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Les Biens aimés de Christophe Honoré

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https://voyages.ideoz.fr/wp-content/plugins/wp-o-matic/cache/10f10_Les-biens-aimes_30561_1311774089.jpgLe film retrace le destin d’une femme – Madeleine – depuis sa rencontre avec son amant tchèque, Jaromil,  jusqu’à ses
relations actuelles avec la fille qu’elle a eu avec lui ,Véra. Le film suit donc différentes époques (années 70, 90 et années 2000), indifférent aux événements historiques, se focalisant sur le
destin de ces deux femmes, Madeleine et Véra. Madeleine rencontre donc Jaromil alors qu’elle fait la pute occasionnelle pour quelques escarpins. Entre eux, l’amour s’installe et elle décide de le
suivre à Prague où elle va donner naissance à Véra. Alors que les Soviétiques pénètrent dans Prague, Madeleine tente de ramener à elle Jaromil afin que leur famille quitte la Tchéquie pour se
réfugier en France. Madeleine partira seule avec Véra, refera sa vie en France avec un autre, mais elle restera à jamais la femme de Jaromil. Quelques années plus tard, Véra se dit fille de pute
et de communiste, elle emprunte elle aussi avec difficultés et lourdeurs le chemin de l’amour. Son cheminement l’entraîne à Londres dans les bars à musique et vers Henderson, un musicien
américain. 

On retrouve dans ce film toute la patte d’Honoré (et pour certains tous ses défauts): les relations amoureuses faites de trahisons et de compromissions, les chansons interprétées par les acteurs.
Si la première partie du film qui suit le personnage de Madeleine jeune (interprétée par Ludivine Sagnier) est prodigieusement ennuyeux, raté et mal joué, le reste du film est beaucoup plus
réjouissant. Je ne comprends pas pourquoi les réalisateurs comme Honoré (et comme Ozon) font jouer Sagnier dans leurs films, puisqu’à chaque fois ils lui donnent l’apparence d’une pute. Encore
une fois, cette actrice est extrêmement vulgaire dans ce film. Est-ce elle qui projette cette image aux réalisateurs ou eux qui la voient comme cela? Mystère. Mais dans les deux cas, je ne voit
pas l’intérêt q’ils ont à la faire jouer dans leurs films. Passons. J’ai beaucoup aimé le personnage de Véra, et sa relation avec Henderson. A deux reprises, Honoré filme Chiara Mastroianni avec
beauté: lorsqu’elle apparaît dans un bar à Londres et qu’il la fait danser et lorsqu’elle réapparaît quelques années plus tard dans ce même bar avec un magnifique pantalon rouge. Elle est
vraiment magnifique dans ces deux scènes. Elle campe un personnage grave que la légèreté de sa mère n’arrive pas à élever et ses pas de danse ne font que révéler son incapacité à l’insouciance.

Les critiques ont reprochés à Honoré son amateurisme dans sa représentation des événements historiques (le Printemps de Prague et le 11 septembre). Il me semble qu’il le fait exprès, exprès de
donner une vision irréaliste, éculé de ces événements, car à chaque fois ses personnages étant engoncés dans leurs problèmes de couples, ils n’ont vu de ces évènements historiques que le
superficiel et ne s’y sont pas intéressés. Alors pourquoi nous parler de Véra et de sa mère? Peut-être pour deux raisons: que l’insouciance des années 70 n’a plus court à notre époque (Madeleine
incite Véra à plus de légèreté sans succès) et que le couple hétérosexuel modèle n’est qu’une fabrication mais qu’il ne repose que sur des compromissions internes (le marché entre Madeleine et
François son nouveau mari est sur ce point saisissant). 

Reste une question: la vision qu’a Christophe Honoré du couple hétéro et de la femme en particulier n’est-il pas biaisé par le fait qu’il est homosexuel?  Sa sexualité lui permet-elle
d’avoir un regard plus juste sur les couples (et leurs mensonges) et sur les femmes ou un regard injustement suspicieux? Dans le film de François Ozon, Le Refuge, la femme était
junkie, mère délaissante, dont l’enfant était “sauvé” par le couple homosexuel présenté comme plus stable, plus responsable. Il ne faudrait pas sous prétexte de pointer les clichés du modèle
hétéro dominant, en oublier les failles du couple homo et le présenter comme seul stable, sans compromission. Puisque le couple n’est jamais parfait, qu’il soit hétéro ou homo. Et que penser de
Sagnier pour Ozon et Honoré?

— LN

https://voyages.ideoz.fr/wp-content/plugins/wp-o-matic/cache/24cc6_les-bien-aimes-mastroianni.jpg

Disons-le d’emblée: ce film m’a ennervé. Ce qui faisait la patte et le charme des films de Christophe Honoré que j’avais tant apprécié dans La Belle personne ou dans Non ma
fille…
est devenu tics, maniérismes et — H. n’est pas d’accord — hype prétentieuse (mais sinon pourquoi utiliser l’Histoire si ce n’est comme un méta-discours adressé aux spectateurs
tout en montrant bien que ce n’est pas important?). Peut-être est-ce simplement que cette histoire ne m’a pas touché contrairement aux deux précédentes, que l’homosexualité dont il est question
ici aurait empêché, ainsi que H. me l’a suggéré, de m’identifier aux personnages… Peut-être… Mais décidemment, je ne supporte pas Saignier, je trouve que le personnage de Mastroiani est
pitoyable et que Deneuve est insupportable. Le seul personnage qui trouve grâce à mes yeux est Henderson, justement, le musicien américain gay.Quant aux chansons interprétées par les comédiens,
sauf l’un d’entre elles (Véra et Henderson déambulant dans les rues de Londres dans une séquence très comédie musicale de la grande époque américaine), je les ai trouvées pesantes, car inutiles
et redondantes. Pourtant, certaines permettent à Honoré des trouvailles de mises en scène particulièrement réussies comme par exemple le croisement entre Véra ado, Madeleine trentenaire et leurs
alter-géo plus âgées sur et sous un pont de Paris.

Car Honoré est un bon réalisateur. Il filme bien. Sa manière de filmer les femmes dans ce film est tellement parlante qu’elle en devient presque insupportable: la laideur vulgaire de Saignier
renvoie, je trouve, à l’absence de beauté plastique de Mastroniani tels que les canons actuels de beauté les définissent. Et malgré toutes les réserves, les réticences et même le rejet de sa
vision de l’amour (plus que sa vision du couple qui, pourtant, est caricaturale ainsi que le souligne H.), plusieurs fois le film m’a emballé. Plusieurs fois j’ai été happé par sa manière de
raconter et de mettre en scène.

Alors? Quel bilan? Une interrogation: je reste toujours perplexe sur ce pourquoi je n’ai pas aimé. D’habitude, il est bien plus facile d’expliquer les raisons qui nous font rejeter un film plutôt
que l’inverse. Ici je vois pourquoi je ne le trouve pas totalement insupportable mais je ne vois pas bien pourquoi je ne l’aime pas non plus. Ou alors je suis un gros réac homophobe qui s’ignore.

On demande le Dr. Freud…

— Mathieu

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