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L’enlèvement virtuel : nouvelle “mode” en Argentine?

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L’imagination des délinquants est sans limite.

Parce que la pauvreté s’accroît à mesure que le tissu social argentin se rétracte – c’est à dire à la vitesse de la marée descendante au Mont Saint Michel – les faits d’arme des délinquants argentins constituent un catalogue chaque jour plus effrayant. Le nombre de personnes abattues sur le pas de leur porte ces dernières semaines par des voleurs de voitures mineurs totalement intouchables en est une preuve parmi d’autres.

Un autre délit est à la mode à Buenos Aires depuis déjà plusieurs mois : le secuestro virtual, c’est-à-dire l’enlèvement virtuel. Les cerveaux en sont paraît-il des détenus, car un téléphone cellulaire et un complice en liberté suffisent à le commettre.

D’une part, l’enlevé virtuel reçoit un appel sur son cellulaire. La compagnie de téléphone lui demande de couper son téléphone pour une opération de maintenance. S’il obéit, il devient donc injoignable.

D’autre part, un proche de l’enlevé virtuel reçoit un coup de fil affolant. Les scénarios sont multiples. Parfois c’est la police qui annonce qu’un grave accident est arrivé mais très vite les menaces arrivent. Entre autres celle de torturer (ou pire) la personne soi-disant enlevée si l’on tentait de la joindre sur son cellulaire.

En contrepartie de la libération de la personne en question, il faut aller déposer une certaine somme d’argent et tous les objets de valeur dans un lieu qu’on vous indique, où un complice passera les récupérer. Lorsque le proche rejoint son domicile ou téléphone le plus naturellement du monde et qu’il dit qu’il n’a jamais été menacé, il est trop tard pour récupérer ce qu’on a naïvement trop vite donné.

Bien des gens s’y sont laissé prendre, puis les autorités ont donné une certaine publicité à l’arnaque et aux mesures prises dans les prisons, si bien que plus grand monde ne s’y laisse prendre. Sauf, entre autres, les familles expatriées pas encore au fait de l’imagination et de l’ampleur des complicités dont bénéficient les délinquants en Argentine. Deux familles françaises en ont été victimes ces dernières semaines, sans conséquence grave heureusement, mais dans les deux cas, il était évident que les auteurs des appels étaient très, très bien renseignés, et jouissaient manifestement de complicités y compris dans l’administration, rendant leurs menaces particulièrement crédibles.

Ce qui est finalement le plus inquiétant, et le plus révélateur de l’état du pays.



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A propos de l'auteur

Pour moi qui n’ai pas choisi le pays où je vis, ni celui où je vivais avant, l’expatriation s’apparente à un mariage de raison. Aucun coup de foudre n’a entraîné cette cohabitation. J’ai signé, sans connaître, et je n’ai d’autre possibilité que de m’adapter. Ou bien ma vie serait un enfer.On finit donc par se sentir chez soi, certains aspects sont plus faciles à vivre que d’autres, mais on s’attache toujours au pays et à ses habitants et lorsqu’on le quitte, on y laisse forcément un peu de soi-même. Mais on ne critique bien que ce qu’on aime, et je ne pourrais rire des petits défauts des Argentins si je n’avais développé pour eux, leur pays et leur langue, une profonde affection. ______________________________________________________________________________________________________________________ Le blog d'Anne

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