Dans le guide Serbie, découvrons la Slava. La « slava » est une fête religieuse de la Serbie orthodoxe, la fête du saint patron, le protecteur d’une famille. Fêter son saint étant pour une famille serbe aussi important que fêter Noël, Pâques, ou, tout simplement un anniversaire, il est clair, que cette fête demande un tas de préparatifs, y compris la préparation d’un ou de plusieurs repas assez grandioses, selon la région du pays.
En effet, s’il est usuel de fêter son saint pendant une seule journée en villes, dans certains petits villages, il est encore assez fréquent de le fêter pendant deux ou trois jours, voire même plus. Mais selon moi, cela devient quand même un peu trop !!! Sinon, c’est vrai que toutes ses fêtes, surtout en milieu rural, sont quelque chose de très beau, haut en couleur, et je trouve que c’est assez dommage qu’il s’agisse surtout des fêtes privées, car je pense que cela présenterait une attraction touristique assez sympa. Etant Française, et catholique (pas trop pratiquante en fait, si je mets de côté le fait que je crois en Dieu), il m’a toujours été intéressant de voir comment les autres fêtaient… surtout qu’ici, il y a toujours une espèce de mélange de sacré, de traditionnel, voire même d’origine animiste sur les bords… un mélange assez réussi, si vous voyez ce que je veux dire. Et justement, pendant un long moment je me suis demandée pourquoi ces fêtes religieuses étaient si importantes dans un peuple qui apparemment a tout d’un peuple tout à fait moderne.
En fait, il s’agit de la tradition, provenant du temps quand les fêtes religieuses étaient le seul moment quand les familles et de bons amis pouvaient se réunir, sans pour autant être soupçonnés par les Turcs qu’ils préparent un soulèvement !!! Puis est venu le temps où la religion était carrément interdite, quand on fêtait en cachette, car au contraire, sous le régime de Tito, une longue peine de prison, voire la mort, en tant que ennemi du communisme guettait !!! Il est clair, qu’une fois Tito disparu de la scène, et surtout, avec la pauvreté qui l’ensuivit, il y eut une explosion de la pratique religieuse, et surtout du renouveau de la tradition. Et sachant que le Serbe a toujours aimé la bonne chère…
L’un des plats centraux de la cuisine serbe et de la Slava est la sarma (voir la recette serbe de la sarma). Il va falloir pour mieux placer cette recette dans le contexte, raconter encore un peu de l’histoire Serbe. Donc, avant de poursuivre, il faut savoir que, dans les temps anciens, la viande n’avait pas beaucoup de place sur la table de tous les jours, d’un pauvre paysan Serbe. Il en était bien sûr, différent en ville, encore que, même là, on en mangeait que un tout petit peu plus souvent… Donc, on trouvait plutôt des plats à base de maïs (ressemblant assez au polenta, ou encore du pain du mais), du fromage, des œufs, une tranche de lard ça et là… la viande séchée étant distribuée avec parcimonie et que pour les occasions plus importantes (un invité inattendu, par exemple)… des légumes. Le bétail étant quelque chose d’inestimable, on faisait en sorte d’en tirer tout ce qu’on pouvait, sans le tuer pour autant (labeur dans les champs, la laine, les œufs, le lait…). Et puis, comme il n’y avait pas de réfrigérateurs, bien qu’on tuait un certain nombre de bêtes en automne, on pouvait manger de la viande fraîche qu’à ce moment là – de là provient pratiquement le fait que les fêtes religieuses les plus importantes (hors Pâques et Noël) se situent justement en automne. Le reste de la viande se préservait par salaison, fumage, séchage etc… Aussi, le porc et les volailles étant les plus faciles à entretenir, ces animaux étaient en prédomination chez le paysan de base. Le mouton par exemple, on en trouvait bien plus en montagne, ce qui compliquait pas mal les choses au paysan de base, sachant qu’on mangeait que de l’agneau au printemps (la St George, Pâques)…
La tablée fêtarde pour la « Slava » contient toujours du pain (le pain devient le symbole du corps de Christ et est béni par l’église), du vin rouge (pour le sang de Christ), un grand cierge (symbolisant le Saint Esprit), donc le symbole même de l’eucharistie. A ces symboles, on ajoute de la nourriture « plus terrestre », et je vous jure que c’est à ces moments là que vous verrez carrément des tables croulant sous la nourriture, presque comme chez nos ancêtres les Gaulois !!! Asterix et Obelix s’y sentiraient tout à fait à l’aise ;o)))… Concernant les plats, on y trouve du « mézé » (un tas de charcuteries, de fromages et de salades servis en entrée), une bonne soupe, suivie de légumes et de viande de la soupe (je n’ai jamais compris pourquoi on ne pouvait pas les manger ensemble), la Sarma et l’incontournable cochon de lait (bien rôti et croustillant et doux à souhait, qu’on sert juste avant le dessert) servi avec des salades de saison. La Sarma, est donc le plat central, une espèce d’entrée avant la viande rôtie qui viendra juste après. Et souvent, surtout si elle est bien réussie, elle suffit amplement – après en avoir repris une deuxième fois on n’a plus faim !!!
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