Voyagez curieux à votre mesure! Préparez le séjour parfait en Europe grâce aux conseils et expériences des voyageurs sur le guide et forum IDEOZ

Tenir un blog voyage professionnel : quand la passion cède le pas aux doutes


Nombreux sont les blogueurs « voyage » qui racontent leur vie trépidante de blogueur voyageur et leur passion pour le blogging fort enviable… Tenir un blog voyage professionnel n’est aujourd’hui pas toujours un plaisir pour moi, en tout cas! C’est l’envers de mon décor que j’ai aujourd’hui envie de partager avec vous…

Pourquoi devenir blogueuse voyage professionnelle? Beaucoup de blogueurs vous diront par passion. Créer et développer un blog voyage exige évidemment de la passion, de la ténacité et beaucoup de travail. Mais c’est aussi une addition de métiers qu’on ne soupçonne pas toujours, quand on se lance dans l’aventure par amusement. Si la passion m’a longtemps animée, c’est plutôt le doute qui domine désormais et m’habite constamment. Le doute sur l’utilité de mon travail. Le doute sur le sens de ma démarche et de mes fonctions. Le doute sur la survie économique. Le doute sur la capacité à savoir se prémunir face aux déceptions inhérentes à toute expérience humaine.

Je lisais par hasard un article de conseils pour bien démarrer son blog voyage ; une expérience peut-être plus périlleuse, que le voyage lui-même, d’ailleurs. Le titre ciblant le « blog voyage » m’a forcément attirée, même si au final son contenu pourrait convenir pour tous les domaines. Je me demandais ce que j’aurais sûrement du faire pour réussir mon défi avec IDEOZ, alors que j’ai l’impression d’avoir un peu perdu mon chemin et mes convictions, sur cette voie de blogueuse voyage professionnelle que j’ai empruntée presque par défaut et pour survivre à d’autres épreuves.  Le blog No Tuxedo est l’un des rares que j’ai conservés dans mes favoris suite à une suggestion d’une connaissance sur Facebook, j’apprécie sa clarté, son professionnalisme, ses arguments honnêtes qui ne vendent pas du rêve …

L’article 7 challenges à relever avant de créer un blog voyage professionnel ou amateur résumait fort bien des principes de bon sens sur l’importance des choix techniques (nom, plateforme, serveur), la nécessité de choisir une voie éditoriale et sa voix pour toucher les lecteurs, la difficulté à trouver un équilibre entre vie privée et publique et à anticiper les débordements. Cela m’a rappelé, non sans nostalgie, une période lointaine d’insouciance, où je ne me posais pas de questions et ne courais pas désespérément après je ne sais quoi?! J’y ai déposé quelques impressions, sans espérer une réponse qui est pourtant rapidement venue. Aussi, le contenu qui suit n’est pas à proprement parler un article réfléchi, mais il est le produit de mes commentaires en réaction à l’article en question. Ce texte est très très long, inégal, il y a sûrement des répétitions puisque je ne l’ai pas relu. Mais j’espère que les lecteurs qui le liront, même partiellement, y puiseront surtout de bonnes raisons de vivre leur expérience de blogueur, quelles que soient leurs incertitudes et difficultés…

Créer un blog voyage professionnel ; un défi quotidien!

essentielTenir un blog voyage part souvent d’une passion et d’une envie de partage, mais c’est un vrai travail permanent ou plutôt une somme de métiers complexes à intégrer et maîtriser simultanément. Il faut apprendre à se former en autodidacte ou en suivant des formations permanentes pour évoluer dans un monde hyper versatile et volatile, où les interlocuteurs sont ni tout à fait réels ni vraiment virtuels. Apprendre aussi à se remettre constamment en question et trouver les raisons de continuer alors que le doute l’emporte sur la passion et le plaisir de l’échange. C’est cette voie jalonnée de doutes et d’épreuves que je retiens de mon expérience … 

Car il arrive que la passion d’écrire contrainte aux stratégies d’écriture pour le web s’effrite même si celle du voyage demeure, l’acte de partage se transforme en habitudes, en obligations liées au référencement, en ennuis et en tracas, surtout quand il faut en vivre au quotidien malgré l’extrême fragilité du modèle, les effets déprimants de la forte saisonnalité  … Et surtout, il n’est pas toujours facile de trouver les raisons de prolonger l’aventure et de s’obliger à faire comme si …

Ce jour où ma vocation de blogueuse voyage est née…

Je me suis lancée dans l’aventure du blog voyage un jour de juillet en 2009. Je n’avais qu’une idée avant de débuter IDEOZ Voyages : trouver une alternative à mon ancien site participatif (sur une plateforme archaïque et en grand danger techniquement) pour renouer avec le plaisir d’écrire et de partager sur des sujets multiples et plus ludiques que l’actualité politique ou économique. Ce site collaboratif d’informations, Esprits Libres; ouvert en 2001 parlait de tout et rien (plus de 150 000 articles publiés), mais m’ennuyait de plus en plus et l’inertie des visiteurs me poussait à réfléchir à un projet plus impliquant, plus enrichissant émotionnellement. La thématique du voyage n’a pas tardé à émerger, car elle déroulait des fils au potentiel enchanteur, ouvrait la perspective de voyager « pour de vrai », mais aussi par l’esprit grâce aux films, à la musique ou aux livres, ou à travers les saveurs et les modes de vie. Elle synthétisait l’essentiel de mes centres d’intérêt et ce qui me passionnait le plus.

L’embryonnaire projet d’IDEOZ Voyages n’était pas forcément d’ouvrir un blog voyage traditionnel constitué des récits de mes voyages et construit autour d’un personnage de blogueuse ou de ma personnalité, mais de créer d’emblée une plateforme collaborative, basée sur des points de vue et impressions de voyageurs aux profils variés et d’expatriés, où le voyage serait à la fois touristique, culturel et culinaire. Adopter surtout une approche multi-thématique pour ne jamais réduire le voyage au tourisme. J’ai donc publié des articles personnels ou de tiers sur des voyages itinérants ou organisés dans le monde entier, des destinations touristiques ou plus insolites abordées aussi par le prisme de l’histoire, des sociétés et des traditions, des fiches de conseils pratiques généraux ou spécifiques à des pays, des recettes de cuisine, des critiques sur des restaurants, des hôtels, des avis sur biens culturels. J’ai privilégié l’exigence de l’éclectisme et l’angle de la transversalité des thèmes pour répondre à ma soif d’apprendre et ma curiosité intellectuelle et essayer de satisfaire celle des visiteurs que j’imaginais plus curieux encore que je le suis….

Avec l’une des quelques rares membres actives Chantal Maurouard (channe) d’Esprits Libres, j’ai passé des heures à discuter du fil conducteur à élaborer pour redémarrer cette aventure éditoriale sur le web, en conservant l’idée du partage sur le principe du blog multi-auteurs. Je n’avais réfléchi qu’au nom sans trop m’interroger sur les aspects pratiques, techniques, matériels, si ce n’est pour décider avec Philippe, un autre participant et technicien bénévole sur mon site, de la meilleure option entre WordPress, Dupral, Blogger et Joolma qui constituaient les plateformes les plus réputées. Il s’occuperait de la création, de l’achat d’un serveur et ne me laisserait que la tâche modeste de l’achat d’un nom de domaine à valider. La recherche du meilleur nom était presque obsessionnelle ; je devais trouver un nom qui soit court, et puisse se retenir facilement et si possible parler aux visiteurs. IDEOZ m’a plu instantanément, mais s’avère un choix naïf.

Le choix du nom du blog, une importance finalement relative


Le nom a beau être important sur le plan symbolique, je réalise qu’il n’a que peu de sens et d’importance pour les gens qui fréquentent mon blog. Pour moi, c’était la naissance d’un espoir que je verrais germer, pousser, trembler mais ne pas rompre. Un nom c’est pour la vie et ça doit avoir du sens. Sans marketing, sans travail autour d’une image de marque, sans compétences en référencement, un nom n’est finalement rien… ou si peu. Peu de visiteurs se souviennent qu’ils trouvent des informations sur un site appelé IDEOZ et recherchent directement IDEOZ Voyages ou en parlent à leurs amis. Ils se souviennent au mieux de mon prénom le temps de nos échanges sur le forum ou sur le chat, parce qu’ils le voient affiché, ce qui n’est déjà pas si mal. Et il faut s’y habituer en définitive, car s’imaginer en nouveau Lonely Planet ou Guide du Routard est un objectif inatteignable et pure vanité !

Ideoz voyager curieuxReconnaissons le : IDEOZ n’a jamais vraiment imprégné les esprits comme je l’aurais espéré et comme le ferait une bonne marque où tout est travaillé au millimètre pour convaincre une cible prédéterminée. Pas plus que le slogan pas très inspiré mais sincère « Voyagez curieux ». Il faut plus que de l’investissement de tous les instants dans un monde dominé par quelques grands sites et par des moteurs qui se disputent les faveurs des internautes consommateurs… Néanmoins, IDEOZ me rappelle avant tout le début d’un rêve éditorial, une philosophie où l’audace, la curiosité, les sens dans leur ensemble, étaient sollicités, le goût des autres devait s’ancrer dans la démarche du voyage réel ou spirituel. En cela, c’est à mes yeux le nom finalement parfait, même s’il n’a pas la puissante attractivité des grands sites du marché! Je l’ai choisi de tout mon coeur et n’en changerais pas.

Dès le lendemain du lancement d’IDEOZ, pleine d’espoirs après une douloureuse période de rupture, j’ai perdu cette amie définitivement sur une incompréhension et une divergence d’implications. J’ai compris qu’elle me soutenait par sympathie sans forcément croire à toutes les espérances dont elle voulait me convaincre. Elle devait penser que j’en avais besoin, un peu comme si ma vie en dépendait. Or elle ne souhaitait plus m’accompagner et n’avait pas osé l’exprimer clairement. Du moins pas comme je me l’étais imaginé lors de nos échanges stimulants, quand le site n’était qu’une chimère. Débuter une expérience en faisant le deuil d’une relation amicale, fût-ce une relation virtuelle, ce n’est décidément pas la meilleure façon de se lancer. Mais qu’importe! Avant, je n’avais pas vraiment peur, parce que je rêvais encore de perspectives pour prolonger une expérience en ligne débutée plus de 12 ans auparavant et ponctuée de moult rencontres qui pour certaines ont franchi le cap de la « vraie vie » comme on disait à l’époque et ont échoué!

Gérer la frustration du faible trafic d’un blog débutant


Au début, je n’avais pas trop d’objectifs pour mon « bébé » si ce n’est que les publications soient utiles aux lecteurs. Comment le vérifier sans obtenir des retours des visiteurs? Le trafic sur IDEOZ était le seul repère ou plutôt un leurre pour avancer. Etre lu(e), si possible par le plus de visiteurs possible. Une course en avant sans autre but que satisfaire un peu son ego. Sauf qu’en débutant, tout blogueur, fut-il exceptionnel, a aucune chance d’être vu ni lu dans des délais satisfaisants pour gérer son impatience. Pas plus qu’un sportif gagnerait une compétition sans s’entraîner longuement et passer par des échecs. La frustration est grande quand les mois passent, que rien ne semble changer, que les efforts ne donnent pas l’impression de payer.

Mes recherches en doctorat sur les communautés virtuelles de consommateurs m’avaient appris que 95% des visiteurs des sites que j’avais étudiés ne participeraient jamais et resteraient les « invisibles ». Parmi les inscrits, la même proportion ferait la démarche de devenir membre sans jamais devenir active ne serait-ce que par une connexion ; 3,5% n’écriraient pas plus d’une contribution, 1%  plus de 3 et à peine 0,5% deviendraient des actifs réguliers. Quelle frustration d’écrire pour échanger et de devoir faire face à cette masse de fantômes qui ne diraient rien après leur passage sur IDEOZ! Naïvement, j’imaginais qu’en tant que modeste blogueuse d’un site collaboratif, j’échapperais à ces logiques en entretenant des liens forts avec les membres. Je convaincrais les visiteurs de devenir des actifs, en leur proposant de partager leurs expériences pour le plaisir, comme si ce type d’argument pouvait fonctionner à une époque où les blogueurs passent déjà un temps fou sur leur propre blog et sur les réseaux sociaux pour entretenir une visibilité.

Le temps de chacun se volatilisant sur le web à la vitesse grand V à cause de multiples sollicitations et de sites omniscients à l’image de Facebook, j’ai été confrontée à cet argument du manque de temps, que me renvoyaient tous les blogueurs et forumeurs démarchés, parce qu’ils me semblaient compétents et motivés. Je n’ai pas su le contourner pour convaincre certains internautes de créer une véritable communauté de voyageurs autour d’IDEOZ. Une communauté, peut-être modeste mais passionnée, à la manière des forumeurs d’un Voyage Forum, si érudits dans leurs conseils et leurs récits, ou même de ceux d’un Guide du routard motivés à donner des conseils dès leurs retours de vacances. Je n’ai donc jamais réussi trouver d’autres voyageurs pour collaborer activement, à l’exception d’un voyageur qui prend le temps de publier ses divers récits, sans que je l’aie même contacté pour l’y inciter. Au mieux acceptaient-ils que je copie leurs messages déjà publiés ailleurs si je les trouvais utiles.

Quant aux internautes qui prenaient 30 secondes pour s’inscrire via un formulaire, je les voyais faire un effort, les validais avec espoir, en imaginant qu’ils n’avaient pas fait cette démarche pour rien, mais rarement je les retrouvais sur le site, ne serait-ce que pour activer leur compte. Pourquoi adhérer, même gratuitement, donc sans engagement, pour ne rien faire, me disais-je? Sur IDEOZ, je m’imaginais à l’abri des taux d’échec de transformation des inscrits en actifs que connaissent les gros sites tels Tripadvisor, Ciao ou Forum Voyage, etc, malgré les millions d’euros investis dans leur développement. Rêverie du blogueur tout puissant qui se pense intéressant! Comme ailleurs, quelques milliers de visiteurs ont décidé de créer un compte sur mon blog pour en devenir « membre », mais à peine une poignée ont participé plus ou moins longtemps, parfois à peine une fois et rares sont ceux qui sont restés fidèles si ce n’est en suivant les réseaux sociaux de loin en loin.

Quand un article exigeant des heures de rédaction n’est visionné que 5 ou 10 fois après plusieurs jours, cela déçoit, cela peine, cela questionne sur sa responsabilité dans de tels résultats? Est-ce que je parle de destinations qui n’intéressent pas? Sûrement pas. Ma manière d’en parler serait-elle en cause? Probablement, mais pas seulement. Que faudrait-il faire pour susciter des réactions, bonnes ou mauvaises, chez les lecteurs par le biais d’un commentaire, d’une question sur le forum?  J’avais vécu la satisfaction du contributeur « influent » sur une communauté de consommateurs émergente nommée Ciao entre 2000 et 2005. J’avais initié Esprits Libres pour échapper aux formatages et aux déceptions humaines issues de cette expérience en immersion profonde et les déboires de ne pas être lue me semblaient un souvenir vague rarement frustrant. En engageant beaucoup de moi-même dans IDEOZ Voyages, j’éprouvais plus douloureusement les frustrations tirées d’une forme d’invisibilité. Je suis donc partie un peu au hasard à la recherche d’autres contributeurs, d’expériences plus variées que ce soit sur le fond ou dans le ton. Comme lors de tous mes voyages, j’ai eu envie de me perdre dans la toile pour me laisser surprendre en espérant que les modestes fondations de mon projet sauraient convaincre d’autres blogueurs de contribuer à mes côtés et de former une sorte de communauté, de famille. 

