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Chronique argentine : Jardinage en musique

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Neuf heures du matin dans une rue ombragée tout près du Rio, dans les beaux quartiers de la banlieue nord de Buenos Aires. Le jardinier, comme toutes les semaines, sonne à la grille de l’imposante villa.

Personne ne répond.

Il insiste.

Toujours rien.

La mucama n’est-elle pas encore arrivée ?

Ou bien lui intime-t-on de laisser poireauter le negro, accaparée qu’elle est par le service du petit-déjeuner ?

Ou bien encore a-t-on négligé d’informer le Péruvien qu’on resterait au campo ?

Il a tout son matériel dans sa guimbarde, il ne veut pas avoir complètement perdu sa matinée. Alors, il attrape un sécateur, grimpe sur le muret, et entreprend de tailler les branches de la haie qui dépassent à travers la grille.

Las ! Il est bientôt détecté par les caméras de sécurité, et l’alarme se déclenche… Le voisinage en est quitte pour plusieurs minutes – ou plusieurs heures- de sonnerie stridente, mais le jardinier, lui, placide, poursuit sa tâche comme si de rien n’était.

PS : Et ne croyez surtout pas que j’exagère la morgue et le racisme des Porteños, ces habitants de la Capitale descendant en droite ligne de la bourgeoisie blanche qui a fait souche sur les bords du Rio de la Plata au début du siècle dernier. Récemment encore, une amie brésilienne me contait la discrimination dont elle est régulièrement victime à cause de sa peau mate.

(mucama : femme de ménage – negro : homme de type non-européen à la peau mate – campo : campagne)

Chronique de la couardise argentine ordinaire

Que fait un automobiliste argentin qui grille une priorité à droite et fait lourdement chuter une mère de famille à vélo (moi…) ?

Réponse : il se barre !

De peur qu’au mieux, elle lui soutire quelques centaines de pesos, ou qu’au pire, elle le fasse chanter pendant des mois ou le traîne au tribunal.



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A propos de l'auteur

Pour moi qui n’ai pas choisi le pays où je vis, ni celui où je vivais avant, l’expatriation s’apparente à un mariage de raison. Aucun coup de foudre n’a entraîné cette cohabitation. J’ai signé, sans connaître, et je n’ai d’autre possibilité que de m’adapter. Ou bien ma vie serait un enfer.On finit donc par se sentir chez soi, certains aspects sont plus faciles à vivre que d’autres, mais on s’attache toujours au pays et à ses habitants et lorsqu’on le quitte, on y laisse forcément un peu de soi-même. Mais on ne critique bien que ce qu’on aime, et je ne pourrais rire des petits défauts des Argentins si je n’avais développé pour eux, leur pays et leur langue, une profonde affection. ______________________________________________________________________________________________________________________ Le blog d'Anne

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