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Chevauchee au pays du "cru" et du "cuit"

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« Aujourd’hui
les paysans deviennent des citadins » crie Xiao Miao. Tu parles ! des
 pauvres ruraux qui vont se vendre dans
les usines des villes : les « 
mingong ». Et il poursuit : « Des
« crus » devenus « cuits » en l’espace de quelques mois !

Plus
tard, je me perds dans un marché, talonnée par un Miao inquiet. Il a peur de la
foule, paniquée de me voir entourée de barbares « crus » dont les
intentions sont  sûrement de me
kidnapper, de me voler, ou de me bousculer… !!

A
Maoying, je m’enfonce dans une foule dense de promeneurs, de vendeurs, de
badauds venus par milliers des villages de montagnes alentours. Miao ne me
quitte pas d’une semelle.  Sa présence
est bien plus un handicap pour moi qu’un réconfort ou une sécurité. J’ai besoin
d’être seule pour faire de la photo. Il m’arrive de rester immobile à un
endroit pendant de longues minutes avant de trouver le moment favorable pour
appuyer sur le déclic. Et puis je veux etre spectatrice de la vie et non pas le
centre d’intérêt.  Avec Miao, je suis
trop visible.  Très vite je suis
entourée, touchée, palpée, regardée avec curiosité, avidité, étonnement. Je
mitraille avec un petit appareil et partage la découverte des photos avec des
grands mères ébahies,  des enfants
rigolards,  des hommes imperturbables et
des femmes complaisantes qui prennent plaisir à se laisser photographier,
mieux, qui en redemandent. Pas d’animosité dans l’air, aucun signe d’hostilité
non plus,  même lorsque je m’approche de
très près. Miao essaye de négocier les photos avec les femmes en costume
traditionnel. Il leur demande de « poser ». J’ai envie de le tuer.
J’essaye de lui fausser compagnie, mais comment puis-je disparaître dans cette
foule bigarrée, moi l’étrangère  aux
cheveux blonds qui attirent tous les regards ?  Je demande à Petit Miao de me laisser opérer
seule, de ne plus intervenir auprès des gens. 
Pour adoucir mon ton un peu péremptoire, je lui colle mon appareil
numérique dans les mains et je lui demande de me prendre en photo, moi. Il est
bien obligé de prendre un peu de distance. J’en profite pour entamer des
conversations improbables avec des grands-mères édentées gloussant de
plaisir.  Elles disent se trouver
vilaines sur les photos, moi je leur dis qu’elles sont belles. Alors elles se
regardent encore et encore, en riant très fort. J’ai étudié le chinois pendant
quelques mois, (merci Georges Zhang),  ça
ne me donne pas d’aisance dans cette langue, même si j’écris de nombreux
caractères, mais au moins, je peux baragouiner quelques mots.  Parfois avec le mauvais ton, ce qui fait bien
rire les passants. « Lao jia,  Lao
jia »… Je veux  dire : «Pardon,
excusez-moi »,  et invariablement,
je lance un  « Vieille
famille ! » du plus mauvais effet 
à toutes les personnes que je bouscule.

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A propos de l'auteur

Partage ma vie entre Thaïlande et Paris ... Intérêts: les voyages, la photo, l’écriture, vient d’écrire un roman "théâtre d'ombres" qui a pour décor la Malaisie et la Thaïlande__________________________________________________________________________________________________________________Le blog de Michèle, une femme à la croisée des cultures

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