Publier les autres pour oublier que ce que j’écrivais n’intéressait pas grand monde? Sûrement pas. Je n’aurais pas débuté IDEOZ s’il n’avait pas été collaboratif. J’ai trouvé un plaisir réel jamais vraiment démenti dans ma fonction de responsable éditorial, même si ces blogueurs ne souhaitaient pas écrire spécifiquement pour IDEOZ, ce que je regrettais mais comprenais aisément. J’ai croisé des voyageurs aux histoires touchantes, aux personnalités plus ou moins affirmées, contant des anecdotes ou des récits avec un sens du partage encore authentique. C’est d’ailleurs l’occasion de remercier ceux qui m’ont fait confiance et m’ont autorisée à publier leurs contenus sur mon site, même s’ils n’ont pas souvent trouvé le temps d’en faire aussi un peu leur espace.

L’ancienneté des contenus aidant et garantissant de meilleures chances de visibilité, j’ai appris peu à peu à me détacher du réflexe nombriliste consistant à suivre le nombre de lecteurs jour après jour, car cette donnée a peu de valeur, si flatteuse soit-elle quand le blog commence à s’installer et rencontrer un petit succès. Si je mesurais ce que lisent vraiment ces visiteurs qui n’ont souvent jamais laissé de traces, sûrement comprendrais-je qu’un lecteur invisible capable de consacrer de longues minutes (parfois 10, 20 ou 30 min) à un article est si rare et précieux qu’il faut accepter qu’il n’ait pas le besoin ou l’envie de donner plus en interagissant avec moi?! Mais même après 7 ans et l’acquisition d’une relative forme de sagesse, il n’est pas toujours facile de vivre avec la frustration de constater que ni sa voix ni son travail portent en réalité auprès des lecteurs quand une nouvelle publication ne trouve pas le public auquel on aspire … D’ailleurs, comme pour mieux le rappeler, l’article le plus lu (290 000 visionnages en 2 ans et plus de 1000 questions sur le sujet) de tout mon blog reste une page informative sur les modalités de prolongation de la carte nationale d’identité française, alors que j’espérais surtout bloguer pour donner envie aux voyageurs d’explorer les terres qui ont su m’émouvoir.


Fonctionner à l’instinct


… sans forcément chercher à tout bien faire et trop s’en tenir aux conseils de personnes qui ne vous connaissent pas et savent encore moins de quoi vous nourrissez votre projet de blog professionnel!  Comme toute mauvaise blogueuse un peu trop aventureuse voire présomptueuse, je n’avais rien anticipé, ni déterminé des objectifs de ciblage, d’identification des besoins de mes visiteurs. Je ne me suis pas formée, n’ai jamais investi un centime pour un livre, une formation ou l’achat d’une publicité. J’ai laissé venir les choses, affronté les erreurs, les obstacles, essayé de les gommer quand ils devenaient préjudiciables. Je n’ai rien théorisé en amont, car je ne sais pas fonctionner de la sorte, je ne suis pas assez structurée pour tout mettre à plat, définir en détails, vérifier au lieu d’aller droit dans le mur. Et dans le fond, je ne le regrette pas. J’ai juste fonctionné à l’instinct sans me demander ce qu’il fallait absolument faire ou ne pas faire.

Sur les blogs de conseils que j’ai parcourus de loin en loin bien plus tard dans une phase de prise de conscience qu’un blog est un vrai métier, on apprend tout ce qu’il faut faire avant de se lancer. Tout devrait se construire en amont selon un plan d’action rigoureux, donc bien avant de publier le moindre article. On découvre les contraintes au quotidien, les erreurs à ne pas faire, les compétences à acquérir dans des tas de domaines qui nous sont étrangers le plus souvent et ont tous leurs jargons, leurs experts, leurs mystères que l’on monnaye à prix d’or. Quelques blogueurs spécialisés dans le blogging aux conseils précieux et très suivis transmettent la vision moins romancée de ce qui peut être un parcours du combattant. Ils insistent sur les aspects plus négatifs, les difficultés au quotidien, les moments de doutes. Mais la plupart se focalisent sur les règles de l’art, les aspects positifs de l’aventure, le plaisir censé émerger de la production d’articles, de photos et de vidéos, la nécessité de penser tous les objectifs en amont, de réfléchir au bon serveur, nom de domaine, à la meilleure plateforme, aux programmes (plugins) à maîtriser, aux contenus à proposer, à leur mise en page, leur référencement et leur optimisation par le biais de balises, de mots clés…

Anticiper sur de nombreuses questions, c’est le maître mot pour ne pas être submergé et c’est très bien de se rappeler que créer un blog devrait être tout sauf une aventure sur un coup de tête. Si judicieux soient les conseils d’experts, on réalise vite que tenir un blog est une aventure unique et presque intime dont dépend aussi la personnalité, l’histoire et l’itinéraire du blogueur. Derrière tout blogueur se cache un personnage qu’on met en scène dans ses articles mais surtout une personne à la personnalité plus ou moins identifiable, animée par des motivations propres, qui ne sont pas toujours accessibles aux visiteurs et risquent par conséquent de ne pas être satisfaites.

Il y a 20 ans, on distinguait vie réelle et vie virtuelle avec beaucoup d’énergie ; la majorité des internautes différenciant la vie « réelle », censée être plus sérieuse et sincère et « vraie », de l’activité sur le web, jugée par opposition irréelle, inconsistante et même fausse dans ce domaine de tous les possibles. Combien de fois m’a-t-on dit que je confondais trop internet avec la vie réelle, en estimant que je devais être la même personne derrière un écran au lieu de chercher à jouer un rôle parce que l’écran me protégerait des émotions ou que les émotions produites seraient moins touchantes et sincères? Les frontières ont heureusement beaucoup évolué et c’est l’anticipation de cette évolution qui m’avait donné envie de réaliser ma thèse sur l’émergence des communautés virtuelles en France.

Aujourd’hui, la démocratisation d’internet auprès de toutes les générations, amorcée dès le début des années 2000, a modifié les comportements, les habitudes et les perceptions d’autrui. Dans un monde hélas ultra connecté, il est devenu évident d’allumer un ordinateur ou un mobile pour s’informer via un moteur en postant une requête (souvent préenregistrées) aboutissant à une foule de données qu’on ne prend pas toujours le temps de trier,  de vérifier, de questionner. On se rend sur internet presque par automatisme pour préparer ses vacances à l’aide des expériences d’autres voyageurs, on demande des conseils de visites incontournables ou de bons plans pour faire comme les autres ou simplement par paresse pour ne pas avoir à trop chercher. Pourtant la préparation, c’est déjà avant-goût du voyage.

On consomme vite et on « fait les pays » souvent en une semaine ou deux, au lieu de les savourer en prenant le temps. On recherche des avis de consommateurs sur un hôtel ou un restaurant pour s’assurer de faire les bons choix. On pense parfois que tout est gratuit, que le don sans contre-partie est la base et que tout est du … On cherche à acheter au meilleur prix et profite d’offres exceptionnelles grâce à de nombreux sites commerciaux, mais également des communautés de voyageurs, de propriétaires d’hébergements, de couchsurfing moins orientées par le profit, qui dessinent les contours d’un monde en voie d’uberisation inéluctable. Il n’est plus étrange de considérer internet comme un espace pour faire des rencontres qui pourront sortir du cadre virtuel. On s’y rencontre, on s’y marie, on y fait tout ou presque. Pourquoi ne pas miser exclusivement sur internet pour construire sa vie professionnelle?

Tenir un blog voyage professionnel : un métier aux compétences multiples

Etre blogueur ne se limite pas simplement à « créer des contenus, parfois quotidiennement, pour attirer et fidéliser des internautes et référencer son blog auprès d’annuaires et sites variés pour le faire connaître ». Etre blogueur professionnel a renforcé cette impression de devoir être au au four et au moulin constamment et de ne pas savoir exactement quelles étaient mes fonctions et tâches.  De mon point de vue, professionnel ne signifie pas automatiquement rémunérateur ni encore moins rentable. On peut gagner de l’argent sans être professionnel, on peut ne pas en gagner tout en faisant bien les choses. C’est surtout un blog qui intègre les stratégies de base du SEO, du webdesining et du webmarketing pour communiquer aussi bien avec les moteurs de recherche, qu’avec les sites externes et les visiteurs.

Grâce à mon statut peu confortable de bénéficiaire du RSA jonglant avec les petits boulots d’1h payée au smic, après mon doctorat, j’ai bénéficié d’un accompagnement avec une conseillère en création d’entreprise de la BGE Ouest Audois basée à Castelnaudary dans le cadre d’un projet d’insertion. Cette aide, financée par le Conseil général, a été plus psychologique qu’effective et pratique, dans la mesure où j’étais un peu un Ovni pour ma conseillère initiale qui m’a transférée à une collègue. Cette dernière ne connaissait pas davantage l’univers d’internet et du e-commerce, ni le  domaine du tourisme et de la vente. En revanche, elle était plus compétente sur les questions de choix du bon statut juridique pour l’entreprise et elle était aussi moins effrayée à l’idée de traiter pour la première fois de sa vie, d’une entreprise uniquement dématéralisée.

Laurence D., réceptive à mon mode de fonctionnement, était plutôt là pour me rassurer ou m’accompagner et éviter tout découragement lié à la solitude (je la remercie au passage). A raison d’un rendez-vous tous les quinze jours puis tous les mois pendant 9 mois, – le temps précisément de la venue au monde d’un bébé -, nous avons fonctionné sur le principe du brainstorming, sans organiser nos échanges ni qu’elle m’impose des devoirs pour cadrer mes démarches. J’avais toujours un tas de questions sur tout (mon blog, internet, l’e-commerce, l’entreprise en général) et un désir d’analyse et de compréhension un peu névrotique, sûrement issu aussi de mon parcours universitaire. Laurence me rappelait souvent avec humour que je posais sans cesse des questions dont elle devait chercher longuement les réponses sans être sûre de pouvoir les trouver! Si sympathique soit-elle, cette conseillère n’a pu m’aider à déterminer mon marché, ma cible, construire un plan de développement de mon activité. 

En pratique, la réflexion s’est portée sur les services rémunérateurs que je pouvais soumettre à travers mon blog. L’objectif consistait à décrypter ce support encore amateur, ses forces, ses faiblesses, ses missions et m’appuyer sur ses fondations pour tenter de sortir d’une trop longue phase de chômage décourageante. Ensuite, je devais mettre à plat les recettes effectives ou déjà connues et à mettre en place dès le lancement et élaborer des produits ou services qui pourraient les compléter ou trouver des pistes de revenus. J’étais remplie de doutes, à la suite de pénibles années en doctorat d’anthropologie sociale et ethnologie, durant lesquelles j’avais perdu beaucoup de confiance et m’était isolée dans des recherches à l’époque marginales sur les fans de mangas puis sur les communautés sur internet. Mon blog agissait finalement comme dérivatif lors de cette difficile période, qui m’a émotionnellement soumise à bien des remises en question et des interrogations sur l’utilité de mes études et sur la mienne, dans l’absolu. Or, IDEOZ Voyages pouvait servir concrètement d’issue professionnelle, alors que de plus en plus de blogueurs prétendaient « vivre de leur blog » et que la blogosphère ne cessait de progresser pour s’instituer en univers et espace à part entière dans de multiples domaines, à l’instar des listes de diffusion, des communautés ou des forums, qui avaient élaboré les bases de communication et d’entraide d’internet. 

Par défaut, faute de trouver le moindre emploi en CDI et à force de parler de mon blog avec ma conseillère RSA, l’idée de professionnaliser IDEOZ Voyages a émergé. Comme une vague perspective assez séduisante, d’abord. Qui ne rêve pas de vivre d’une passion? Une possibilité crédible à étudier avec une aide plus concrète d’un professionnel, ensuite. Et comme une évidence pour les autres sauf pour moi ; ma conseillère RSA, ma conseillère en insertion et ma future conseillère en accompagnement de création d’entreprise étant convaincues que ce travail déjà conséquent avait un vrai potentiel et méritait d’être juste approfondi pour trouver des sources de revenus potentielles. De nature anxieuse et phobique de beaucoup de choses, je m’imaginais assez illusoirement qu’être mon propre patron, ne pas m’exposer directement aux autres serait plus facile. Mais non et après des années de blogging, je dirais même que mon activité a pu aggraver mes difficultés personnelles!

Professionnaliser un objet amateur était un défi stimulant. Mais la question de l’activité du blog s’avérait aussi vitale, puisqu’il s’agissait de subvenir à mes besoins élémentaires grâce à ce travail qui occupait jusqu’à 18h de mes journées, 7 jours sur 7. 



Devenir blogueur professionnel : une équipe en une seule personne


Car un blog c’est un énorme travail évidemment et une activité protéiforme et énergivore! Cela exige de la passion sûrement, cela génère du plaisir, probablement mais pas toujours (comme en amour dans le fond), cela réclame un temps fou passé à être au four et au moulin, avec des espérances pas toujours claires ni conscientes et identifiées. Cela produit des rencontres, parfois, des déceptions et déboires aussi… Sans oublier cette reconnaissance que j’ai du espérer recevoir de façon très autocentrée sans toujours le reconnaître, en pensant que j’avais passé des heures à aider d’autres voyageurs sans qu’ils prennent toujours la peine de m’en remercier, ni de revenir partager leurs expériences après leur voyage… J’aspirais à rencontrer des gens différents que ma vie réelle ne me permettait pas de connaître et je me retrouvais face à des présences fantomatiques, des mots qui devenaient le symbole de certains de mes maux sans être en mesure de les apaiser… 

Les principales problématiques dans ma vie de blogueuse voyageuse se sont accumulées 6 mois environ après le démarrage de mon entreprise, dont l’activité finalement basique restait peu claire à définir. Mon métier, a priori, consistait à produire des contenus pertinents pour y placer des liens publicitaires et afficher des bannières générant des revenus par leur diffusion, la location d’espaces dédiés et des ventes commissionnées de vols, de nuitées, de voyages ou de guides de voyage. Comment me définir quand j’évoquerais ma profession? Aujourd’hui encore, j’ai du mal à expliquer en quoi consiste mon métier et me présente comme responsable éditoriale et rédactrice de contenus sur un site web dédié au tourisme en Europe que j’ai créé. En gros, j’ai fait ma version du Guide du Routard!

