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Assez de force pour changer la vie en chanson?

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J’ai, dans mon cœur et mes souvenirs, des milliers d’histoires concernant la Thaïlande, d’où cette facilité à écrire chaque matin sur le sujet, depuis maintenant plus de quatre mois. Aujourd’hui, parce que tout va vite, on ne prend plus le temps d’approfondir les choses, on aimerait que les évènements qui font la « une » des journaux puissent être résumés en quelques lignes, quelques mots.  Lorsqu’on me demande : « Alors qu’est-ce qu’il s’est passé à Bangkok » ? Ou : « Ça y est, c’est fini maintenant les révoltes de Bangkok » ? Je me ferme comme une huître. Car il est évident qu’on ne peut résumer en une phrase, la révolte d’un peuple, le terrain, sur lequel a germé cette violence, les coutumes et la culture qui ont été le terreau de cette même violence…Alors je suis tentée de tomber dans la banalité, au risque de passer pour une ignare, ou alors, de commencer à expliquer…au risque de passer pour une « emmerdeuse ».


Donc, ce blog…avec un MERCI à vous qui avez la patience et la curiosité de me lire. C’est aussi que votre amour ou votre envie de savoir ne sont pas superficiels – car, oui, je sais – mes articles sont en général assez longs. Le monde est complexe, les évènements politiques le sont également. La simplification mène au rejet de l’autre, à la haine et, fatalement, à l’incompréhension. Et c’est ce qui est en train de se passer en Thaïlande, en particulier sur le « net », où l’on est ami /ennemi, pour/contre. Un monde binaire et antagoniste qui ne laisse plus la place à la complexité, à la discussion, et finalement à l’écoute de l’autre. (Je vous parle comme un Sage, mais je peux vous assurer que j’aime, moi aussi, avoir raison… et c’est là où ça devient intéressant… car il faut trouver des arguments pour convaincre l’autre). Donc, les réactions sur « Facebook » sont d’une extrême violence en Thaïlande en ce moment. Sans doute n’y a-t-il  pas d’autres endroits « ouverts » pour se faire entendre, et  là serait leur  seule excuse. Plus de 280 000 abonnements y ont été enregistres depuis les émeutes de Bangkok. Puisque les médias traditionnels se sont rangés du côté du gouvernement et que les moyens de communications « rouges » ont été muselés, le « net » offrirait donc une porte de sortie, un moyen de laisser échapper sa colère… ou sa haine.

Eh bien moi, j’aimerais vous faire entendre autre chose. Malheureusement pas la voix du chanteur-compositeur, mais seulement ses paroles. Des paroles qui ont été créées tout spécialement pour moi et qui étaient destinées à un documentaire que je faisais  à  l’époque (c’était en 2000) sur la vie en Isan. Il s’appelle Ek –  Worawout Na lek – (Ek étant la façon thaïe de prononcer Ex). Il était en photo dans mon blog d’avant-hier avec les deux grands-mères de « little Michèle »

Des paroles traduites du thaï en français… et qui, du coup, n’ont  plus tout à fait la même saveur que dans leur langue originelle…

La Bataille pour la vie

Notre cœur est fort et il faut se battre pour vivre

Lorsque nous sommes épuisés

Nous nous arrêtons, mais un moment seulement

Et puis nous retournons au travail

Nous n’avons pas peur d’être épuisés

Notre cœur a la force du diamant

Et nous sommes aussi ardents que le feu

Car notre sang est thaï

Mais  avant tout, nous sommes Isan

Le sang des Isan est un sang pur et fort

Car toujours il  faut nous battre

Nous battre contre le vent et la pluie

Et aussi contre le changement des saisons

Notre cœur alors, résonne comme le gong des temples

En dépit du travail si dur

Rien ne nous fait peur

Car nous avons assez de force en nous

Pour changer la vie….

Le gouvernement thaï aurait dû écouter ces paroles écrites en 2000 ! Et puis encore ceci, pour la nostalgie et pour aider à  mieux comprendre ce peuple fort et tellement simple.

La Nostalgie du retour

Lorsque je regarde les vertes rizières

Lorsque frissonnent les feuilles des arbres

Et que les grenouilles croassent

A moment de la saison des pluies

Crevettes, crabes, escargots et poissons

Sont alors faciles à attraper !

Lorsque j’entends la douce musique

Du khaeen et du phin*

Lorsque les rizières se transforment en champs d’or

Et que l’eau retient les légumes

Le généreux peuple Isan aime aider et partager

Lorsque l’heure arrive de la moisson

Ils sont heureux, hommes et femmes, ensemble, pour travailler

Si heureux lorsqu’ils se regardent

Les femmes Isan si belles !

Alors tout respire le charme

Le cœur est plein et généreux

Dans cet endroit où fleurit la tradition

Oh oh oh ! Si beaux et tranquilles paysages

Que les hommes et les femmes ont dû quitter

Pour aller travailler dans la cité

Oh ! Revenir enfin à la maison !

Là où ils sont nés

Là où sont restés grands-parents et bébés

Qui les attendent. Oh ! Qui les attendent !

Ils sont pauvres et pourtant généreux

Pauvres mais si riches de tant de qualités !

*Instruments de musique traditionnels Isan



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A propos de l'auteur

Partage ma vie entre Thaïlande et Paris ... Intérêts: les voyages, la photo, l’écriture, vient d’écrire un roman "théâtre d'ombres" qui a pour décor la Malaisie et la Thaïlande__________________________________________________________________________________________________________________Le blog de Michèle, une femme à la croisée des cultures

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