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De la mer du nord à la jungle birmane

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La beauté est partout, il faut juste aiguiser son regard et oublier la routine. Calais, après avoir été la capitale de la dentelle, le port de passagers anglais d’une journée, ces fameux « no passport », la ville du tunnel sous la Manche dont elle s’est enorgueilli mais qui avec le temps a vu presque tous ses voyageurs devenir souterrains… Calais ! Il faut être nostalgique pour emprunter, aujourd’hui, le ferry pour traverser le Channel. Je l’ai pris tant de fois, en passagère « payante » ou en passagère « payée » sur le « Princess An Christina », bateau-casino suédois sur lequel je travaillais et qui de ses cinq heures de traversée embarquaient ses voyageurs-joueurs cosmopolites jusqu’au port de Londres.

 

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La ville sombre doucement dans le marasme. Les grandes surfaces ont drainé les petits commerces vers des plaines a éoliennes, près de cette gare de nulle-part qu’est Frethun.

 

Et la beauté dans tout ça ?  A portée de main. A portée de vue.

 

La plage, le port « but et départ ».

 

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« But »  pour ceux qui prennent leur voiture et se plantent là devant la mer changeante et la contemplent, nostalgiques peut-être, sans vraiment la voir tant l’habitude est devenue une force. Au chaud. Ils viennent là comme on accomplit un rite, La mer changeante avec son ciel pommelé, son ciel immense ou son horizon plombé et si bas selon les jours, qu’il serait facile de se laisser glisser vers la mélancolie ou la déprime.

 

A chaque passage, je marche sur cette jetée où s’interpellent des pêcheurs du dimanche avec leur accent du Courgain, chômeurs sans doute, passionnés de canne à pêche à moulinets. Ils écoutent du Mike Brant ou du Herbert Leonard en se lançant des blagues de loin en loin tandis que les promeneurs aventureux enjambent leur canne à pêche.

 

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« Eh fieu, t’as attrapé un carrelet ? »

 

Je les crois là simplement pour fuir la routine de la maison et les histoires de « bobonne » (si si on dit comme ça ici). Ils iront boire un coup après, avec leur panier vide, leurs doigts gourds de froid, leurs joues rouges du vif air marin.

 

C’est ma promenade obligatoire. Sans mélancolie. J’observe la mer et ses ferries, là où sont nés tant d’espoirs, tant de rêves de départs ou … de fuites. Cette mer m’a portée vers Folkestone, étudiante alors, dans une famille dont le père était  colonel dans l’armée des Indes, à côté du Général Montgomery (j’en ai fait le colonel Andrew dans « THEATRE D’OMBRES »). Cette mer bienveillante ou monstrueuse m’a portée plus tard vers Londres bouillonnant d’idées, de musique rock, de mode, de révoltes, de transgressions. Ces rêves d’évasion se sont réalisés plus tard autour du monde. En Asie. Encore et toujours vers l’est.

 

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Femmes de l’ethnie Hmong a la frontiere du Vietnam et de la chine

 

Avec déjà des projets pour une autre exposition à Mondiaphoto, et qui pourrait s’intituler : « De Brooklyn à Kyauk Padaung  », le village natal de mon jeune ami birman, le moine Agga Nya Na. Expo portée par la voix de Marie, bout ’chou de 14 ans qui un jour sera notre Natalie Dessay. Retenez son nom : Marie Lombard.

 

Oui la beauté est partout pour qui sait être attentif : dans la lumière capricieuse du Channel, dans la voix de soprano et pourtant profonde et déjà sûre d’elle dans les graves de Marie chantant un lied de Mozart, dans le jeu subtile de Camille et Marie jouant Debussy ou Rachmaninov au piano, dans le choix des poèmes d’Aragon ou du Cantique des Cantiques lus tandis que tournaient mes photos d’Asie.

 

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Est-ce que les souvenirs se perdent ? J’en retrouve parfois sur mon chemin en faisant le pèlerinage de Calais.

 

C’est parce que je suis née là que je suis partie et que j’ai chevauché des motos sur les routes de jungle.

 

C’est parce que je suis née au bord de cette mer là que j’aime aujourd’hui me perdre dans les villages des ethnies de montagne d’Asie du sud-est.

 

Et comme je suis un oiseau qui ne se pose pas souvent, je vais de ce pas faire ma demande de visa pour la Birmanie. Enfin le Myanmar. Ce pays d’or et de terreur. Ce pays de rubis et de crimes. Ce pays de promesses. Ce pays trop convoité par ses ogres voisins que sont la Chine et l’Inde.

 

Ce peuple puni, cette jungle honnie. Le pays d’une femme-fleur dont le nom évoque l’espoir infini.

 

L’espoir comme les rêves qui aident à vivre.

 

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Mon amie Thoenda, refugiee birmane-musulmane a Paris

 

PS : l’espoir ? S’il y a la beauté il y a aussi le courage d’entreprendre à Calais. Dans ma quête de café matinal j’ai trouvé sur le boulevard Lafayette, « Le Fournil de la Tour », un salon de thé ouvert de 7 h du matin jusqu’à 20 heures le soir. Tous les jours. Dans une ville quasi morte le dimanche. C’est une lumière chaleureuse ou un couple jeune travaille sans relâche 7 jours sur 7. Accueillie par le sourire de la blonde Jennifer…. Voilà j’ai trouvé mon prochain point de chute à Calais. Après « Smoothie Blue » à Chiang Mai, après « Exki » à Paris… le « fournil de la tour » à Calais. Je suis un drôle d’oiseau qui ne se pose pas ? Si si, de temps en temps et dans des endroits qui me donnent envie d’écrire.

 



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A propos de l'auteur

Partage ma vie entre Thaïlande et Paris ... Intérêts: les voyages, la photo, l’écriture, vient d’écrire un roman "théâtre d'ombres" qui a pour décor la Malaisie et la Thaïlande__________________________________________________________________________________________________________________Le blog de Michèle, une femme à la croisée des cultures

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