Les difficultés techniques, pratiques, financières, psychologiques ne sont pas apparues forcément dans les premiers temps. Comme dit l’adage, tout nouveau tout beau! Quelques dizaines ou centaines d’euros me donnaient une perspective et un statut. Ce statut suffisait à me rendre fière de mon parcours, même si la précarité économique restait inconfortable et mes revenus n’étaient guère meilleurs en renonçant au RSA. La différence tenait à mon autonomie naissante, et mon désir de m’assumer sans aide extérieure. Les obstacles et contraintes sont devenus plus tangibles quand j’ai saisi à quel point le fait de devenir blogueuse voyage professionnelle supposait de maîtriser des compétences et des métiers dont je ne soupçonnais pas l’existence, pour certains et qui ont peu à peu ressemblé à des langages abstraits, incompréhensibles.

Etre blogueur à temps plein, c’est porter des casquettes souvent bien trop grandes et assurer tous ces métiers à des degrés divers simultanément, tandis que le moindre site commercial professionnel dispose en général d’une équipe comptant au moins un spécialiste de chaque domaine pour s’assurer de son succès… Le plus dur pour moi a été de considérer que je pouvais et devais devenir compétente dans tous ces domaines pour éviter de devoir payer des professionnels. Il a fallu que je prenne le temps de comprendre pour chaque aspect ce que je devais absolument maîtriser ou pas et fixer des priorités.

  • éditeur web et web designer pour créer la plateforme, élaborer l’apparence graphique, la doter d’outils compatibles entre eux, générer des codes propres qui sauront convenir aux moteurs de recherche
  • spécialiste réseau pour installer le site sur une machine virtuelle, un serveur, doté de mémoire et de capacités pour assurer la transmission des informations 
  • infographiste pour réaliser un logo efficace et corriger les photographies afin d’améliorer leur qualité et leur attractivité
  • concepteur réalisateur pour définir l’architecture générale, c’est-à-dire l’organisaiton et la mise en scène des différents contenus pour les rendre attractifs et établir les meilleurs liens entre eux
  • responsable éditorial pour gérer l’animation et l’organisation de la production éditoriale, superviser l’édition des contenus et vérifier leur fiabilité
  • rédacteur web pour apprendre à écrire pour les supports d’internet, en oubliant quasiment tous les codes que m’avaient donnée la scolarité
  • spécialiste en webmarketing pour cibler des clients et créer une marque autour du blog, localiser les bons produits et espaces à vendre
  • chef de projet pour gérer la relation client sur internet, analyser la connaissance client, fidélisation et satisfaction, optimisation des actions.
  • trafic manager et webplanner ; ce que je n’ai jamais été mais qui semble souvent incontournable si vous débutez votre blog aujourd’hui car il peut être impossible de devenir visible sans mettre en place et gèrer des campagnes publicitaires en ligne
  • chargé en référencement  spécialiste en seo, pour optimiser la présence numérique, faire connaître le site et rendre les contenus plus visibles auprès des annuaires et des moteurs de recherche qui font la loi et décident de la vie ou de la mort d’un site en quelques semaines passés dans le bac à sable. J’apprendrais que le mot clé a une importance centrale et qu’une série de consignes peuvent faire la différence, mais ne garantissent pas le succès, car 10% essentiels restent finalement opaques et entre les mains des experts. 
  • optimiseur de base, pour rendre le site plus performant en terme de vitesse de téléchargement et de codes
  • community manager pour entretenir la réputation du site sur les réseaux sociaux et créer du bouche à oreille
  • commercial ; ou comment savoir se vendre auprès des partenaires et des sites commerciaux qui souhaiteront nouer un partenariat payant et donc rémunérateur alors que tant de blogs amateurs acceptent des contre-parties non rémunérées et que des commerciaux démarchent justement ces blogueurs pour s’offrir de la visibilité à faible coût ou coût 0… Mon bilan en la matière est très mauvais par rapport au potentiel de mon site et plus les années passent, plus cet échec est  pénalisant pour l’avenir
  • conseiller en voyage pour élaborer des voyages sur mesure réalisables par des agents de voyage
  • photographe pour réaliser des clichés impeccables invitant à l’évasion et que tous les lecteurs auraient envie de partager. Je n’y parviendrais pas et me contenterais des photos souvent peu réussies et qui ne font pas rêver, tout en sachant que d’autres voyageurs d’IDEOZ, sur Flicker ou autres, acceptent que je poste les leurs au besoin
  • et tous ceux que j’oublie probablement

 


Développer un blog; entre contraintes techniques et stratégies de visibilité


A cette étape de la confirmation et de la viabilisation, les ambitions m’ont tenaillée de plus en plus, m’ont motivée et sur-stimulée durant des semaines, puis m’ont déprimée souvent et durablement. Je n’étais plus créatrice, mais développeuse d’un environnement complexe et un peu mystérieux, ce qui a été une période de travail encore plus soutenu, assez pénible mais instructive et finalement rarement ennuyeuse contrairement à la gérance d’un blog enfin un peu établi … IDEOZ me semblait en constant mouvement et c’était presque désarçonnant, alors que la pérennisation était censée établir des bases quasi définitives en terme de mise en valeur des contenus de charte éditoriale et d’organisation.

Apprendre à gérer l’impatience et les frustrations liées à ses limites


Je reste mon pire adversaire. Pourtant, la solitude me semblait la contrainte la plus difficile à vivre, mais au final, le prisme de la solitude s’est imposé comme un miroir grossissant de mes limites et de mon excès d’ambitions pour mon « bébé ». Car bloguer pour moi m’a surtout donné l’impression d’être toujours enfermée dans un monde à la spacio-temporalité différente, ni tout à fait virtuelle, ni tout à fait réelle. Une présence absence étrange, difficile à vivre, à apprivoiser et à accepter comme ma réalité, puisque je n’ai jamais su changer cet état de fait. Je bloguais pour rencontrer d’autres personnes dans l’absolu, mais aucune ne se posait assez longtemps dans ma maison pour qu’une relation s’établisse.

L’impatience de tout et n’importe quoi prenait toujours le pas et me frustrait, alors que je savais que la patience était la clé dans ce domaine d’internet où l’on sait bien que rarement un article a la chance d’être bien visible sans avoir une bonne et solide connaissance en référencement. Vouloir tout comprendre, tout maîtriser, tout réussir ou du moins essayer autant que possible, a déclenché le début de l’angoisse chronique face à la performance. Cela a aussi renforcé le sentiment d’échec et paradoxalement l’impression de perdre de vue tout ce qui m’avait motivée à mes débuts et me semblait essentiel.

A une autre échelle, gérer un blog en étant une bille en technique et en ne se sentant pas capable ni désireuse de changer cela, c’était aussi compliqué. Un ami m’a aidée à me lancer dans l’aventure. Il n’a jamais cessé d’être à mes côtés aux moindres problèmes. C’est grâce à Philippe Scoffoni (défenseur du logiciel libre ‪‎opensource‬ et entrepreneur sur Open DSI) que je dois la réalisation de mon entreprise de blogueuse et sa survie menacée à plusieurs reprises. Je ne saurais jamais assez l’en remercier, d’autant qu’il supporte depuis près de 10 ans mes exigences permanentes, mes égoïsmes, mes accidents qui causent des catastrophes, mes urgences, mes lamentations et mon impatience chronique ! Dieu le bénisse d’exister et de m’avoir permis de comprendre que l’amitié pouvait avoir du sens, même à distance, même sur internet, et durer sans qu’il me demande jamais le moindre retour!

Le fait de ne pas avoir à « apprendre » les tenants et aboutissants de la mise en place de la plateforme et de sa maintenance ne m’a pas épargnée les nombreux et réguliers déboires produits par des incompatibilités entre programmes, des failles sécuritaires à régler en urgence, des limites du serveur (bande passante ou autres) qui n’absorbait pas le trafic. Des éléments essentiels à l’écosystème d’IDEOZ ont aussi dysfonctionné, carrément cessé de marcher ou produit des erreurs de plus en plus préjudiciables et irréparables encore à ce jour, tant il peut être difficile de localiser l’origine du problème et la résorber. Malgré le regard avisé de Philippe qui a depuis mis en place des solutions de gestion et de fonctionnement sur la longue durée pour WordPress, à la faveur des expériences tirées de mes déconvenues, combien de fois avons-nous affronté de redoutables perturbations techniques qui me semblaient condamner mon travail? Sa patience, sa détermination à m’aider et sa persévérance ont forcé mon admiration et m’ont donné la volonté d’être moins dépendante de lui au point de le solliciter n’importe quand et pour tout et rien, et de m’initier un minimum aux rudiments de la gestion et du développement, par la voie élémentaire des plugins.

Rêve de visibilité et mythe de la reconnaissance


Les frustrations se sont aggravées quand j’ai voulu progresser, trouver la meilleure place dans ce monde de la blogosphère, et rêvé d’être prescritpteur dans mon domaine ou comme on dit en langage web influenceur. Je voulais absolument être connue et reconnue pour ce que je réalisais sur IDEOZ et surtout, je voulais qu’IDEOZ s’impose comme une référence incontournable. Comme si ce que je produisais méritait plus qu’un autre d’être distingué! 

J’avais toujours suivi mon intuition et jamais rien calculé dans mon écriture et mon implication. C’était déjà un travail conséquent, mais aux contraintes et contours flous, aux priorités peu identifiées finalement. Je bossais jusqu’à 20h par jour sans plus quitter mon écran, ce qui était impossible, d’autant que je n’étais pas très productive. Je me dispersais beaucoup comme la toile y invite si naturellement et je ne savais pas quantifier les tâches effectuées. Je partais avec un but et j’étais détournée par un mail, une demande sur le forum, une alerte pour m’indiquer un commentaire ou un appel déclenché sur le chat par la suite. Et l’ouverture du chat a définitivement condamné toute possibilité de concentration et entériné la dispersion comme mon mode de fonctionnement naturel.

Je ne suis pas douée pour réseauter. Malgré une forte présence sur Facebook je ne sais pas y construire la communauté de mes rêves, ni proposer une page qui dépasse les quelques dizaines de vues et deux ou trois partages!  J’ai surtout compris que je n’étais pas très douée pour construire un destin d’influenceur du web comme certains blogueurs qu’on reconnaît même lors de leur voyage et qui sont quasiment des « stars » dans leur milieu, mais ma parole directe importait aux voyageurs qui m’interrogeaient à propos de leurs voyages. Ils ne s’en tenaient sûrement pas qu’à mon avis, bien que parfois, ils aient complètement remis en question leurs projets initiaux pour suivre mes conseils et faire évoluer leurs choix. Pour parvenir à une telle conséquence, il fallait que mes arguments aient un vrai poids, soient justes et développés à bon escient et je ne saurais trop remercier ceux qui ont pris la peine de me le faire savoir, même si ce fut plus souvent en privé qu’à travers mon site. Si ce n’était pas cela avoir une influence, qu’était-ce? L’impression que des visiteurs, des suiveurs ou des « fans » que j’aurais scrutés et compté chaque jour sur lDEOZ ou sur les réseaux sociaux, pouvaient laisser en reprenant mes contenus à leur compte? Ou encore celle, plus honorable, qu’ils m’auraient donnée en intégrant des liens de mon blog sur leurs contenus ou moins flatteuse, en me laissant un message un peu creux du genre « super avis à plus » pour profiter de la réputation supposée de mon blog et obtenir un lien sortant en commentaire pour leur référencement potentiel? 

Tout a empiré quand j’ai commencé à consulter et apprendre sur des sites de confiance les stratégies qu’il fallait maîtriser pour réussir, après qu’un ami m’a transmis un guide des bonnes pratiques pour m’aider à fixer des objectifs de développement du blog. J’y ai découvert la réalité de la complexité du métier de blogueur. J’ai évidemment cherché à mettre en place les recommandations et rectifier tout ce qui avait été mal fait ou ignoré, en faisant du zèle. Un sentiment d’urgence s’est mêlé à une impression d’échec stratégique ; j’ai donc essayé de tout suivre à la lettre, de l’appliquer le plus vite possible à tous les articles, au risque de sur-optimiser mes pages, dégrader leur classement, ajouter des mots clés à tout va sans avoir compris tout ce que je pensais avoir intégré! Quand 6000 articles ont déjà été publiés, la tâche semble insurmontable et inévitable.

picto attentionTrop parler à Google avant de parler aux lecteurs :  ma principale erreur

J’ignorais qu’on évoquait le bac à sable/sandbox pour qualifier cette phase durant laquelle un site, parfois débutant mais pas forcement, inspire une incertitude aux moteurs de recherche pour des raisons techniques, de contenus, ou d’optimisations des liens avec les sites externes et reste donc dans une sorte de désert. Je ne connaissais ni les notions de maillage interne consistant à introduire dans chaque article un nombre de liens en provenance d’IDEOZ, ni la nécessité d’obtenir des liens en sens unique, en provenance de sites de confiance ou populaires de façon naturelle et régulière pour parvenir à émerger. Mettre en place des bonnes pratiques et techniques/tactiques aussi poussées quand on ne soupçonne déjà pas l’existence de la moindre notion, ni stratégies de référencement est une nécessité pour éviter de tomber dans la sandbox ou essayer d’en sortir. Mais comment supposer tout ce que recouvre un blog comme exigences professionnelles quand on se lance plutôt pour le plaisir d’échanger? Dans mon rêve, mes articles seraient lus, puisqu’ils seraient sérieux et intéresseraient forcément les lecteurs en raison de la qualité de leur argumentation. Ils généreraient spontanément des commentaires de tous leurs lecteurs, lesquels ont été rarement au rendez-vous si ce n’est pour quelques articles parmi les 7500 en ligne et les 6000 discussions du forums.  

Pourquoi ne m’étais pas montrée plus curieuse sur les consignes pour rendre des contenus visibles et conditionnés pour la lecture sur internet? Je pensais qu’un blog marchait au petit bonheur la chance et qu’il suffisait d’écrire des choses sérieuses pour s’attirer les faveurs de Google. Même s’il existe bien d’autres moteurs à prendre isolément en compte, j’avais la conviction que seul Google comptait vraiment, faisait la loi. J’ai vécu avec l’obsession erronée de faire plaisir à Google et d’écrire pour lui avant ou au lieu de considérer les lecteurs de mon blog. Il faut faire les deux et trouver le juste équilibre, mais l’équilibrisme et la synthèse n’ont jamais été mes qualités naturelles. Ces contraintes ont rompu tout rapport à la spontanéité et ont cassé beaucoup de mon plaisir d’écrire. J’ai aussi du commettre la plupart des erreurs classiques de débutant, en voulant améliorer des articles absolument pas écrits pour le web comme ceux des rédacteurs spécialisés.

Tour d’abord, j’ai cru bon de mettre une dose de mots clés indigestes dans chaque article un peu populaire. C’est devenu un automatisme dans les futurs articles, quitte à répéter les mots 50 fois croyant que cela attirerait les moteurs, alors que ça les rebute et tue tout référencement. Trop d’efforts tuent le confort, la lisibilité comme la visibilité. Je le comprendrais plusieurs mois après ce travail d’actualisation fastidieux que j’avais défait un travail qui n’était pas si mauvais quand j’avais fonctionné sans rien connaître sur les règles du SEO. J’ai même éludé les éléments de liaisons qui rendaient ces mots clés incompréhensibles et ont dégradé tout effort stylistique, en croyant que les mots clés de mes articles devaient ressembler aux requêtes de popular key word, suggérées par les outils fournis par Google Adwords entre autres.

