que là-bas, je me suis sentie comme un africain dans le Brandenbourg,ce n´est pas peu dire, pour ceux qui connaitraient cette région d´Allemagne de l´Est.
      Les dernières rumeurs dans la population sont celles-ci:
      Les handicaps et troubles divers des enfants en orphelinats ne proviennent pas de traitements particuliers, mais de la dégénérescence des parents, maladies génétiques, alcoolisme, ect..
      La notion de « irrécupabile » reste très ancrée dans les têtes, les gens ne comprennent pas que les étrangers s´intéressent au sort d´enfants sans avenir, alors qu´eux vivent très mal leur situation d´européens pauvres, et voudraient en fait qu´on les aident, eux.
      Personellement, je pense qu´il n´y a pas d´aide possible, à moins que l´aide soit directe, et avec possibilité de controle. L´humanitaire, c´est bien, parfois, mais là les solutions ne peuvent qu´être politiques.
      J´aimerais, – beaucoup – entrer en contact avec des parents adoptifs d´enfants roumains, ainsi qu´avec des rescapés, peut-être pourraient-ils me raconter ma fille…..à bientôt

  46. Caroline Bozinova le 6 février 2010 à 13 h 15 min

    Eh oui, c’est bien la le probleme, ils ne realisent tout simplement pas ce qu’il existe une meilleure facon de respecter les autres. Ils ne connaissent pas… C’est tout simplement l’evolution des mentalites. On peut pas etre ce qu’on a pas connu et a l’inverse, il est difficile de se plonger dans un systeme et une mentalite que je n’ai jamais connu non plu, ayant vecu toute ma jeunesse en Suisse avec sa democratie directe (que je trouve quand meme pas mal comme systeme) Et entre parentheses, ce n’est pas les institutions que je critique mais la politique. Parceque eux, ils savent et ont meme le pouvoir de changer les choses mais…Oui vaut mieux echanger comme vous dites des choses plus legeres, mais comme internet permet de bavarder un peu, pourquoi ne pas dire les choses tout en ayant bien conscience que ca ne sert strictement a rien (surtout pas a changer le monde) sinon a bavarder tout simplement… Et je suis tout a fait d’accord en ce point avec vous, la meilleure facon d’essayer de changer quelque chose, c’est bien soi-meme…
    En elevant son niveau de conscience sans oublier celui du coeur…Pour ca internet, c’est bien…

  47. Marine le 6 février 2010 à 10 h 33 min

    Sandrine je ne sais pas si mon inscription a fonctionné. J’ai même l’impression que je me suis désinscrite de la discussion!! Au secours !!

  48. Marine le 6 février 2010 à 9 h 57 min

    Caroline, ta révolte est légitime et en même temps je ne sais pas si ça aide à quelque chose d’accuser les institutions. Ces pays sont tout simplement en retard économiquement et socialement comparé au nôtre. Si une machine à remonter le temps nous projetait chez nous 50 ans en arrière, on serait aussi attristées par beaucoup de choses et chez aussi les malades mentaux n’étaient pas bien considérés, on les cachait et on les attachait avec des cordes. Il faut aussi tenir compte des différences de culture. Ainsi il y a des habitudes, des pratiques qui, à juste titre, nos choquent chez les autres mais l’inverse est vrai aussi.
    Il est certain que la pauvreté ne justifie pas la grande dureté et indifférence dans les rapports humains, la preuve en est l’Asie qui entoure ses enfants et ses vieux de beaucoup d’amour.
    Il est bien évident C aroline que tu ne changeras pas le monde mais je crois que par l’exemple que tu donnes chaque jour autour de toi, tu apportes cet autre regard qui éclaire l’autre.
    C’est grâce aux échanges culturels, qu’on peut se remettre en cause et s’améliorer. Ne plus reproduire ce qu’on avait toujours vu parce qu’enfin on réalise qu’il existe une bien meilleure manière de faire que celle qu’on connaissait jusque-là.

