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La cage dorée

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L’aventure continue, mais Leïla a rejoint sa « cage dorée ». Ce sont les propres termes de Mae Thob. La jeune femme pakistanaise vit dans la jolie maison de ses parents : plancher de teck poli, écran plat géant de télévision, mobiliser de bois sculpté… le business du père  marche bien. « Mais Leïla est dans une prison » continue Mae Thob. « Moi, je n’ai rien, je vis dans le bureau que je loue chaque mois, mais je suis indépendant et libre. Et toi teacher, qu’est-ce que tu préfères » ?

« Humm »… Facile de répondre lorsqu’on possède et la liberté et la cage dorée dont je suis seule détentrice de la clé. Les difficultés sont plutôt pour mon compagnon thaïlandais qui doit s’accommoder de cela : mon attachement absolu et mon indépendance non discutable. Je ne m’appesantirais pas sur les commentaires faciles, je les connais par avance. Je sais parfaitement ce qui me donne cette liberté…. C’est mon ami qui, souvent poussé hors de la cage, doit éprouver ce sentiment de frustration. Et puis j’ai un passeport dans la poche, ce qui me fait penser au titre que je voulais donner à mon premier roman sur la Thaïlande : « Mon fils, ne tombe jamais amoureux d’une femme qui a un passeport dans la poche », ce qui aurait fait de mon ouvrage le livre ayant le titre le plus long de toute l’édition française (du moins je le crois). Titre qui s’est transformé en « Théâtre d’Ombres »*  lui-même dégraissé de : « Le Dalang, maître du théâtre d’ombres ». Le Dalang est le conteur qui joue avec les marionnettes derrière le drap blanc, en interprétant tous les personnages du théâtre traditionnel des cultures indienne, malaise. (Ou  « Wayang Kulit » : théâtre des marionnettes de cuir en Indonésie).

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Bref, Melissa a hérité d’un conducteur de moto mâle, qui a pris le soin de remplir son réservoir avant de se mettre en route. Valait mieux. Parce que 50 kilomètres de Mae Sariang jusqu’à la frontière avec le Myanmar. 50 kilomètres de routes pleines de trous et d’imprévus.

« Comment est ton conducteur » ? Je demande à Melissa à l’occasion d’une pause.

« Très bien. Je n’ai pas peur, mais comme il semble ne pas connaître très bien le parcours, il a tendance à  admirer le paysage au lieu de ne se consacrer qu’à la route » !

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Route dangereuse ? Pour les conducteurs néophytes, sûrement. Des obstacles en principe prévisibles : trous, lacets pentus recouverts de gravillons, proximité du précipice vertigineux recouvert d’une jungle touffue (les corps y disparaissent en cas d’accident… et il y en a souvent me dit Mae Thob, toujours rassurant), ornières grasses, croisée impromptue avec une voiture arrivant en sens inverse et ayant choisi la même portion de route que la vôtre, donc nécessité de choisir la bonne décision sur la direction à prendre, volee de libellules (que je préfère ici appeler « dragonfly »), et puis inattention du chauffeur. J’ai eu quelques battements de cœur, car souvenirs désagréables d’un accident de moto sur la route de Mae Jaem, en pleine descente vertigineuse et lâchage de freins !

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On déjeune le long de la rivière qui sépare les deux pays. Des pays qui commercent sur le plan local, sous la surveillance des « Men in black », les « hommes en noir »,  ou « Tahan Pran », sorte de militaires privés. Des buffles sont prêts à traverser la rivière. Entassés sur la frêle embarcation, ils semblent souffrir de la chaleur. Un des passeurs les arrose régulièrement. On suit des locaux qui veulent nous inviter dans leur maison le long de la rivière sous un soleil ardent. Puis on grimpe sur le sommet des sommets pour admirer le paysage dominé par l’inévitable Bouddha doré sous la surveillance d’un moine rigolard et de son chat.

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On se retrouve tous les 4 pour dîner à  Mae Sariang. Je suis cassée, après 100 kilomètres de tape-cul. Mais j’ai encore mon article à écrire. C’est ça ma cage dorée : le choix d’avoir mal aux fesses, d’avoir peur parfois, mais de vaincre cette peur, de revenir épuisée mais éblouie, de dîner avec des gens qui ont vécu la même aventure que la mienne. Et cerise sur le gâteau ce soir : l’électricité est brutalement coupée. « This is Mae Sariang » soupire Mae Thob. On se retrouve dans un noir d’encre, alors qu’on est en chemin vers une échoppe pour  dîner. Peu à peu des bougies s’allument sur la route, des petites flammes vacillent dans la nuit…. Mais le noir n’est pas photogénique, ou plutot pas photographiable…alors vous n’aurez que les mots pour imaginer.

*”Theatre d’Ombres” Edition de la fremillerie et Fnac.com

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A propos de l'auteur

Partage ma vie entre Thaïlande et Paris ... Intérêts: les voyages, la photo, l’écriture, vient d’écrire un roman "théâtre d'ombres" qui a pour décor la Malaisie et la Thaïlande__________________________________________________________________________________________________________________Le blog de Michèle, une femme à la croisée des cultures

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