Optimiser, un réflexe crucial

Le mot clé n’était qu’un point de départ de réflexes à prendre et l’écriture devait devenir plus méthodique et structurée dans son contenu aussi bien que par une mise en page sensée et travaillée avec soin. Mettre en page devenait parfois plus long que la rédaction d’un post. Il fallait introduire des tailles, types et couleurs de caractères et des données en gras ou en italique pour que les robots comprennent que tel mot était plus important que tel autre.

Habitude désormais élémentaire : hiérarchiser les contenus de chaque article, imbriquer des balises (etc) dans les titres et sous-titres, en utilisant un ordre cohérent et strict pour renseigner les moteurs sur la valeur des informations. Une balise ne s’utilise pas par hasard : elle a du sens vu que sa fonction est de donner le poids de l’information. Ne pas oublier d’ajouter au moins une photo avec des informations dans des balises pour les référencer également car elles sont sources de nombreuses visites. Ne pas négliger le choix de la police pour éviter d’irriter Google qui a ses propres critères d’évaluation de leur pertinence. Il fallait apprendre à penser comme un robot de moteur de recherche.  Je ne dirais pas que je maîtrise plus de 10 % de ce qu’il faut savoir pour optimiser un contenu pour le référencement naturel, mais je m’y astreins systématiquement désormais.

Acquérir un trafic qualifié ; une mission stratégique complexe


Par chance, le trafic d’IDEOZ a progressé concomitamment à cette délicate période de prise de conscience des exigences du métier de blogueur professionnel. Les joies de voir mes articles de plus en plus lus et parfois plusieurs milliers de fois, ont pondéré les effets de déprime et évité que le découragement s’empare trop de moi face à la somme de connaissances et de compétences que je devais acquérir en urgence si je voulais que mon blog soit visible auprès d’un large public. Étais-je capable d’assumer autant d’obligations en étant aussi seule et isolée? 

La satisfaction liée à la fréquentation était revenue malgré mes efforts de détachement, mais elle ne devait pas durer et la frustration se reproduirait chaque année, avec pour seul élément de réconfort la baisse de la différence entre les moments faibles et les pics fréquentation. Je voyais dans ces indices des signes de réussite concrets, le couronnement de mes efforts à la fois auprès des visiteurs et des moteurs. Je me leurrais à nouveau, qu’importe, j’avançais, mon site était en ascension… En 2011, IDEOZ qui avait atteint l’honorable niveau de 180 000 pages vues en juillet et août (contre 120 000 l’année précédente) est passé soudainement à 90 000 en septembre et a chuté à 60 000 en octobre. Quelle claque! L’automne et une partie de l’hiver devaient rimer avec traversée du désert.  Je comprenais qu’au-delà de la saisonnalité des achats, il fallait composer avec celle des recherches et de l’activité des touristes! Passer en quelques jours d’une phase intense ponctuée de requêtes multiples et variées de jour comme de nuit à une longue période de quasi inertie et d’attente d’un frémissement de la part d’un voyageur en recherche d’une information a été éprouvant pendant des années, jusqu’à ce que le rythme s’imprègne dans mon corps et dans mon esprit et que le succès grandissant du référencement réduise la latence.

Mais les aléas du trafic et donc des sollicitations des voyageurs, combinés aux variations énormes de revenus, m’ont soumise à des émotions dignes des montagnes russes à cause de la saisonnalité de ma thématique. Au début, je pensais que l’amélioration du nombre de visiteurs, de lectures et temps de passage sur le site suffiraient à me combler et me renvoyer le sentiment d’une récompense pour tout mon travail et temps investi. Ce fut momentanément le cas quand j’ai franchi le cap des 200 000 pages vues par mois et des 2500 visiteurs uniques par jour après deux ans. J’éprouvais une joie incommensurable à la pensée de réussir en restant néophyte, sans un euro d’investissement et en faisant tout de A à Z à la seule force de mes espoirs et de mon énergie. Le niveau des 350 000 pages mensuelles et des 3000 visiteurs journaliers, lors de la 3ème année m’a confortée dans mes choix stratégiques. J’avais atteint un sommet qui me semblait aussi infranchissable que les plus réputés sommets de l’Himalaya. Cela suffirait-il à me rassurer? Non. Je me rêvais en quête de nouveaux Everest, repoussant les limites de ma quête de visibilité et de succès, à ceci près que chaque gain de visiteurs, de pages visualisées, se faisait plus lentement et ne pouvait qu’exacerber mes frustrations primaires.

A partir de 410 000 pages vues en 2015, malgré une fierté ostensible, une sorte d’insatisfaction intime mêlée de pression est réapparue. Elle s’est faite de plus en plus envahissante, quand j’ai compris que le contentement nombriliste du nombre de lecteurs ne compensait pas la tristesse des constats statistiques qui signalaient les temps de lecture des visiteurs, les taux de rebond d’un article à l’autre trop tièdes. Au-delà de la trop courte période de ces performances pendant quelques semaines lors de la « haute saison », combien de visiteurs tombés sur un article par hasard à cause de Google, Yahoo et compagnie lui accordaient moins de 10 secondes avant de partir butiner ailleurs ?

De quoi pouvais-je me plaindre par rapport à IDEOZ, puisque le trafic traduisait malgré tout un petit succès d’implantation sur les moteurs et entre-ouvrait des perspectives de monétisation? Je devenais une permanente insatisfaite, un tantinet perfectionniste, qui une fois qu’elle avait touché du doigt un objectif courrait après un autre, car le contenu de cette satisfaction lui paraissait artificiel, éphémère, inconsistant. Quant aux clics sur 10 ou 12 pages de façon presque compulsive en moins d’une minute, sans rien lire, que pouvais-je en penser? C’est inévitable m’a-t-on dit. Soit. Cela ne changeait rien non plus à la précarité de ma situation économique, même si mon blog était peut-être plus visible et donc mieux reconnu par les moteurs de recherche qui font la loi. Non, il ne suffit pas d’augmenter le trafic pour vendre plus et gagner plus. Contrairement à ce que prétendent les professionnels des domaines du web en particulier les agences de référencement, ce n’est pas toujours si mécanique et pour certaines ressources, l’impact du trafic s’il n’est pas qualifié est minime. Il peut arriver qu’en dépit de 16 000 pages vues dans la journée, on ne gagne que 4 ou 5€!

A la question : comment retenir les visiteurs pour les rendre plus actifs et que devais-je changer pour atténuer les effets des courts temps de passage sur le site ou des trop faibles taux de rebonds?, la réponse s’est avérée plus technique que je le supposais. Trouver un embryon de solution pour la résoudre a été un travail de médiation, long et incertain.

Bien choisir le thème pour donner une apparence plus crédible


Après des mois de travail sans priorité, j’ai saisi l’importance d‘identifier les facteurs bloquants qui ne permettaient pas à IDEOZ d’attirer et capter comme je l’espérais, ni de fidéliser les visiteurs. A commencer par le changement de charte graphique et d’habillage du site qui m’a colletée à la nécessité d’apprendre à être autonome sur le plan technique, faute de pouvoir payer les services de professionnels inabordables. L’aspect visuel? Je l’avais totalement négligé pensant que les internautes n’étaient pas assez superficiels pour ne pas considérer des contenus au seul prétexte que l’apparence d’IDEOZ n’était pas jolie. J’avais utilisé un thème standard, facile à prendre en main par Philippe qui s’occupait de tout ce qui était technique. Aussi, était-il peu pertinent et ses défauts de conception et ses limites en optimisation des contenus aggravaient certaines difficultés, cultivées par mes méconnaissances et mes erreurs.

Sur le coup, la facilité était pratique et Philippe m’avait convaincue que le fond restait plus important que l’apparence, donc je ne voyais pas de raison d’en douter jusqu’à ce que je réalise à quel point le site était très éloigné de l’apparence que j’avais souhaité pour lui. Du coup, j’ai commencé pendant des semaines à imaginer à quoi j’aimerais que mon site ressemble. J’ai enfin débuté la découverte de blogs de voyage ou de blogs plus général pour trouver de l’inspiration et comprendre ce qui m’attirerait en tant que lectrice.

A force d’être plongée dans le travail sur mon blog, j’avais fini par oublier de regarder ailleurs et de me demander ce que j’aimerais trouver si je n’étais pas la propriétaire d’IDEOZ. J’ai cherché les alternatives à un thème sur mesure hors de mon budget (4 à 5000€) que j’avais commencé à identifier grâce à quelques conseils de webdesigners… J’apprenais aussi que je devais penser aux nouveaux supports de plus en plus utilisés : mobile, tablettes, etc, ce qui ne m’était même pas venu à l’esprit et que mon site devait devenir « responsive » et voir son format s’adapter en fonction du support. Après le choix assez long du thème Smartmag acheté pour 60€ sur Themeforest et sa mise en place délicate pour une novice et grandement facilitée par un excellent service après-vente réactif, j’ai compris que ma négligence m’avait fait perdre un temps précieux pour améliorer les performances de mon site. Le design pouvait impacter sur la réceptivité face aux contenus ou d’autres aspects du blog susceptibles de le rendre plus attractif seulement grâce à une apparence plus professionnelle qui met en confiance et donne envie de rester pour aller au-delà de la première page proposée par un moteur de recherche.

Outre l’aspect esthétique travaillé dans le design et la souplesse d’utilisation pour le visiteur, le changement de thème a modifié beaucoup de choses très rapidement sur IDEOZ. Il a abouti à des résultats spectaculaires en terme d’amélioration du trafic, d’opportunités d’organisation des contenus ou de progression en terme de temps de lecture et de taux de rebond, car ce thème dans lequel j’avais investi quelques dizaines d’euros était bien optimisé et comprenait des codes en adéquation avec les critères des moteurs de recherche. Les commentaires d’utilisateurs confirmaient la rigueur du code, la maniabilité, la qualité des modèles préfabriqués et aisément personnalisables pour donner du relief à une page ou une page d’accueil. Les retours des acheteurs doivent donc faire l’objet d’une lecture attentive pour vérifier le sérieux du développeur dont peut aussi dépendre le succès à venir du blog !

Bien sûr, l’apparence ne devait pas faire oublier la qualité des contenus qu’il fallait mieux sélectionner, produire avec plus d’exigence, mais ce n’est pas une futilité, ni une donnée très secondaire. J’ai choisi un thème à l’apparence simple de type magazine, assez classique, presque neutre, dominé par le blanc, sans habillage orienté autour du voyage, et où les contenus pouvaient rester la priorité. C’est un choix qui peut s’avérer déterminant. J’aurais pu renforcer l’environnement « voyage » avec des photos, des éléments d’accroche, comme me l’ont suggéré des webdesigners. Il manque des touches, probablement, mais la porte est ouverte à des évolutions.

Je commençais à répondre à toutes les questions déjà repérées sur des forums et penser à celles qui n’avaient pas encore émergé et qui pourraient permettre de viser un référencement par longue traîne. Créer une identité et une charte éditoriale, trouver le ton juste, une évidence qui n’a rien de simple et que je n’ai probablement jamais résolue. Je me suis confrontée à des questions qui ne se posaient pas quand le site était un blog comme tant d’autres, sans autre vocation que de satisfaire une envie d’écriture. Là c’était différent, car je devais devenir crédible et apparaître comme professionnelle sur la forme comme le fond, solutionner les problèmes de confusion avec une agence de voyage, qui perdurent surtout à cause de la mise en place d’un chat pour mieux répondre aux besoins des voyageurs.

picto cocheMa conclusion :

Plus que le nom ou le nom de domaine, l’apparence et le thème n’ont rien d’un détail et devraient être l’une des premières priorités du blogueur débutant, car un design crée non seulement une ambiance, un environnement, un décor, mais aussi un confort et une organisation qui conditionnent beaucoup l’envie ou pas de rester sur un site…

J’ai bien trop longtemps négligé le choix du bon thème ce qui m’a fait prendre du retard et a nui à beaucoup d’aspects qui fonctionnent en chaîne. J’aurais du savoir en amont ce que revêt un thème, son impact sur le référencement, son impact sur le comportement des visiteurs et ce qu’il fallait maîtriser pour faire le bon choix du thème. 

 

Détricoter pour recomposer la trame du blog


En 2010, après 1 an et demi de publications brouillonnes avec une liberté de ton maximale, il a fallu penser à franchir un cap avec un objet qui avait beaucoup de potentiel mais condensait toutes les erreurs de la démarche passionnée et naïve. Avec les objectifs de professionnalisation d’un blog préexistant et qui n’avait jamais eu pour vocation d’être monétisé, j’ai du vraiment travailler sur une base déjà conséquente mais inégale. J’aurais pu créer un blog de zéro, mais je n’en ai pas eu le courage. J’ai recomposé mon projet petit à petit pour mûrir une nouvelle approche intégrant les aspects économiques, pratiques, techniques, intellectuels et psychologiques. Je me suis adaptée, tel un caméléon pour compenser mes limites sur tous ces plans. J’ai commencé par reprendre des articles assez lus qui constituaient une sorte de vitrine. J’ai écrit davantage, différemment, plus régulièrement avec la conscience que je devais m’adresser à un public de voyageurs. J’ai sélectionné les auteurs que je préférais et leurs articles avec plus de rigueur.  J’ai renoncé non sans un pincement au coeur à des plumes courageuses ou élégantes que j’appréciais tout particulièrement pour leur engagement, car elles traitaient de destinations non européennes et que j’avais décidé de restreindre mon champ à l’Europe.

Après quatre ans passés à évoquer le monde entier, les questions de l’identité thématique, de la cible, de l’identification et de la vocation aux yeux des visiteurs se sont faites plus saillantes. En effet, une blogueuse auto-déclarée « experte » en contenus web et conseils en blog voyage dont j’avais lu avec intérêt quelques articles avait accepté de me livrer une critique pas toujours agréable à entendre de mon site. Elle faisait écho à une remarque récurrente des visiteurs qui me demandaient à quoi servait mon site, ce que je vendais ou pouvais leur proposer comme voyage? Cette blogueuse m’avait affirmé que tous les blogueurs voyage prétendaient tout connaître et qu’il fallait définir un territoire plus ciblé pour attirer des lecteurs vraiment intéressés et créer un trafic qualifié plutôt qu’un trafic de masse. 

Quand j’ai contacté H., mon aspiration était développer mon projet avec une aide extérieure pas forcément experte mais éclairée, capable de repérer tout ce que je ne voyais plus à force d’être immergée dans mon objet et empêtrée dans mes sujets de préoccupation sans trouver de solutions ni parvenir à cibler les problèmes. Je recherchais une collaboration ponctuelle mais inscrite dans la durée et la confiance, afin de donner à IDEOZ une identité plus forte et attractive que je n’arrivais pas à faire ressortir de toute évidence, quitte à investir mes maigres gains pour essayer de les améliorer par la suite. Je n’ai jamais pris ce pari, malgré diverses prises de contacts avec des experts dans différents domaines.