  49. Caroline Bozinova le 6 février 2010 à 8 h 40 min

    L’horreur bien cachee dans ces institutions ou on ne sait pas vraiment ce qui s’y passe. Il y a aussi ici une institution du nom de Demir Kapia en Macedoine dont j’entends parler depuis mon arrivee ici. Il parait que c’etait un peu la meme chose qu’en Roumanie et que des progres ont ete fait aussi.
    Un ami Suedois qui fait ses etudes d’educateur a effectue un stage ici a Demir Kapia l’annee derniere et dit que malgre son enthousiasme a essayer d’apporter des ameliorations et de s’interresser au sort de ces enfants, il a ete completement desapointe par le systeme politique et social assez corrompu au detriment des reels besoins de ces enfants. En clair, je pense qu’ils s’en fichent et c’est comme ca. Point barre.
    Les choses mettent tellement de temps a changer dans ces pays avec encore une mentalite communiste ou dans cette periode de transition les personnes aux hautes fonctions ne pensent avant tout qu’a en mettre dans leurs poches plutot que d’ameliorer la societe et ou l’appartenance a un parti prime sur les postes a responsabilite plutot que sur des criteres professionels. Quel gachis!..Qu’importe si ils ont etudie ou pas pourvu qu’ils soient pistonnes et directeurs…
    Une petite histoire bien triste. Quand je suis arrivee dans ce village il ya 22 ans, il y avait une retardee mentale du nom de Lila qui se baladait dans le bled en accostant tout le monde disant deux trois mots et demandant toujours des cigarettes qu’elle fumait avec avidite sous ses cheveux blonds en broussaille. Petite, menue, le regard bleu vif elle vivait avec sa mere dans une maison bien desuette. Puis quans cette derniere est decedee, la famille a vendu la maison et ils ont place Lila en institution. Plus de Lila pour animer un peu le village…Quelques temps apres on appris le suscide de Lila qui s’est jetee d’un pont sur le Vardar. Lila deracinee, de son quotidien, de ses familiers, de son lieu de vie. Elle avait 43 ans.
    Honneur a toi Lila, a tous ces gens comme toi qui souffrent dans leur ames et dont on ne parle meme pas. Oublies de la societe et qu’on bourre de medicamments jusqu’a en devenir des zombies. Ici ils n’ont pas de psychiatres comme chez nous supposes nous aider dans nos investigations interieures ou alors ils sont encore plus fous que leurs patients. J’ai eu l’occasion d’en rencontrer un ou deux…

  50. Sandrine Monllor le 6 février 2010 à 1 h 31 min

    Cela te gênerait-il que l’on échange aussi personnellement (via une messagerie par exemple)? Si tu le veux bien, l’inscription ne prend que quelques secondes et elle est sans obligation par la suite…

  51. Sandrine Monllor le 6 février 2010 à 1 h 25 min

    Formidable… J’ai lu ton message et je vais y répondre dès demain… Egalement celui de ce sujet. Je suis un peu au four et au moulin, débordée, par tout ce qu’exige Ideoz pour survivre et éventuellement trouver une raison d’être à court ou moyen terme sur un plan autre que personnel. Par conséquent, quand je lis des commentaires qui s’intéressent réellement aux sujets comme c’est le cas des tiens, j’essaie de créer des liens avec d’autres sujets, d’autres auteurs… Merci pour tes participations très précieuses aussi.

  52. Marine le 6 février 2010 à 1 h 22 min

    Coucou !
    Donc en lisant ton message Sandrine, j’ai compris que je devais cliquer sur « cet embryon de débat » et hop, je suis arrivée sur la page de discussion que Dan a démarré et où j’ai apporté mon petit grain de sel !
    Je ne suis pas une spécialiste de la Roumanie, mais je trouve que le point de vue de Dan et celui de ton papa à travers ton témoignage sont précieux car ils apportent un éclairage différent des raccourcis habituels.
    S’il y a un sujet qui m’intrigue c’est cette étude sur l’adoption qui dit que les enfants nés en Roumanie présentent plus de troubles psychologiques que les autres. ( troubles de l’attachement)
    ça serait bien de recevoir des témoignages d’enfants adoptés nés en Roumanie et… pourquoi pas… des témoignages de mamans roumaines qui, un jour, ont donné leur enfant.

  53. Sandrine Monllor le 5 février 2010 à 14 h 44 min

    C’est un débat fort intéressant que vous initiez et je serai ravie de poursuivre l’échange, en dépassant le seul sujet qui l’a favorisé…

    D’ailleurs que diriez-vous qu’on se tutoie?

