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L’Histoire bégaye…(ou la mémoire courte)

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Tuer pour restaurer la
paix. La paix à quel prix ? Et à quoi sert de gagner une bataille si
c’est pour risquer de perdre la guerre ?


L’Histoire de la Thaïlande n’arrête pas
de se répéter….alors, pour tous ceux qui ne la connaîtraient pas, qui l’auraient
oublié ou qui auraient envie de connaître ce pays au-delà des clichés, un
petit rappel:


« En dehors d’une période très courte –  de 1973 à 1976,  le gouvernement de la Thaïlande a toujours
été soutenu par un régime militaire. Après cette courte période de réelle
démocratie, c’est un ancien général qui revient au pouvoir. Les manifestations
reprennent dans les rues de Bangkok opposant étudiants proches de la gauche et
de l’extrême gauche (le Parti Communiste Thaïlandais) aux militaires d’extrême droite. Un jeu perdu d’avance
pour les manifestants. Il faut se rappeler le contexte de cette époque :
le bloc de l’ouest, Etats-Unis en tête, soutient la droite thaïlandaise dans le
cadre mondial de la guerre froide et de la lutte contre le communisme. Alors l’armée
tire sur les étudiants et sur les syndicalistes qui se sont joints à eux, Elle
massacre ses propres enfants. Jusqu’en 1992, les coups d’état se succèdent,
mais cette année là, pour la première fois, la classe moyenne se joint aux étudiants,
pour s’opposer à l’extrême droite militaire. Plus de deux cent mille
manifestants réclament le départ du général Suchinda. En vain. Après l’échec
des négociations, l’état d’urgence est décrété. Les manifestants marchent quand
même en direction de la « Government House » mais sont stoppés au
pont « Phan Faa ». De violents affrontements éclatent entre
protestataires et militaires. Près du « Democracy Monument ». Ils
font des dizaines de morts et des centaines de blessés. Des milliers
d’opposants ou sympathisants sont arrêtés, battus, torturés. Un vrai massacre
dans les rues de la capitale. La télévision, aux mains de la junte, montre des
bandes d’insurgés s’engouffrant dans le hall de l’hôtel Royal afin d’échapper
aux fusils des militaires. A l’intérieur de l’établissement, des soldats
humilient les étudiants, les forcent à descendre les escaliers à quatre pates,  à  s’agenouiller dans le hall ».


J’ai rencontré Khun
ISSARA (Monsieur Liberté… c’était son surnom) il y a plus de 6 ans.


         « Ces étudiants étaient comme mes
enfants (Look khong shan), je me devais de les protéger. C’était mon devoir.
Bien sûr, il y avait eu des magasins pillés, des voitures brûlées, c’est la
conséquence malheureuse de toute révolte…des événements que la presse aux
ordres du pouvoir s’est empressée de qualifier de « vandalisme gratuit
commis par des protestataires enragés ». Dans la nuit du 18 au 19 mais,
j’ai reçu plusieurs coups de téléphone anonymes menaçant de faire sauter mon
hôtel. Mais à aucun moment je n’ai pensé fermer mes portes aux manifestants. Le
matin du 19 mai 1992, les forces de sécurité passent mon hôtel au peigne fin, à
la recherche des émeutiers. Sans résultat, Après leur départ une quarantaine de
jeunes émergent de leurs cachettes. Ils auraient été arrêtés et sans doute
exécutés si nous les avions laissés sortir ».


Monsieur Issara avait donné
à  chacun des étudiants refugiés chez
lui, des uniformes aux couleurs de son hôtel. En un tour de magie, avec des
badges épinglés sur leurs uniformes, une quarantaine d’étudiants s’est trouvée
ainsi promue serveurs, liftiers, réceptionnistes, bagagistes, femmes de
chambre. On sait que plus tard, l’hôtel a croule sous les bouquets de fleurs
offerts par les familles des étudiants. Protégés par Khun Issara. Et l’hôtel
est devenu le symbole de la liberté en Thaïlande.


En 1976, c’était les
étudiants qui se rebellaient.


En 1992, durant ce
‘Black May » la population urbaine – middle class – se joint aux
étudiants.


En Mai 2010 (sera-t-il
aussi le « bloody may 2010») ? c’est le peuple, les pauvres les
laissés pour compte qui se révoltent.


L’Histoire bégaye ?
Pas complètement. En 1992, le soulèvement s’est soldé par un spectacle assez
réjouissant, vu et applaudi à la télévision, par le pays entier : Les
généraux qui se battaient pour le pouvoir – Suchinda et Chamlong –  non pas à genoux, mais à plat ventre, comme il
se doit, devant sa majesté le roi de Thaïlande qui les sermonne devant
toute la société thaïlandaise. S’ils ont perdu la face, ils n’ont, en contre
partie, jamais été poursuivis pour leurs actes criminels et ne seront jamais
appelés devant un tribunal. Justice ne sera jamais rendue aux centaines de
morts et disparus dont on n’aurait, pour certains, retrouvé aucune trace  à  ce
jour….


L’histoire bégaye ?
Pas complètement. Les étudiants sont absents des contestations aujourd’hui.
Et si certains ont accusé les leaders rouges d’être des communistes, (possible,
je ne sais pas)…  la masse des
protestataires, elle, attend toujours un signe du « père


R - PARIS21

Pendant ce temps, a Paris, manifestation bleue du personnel hospitalier, avec occupation, hier, de la gare Montparnasse… Je n’ai pu m’empêcher de photographier.. c’était juste en face de chez moi….


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A propos de l'auteur

Partage ma vie entre Thaïlande et Paris ... Intérêts: les voyages, la photo, l’écriture, vient d’écrire un roman "théâtre d'ombres" qui a pour décor la Malaisie et la Thaïlande__________________________________________________________________________________________________________________Le blog de Michèle, une femme à la croisée des cultures

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