Après avoir observé le site en quelques minutes, H. a jugé abruptement que le projet ne l’intéressait pas, ne méritait pas qu’elle s’y investisse, ni que j’investisse de l’argent pour « en faire quelque chose car il n’y avait rien à faire ». Bien qu’elle ait souhaité se professionnaliser en tant que conseillère en blog voyage à l’époque  et que ses articles comme celui dédié aux astuces pour les nuls en référencement en blog voyage en fasse une interlocutrice avisée, elle ne trouvait pas dans IDEOZ un premier projet digne de ses ambitions et c’était vexant voire humiliant et décourageant pour l’éditrice que j’étais. Le site n’était pas bon selon elle, son organisation accumulait trop de défauts, ses contenus manquaient de caractère et d’originalité et il y avait trop de travail pour espérer en tirer un meilleur résultat sans y accorder des milliers d’euros. Elle m’a juste conseillé d’arrêter IDEOZ et de recommencer en ne parlant que des Balkans avec un ton plus personnel. J’ai en partie essayé de suivre son conseil.

Ceux qui suivent ce blog savent déjà probablement combien j’aime les Balkans, ceux qui le découvrent ne manqueront pas de s’en rendre vite compte… Malgré les aspérités et même en raison de leurs contrastes et de leur complexité déroutante qui les rend insaisissables, les Balkans se sont imposés à moi et se sont ancrés en moi, il y a plus de 20 ans. Dès mes premiers pas sur internet, à la même époque, j’avais envie de parler de ces pays qui sortaient à peine d’une éprouvante guerre et apparaissaient comme des destinations « dangereuses ». Néanmoins, sur IDEOZ Voyages, cela ne ressortait jamais vraiment aux yeux des experts qui se penchaient pour proposer leurs services. Je ne comprenais pas pourquoi ma passion parvenait à transparaître aux yeux de quelques fidèles et échappait à tous les autres…

Pour avoir un aperçu de ma vision des Balkans:

J’aurais sûrement du écouter cette blogueuse et réduire le champ du blog à l’Europe orientale et centrale, voire aux Balkans. Après tout, pourquoi vouloir accumuler des informations sur toutes sortes de destinations dont certaines m’étaient inconnues, alors que je pouvais devenir « experte » sur ces pays peu médiatiques, que je connaissais le mieux et affectionnait le plus? Pourrais-je avoir la prétention de devenir experte pour mieux me vendre et vendre des produits associés? La territorialité si évidente sur les forums où les champs de compétences des membres actifs sont souvent saillants, j’aurais aimé pouvoir la reproduire en convainquant des voyageurs connaisseurs de certains pays de donner leurs conseils. J’ai essayé, sans y parvenir. En réalité, je n’avais pas envie de renoncer à tous ces territoires qui me faisaient rêver grâce aux expériences d’autres voyageurs et je ne le regrette pas, bien que cela ait brouillé durablement aux yeux des visiteurs le projet d’IDEOZ en tant que blog « professionnel ».

 

Définir une charte éditoriale cohérente sans trop renoncer à son identité


Pour améliorer le trafic, qui restait l’un de mes objectifs les plus élémentaires, j’ai analysé les articles les plus lus pour comprendre quelles destinations ressortaient, quels mots clés aboutissaient aux requêtes qui conduisaient des visiteurs sur mes pages. J’ai constaté que ces articles populaires étaient plus informatifs et pratiques que personnels et originaux. Forte de mes conclusions dont je n’ai pas discuté avec d’autres interlocuteurs, j’ai consciemment accepté de me formater sur le fond et la forme pour répondre aux attentes de visiteurs qui étaient de parfaits inconnus et qui ne reviendraient probablement jamais. Puisqu’ils se comportaient en consommateurs de destinations touristiques, en général, je devais l’accepter, le respecter, et proposer des contenus conformes à leurs questionnements.

Au début, cela m’a semblé le bon choix de prendre de la distance face à mes émotions de voyageuse. J’ai commencé à comprendre et admettre que le voyage des autres ne pouvait et ne devait pas être le mien et que je devais m’oublier. Au lieu de leur imposer ma vision des choses ou mes expériences personnelles, je devais me glisser dans leur peau et essayer de penser en fonction de leurs attentes et recherches. Je ne voyageais pas pour écrire ni pour espérer convaincre quelque office du tourisme de voyager gratuitement pour devenir son publicitaire, mais j’écrivais parce que j’avais voyagé et intégré des informations potentiellement utiles. Je n’étais pas là pour me raconter ni pour mettre en scène une blogueuse voyageuse, mais pour accompagner les voyageurs dans la recherche de ce qui leur correspondait, quitte à ce qu’ils veuillent voyager comme des touristes consommateurs d’excursions, de Clubs vacances ou de formules en All Inclusive, alors que j’aurais aimé les convaincre de choisir un lieu inconnu et authentique plutôt qu’un site ultra touristique où l’on ne croise presque plus un autochtone.

Emprunter mes traces pour trouver sa voie de voyageur

Durant les premiers mois, je trouvais l’activité amusante et vivifiante ; j’élaborais un semblant d’interaction dans l’exercice sur le forum, puis sur le chat, mis en place pour soutenir une activité trop fragile. J’avais le sentiment d’être moins seule et de me rendre utile. Puis peu à peu, les années se suivant et se répétant inévitablement, la lassitude s’est installée. C’est devenu de plus en plus fastidieux et pénible d’être plus conseillère que blogueuse, d’autant que ces voyageurs ne prenaient pas la peine de lire les articles existants ou des discussions du forum mais ressassaient les sempiternelles questions en pensant être les seuls à les poser. Ils avaient beau avoir trouvé l’article répondant en détails à leurs questions, ils préféraient demander la réponse en direct, encore et encore….

Après tout, cela m’arrangeait de ne pas avoir à raconter en détails tous mes voyages avec de belles photos que je ne saurais jamais prendre. Pourquoi vouloir être blogueuse voyage si on ne veut pas conter ses voyages, me direz-vous? Ce n’est pas tant mes voyages que j’aime à partager que les connaissances variées que j’en ai tirées. Par exemple, pour rédiger un article en apparence facile et peu investi comme celui sur la question fréquente du coût de la vie en Croatie à laquelle je ne me voyais pas répondre par une estimation vague du genre « c’est pas cher » ou « c’est cher » ce qui ne veut pas dire grand chose et restait basé sur mon propre pouvoir d’achat, j’ai passé de nombreuses heures à collecter des prix dans toutes les villes et régions parcourues. J’ai demandé à des types d’établissements divers, repéré tous les domaines de la vie pratique du touriste pour établir des fourchettes les plus précises et objectives possibles des prix et aider les voyageurs à prévoir leur budget.

Et si je n’avais tout simplement pas envie que les lecteurs qui ne sont pas « mes lecteurs » deviennent la voyageuse que je suis? En réalité, mes voyages, j’avais envie de les garder pour moi, comme des trésors intimes à protéger, dont je me remémorerais par temps de nostalgie ou d’ennui. Je voudrais les partager en définitive avec ceux (mes parents) avec qui j’avais pu les vivre, au détour d’une conversation ou d’un souvenir, ou éventuellement avec quelques rares interlocuteurs réels à qui je racontais des anecdotes ou des rencontres qui m’avaient plus marquée que des visites et des listes de destinations vendeuses de rêve ! Et de découvrir l’étonnement de ces derniers en constatant que je n’étais pas la voyageuse qu’ils auraient imaginé et que je devenais presque une aventurière! Il me semblait plus stimulant d’essayer de donner envie aux voyageurs de ne pas être suiveurs d’une expérience mais surtout acteurs de leurs choix, leur donner les informations nécessaires pour trouver leur chemin de façon autonome.

David contre Goliath ; l’impossible concurrence

En refusant de me positionner en tant que blogueuse voyageuse (ne parlons pas des blogueurs influents), comme tant d’internautes le font avec succès, je n’ai pas cherché à me distinguer ou estimé être meilleure que les cadors des guides de voyage, au point d’imaginer que je pourrais les concurrencer avec mon petit guide indépendant pour lequel j’étais la seule à travailler en dépit de l’ambition collaborative. J’avais lors de la réflexions sur mon projet voulu axer sur des contenus utilitaires, en me nourrissant de mon expérience sur les communautés de consommateurs. De là à me prendre pour le nouveau Guide du Routard ou Lonely Planet! J’ai essayé de construire un guide d’informations, certes pas si différent des guides papiers à succès que tant de voyageurs utilisent, mais je l’espère utile et pratique, intellectuellement honnête dans ses conseils, au-delà de sa gratuité. J’ai opté pour une approche informationnelle stricte, soucieuse du détail et de dévoiler des vérités pas toujours agréables sur des pays que j’aime pourtant. Quelques émotions filtrent, du moins j’espère qu’elles sont ressenties ainsi, mais il faut gratter la surface pour les atteindre et elles se mélangent à des contenus plus objectifs et distancés.

Bien que je n’ouvre jamais un guide pour mes besoins de voyageuse et me borne aux sources gratuites des offices du tourisme, au mieux, j’ai pris la peine d’en feuilleter certains pour analyser leurs contenus, évaluer leurs forces et leurs faiblesses et comprendre leur succès auprès des touristes du monde entier. Avec la multiplication des supports (papiers, applications, site web) et des approches des sources, les voyageurs se veulent connectés en permanence et ont fait évoluer leurs pratiques face aux informations. Ils se baladent souvent l’oeil rivé à leur tablette ou leur téléphone en pleine visite, ce qui m’interpelle. Je constate que pendant leurs voyages, ils profitent de leur connexion pour revenir sur IDEOZ volontairement ou toujours par hasard et chercher des informations encore plus concrètes qu’ils viennent confronter à la réalité observée sur le terrain. Certes, les visiteurs ne s’en souviendront pas, mais je leur aurais donné une aide que les marques leur auraient fait payer… et j’ai un peu vécu par procuration leur voyage…


Monétiser un blog voyage professionnel : une gageure

Après avoir décidé en février 2011 de fonder une entreprise sur la base déjà existante de mon blog IDEOZ Voyage pour obtenir un statut et déclarer un chiffre d’affaire, au lieu de repartir de zéro, j’ai éprouvé les premières émotions plutôt positives et très rapides de l’entrepreneur qui génère des revenus même modestes. Monétiser un blog quel qu’il soit est un défi de tous les instants ! Cela ne devrait laisser aucune place à l’improvisation et pourtant, mon activité de blogueuse professionnelle n’a été qu’une succession d’improvisations, d’imprévus à pondérer, de choix anarchiques à reconsidérer, d’erreurs à corriger surtout en matière de  bonnes pratiques de référencement… L’équilibre est précaire et la patience s’impose comme un mode de fonctionnement contraint et forcé entre annonceurs et éditeurs. 

Vivre d’un blog voyage professionnel est quasiment impossible sans activité complémentaire voire principale. En appoint, un blog peut apporter un revenu appréciable à condition de beaucoup s’engager et de se hisser à la hauteur du défi. En activité unique, je parlerais de survie sur le plan financier, car le chiffre d’affaires d’un blog comme IDEOZ est hyper fluctuant et ne peut s’appuyer sur suffisamment de ressources mensuelles régulières en dehors de l’affichage de publicités comme Google Adsense. 

La précarité à tous les étages

Pour tester mon entreprise qui n’avait pas assez de ressources préexistantes et prévisionnelles, ma conseillère en entreprise m’avait orientée vers le statut d’autoentrepreneur. Les démarches étaient simplifiées, cela prenait quelques minutes de s’inscrire, d’obtenir un code NAF déterminant une charte d’obligations pour son activité. Une fois obtenu le numéro de SIRET afin d’établir des factures, l’aventure pouvait enfin commencer. Il suffisait d’établir un cahier des charges limité, déclarer le chiffre d’affaire chaque mois ou trimestre pour honorer ses cotisations et charges sociales. Le statut donnait droit à une couverture d’assurance maladie, bien qu’il donne des avantages minimes en réalité dans la plupart des domaines. Cela ouvrait la perspective d’une autonomie sociale si précieuse et difficile à conquérir. Beaucoup de blogueurs génèrent des revenus en estimant ne pas avoir à les déclarer, puisqu’ils ne sont pas très importants. En réalité, dès le premier euro généré même via un blog amateur, il faut déclarer ces ressources aux impôts et dès qu’une facturation est nécessaire pour percevoir ces revenus, ce qui est quasiment toujours le cas, il faut avoir un statut d’entreprise. Celui d’autoentrepreneur est le plus pratique, mais pas le seul et pas forcément le meilleur. Dans mon cas il s’est imposé rapidement.

Une fois que j’eus admis la durabilité probable de ma précarité financière, j’ai éprouvé les affres des contraintes sur mon statut juridique, peu enviable mais très contrariant pour d’autres. Pour des raisons plus politiciennes, une année durant, j’ai ensuite vécu dans l’inquiétude permanente de voir mon activité disparaître à cause des discussions sur le régime d’autoentrepreneur, qui avait besoin d’une profonde réforme pour rassurer certains professionnels impactés par une concurrence déloyale. J’avais beau comprendre la nécessité de réformes pour certains secteurs comme ceux des artisans, qui exerçaient sans toujours avoir une assurance ou de certificat de leurs compétences, je me demandais pourquoi mon activité devait être amalgamée et se voir imposé des contraintes inatteignables. Comme de nombreux blogueurs ayant opté pour ce statut pratique et sans trop de risques pour professionnaliser leur activité, mon sort dépendait du bon vouloir d’une ministre peu ouverte à la discussion et de politiciens pas toujours conscients des conséquences sur les entrepreneurs les plus modestes, mais qui croyaient bien faire en protégeant d’autres acteurs mécontents.

Après une année passée à ressasser que je pouvais disparaître du jour au lendemain sans être en cause, j’ai essayé de trouver des motivations pour continuer et apprendre à ne plus laisser les éléments extérieurs mettre en péril mon édifice. J’ai découvert qu’il faudrait se soucier des statistiques pour éviter que les visiteurs soient des passagers instantanés qui ne reviendraient plus s’ils ne sont pas conquis en moins de 3 secondes. Je devrais tout analyser pour comprendre ce que recherchaient mes visiteurs, apprendre comment il fallait draguer les moteurs de recherche pour les faire venir sur son blog grâce à des stratégies opaques d’optimisation. Fastidieux et démotivant au possible quand on comprend qu’un article n’est visité que par quelques personnes et que parmi ces personnes certaines l’ont quitté en moins de 10 secondes! Est-ce que j’écrivais donc pour rien? Je n’ai jamais trouvé de vrai modèle économique, donc j’ai défini des partenaires, sélectionné ceux dont les services me semblaient pertinents et j’en ai relayé certains avec l’hypothèse de percevoir une commission en cas d’achat. Ce système est probablement le plus banal et ancien du net, il s’avère aussi inconfortable qu’insatisfaisant, mais il m’a permis de commencer à devenir de plus en plus autonome.

