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« Oh mon pays comme je t’aime »

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Si je n’étais que cette voyageuse voleuse d’images, quel intérêt pour moi et surtout pour ceux qui me lisent ? Chaque voyage est une rencontre, l’occasion de créer des liens et surtout matière  à réflexion sur un petit bout de planète que j’observe à travers l’œil de ma caméra.


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Je prends souvent le temps de revenir sur mes pas, de retourner dans les villages tranquilles de montagnes, ceux que je visite avec la complicité de mon « guide-ami-fils-étudiant » An Sarot. Nous en avons parcouru du chemin ensemble depuis plus de 8 ans… C’est dire ma fidélité à  ceux que j’aime. C’est avec lui que j’assistais au mariage Karen il y a 3 jours car il connait bien la montagne et les communautés Karen (Il est  guide – Mae Sariang tours.) Donc mariage sans mon « chéri » qui savoure la tranquillite de Mae Sariang. Pourquoi ? Parce qu’il n’a pas la même curiosité que moi pour les ethnies de montagnes et cette mise à l’écart est autant son choix que le mien. Je me méfie de ses excès de « thaïness » et de ses leçons données à ceux qui viennent d’ailleurs (farang aussi bien que réfugié). Critique de ma part ?  Sûrement, mais “pas que”…


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Les leçons de savoir vivre, de « comportements polis », de respect des convenances sont parfois nécessaires, « krengjaï » n’est pas un vain mot en thaï…Mon « chéri » a en lui cette force agaçante, ce sentiment de suprématie de la culture thaïe (bien assimilée car son grand-père était chinois), suprématie sur tous les « sauvages » (ceux de la jungle et tous les autres  pays, fussent-ils les plus modernes !). La « thaïness » de mon ami m’agace autant que je l’admire. Sa fierté d’être thaï et d’avoir cette culture imprégnée au plus profond de lui-même au point d’avoir la vue courte, fait de lui ce personnage insupportable et adorable, humble et supérieur à la fois et la représentation absolue d’une réalité à laquelle je suis confrontée – ici et ailleurs – de ce qui est définitivement complexe. Tout comme chaque être humain. Comme chaque situation. L’inverse me ferait si peur que je prendrais de suite mes jambes à mon cou. Sans doute parce que je le suis moi-même aussi.
Complexe.


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Mon « chéri » (définitivement avec des guillemets) est la représentation la plus conservatrice, légère, courageuse, obtuse de la culture thaïe avec son côté nationaliste mêlé à sa fière et douce philosophie du « maï pen rai ». De quoi alimenter nos joyeuses querelles, lesquelles font de nous un vrai couple (« khou kan » en thaï. Khou c’est « couple », kan c’est le sens de la réciprocité)). Il n’est pas soumis à ma dictature de « farang », et en tant qu’homme thaï (qui se prétend « libre » comme le voudrait la traduction), il est aussi libre de partir.


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Bref, après le mariage Karen, nous sommes partis – ensemble cette fois – en direction de Khun Yuam, un endroit un peu magique entre Maee La Noï et Mae Hong Son. Chaque année, pendant environ 2 semaines,  la montagne se recouvre de petites fleurs jaunes appelées « dawk bua thong » « lotus dorés », en fait des petites fleurs d’origine mexicaine qui étalent généreusement leur or sur
les massifs proches de la frontière birmane.


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Par centaines durant les weekends, voitures et motos grosses cylindrées, déboulent de Bangkok et d’ailleurs. Les thaïs sont très friands de ce genre de spectacle qu’offre la nature. Les pickups sont bourrés à bloc, avec famille, amis, nourriture et tout ce qui peut photographier : tablettes, appareils portables,. En nous doublant, je les entends hurler leur plaisir à la découverte du premier massif recouvert d’or. Et, dans l’air frais du matin, ils lancent, éblouis, à la photographe que je suis un : « you love Thaïland ? » péremptoire, qui n’admettrait aucune contestation. Exclamations d’amour pour leur pays si beau et si multiple, avec autant de zones d’ombre que de zones étincelantes. L’un n’existe jamais sans l’autre. Là, les cris d’amour fusent, enthousiastes, chaleureux, définitifs. « Oh mon pays comme je t’aime, » ! Je l’aime aussi, comme mon « chéri », avec des orages, des colères, des coups de gueule et des émerveillements.

Connaissez-vous des français aussi amoureux de leur pays ?  A part Claude Nougaro qui chantait si bien “Oh mon “pays”, Oh Toulouse”


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Qui est Michele Jullian?

michele jullian maleeJe m’appelle Michèle Jullian. J’aime les voyages, la photographie, l’écriture.

Voyager ce n’est pas seulement prendre l’avion ou parcourir la planète, c’est aussi voyager dans les livres, les deux étant l’idéal. Chaque voyage comporte sa part de découvertes et de déconvenues, lesquelles deviennent expériences, à partager ou pas. Voyager est une aventure de chaque instant. Mes repères sont en France et en Thaïlande où je réside « on and off ». J’ai écrit un roman “théâtre d’ombres” qui a pour décor la Malaisie et la Thaïlande …

Découvrez le blog de Michèle, une femme à la croisée des cultures …

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A propos de l'auteur

Partage ma vie entre Thaïlande et Paris ... Intérêts: les voyages, la photo, l’écriture, vient d’écrire un roman "théâtre d'ombres" qui a pour décor la Malaisie et la Thaïlande__________________________________________________________________________________________________________________Le blog de Michèle, une femme à la croisée des cultures

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