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Ecrire : Avancer nue … avec pudeur

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Il doit y avoir quelque chose de prétentieux à vouloir écrire un blog chaque jour, mais sans doute existe –il autant de raisons qu’il y a d’individus qui se plient à cet exercice sur la toile. Écrire c’est s’exposer, car c’est – fatalement – prendre partie, émettre une ou des opinions, réagir aux événements du monde qui vous entoure… et tout cela en fonction de votre personnalité, de votre sensibilité, de votre culture et de vos expériences.

Écrire c’est une façon de se mettre à nu, même si certains auteurs utilisent des masques ou des avatars ou si d’autres – plus talentueux – ont le don de brouiller les pistes en se cachant derrière les mots. Écrire un blog est un peu different du travail de romancier, c’est une sorte d’écriture intime rendue publique. Il doit bien y avoir de l’exhibitionnisme dans cette forme d’écriture là, car  plus qu’ailleurs, les mots sont impudiques puisqu’ils vous révèlent aux autres.

Mais écrire c’est être libre. On ne le fait jamais sous la contrainte ou pour des raisons alimentaires. Écrire c’est s’exposer au jugement des autres (quand ils en ont), c’est informer de façon arbitraire puisqu’on choisit soi-même les sujets que l’on va développer…même miss météo est soumise  à contestation.

Écrire, c’est consciemment ou non, vouloir convaincre,  c’est donc être responsable de ce que l’on avance, c’est surtout enfanter chaque mot, chaque phrase, chaque idée, comme le produit de votre imagination, de votre conscient ou de votre travail.

Écrire c’est respecter ceux qui vous lisent tout en leur donnant éventuellement du plaisir, de la distraction et parfois des informations. Écrire publiquement c’est partir du principe que le lecteur est « intelligent », c’est en tout cas lui accorder ce crédit.

Écrire c’est s’accaparer un droit fondamental : celui d’occuper un espace, de le faire savoir et d’entrer insidieusement dans l’esprit de certains lecteurs, avec l’envie parfois de le convaincre, de le faire rêver et au mieux, de le faire réfléchir.

Écrire c’est aggraver son égo. Oh ! Ça vient tout seul et subrepticement, et on ne s’en rend pas toujours compte au début. Comme les comédiens, soucieux de savoir combien de spectateurs ont vu leur film ou leur pièce, comme les animateurs de télé, obsédés par l’audimat et la culture du toujours plus…. Mais avec l’ego qui grossit, la sensibilité elle aussi se développe et s’expose. Une sensibilité à fleur de peau qui fragilise et déstabilise.  « Tout se paye dans la vie, le bien comme le mal. Le bien forcément, c’est plus cher » écrivait Céline.

Écrire c’est être accessible à tous ceux qui le souhaitent, c’est donc abolir certaines distances et en même temps c’est constater qu’une barrière entre vos lecteurs et vous est nécessaire, plus haute que jamais. Par nécessité. Parce qu’il faut se protéger des réactions de frustration, de jalousies ou d’envie. (Ou pire… je n’ose pas écrire certains mots…)

Écrire c’est assumer ce que l’on écrit parce que cela nécessite un minimum de réflexion, de recherche, d’élaboration.

J’ai vécu plus de vingt ans à côté des plus grands (hommes politiques, écrivains, acteurs, créateurs) et raconter cette partie de ma vie avec ceux auprès de qui j’ai beaucoup appris, pourrait paraître prétentieux, alors il faudra vous contenter de cela, TOUS – excepté certains  – avaient mis de la distance entre eux et ceux qui les faisaient vivre (lecteurs, spectateurs, admirateurs, votants), une distance nécessaire qui allait jusqu’à marteler pour quelques uns : « Les autre n’existent pas » !  Ce qui est la pire des formules et la meilleure des protections si l’on veut continuer d’avancer, de jouer, d’écrire, de créer. A un certain niveau du parcours, pour avancer sur un chemin qui n’est jamais facile, il faut  savoir oublier les autres, car si les blessures font trop mal, elles vous empêcheront de continuer, et alors ce sont les autres qui auront gagné. Et bientôt ils n’entendront plus que ce qu’ils ont envie d’entendre,  que : « Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil », ou l’inverse – tout aussi stupide –  que « tout le monde est méchant, et que la guerre c’est pas bien »

J’écris, et là je parle de mon blog (et non de scenario ou autres formes d’écritures auxquelles j’ai participé à la télévision ou à la radio), je ne me pensais pas capable de le tenir sur la longueur. Il est devenu une sorte d’exercice dispensateur d’adrénaline. C’est ce que doit ressentir le coureur de fond, j’imagine.

Enfin écrire c’est osciller entre deux vérités et deux mensonges. C’est « créer » ,de façon modeste et à  sa mesure, c’est, en fin de compte  « avancer nue avec pudeur… Et  surtout seule ».

Et je crois bien que c’est tout le paradoxe de l’écriture quelle qu’elle soit. C’est donc accepter ce paradoxe avec une vraie humilité et un immense orgueil.

Parce que tout est paradoxe : l’amour, la vie.

Parce que tout est complexe : l’amour, la vie.



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A propos de l'auteur

Partage ma vie entre Thaïlande et Paris ... Intérêts: les voyages, la photo, l’écriture, vient d’écrire un roman "théâtre d'ombres" qui a pour décor la Malaisie et la Thaïlande__________________________________________________________________________________________________________________Le blog de Michèle, une femme à la croisée des cultures

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