Intermédiaire sur le web : recherche des partenaires et des revenus

Diffuser des publicités sur lesquelles on a un infime pouvoir de décision comme celles de Google Adsense est un exercice peu intéressant mais en apparence facile à mettre en place en collant un simple code au bon endroit. Si leur affichage assure un matelas aléatoire et opaque de quelques dizaines d’euros par mois grâce à un trafic déjà conséquent, encore faut-il déterminer les positions les plus adéquates et le taux susceptible de ne pas dissuader le visiteur qui confondrait un article avec une guirlande remplie de publicités clignotantes. Ces espaces publicitaires ont le mérite de permettre de débuter, sans avoir besoin d’être compétent en marketing, à condition que des outils comme Adblocks et consors n’aident pas à surfer sans subir la publicité et amputent largement cette ressource, tout en obligeant le blogueur professionnel à conserver un accès gratuit sur sa plateforme, sous peine de voir son blog déserté et ses efforts laminés. La généralisation prévisible de ces logiciels invite à ne pas s’en remettre à un modèle aussi incertain.

Devenir commercial et apprendre à vendre ce qu’on ne produit pas

N’ayant toujours aucun service ou produit à vendre directement, ma mission était de trouver ce que je pouvais vendre à des visiteurs ou à des annonceurs, des sites commerciaux en quête de visibilité et de promotion, pour percevoir de l’argent et idéalement gagner ma vie. Je n’étais plus seulement une blogueuse ayant eu la chance de voyager en Europe et aspirant à continuer pour alimenter son site, mais j’étais devenue une entrepreneuse obligée de vivre uniquement de son activité, de trouver tant bien que mal des sources de revenus si précaires et variables qu’elles pouvaient être décourageantes. La monétisation de mon blog m’a plongée dans le monde de l’infomédiation et de l’intermédiation qui m’avait tant fascinée au début des années 2000, au point de décider de changer de sujet de thèse pour en étudier un modèle de communauté de consommateurs, appelé CIAO. Avoir étudié dans une démarche ethnologique et anthropologique les rouages de ce site et avoir du présenter le fonctionnement générique de ce modèle émergeant en Europe et promis à un grand avenir, ne me conférait pas de compétences ou connaissances particulières pour élaborer mon modèle économique.

Outre la diffusion classique de bannières publicitaires payées au trafic, je me suis inscrite auprès de diverses régies, afin de relayer d’autres types de publicités le plus souvent payées à la génération de lead (mise en relation avec un prospect/ inscription) ou à la commission sur les ventes et de plus en plus rarement au clic, double-clic ou à l’affichage pour 1000. Autant dire que l’attente fébrile de la moindre vente, assez rare et souvent sanctionnée par quelques euros seulement, façonne un quotidien indécis. Chaque système impliquant plusieurs intermédiaires me semblait très opaque dans son fonctionnement ; en particulier Adsense qui est pratique et facile à mettre en place, mais reste incompréhensible pour moi, sur la question du rapport financier des affichages calculé à partir du chiffre d’affaire réalisé auprès des annonceurs.

Ne pas pouvoir suivre sans m’y perdre les revenus potentiels étalés sur des mois et ceux validés au final par les régies est aussi frustrant que de toujours manquer de visibilité sur les modes de validation des transactions. Devoir franchir des paliers élevés de revenus pour activer la facturation ajoute une dose de frustration. On peut attendre jusqu’à douze mois chez certaines régies, voir les factures reportées à cause des relations pas toujours simples entre les régies et les annonceurs, ce qui est toujours au détriment de l’éditeur. Il faut accepter l’existence fréquente d’un intermédiaire omnipotent entre éditeur et annonceur, qui décide de l’essentiel et définit ses marges.

 Que dire des annonceurs qui ferment leurs programmes et changent de régie constamment, obligeant à modifier manuellement tous les liens ou à changer les codes de script après une évolution ou un changement de campagne ?  Il y a d’ailleurs des régies chez lesquelles je suis depuis trois ou quatre ans sans avoir atteint encore un tiers de la somme. Booking est l’archétype de ce mode de fonctionnement exigeant patience et confiance sous réserves : il peut se passer des mois entre une demande de réservation, la finalisation par le passage du client, le paiement à Booking de la part du partenaire de ses propres commissions le mois suivant, la validation de Booking  et son traitement comptable, un mois et demi plus tard. Devinez donc quand je recevrais les 4€ prévus suite à la réservation que vient de réaliser un visiteur cette semaine pour la commande de deux nuitées en août 2017?! 

Mes échecs en matière de ventes correspondent à une naïveté d’auteur, pas encore rédacteur web professionnel, qui oublie qu’il doit aussi désormais vendre, même indirectement. Le choix du bon partenaire reste très hypothétique, d’autant que tout ne fonctionne pas forcément aussi bien d’une année sur l’autre. Il faut apprendre à tourner les phrases pour vendre comme dans un spot publicitaire et cette contrainte s’ajoute à celle de draguer les moteurs comme Google pour les attirer régulièrement en suivant leurs conseils stratégiques et s’adapter à leurs exigences toujours plus nombreuses. Comment choisir les bonnes tournures, donner l’impression qu’un produit est incontournable, quand on n’a pas une formation de commercial?

Seul renoncement auquel je n’ai pas cédé : changer ma manière naturelle d’écrire pour appliquer les conseils de Google sur la lisibilité (nombre de mots maximal par phase, sauts de lignes pour ne plus construire des paragraphes comme dans un écrit papier). Je le paie, certainement, mais je n’arrive pas à écrire autrement et ne paierais pas pour apprendre, quitte à ennuyer les lecteurs… J’ai croisé quelques spécialistes en contenus web lors de recherches de conseils, j’ai demandé des devis pour essayer de corriger les principaux défauts qui rendaient mon style si peu accrocheur pour le lecteur lambda et peu pertinent sur un plan économique pour le client potentiel. Leurs services m’ont semblé prohibitifs (2500€ environ) pour une concession que moralement je n’étais pas prête à accepter.

Au-delà du caractère aléatoire et flou, la vente indirecte transforme le blogueur en commercial de services ou produits qu’il ne connaît pas forcément. Etre performant en ventes suppose d’avoir en général acquis la quasi intégralité des compétences de tous les métiers qui façonnent le blogueur professionnel parfait. 

 

Ne pas avoir toujours le pouvoir sur ses clients ni la maîtrise de ses prix

Avec ma conseillère en projet d’entreprise,  j’avais cherché ce que je pouvais proposer en tant qu’entrepreneur pour ne pas conditionner mes revenus au bon vouloir des seules régies et à la versatilité de leurs annonceurs. Aussi, avais-je établi une grille de prix en vue de louer des espaces publicitaires, des publireportages et des liens dans des articles. A partir de ces tarifs, je pourrais vérifier les projections sur trois ans et ébaucher un semblant de business model sur lequel j’aurais un peu de prise.

Rapidement, j’ai compris que si on n’est pas un blogueur voyage influent, on fixe rarement ses prix et toutes les transactions ou presque ont fait l’objet de marchandages. Parfois, mes tarifs ont fondu de moitié ou plus, si je voulais toucher quelques revenus, alors que les prix avaient été pourtant un minimum étudiés pour me permettre de payer mes charges et d’espérer qu’il reste quelque chose après le paiement de mes frais d’infrastructures, de serveur, de noms de domaine et autres abonnements ou matériels nécessaires à mon activité! J’ai bien sûr reçu des offres comiques et parfois indécentes proposant le placement définitif d’un article sponsorisé à écrire en prime (sans mention donc en infraction avec la loi) pour 20 ou 30€ et on m’a proposé d’écrire « à la malgache » pour 5€ l’article!

La question de la présence des reportages sponsorisés s’est posée rapidement. Fallait-il accepter la publication d’articles sponsorisés écrits par mes soins ou fournis, contre rémunération ou se priver de ce potentiel marché au nom d’un principe moral? Où fixer les limites entre la nécessité de gagner de l’argent par le biais de cette publicité souvent déguisée et qui cherche absolument à le rester et la contrainte de publier des articles pas toujours cohérents par rapport à ma charte?

Les sources de revenus ne sont finalement pas si nombreuses et rarement, elles se sont additionnées les unes aux autres. Chaque année a vu un produit type se distinguer : les liens en page d’accueil faisaient fureur en 2011, ils ont été remplacés l’année suivante pour l’achat ou la location de lien dans des articles existants, avant que Google menace les sites effectuant ce genre d’achat et pousse vers le publireportage, lui-même aujourd’hui de plus en plus mal vu par Google qui entend défendre ses produits et met donc en péril les plus petits sites … Le plus souvent, les ressources se sont substituées avec plus ou moins de succès, rarement à mon avantage, toujours en fonction des diktats des moteurs de recherche qui fixent des règles pour protéger leurs marchés et des agences qui se partagent les restes.

picto_moinsS’il ne fallait retenir qu’une chose: L’équilibre économique d’un blog voyage est précaire et la patience s’impose comme un mode de fonctionnement contraint et forcé entre annonceurs et éditeurs. Il reste difficile de se limiter à un modèle « classique » consistant à vendre uniquement les produits des autres  !

Une rencontre déterminante et la découverte du voyage sur mesure

Durant une période de doutes sur ma capacité à développer de nouvelles sources de monétisation, j’ai fait par hasard une rencontre stimulante sur un forum dédié au voyage. Cette agent de voyage a été l’une de mes seules interlocutrices en 7 ans si j’exclus mon ami Philippe qui est le secouriste du site et partage surtout mes déboires techniques. Avec Sophie, j’ai partagé pendant quelques mois une connivence fondée sur un vrai partage et créé une relation intense, dont j’ai tiré des enseignements à plusieurs niveaux. Ses précieuses informations sur le marché du tourisme et le fonctionnement des agences de voyage m’ont planté le décor d’un monde professionnel dont j’ignorais tout, puisque je ne m’étais jamais intéressé aux acteurs du tourisme malgré mon goût des voyageurs. L’idée d’une collaboration comme conseillère voyage sur les destinations que je maîtrisais bien selon elle et qui lui permettaient d’élargir son offre s’est dessinée, quand je lui ai expliqué combien je galérais pour trouver des sources de revenus. Elle a entre-ouvert l’hypothèse d’une activité complémentaire enthousiasmante en tant que son « associée » informelle pour l’aider à se positionner dans le domaine du séjour à la carte.

Sophie, française, la trentaine, s’était établie en Bavière en raison d’une passion datant de l’adolescence pour l’Allemagne et sa langue. Après une licence d’allemand et des études en BTS tourisme, elle tentait d’implanter son agence de voyage francophone orientée sur le voyage sur mesure en Bavière. Selon elle, les agences physiques devraient pour résister à la concurrence grandissante d’internet, s’adapter et développer des services personnalisés. Son intuition se dirigeait vers le concept encore peu en vogue mais déjà émergeant du voyage sur mesure qui était cantonné à quelques agences s’adressant à des clients aisés. Elle voulait rendre ce concept plus accessible et surtout créer du vrai sur mesure et pas juste des formules prédéfinies et partiellement modifiées selon les demandes plus spécifiques des touristes. Etre itinérant sans se soucier des préparatifs et en étant actif et non pas juste un consommateur qui achète un produit tout fait. L’idée me semblait bonne et elle m’a convaincue de travailler avec elle pendant quelques mois pour tester jusqu’à ce que la fermeture de son agence probablement trop limitée en terme de cible, ait mis fin à notre relation.

En me définissant surtout sa vision personnelle de son métier et des voyageurs qu’elle voulait créer, je trouvais de forts échos à ce qui m’animait aussi sur IDEOZ. La possibilité d’une activité s’ébauchait de plus en plus ; elle à la manette pour les recherches des meilleurs hébergements et partenaires et en charge des réservations, des publications des vouchers, grâce à son statut ; moi en tant que conseillère lors des demandes de renseignements et à l’ouvrage pour réaliser des carnets de routes pratiques personnalisés pour les voyageurs. Nous nous sommes lancées sans trop réfléchir à partir de demandes que je recevais sur la Croatie et nous avons élaboré 5 voyages, ce qui a été l’une de mes meilleures expériences professionnelles. Cela a fonctionné jusqu’à ce que des réorientations dans sa vie personnelle l’éloignent de plus en plus de son travail et fragilisent notre collaboration. 

Suite à des menaces du syndicat SNAV souhaitant la fermeture d’IDEOZ Voyages après une dénonciation d’une agence de voyage qui avait confondu le blog avec une agence, j’ai cru la dernière heure de mon blog arrivée. En effet, une loi récente dans le domaine du tourisme visant à protéger les agences de voyage en France changeait les règles subitement et m’interdisait ces activités de conseil en voyage sur lesquelles j’avais misé mes espoirs, pour mieux autoriser des associations, pas plus compétentes à vendre des voyages à leurs membres. Selon le SNAV le fait de relayer des offres d’agences de voyage et de percevoir une éventuelle commission dans la vente faisait de moi une agence concurrente, sans statut et comme la chasse aux intermédiaires était le fer de lance du syndicat, j’étais un peu la victime parfaite. Soit je devenais agence de voyage dans un délai d’un mois, ce qui était impossible vu les conditions techniques (diplômes, formations, expériences) et surtout l’assurance de 160 000€ à payer pour couvrir les risques de ses futurs clients, soit je fermais mon site sous peine de poursuites judiciaires m’explosant à des dizaines de milliers d’euros d’amende pour activité illicite. Heureusement, mon interlocuteur absolument buté et sourd à mes arguments m’a oubliée et j’ai du renoncer à cette activité pourtant adéquate.

J’ai néanmoins poursuivi des partenariats dans un autre cadre avec des agences, des propriétaires d’hébergements et des guides. J’ai eu l’occasion d’en croiser certains lors de mes séjours. Toutes mes rencontres m’ont semblé cordiales mais prometteuses.

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Force est de constater qu’une rencontre réelle ne suffit pas à évaluer la qualité et la fiabilité d’un professionnel. Travailler à distance avec des personnes étrangères qui restent « virtuelles » et ont  leurs codes culturels et leur vision de travail, est un handicap majeur pour établir une relation de confiance. Pour certains partenaires, je n’étais pas un apporteur d’affaires, mais un pigeon, donc ils m’ont flouée de tous mes gains et les deux premières années ont été éprouvantes jusqu’à ce que je cesse de chercher et que je trouve enfin quelques rares bons partenariats avec qui j’ai regagné confiance. Mais j’ai été trahie par des personnes qui m’avaient fait une excellente impression : l’appât du gain même minime étant (surtout en Croatie, à vrai dire) plus important à leurs yeux que le maintien d’une collaboration qui aurait pu s’avérer fructueuse. Sûrement estimaient-ils que mon travail n’en était pas vraiment un et que ma promotion n’avait pas à être rémunérée, puisque j’avais testé leurs services et les avais appréciés? Il était naturel que je les vante gratuitement et leur adresse leurs clients, quitte à y consacrer des heures?! Apprendre de la bouche de mes amis croates que ces déboires étaient normaux en Croatie car une certaine mentalité anciennement communiste comme ils disent entraînent ce genre d’attitudes ne m’a pas toujours réconfortée mais je suis ravie d’avoir pu trouver enfin quelques partenaires sérieux. Savoir faire reconnaître la réalité de son travail me semble toujours très compliqué. Je n’ai toujours pas trouvé la clé pour convaincre de futurs partenaires de payer pour de la publicité et de la visibilité vu que les « petits partenaires » ne peuvent en général payer uniquement pour ce qu’ils vendent.

