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De la Belgique à la Thaïlande : et la politique demain?

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Vers une fin de crise en Thaïlande ?Si dans un combat ou une guerre, il y a toujours un gagnant, donc un perdant, en Asie, l’essentiel est avant tout de ne pas « perdre la face. » (« Sia nhaa » litt. : face foutue). La confrontation « Gouvernement/Chemises rouges » semble, sinon s’apaiser, du moins en passe de trouver une voie de règlement – provisoire – Vers unesolution « win/win », « gagnant/gagnant » ? A mon humble avis, les compromis que les uns et les autres semblent vouloir proposer et accepter, « sauvent la face », donc les apparences. Les violences vont se calmer, peut-être, mais au bout du compte… est-ce que ce n’est pas, finalement, qu’un provisoire « loose/loose », « perdant/perdant » ?

Après le putsch de 2006 fomenté – paraît-il – par… hummm (la famille de Ségolène a des conseillers….), avec le général Sonthi à sa tête et la destitution de Thaksin. – Après la mise en place d’un gouvernement provisoire avec le général Surayud, – Puis après le renversement par les « jaunes », de Samak puis de Somchaï (beau-frère de Thaksin), Abbhisit a donc été élu en 2008,( résultat  d’une laborieuse coalition). Vous suivez toujours ? et pourtant je vous ai fait grâce des noms complets des protagonistes…

Donc, Abbhisit, chef du party « Démocrate ». (Un mot qui n’a pas le sens que nous lui donnons, nous….j’allais écrire « européens », mais comment peut-on être européen quand flamands et wallons veulent la division de la Belgique en deux, et même en trois si on compte Bruxelles ? Pardon de toutes ces digressions… ) Abbhisit ne dispose d’aucune vraie majorité. Face a  lui, les Rouges, avec leurs trois leaders principaux que je qualifierais de « modérés », comparés à quelques agitateurs furieux qu’on accuse – à tort ou à raison – de vouloir renverser la monarchie. Eux non plus ne font pas l’unanimité du peuple thaï, ils sont juste plus nombreux. Alors ? Leaderships fragmentés des deux côtés. Ni l’un ni l’autre ne dispose d’une vraie majorité. « Une situation qui risque de produire les pires dégâts collatéraux », pour reprendre les termes d’une journaliste du Bangkok Post, qui trouve bon d’expliquer « dégâts collatéraux » (termes inventés après les interventions malheureuses des guerres « propres » américaines) signifiant ici : « le pire pour nous, citoyens thaïs ordinaires ».

Allez ! Anticipons : Les rouges gagnent aux prochaines élections… On peut difficilement imaginer que ceux qu’on appelle « élite », « ammart », « jaunes », « citadins », « éduqués », acceptent d’être gouvernés par des « buffalos », « khwaais », « phraï », « bouffeurs de somtam »… J’allais aussi écrire « bouffeurs de sauterelles, de criquets et autres délicatesses grillées » que j’efface virtuellement car les gens de la ville en « dégustent » aussi. Et apres ? Tout recommence ?

Les discussions à la maison sonti animées. Le fait de ne pas être entièrement POUR l’un ou l’autre, c’est déjà être CONTRE. Chaudes et pimentées les discussions donc.J’ai appris quelques insultes thaïes que je decline avec mon plus charmant sourire et avec un ton deuxième degré qui ne peut échapper à mon ami. Pas de nom d’oiseau, mais plutôt de cette charmante bête à quatre pates et deux cornes. Heureusement mon ami a de l’humour et tout se termine en chanson (il connaît tout le répertoire du nord et du nord-est)

Je ne connais pas grand-chose à la vraie politique, observatrice tout au plus dela façon de vivre des thaïs depuis une dizaine d’années, j’ai même un modèle ultra traditionnel à la maison. Ici on vit au jour le jour. Culture de l’instant. Très agréable pour les passants. Philosophie de l’immédiateté. Refus de penser à demain. Me revient en mémoire l’anecdote d’un de ces auteurs (ils pullulent à compte d’auteurs en Thaïlande), racontant ses déboires conjugaux avec sa femme dont il est le senior de quelques décennies… (« Elle me trompe » « Elle a un amant thaï », « Qu’est-ce que je fais, j’ai mis toutes mes économies dans l’achat d’une maison qui est maintenant à son nom ? », « Sa famille me chasse, je ne sais plus où aller »… J’exagère ? C’est que vous n’avez pas – comme moi, au fil de ces 10 dernières années, tout lu, sur la question.Donc l’un de ces brillants auteurs écrivait : « Lorsque je donne 100 bahts à ma femme pour faire le marché, elle dépense tout. Que je lui donne 500 ou 1000 bahts, ce sera pareil tout sera dépensé ».

J’ai, moi aussi, un souvenir personnel. Je filmais alors un documentaire en Isan (« Un jour, trois mois, trois ans »). Je donne un billet de 1000 baths à mon assistant pour qu’il aille m’acheter… des chewing-gums. Il est revenu avec un sourire radieux, une paire de jumelles, mes chewing-gums et quelques satangs qu’il s’est empressé d’empocher (les farangs ne ramassent pas les pièces c’est bien connu).

 

Difficile de résister à la tentation de l’instant. C’est en cela que les thaïs sont charmants ou insupportables – selon que l’on est marié ou pas, touriste ou résident, amoureux ou jouisseur. Moi je suis amoureuse, pas mariée, et pas plus touriste que vraie résidente… alors ? Eh bien, ca dépend des jours…

Et la politique demain ?

 

BLOG Bloody saturday 3



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A propos de l'auteur

Partage ma vie entre Thaïlande et Paris ... Intérêts: les voyages, la photo, l’écriture, vient d’écrire un roman "théâtre d'ombres" qui a pour décor la Malaisie et la Thaïlande__________________________________________________________________________________________________________________Le blog de Michèle, une femme à la croisée des cultures

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