    Peut-être cet embryon de débat peut-il aussi compléter nos réflexions?

    En l’occurrence, il s’agit de l’ami dont je vous ai parlé… et qui a beaucoup apporté à ma vision de la Roumanie, en dépit ou justement à cause des fêlures que son identité, l’histoire de son pays et l’ancienne dictature qu’il a connue, ne serait-ce qu’une décennie, ont fait émerger …

  54. Marine le 5 février 2010 à 14 h 29 min

    Il est possible que quand on a connu les affres de la misère, l’obsession d’avoir une vie meilleure peut facilement ôter tout scrupule…et parfois même toute humanité.
    Je pense à ses femmes roumaines, prisonnière d’un ventre qui se remplissait tous les ans alors qu’elles n’avaient rien à offrir à leurs enfants. Travailler à l’usine et rentrer épuisée pour voir ses petits traîner dans le froid sans nourriture. Plus la force de rien. Kligman écrit : « les femmes en sont arrivées à considérer leur propre corps comme un ennemi intérieur » entre 1966 et 1989, 10 000 d’entre-elles sont mortes des suites d’avortements clandestins. 10 000 femmes sont mortes pour sauver un enfant de l’enfer qui l’attendait.

    Comment se sortir de l’engrenage de la souffrance qui se reproduit de génération en génération?
    On a vu que l’adoption n’était pas une solution miracle car si elle remplie le vide des adoptants , elle comble rarement le vide que génère un abandon.

    Que pouvons-nous faire, nous qui avons eu tant de chances?
    On m’a dit qu’il fallait accepter qu’il y ai des sacrifiés.
    J’ai du mal à l’accepter.

  55. Sandrine Monllor le 4 février 2010 à 19 h 15 min

    Bonjour Marine,

    vous lire est un plaisir. Merci d’avoir prêté attention à mon article et d’avoir déposé vos mots.

    La Roumanie est aussi venue à moi, il y a longtemps. Etant enfant, je n’imaginais pas vraiment ce que pouvait être ce pays. Je recevais de mes correspondantes des cartes postales (toujours la même ; un hôtel de type « communiste » froid et si archétypal de ce qu’on peut imaginer de la période Ceausescu) et je me disais : mais est-ce ça la Roumanie?

    Ensuite, j’ai rencontré un ami, D, avec qui j’échange depuis 13 ans. Notre rencontre s’est faite également par correspondance après la chute du régime, ce qui m’a permis de prolonger mon appréhension de ce pays. J’ai appris beaucoup au fil de ses lettres, mais aujourd’hui, je retrouve en lui ce que vous expliquez à propos de ce jeune homme… Un jour, il y a un ou deux ans, j’ai demandé à D. ce qu’il en était aujourd’hui des orphelinats roumains ; il m’a froidement répondu « je ne sais pas, ce n’est pas mon problème, ça ne m’intéresse pas ». J’avais alors revu un reportage dans Zoom Europa sur le traitement des malades psychiatriques et des handicapés, enfants ou adultes dans la Roumanie actuelle. Et je me suis aussi rendu compte que la fin d’un régime ne changeait pas forcément les codes et les systèmes de pensée, ni même les valeurs d’une société…

  56. Marine le 4 février 2010 à 17 h 33 min

    Bonjour Sandrine et merci pour ce témoignage bien écrit qui fait prendre la pleine mesure de la tragédie qu’est la question des orphelinats roumains.
    Je ne suis pas allée en Roumanie, mais c’est la Roumanie qui est venue à moi et qui, depuis lors, me hante.
    Vous commencez le texte par : »la mort d’un système n’est pas la fin….d’un système totalitaire »
    Vous ne pouviez pas aussi bien dire car si le système et ces diaboliques auteurs sont morts, « leurs enfants » sont encore là. Et ces enfants là, mutilés à jamais, sacrifiés et inconsolables ont gardé des plaies qui saignent. Ils sont la bombe à retardement des Ceoucescu.
    Ma Roumanie à moi, elle a le visage d’un jeune homme, un enfant, il n’a que 23 ans. Il est beau et si courageux mais à l’intérieur il est tout cassé. Par pudeur il cache combien son âme est en miette; dans la solitude de ses nuits il se débat inlassablement contre ses peurs et ses fantômes.
    Si vous le croisez, vous ne le reconnaitrez pas car il porte des masques pour ressembler aux jeunes de son âge. Il ne veut pas notre pitié, il espère s’en sortir, guérir… On croit qu’il est là avec nous, mais il vit en enfer !
    Vous aviez raison Sandrine, la tragédie Roumaine n’est pas finie…