Faire fortune en étant blogueur voyageur, un mirage ?

picto-stop gris.jpgGagner sa vie uniquement avec un blog voyage professionnel c’est possible à condition de ne pas être trop exigeant sur ses revenus. C’est difficile, précaire et cela suppose un travail permanent, patience, confiance et endurance.

Probablement le mirage du blogueur voyageur riche est-il entretenu par des vendeurs de rêves très présents sur le web ? Beaucoup affirment voyager toute l’année, souvent sans rien payer tout en tenant leur blog et n’ayant aucune activité professionnelle à côté. Ils sont parfois même payés pour voyager, ou voyagent comme des sponsors sur l’invitation d’offices du tourisme soucieux de s’offrir des vitrines crédibles à moindre coût pour faire la promotion de ces destinations ; le tout sans préciser toujours ces conditions très particulières ! Gagnent-ils l’argent qu’ils prétendent et déclarent-ils toujours ces gains? Rares sont ceux qui révèlent la preuve de leur chiffre d’affaire ni sa nature… 

D’aucuns affirment gagner jusqu’à 10 000 ou 20 000 euros par mois avec leur blog, et suscitent des vocations. Selon ma seule expérience, vivre d’un blog qui n’a rien à vendre (produits ou services) ressemble plutôt à une incertitude de tous les instants. Combien de blogueurs gagnent déjà de 300 à 1000 € par mois? Moins de 3%, paraît-il selon de sérieuses études récentes. Les plus riches ne vivent pas que de leur blog : ils vendent leurs services ou leurs produits à des niches fidèles travaillées en profondeur en amont, ils monnayent leurs conférences dans des événements, ou savent construire une réputation d’influenceur qui ne doit rien au hasard.

Par chance ou pas, je n’ai jamais été assez focalisée sur les aspects financiers et les revenus de mon blog et j’ai rarement renoncé à ce en quoi je croyais pour percevoir des ressources, alors que mon ami Philippe me rappelait très justement qu’il était normal et sain de pouvoir gagner sa vie en travaillant autant! J’ai donc continué à donner des informations, sans savoir comment elles pourraient me rapporter, ni ce que cela constituerait à la fin du mois, de l’année… Je préfère ne pas compter les heures, pour ne pas avoir à réaliser que mes revenus pour un travail aussi exigeant me placent en dessous du seuil de pauvreté, la plupart du temps…

Construire sa réussite en misant sur l’interaction renforcée


Élaborer un service différent pour permettre à mon blog de se démarquer moins par son contenu que par l’implication dans les échanges renforcés avec les visiteurs n’a pas été un choix si simple. Consciente que les voyageurs qui préparent leurs séjours ne cherchaient pas juste à savoir qui j’étais ni ce que j’avais vécu en voyage, mais avaient des demandes souvent élémentaires qui se répétaient constamment, j’ai changé d’optique et varié mes supports d’intervention, tout en conservant la gratuité et cultivant donc une logique de bénévolat. J’ai élaboré une stratégie encore plus fondée sur l’interaction, où je pourrais exprimer mes conseils, en donnant l’impression de répondre à chaque visiteur actif. Certes, je répétais toujours les mêmes informations, mais je m’efforçais de le faire, si possible un peu différemment, selon la personnalité supposée de mon interlocuteur ou son niveau d’implication dans ses réponses et sa préparation de séjour, ce qui m’obligeait à plus de psychologie pour le cerner et le satisfaire au mieux. Le choix du forum et du chat avait bien sûr l’avantage de m’empêcher de subir nécessairement la lourdeur des contraintes de la rédacteur et du référencement d’un article sur un blog. Néanmoins, mon option entérinait aussi une distanciation par rapport au blog originel. Comme si, à l’instar d’un parent, je devais apprendre après 7 ans d’investissement à laisser mon blog gagner et fonctionner en .autonomie…

Pour « sortir du lot » comme certains pros disent, je me suis mise au service des voyageurs bénévolement et sans rien devoir ou pouvoir leur vendre. J’ai réalisé parfois le même type d’exercice en direct que le roadbook carnet de route pratique avec conseils élémentaires, itinéraire détaillé, informations sur les destinations et activités, etc, destiné aux clients des agences et facturé jusqu’à 200 ou 300€ dans le prix du voyage sur mesure. Je savais que mes contenus n’étaient pas originaux mais que ma fonction pour partager mon expérience et personnaliser les réponses pouvait apparaître comme tel …

Sur internet, beaucoup d’utilisateurs français estiment souvent à tort que tout est gratuit ; a fortiori les conseils. Je n’entrevoyais aucune perspective dans la mise en place d’un service payant, malgré des suggestions insistantes dans ce sens. De toute façon, la loi française me l’interdisait, dans la mesure où on ne peut percevoir une rémunération pour des conseils en voyage que si on est agent de voyage, employé d’une agence ou conseiller professionnel. Faute de pouvoir faire payer mes conseils en dépit d’heures passées à les développer, j’espérais que ces visiteurs de passage viennent et reviennent, cliquent à chaque fois sans faire du zèle sur l’une de ces pubs qui me rapporterait peut-être quelques centimes et achètent quelques services (hébergement, activités, visites guidées) que je leur avais suggérés en confiance. Je ne pouvais pas leur demander de le faire sous peine d’être sanctionnée, je devais espérer qu’ils se comportent en consommateurs actifs jusqu’au bout et finalisent une vente.

Quand le serpent se mord la queue…

Aider en direct les voyageurs comme un conseiller, c’était poursuivre la chimère de l’interaction qui avait été si souvent décevante jusqu’alors. J’ai étoffé les services d’IDEOZ avec beaucoup d’espoirs qui me renvoyaient bien plus à mes propres manques et insatisfactions personnels qu’à mes contraintes économiques … J’ai renforcé mes participations sur le forum que je ne parvenais pas à faire démarrer ni à « vendre » à mes visiteurs. Qu’importe! Même si les visiteurs ne s’exprimaient pas toujours ou ne revenaient pas chercher leur réponse, ni m’en remercier, je m’engageais comme s’ils étaient des membres actifs et tous aussi importants et intéressants les uns que les autres, au point de ne plus faire que ça. J’ai multiplié mes interventions en dehors de mon site pour essayer de le faire connaître, en donnant des conseils sur de nombreux forums dédiés au voyage et groupes d’entraide sur Facebook.

Sur les conseils de mon ami Philippe, en train de tester l’outil sur son site professionnel, j’ai intégré un chat que je paie 15€ par mois (Zopim pour ne pas le citer). D’emblée l’efficacité m’a séduite ; cela assurait une meilleure réactivité et proximité dans le conseil, je pouvais repérer et capter l’attention et fidéliser idéalement des visiteurs en recherche d’informations concrètes. Le suivi du parcours des internautes sur IDEOZ est devenu aussi prenant qu’instructif sur les pratiques de lectures et de butinage de l’information, ce qui m’a donné l’impression de revenir au temps de mes recherches universitaires. Je redevenais une observatrice participante …

chat ideoz questionAvec une fenêtre de chat automatique, j’ai réussi à éliminer le blocage technique imposé par la structure du forum et à renvoyer l’idée d’un service dédié et spécifique peu présent sur les blogs non commerciaux. Il est plus facile de poser une question et la perspective du voyageur d’avoir une réponse instantanée le pousse à se lancer. Mais le serpent se mord toujours la queue en générant un cercle vicieux dans les pratiques et les besoins. Je n’étais décidément pas douée pour formuler ma fonction aux yeux des visiteurs et pendant plus d’un an, non sans découragement et écoeurement, j’ai essuyé au quotidien des insultes et des propositions indécentes ou remplies d’insanités que je n’aurais pu imaginer, malgré une longue expérience d’internet depuis 1997. Qu’est-ce qui n’allait décidément pas chez tous ces gens qui se sentaient tout puissants derrière leur écran et se permettaient tout et n’importe quoi, alors que je leur voulais juste leur donner de mon temps sans contre-partie assurée pour les aider dans leurs préparatifs? Sur des conseils de membres de Parlons Blog j’ai modifié la présentation « je ne suis pas un robot » pour « je suis une vraie personne, soyez sympa », ce qui a réduit les agressions sans les disparaître!

Quand les internautes sont bienveillants, le chat générant jusqu’à 10 demandes simultanées en haute saison (à se demander si les gens se donnent le mot pour faire leurs recherches?), il compense illusoirement le manque d’interactivités sur les commentaires des articles et les discussions du forum. IDEOZ ne bénéficie pas directement des réactions que je dois copier-coller sans enthousiasme, le blog devient un arrière-plan et est de plus en plus oublié par les visiteurs qui se concentrent sur ce que je leur dis et n’ont pas toujours envie de zyeuter mes articles suggérés. Le chat amplifie cependant les exigences émotionnelles pour gérer une activité proche du conseilller/ client, à ceci près que je ne suis pas professionnelle et ai l’impression d’être pressurisée, vidée de toute énergie à la fin de ma journée et d’avoir passé ma vie sur IDEOZ sans y être tout à fait  …

Le choix du chat me faisait rentrer de plein pied dans la stratégie d’interaction dont je rêvais, sans réaliser que je n’étais pas prête, ni mature pour en assumer tous les aspects et bien sûr les déboires ou ce que je ressentais comme de l’ingratitude. Je ne sais pas déterminer des heures d’ouverture et de fermeture du chat ou des réponses sur le forum, bien qu’on me l’ait vivement conseillé pour apprendre à me ménager et fixer des limites. Depuis longtemps le jour et la nuit n’ont plus trop de sens. Je m’oublie et malmène mon corps, confondant tout et étant incapable de rétablir un rythme diurne qui me laisse du temps pour dormir. J’anime le chat, sans rien pouvoir espérer d’autre que la reconnaissance du voyageur soulagé par l’aide apportée… Pourtant, ce voyageur ne m’apporte plus beaucoup de satisfactions personnelles ; il ne prendra pas la peine de revenir sur un site qu’il n’a pas mémorisé, ni conservé dans ses favoris pour raconter un peu son expérience et en faire profiter de prochains touristes. Il n’aura pas le réflexe de partager un article d’IDEOZ sur Facebook ou Twitter auprès de ses amis, ni moins encore de participer ponctuellement au bouche à oreille, si longtemps espéré et jamais converti en réalité.

D’ailleurs, même quand je lui propose de lui adresser par courrier électronique un guide pratique réalisé sur un pays comme la Croatie pour répondre à l’essentiel de ses questions que m’ont posées des centaines, milliers de voyageurs avant lui, il arrive souvent qu’il se montre suspicieux, réfractaire, mal léché. Certes, le guide renvoie parfois vers des services ou des hébergements commissionnés, et mon espoir est qu’il recoure à l’un des liens promotionnels pour me rapporter un petit revenu indirectement et me permette de survivre avec mon blog voyage professionnel. Mais il n’y a aucune obligation, je respecte la règle stricte de mes conditions d’utilisation sur les emails que je ne revendrais jamais à des listes de diffusion, et les conseils n’en restent pas moins le plus complets et pertinents possible. Le tchateur oublie que je lui ai rendu service, même si rien m’y obligeait et que je mériterais un peu sa considération. Instantanément, il se braque, se demande ce que je lui veux mais ne prend pas la peine de me demander en quoi ça l’engage? Il claque la porte en cours d’échange après avoir reçu la plupart de ses réponses, pour ne pas avoir à communiquer son email, courir le risque d’être envahi de sollicitations ou croyant devoir payer quelque chose, malgré l’ajout en gros caractères du mot GRATUIT dans mon message…

La majorité des voyageurs tombent sur mon site par hasard et pensent que je suis là pour eux uniquement, à toute heure, comme le laisse penser le service de chat encore plus énergivore et ingrat que l’exercice du forum. Je dois avoir réponse à tout et n’importe quoi dans l’instant. Même savoir le prix d’une prostituée à Riga ou à Prague! Certains vérifient au pire que je ne ne suis pas un robot envoyant un message assimilé à de la pub et jugé agressif, quitte à m’adresser les courants « suce ta bite » « ta gueule connasse » « pétasse » ou « salope » comme si de rien était. Rares sont ceux qui s’excusent quand ils découvrent ma réponse rarement aimable ou prétextent avoir cru ne pas être en contact avec une « vraie personne ». Ils supposent que je suis payée pour leur répondre, même pendant des heures et n’ai que ça à faire, surtout s’ils ont du attendre quelques minutes et s’offusquent de ma lenteur ou de mon inefficacité. Ils estiment parfois que si le ton de mes réponses ou leur contenu ne leur convient pas, je devrais « au moins être aimable », « polie », « professionnelle » à l’instar des créatures virtuelles aux réponses pré-programmées, croisées sur de plus en plus sites commerciaux.

Tout aussi rares sont ceux qui se demandent comment fonctionne le site IDEOZ, ni ce qu’il a en réalité comme vocation ou philosophie. Leur démarche est celle de consommateurs effrénés à la recherche de la solution la plus rapide pour trouver leurs informations, qui préfèrent me poser la question que de lire l’article qu’ils ont ouvert et ont sous les yeux. Du moment qu’ils obtiennent rapidement les réponses à leurs questions, ils sont satisfaits et ne cherchent pas à savoir les tenants et aboutissants du blog. Quant à leur faire remarquer que s’ils lisaient l’article, ils auraient déjà trouvé la réponse, ils répliquent : »à quoi vous servez? A rien » et quittent le chat agacés!

Le jour où j’ai failli tout arrêter…


Aurais-je été trop ambitieuse voire vaniteuse et présumé de mes forces et de mes compétences, en voulant créer un sillon dans le guide de voyage plutôt qu’en explorant ma personnalité de voyageuse? J’ai l’impression grandissante d’être comme transparente, invisible, vide (de sens) et le sentiment d’usure est prégnant. IDEOZ souffre des mêmes ressentis et n’est qu’un lieu de passage sans repères pour les visiteurs qui n’ont donc aucune envie de s’y poser ou de s’y établir. Ce n’est ni un lieu d’initiation et de partage affinitiaire, ni une communauté tout à fait vivante, cela ressemble à une collection d’impressions, de souvenirs émaillés de quelques bons plans. La qualité des conseils pratiques ne compense pas la frustration de l’absence de reconnaissance sur la valeur de ce travail. D’ailleurs, rien ne vaut le regard d’autres blogueurs détachés de tout affect et ne connaissant pas l’objet pour mesurer l’ampleur de la tâche à accomplir et repérer les défauts que les visiteurs anonymes ne transmettront jamais… Tous les jours remettre le travail sur l’ouvrage. A diverses reprises, j’ai reçu des commentaires déplaisants et vexants de quelques blogueurs bien intentionnés en réalité, croisés sur des groupes d’entraide entre blogueurs comme Parlons Blog et que je sollicitais par rapport à mes nombreuses questions sur le blogging. 

Je recherchais de l’aide et des regards critiques d’autres blogueurs pour faire évoluer mon activité sans recourir à des experts et dépenser dans leurs conseils ce que je ne gagnais pas. Sur Facebook, à une période de doute plus importante que les précédentes, j’ai supposé que d’autres blogueurs devaient vivre les mêmes choses que moi, et avoir envie de partager leurs expériences et leurs doutes. C’est ainsi que j’ai trouvé entre autres Parlons Blog et accroché en particulier à la philosophie de ce groupe actif et motivé et que j’ai commencé à m’y impliquer pour mieux gérer les phases de latence de mon blog et canaliser les multiples interrogations que faisait germer mon projet. J’y ai étoffé ma liste de connaissances blogueurs, très limitée jusqu’alors, j’y ai trouvé des conseils honnêtes et désintéressés, qui pourtant ont pu me blesser par moment.

Sur les questions d’identité ou les frustrations liées à la difficulté à se démarquer, certains contributeurs estimaient que mon blog manquait d’âme et de personnalité, que je ne m’y racontais pas (ou pas assez), que je n’apparaissais pas (à tort selon eux). Je trouvais vexant qu’on me dise que j’écrive des choses banales ou que mon style soit ennuyeux et trop classique, pas naturel ni inspiré. On me renvoyait à des blogueurs voyage « traditionnels » qui racontaient tout de leurs vacances, se localisaient sur Facebook ou Instagram pour indiquer tout leur parcours et l’agrémenter de photos, passent leur vie à voyager dans tous les coins du monde, sans que leurs conditions me semblent toujours claires.. On me conseillait de m’en inspirer pour essayer d’écrire comme eux si je voulais que mon blog réussisse à intéresser ses lecteurs. Aussi, pendant 6 mois, une simple remarque d’une participante a laissé le doute s’immiscer et notamment le doute sur l’utilité de mon travail et ma capacité à transmettre ce qui me tenait à coeur.

Combien de fois ai-je songé à tout arrêter? La tentation perdure et m’ébranle ; les doutes empirent. Les soubresauts atteignent toujours mon corps. Je me suis demandée si je m’aveuglais et me prêtais à ce point plus d’intérêt que j’en avais, alors que j’avais le sentiment d’écrire des articles fouillés. Je n’ai plus rien écrit pendant le premier semestre 2016 et ai éprouvé un soulagement à ne plus devoir m’astreindre à la rédaction régulière, même si ce choix mettait IDEOZ en péril de déclassement aux yeux des moteurs de recherche. J’a juste remis à jour ou à la surface des articles perdus dans les archives. Je n’ai repris que pour la rédaction d’un article sponsorisé payé 100€ (prix fixé par une régie), dont le paiement sera étalé en douze échéances et que mon trop faible chiffre d’affaire ne me permettait pas de refuser, même si le thème imposé ne m’inspirait pas et m’obligeait à écrire pour écrire. Et désormais pour l’article que vous êtes en train de lire, peut-être et qui ressemble à une bouteille à la mer pour tenter de survivre encore dans la jungle de la blogosphère. 

 

7 ans de blog voyage ; une expérience enrichissante mais éprouvante


Quel bilan tirer de mes constats? Je me demande si un jour, j’ai vraiment su transmettre mes idées, mes connaissances et les émotions tirées de mes voyages. Si oui, quand ai-je perdu le mode d’emploi? Aujourd’hui, mon blog et guide de voyage n’est que la partie immergée de mon iceberg. Je passe bien plus de temps à répondre directement aux besoins basiques des touristes et des voyageurs en consacrant des dizaines d’heures au forum et au chat et à m’intéresser à leurs demandes au risque de m’exposer à des motifs grandissants de frustration et de déceptions. Mon travail ne me rend pas spécialement fière et je me demande combien de temps il va pouvoir me permettre de survivre en tant qu’entrepreneur, et si la fragilité des gains financiers ne devrait pas m’amener à être raisonnable et à tout arrêter. 

Après bien des désillusions intimes, des doutes liés à l’obligation de devoir toujours écrire pour exister, des lassitudes tenaces et des comportements qui me font frôler l’épuisement mental et physique, j’essaie de moins maugréer et de me réjouir de petits riens. Je suis parvenue parfois à lâcher prise pour préserver ma capacité d’abnégation, à accepter que le salut de mon blog vienne des commentaires postés sur Facebook et non sur IDEOZ, ce qui me renvoie à un sentiment d’échec bien qu’on me essaie de me convaincre de l’inéluctabilité de la tendance. J’ai réussi à renoncer à des objectifs purement égotiques comme le référencement en première page d’un ou deux articles qui avaient été déclassés par Google. Au final, en prenant un peu de distance, j’ai atteint l’objectif sans rien faire, à ma grande surprise et j’ai renoué avec ces petites satisfactions d’une performance dont je ne peux pas vraiment m’attribuer le mérite. De là à ce que j’ai le courage de revivre encore de nouvelles inévitables difficultés et frustrations et de les dépasser, de trouver de nouveaux défis à relever et le feu sacré que j’avais il y a trop longtemps quand j’écrivais sur internet, je ne sais pas… 

Ma passion n’est plus intacte bien qu’elle soit enfouie au plus profond de moi. Mes convictions sur les stratégies et orientations sont toujours ébranlées et ma patience fortement usée. Tout ce dont je suis certaine, c’est que je suis incapable de ne pas être sincère dans mes engagements quoiqu’il m’en coûte en temps et en énergie et de ne pas poursuivre cet infime espoir de voir mes mots rencontrer d’autres mots pour faire de belles rencontres, même fugaces…

picto cocheEn résumé : Créer, développer, maintenir un blog, quelle que soit sa thématique, c’est un travail acharné et quotidien, qui oblige à avoir de la rigueur sans renoncer à ses intuitions et sa spontanéité et acquérir des tas de compétences dans de nombreux domaines.

Professionnaliser un blog voyage, c’est une aventure humaine et technique semée d’embûches que je ne regrette pas en dépit des nombreuses difficultés rencontrées.

Si vous êtes blogueur voyage, n’hésitez pas à compléter cette liste avec vos propres expériences… et si vous ne l’êtes pas, pourriez-vous parler de voyage sur votre blog ?

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A propos de l'auteur

Curieuse, j'essaie de faire d'Ideoz un espace éclectique et tourné vers les échanges et la rencontre avec les différences. Historienne, anthropologue et ethnologue de formation. Voyageuse inconditionnelle, je nourris un amour viscéral pour les pays d'Europe centrale et orientale, avec une prédilection pour les Balkans (notamment l'Ex-Yougoslavie...). Dans ces terres, qui m'ont enseigné beaucoup de leçons, au fil de quinze ans de découvertes, de rencontres et de hasards… je me retrouve parfois… tant elles sont insoumises, contrastées, passionnelles et contradictoires.   Me contacter par mail? En savoir plus sur moi et sur le projet IDEOZ Voyage...

21 commentaires

  1. Visiteur on

    Article très intéressant en tous cas. Votre transparence et votre honnêteté détonne versus le reste du web !
    J’apprends pleins de choses…

    un vrai monde à part entière en tous cas !
    Je vous le souhaite du fond du coeur, car le contenu de ce que je viens de lire est vraiment de qualité (chiffré, argumenté et avec un témoignage sincère)
    Est ce que je peux vous demander combien de personnes visitent actuellement (à cette minute) votre blog ? Juste pour imaginer l’ampleur de votre activité… 18H/24H ?? Encore aujourd’hui ou c’était au début ?

    C’est drôle car votre « rêve » fait étrangement écho au film que j’ai vu hier soir au cinéma : « La La land »… Pour quelqu’un comme vous qui s’accroche à son rêve malgré les embûches, c’est à voir absolument !! (et en VO de préférence) 🙂

    Bon courage et bonne continuation ! Il faut s’accrocher à ses rêves 🙂

  2. JG on

    Beaucoup d’émotion dans ton article Sandrine.
    Ne lâche rien, ta passion est toujours là.
    Ton site est devenu « ma » drogue. J’y vais chaque jour.
    Reste à en vivre.
    Bon courage.

  3. Florence March Isidro on

    On à tous des moments de doute sur notre activité professionnelle. L’essentiel est de faire ce que l’on aime.

  4. Stéphane on

    Un bel article qui apprend beaucoup et est plein d’émotions et sincère. Bravo et continuez!

  5. Sandrine Monllor on

    Désolée Renata de t’avoir obligée à lire un long pavé si tard… Il n’était pas prévu qu’il soit long mais finalement, je me suis dit que l’exercice serait utile pour concentrer mon attention sur des difficultés mais aussi des points plus positifs… Je n’imaginais pas que cet article susciterait des réactions, même si toutes ou presque ne seraient finalement pas nées sans Facebook…

  6. Sandrine Monllor on

    Bonjour Octo,
    j’ai jeté un coup d’oeil au blog que tu indiques. Il me semble que la force du tien est qu’il répond par des services à des besoins assez bien définis. Je suis tout à fait consciente du problème par rapport à la fonction de commerciale. J’ai échoué dans le démarchage de partenaires pour promotionner leurs services en payant. Bien sûr gratuitement, tout le monde se bat. J’aimerais trouver les bons mots, toucher les bons acteurs (j’ai déjà contacté beaucoup de sites en lien avec la Croatie qui paient sur Routard sans problème) mais je ne sais plus comment faire?

  7. Sandrine Monllor on

    Benjamin,
    j’ai pensé à un moment créer un nouveau blog uniquement dédié à mes voyages, à mes passions, mais IDEOZ est très, trop prenant et je ne me suis pas sentie le courage de le faire.

  8. Sandrine Monllor on

    Bonjour Philippe,
    merci pour cette attention qui me touche… Cela fait plaisir !

  9. Philippe Roussel on

    Ici Philippe de « partir en voyages  » , nous avions échangé au sujet de votre activité en 2012 . je viens de lire votre post , oulala , vous avez l’air plutôt pessimiste ! Moi qui croyais que vous etiez arriév a bien vivre de votre travail de bloggeur..

    Ce petit message pour vous redonner du courage

    Cordialement

    Philippe

  10. Benjamin on

    Je suis totalement d’accord avec toi… Et cela permet de préserver sa passion et meme de l’aprécier encore plus…

  11. Sandrine Monllor on

    Je comprends Benjamin tes hésitations qui étaient une forme de bon sens à mon avis, bien que je ne connaisse pas encore ton blog et que je ne doute pas de son potentiel pour le monétiser de façon crédible… Il n’est déjà pas facile de créer et maintenir un blog voyage ; le professionnaliser suppose de réfléchir en amont contrairement à ce que je n’ai pas forcément bien fait… Cela reste possible même s’il me semble que c’est plus raisonnable de ne pas s’y limiter et de pouvoir s’appuyer comme le font beaucoup de blogueurs sur une activité professionnelle extérieure …

  12. Benjamin on

    Salut Sandrine. Avant tout merci de te livrer avec autant de justesse et de sincérité… J ai moi aussi, un temps, pensé a devenir « pro » mais j ai eu peur que le côté financier et les voyages a répétition ( sans choisir vraiment la destination parfois, juste pour faire du contrat) finissent par abîmer pa passion et la franchise due à mes lecteurs… Je tiens donc un blog de voyage juste pour mon plaisir, et la joue de partager infos et bons plans… Et si j ai parfois quelques « bonus » grâce à mon statut de blogueur le deal est toujours clair: je garde ma liberté de ligne éditoriale, je ne retouche pas mes photos et si je n aime pas je ne fais pas de pub… Et si c’était ça au fond la plus grande des richesse, et le but ultime de nos voyages : La liberté? Si tu veux jetter un oeil à mon blog, et me donner ton avis de pro : http://www.benvoyagepascher.com . Au plaisir de te lire

  13. Octo on

    Bonjour Sandrine, j’ai lu en grande partie ton article sur ton expérience de blogueuse voyage. Il me semble que tu as oublié une casquette, celle de commerciale. Quand je vois ton site, le traffic qu’il génére, je ne comprends pas que tu n’arrives pas à en dégager des bénéfices. Mon site « Vu par ICI » est 10x moins puissant, pourtant, j’arrive à faire + de 10 000 euros par an avec. Il te faut vendre tes espaces dans la side-bar. Quand tu traites la Croatie par exemple, il faut vendre aux locaux, ou mieux au français installé la bas, c’est peut-etre plus facile. En tout cas je pense que tu as un problème de développement commercial. Je sais, ce n’est pas donné à tout le monde, c’est une tâche à part entière, mais c’est aussi celle qui t’apportera des revenus. Bonne continuation. (Si tu veux en discuter, tu peux me contacter)

  14. Sandrine Monllor on

    Merci à tous pour vos encouragements qui font du bien!

  15. Marc Frayssinhes on

    Ne lachez rien

  16. Danielle Chantereine on

    Continuez , je vous lis et j’ai dejà eu besoin de vos conseils je vous remercie de faire ddécouvrir les BALKANS

  17. Mira Juricic on

    Je comprends et t’admire ceci dit je n’aurais jamais osé cela à l’heure actuelle

  18. Danielle SAUBION on

    Sandrine, quel bel article ! il est passionnant, édifiant, touchant !! Ne lâche pas prise !!! …. Je partage …. IDEOZ vaut le détour …. il faut que ça se sache !!!

  19. Jean Luc Free on

    Bravo ! Pour tout , l’aboutissement du projet, le récit du « making of » , le talent d’écriture , la façon de voyager, où je me reconnais, cette passion de ce que tu fais, qu’on ressent intacte à travers l’énergie que tu as mise dans cet article.
    La frustration est bien compréhensible aussi, en regard de l’implication / presque abnégation sans avoir le retour attendu
    C’est certainement le lot de ceux qui ont affaire au grand public.
    Il semble qu’il n’y a rien que tu aies fait « faux » , et ce que tu as décris de l’évolution de tes orientations/stratégies me paraît vraiment logique -et c’est remarquable que tu aies pu le décrire de manière aussi objective et avec un ton presque distant.
    Les gens « curieux » sont souvent des gens qui peuvent papillonner en permanence , sur le net ou en voyage; c’est ce qui peut expliquer certaines choses.
    Encore que dans la liste de tes « casquettes » multiples , tu aurais pu mentionner sociologue car au vu de ton audience tu as aussi pu apprendre sur les comportements.
    Bref j’espère que tu vas reprendre courage et tu peux être fière de ce que tu as créé / d’avoir voulu partager .

  20. Madikéra on

    Sandrine, j’aime beaucoup ta prise de recul sur ton expérience. C’est dit dans une belle langue sincère.
    Je crois qu’il y a très peu de gens vivant réellement de ce genre de métiers… Il y a bcp de passionnés, comme moi, consacrant bcp de temps à leur site/blog et voletant vers ceux des autres surtout quand ils ont un besoin ponctuels… J’espère que passionnée tu resteras tout en trouvant une voie professionnelle te permettant d’en vivre…

  21. Renata Dessin on

    Woow Sandrine ! Moi qui allait me coucher tôt 😉 et qui ne lit jamais des longs articles (par manque de temps) j’adore les podcasts car je peux dessiner au même temps… Bravo
    pour ton article et malgré la solitude comme tu dis, sacré expérience.
    Pour répondre à ta question finale, oui je parle du voyage à mes lecteurs sur mon site http://lesimages2renata.com, car je les incite a remplir leur carnet de voyage en voyageant ici et là bas 😉 car on peut dessiner au Balkans mais aussi juste à côté de chez soi et avoir l’impression de voyager ;-)))
    hhaaaaa la vie de bloguer n’est pas si facile… 😉

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