    • ghita le 27 décembre 2010 à 0 h 54 min

      bonjour madame je comprend bien votre incompréhension face a votre fis car je suis moi même un RESCAPÉ de leur can!!!!
      j’ai 26 ans et je fait moi aussi encore régulièrement des cauchemar quant jarive a dormir car je suis très vite devenue insomniaque et pourtant je me suis fait adopter par une famille Française a la chute du régime. Et moi je peu vous dire que se qui ait écris la est bien loin de la réaliter de l’époque donner du tend et une passion a votre fis et vous véré il se réveillera!!! je suis désoler pour mon orthographe jai toujours un peu de mal je vous ai léser mon adresse mail dans le petit carré si vous le vouler rappeler moi a une prochaine peu être ghita

      • Sandrine Monllor le 27 décembre 2010 à 23 h 54 min

        Nous sommes tout à fait désolés, mais le dernier commentaire de Marine a disparu à cause d’un transfert du site sur un nouveau serveur, qui s’est réalisé en concomitante avec le dépôt du message, qui n’a donc pu être enregistré.

        Marine, aurais-tu l’amabilité de le réécrire même approximativement ou en synthèse? A moins que ghita ait reçu une alerte pour ce commentaire et puisse le transférer?

  57. nova le 22 janvier 2010 à 2 h 02 min

    comment aider les orphelins roumains ? j’en ai vu un il y a quelques années, le spectacle était bien triste, les enfants manquaient de nourriture, de vêtements, d’affection

  58. Visiteur le 12 janvier 2010 à 12 h 39 min

    Bonjour,

    Je sais que beaucoup de choses ont changé mais j’ai entendu dire que même maintenant le cas des handicapés et des roms était loin d’être au top…
    Quelqu’un peut-il m’en dire plus? Savez vous qu’elle est la prise en charge actuellement?

    J’ai été plusieurs fois en Roumanie mais je n’ai jamais pu avoir vraiment d’infos.

    D’après les photos il semble qu’en 2006 c’était loin d’être le top mais en 2010?

    Merci pour cet article

  59. Adeline Houeix le 7 janvier 2010 à 14 h 25 min

    Bonjour,
    Merci pour vos mots peses et pesant dans mon esprit…qui ne sont pas que des mots justement, mais bien des phrases traduisant vos emotions pour mieux les partager.

    Je suis installee a Timisoara pour un an, une ville bien developpee et relativement « riche » en Roumanie. Malgres tout, je croise regulierement ces regards vides que vous decrivez .. dans la rue, aux intersections, sachet de colle dans une main et l’autre tendue, dans l’ignorance de tous. Ceux-la ne sont pas en institution, mais a la merci de la rue et de ces dangers encore sans Amour.

    Comme je vous entends et je vous comprends lorsque vous vous sentez impuissante et coupable. Que faire, sinon donner de l’argent ou un chocolat par la vitre ?? car il ne s’agit la que de remedes honteux a bien court terme.

    Et ce sentiment terrible que ces regards ne sont plus ceux d’enfants .. comment proteger les enfants de cette vie de misere ??!!
    Comment !!!

    bien a vous et encore merci pour ces « quelques » mots.

  60. anmarilyse le 3 octobre 2009 à 1 h 23 min

    Votre article reveille de bien douloureux souvenirs. Travaillant dans un IME des educateurs d’un autre centre, etaient partis en Roumanie, pour visiter des orphelinats. Il nous en avaient rapporté des images, mais plus boulversant des temoignages, a la limite du supportable.
    Combien de temps mettra cette honte a disparaitre ?
    Pauvre petits etres innocents, prives de la plus elementaire des nouritures de la vie : l’amour .
    Comme dit la chanson, On ne choisit pas sa famille, on choisit pas ses amis, on choisit pas non plus les trottoirs deManille , de Paris, ou d’Alger, pour apprendre a marcher………
    a bientot

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