64 vues

Voyage en Inde : Portrait chinois

0

Dans le cycle infernal des renaissances selon les croyances bouddhistes, je suis sûre d’une chose : l’Inde n’est pas sur ma liste d’attente pour une prochaine réincarnation ! Pays émergeant, derrière la Chine ? Dans 250 ans peut-être ! Il faudrait d’abord concevoir des égouts qui fonctionnent, un système de distribution d’électricité qui ne saute pas tous les quart d’heures, internet qui marche régulièrement et non de façon sporadique, des appartements qui n’auraient pas l’air d’être des ruines à peine sortis de terre, des poubelles avec obligation de les utiliser, comme à Singapour, afin que la route – celle que j’ai empruntée en tout cas, de Delhi à Agra, ne soit pas une vaste et interminable poubelle à ciel ouvert. Passez trois mois en Thaïlande et vous ne reconnaîtrez plus votre quartier : un hôtel a poussé comme un champignon en automne, un immeuble a surgi des entrailles de la terre, des boutiques ont changé de propriétaire et de déco (multipliez tout par cent ou mille pour la Chine).

Mon dernier voyage au Rajasthan remonte à 10 ans environ, mais j’ai des souvenirs beaucoup plus lointains du nord de l’Inde, et j’ai une mémoire visuelle plutôt pointue, eh bien rien n’a changé en surface. Si, plus d’immondices qu’il y a trente ans, moins de saris, mais toujours cette impression de pays en voie de démolition plutôt qu’en voie de développement. Pays chaotique. « Work in progress » lit-t-on ça et là. No progress. Work in regression.

Le sens créatif et subtil des indiens, loge dans leur crâne, sous leurs cheveux bleu corbeau. Pas dans leurs mains. Cervelle compliquée, bras fatigués. Connections complexes entre les neurones, mais manque de transmission pour les réalisations les plus simples, Ça traîne, ça discute, entre deux concertations élaborées, profondes, complexes, graves, mystérieuses. Rien à voir avec l’apparence glamour, la surface attirante, le vernis tentateur de la Thaïlande ; Rien à voir avec la vélocité têtue et pragmatique de la Chine.

Sous l’indolence tranquille, une langueur inquiétante et inquiète. L’art du langage poussé au paroxysme. Boniment génial. Pièges magnifiques dans lesquels on tombe à tous les coups. Le sens de la surprise et de l’inattendu pour un but toujours identique : vous accrocher pour vous vendre quelque chose. Pour l’argent. Mais aussi pour le plaisir. Un pouvoir d’attraction de prestidigitateur bluffant. Tandis qu’on vous fait miroiter un avantage agréable, l’action réelle se déroule en sous-main. Et vous, spectatrice naïve, vous avez suivi la mauvaise, celle qui réglait un autre accord, signait une autre partition, jouait d’un autre instrument, avec des accords majeurs ou mineurs, qu’importe ! Vous n’avez rien vu. .Dans un jeu de portrait chinois, le thaïlandais serait un crooner, l’indien serait un prestidigitateur. Mais finalement je ne suis pas venue ici pour me faire rembourser quelques illusions ou déconvenues… je suis venue ici pour en prendre plein les mirettes.

Et croyez-moi, j’assure le spectacle, moi aussi – sinon je n’aurais jamais pu prendre ces photos !

C’est ca aussi l’Inde : des incomprehensions insurmontables. Est-ce si important ?



Partager

A propos de l'auteur

Partage ma vie entre Thaïlande et Paris ... Intérêts: les voyages, la photo, l’écriture, vient d’écrire un roman "théâtre d'ombres" qui a pour décor la Malaisie et la Thaïlande__________________________________________________________________________________________________________________Le blog de Michèle, une femme à la croisée des cultures

Leave A Reply

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Besoin d'aide pour préparer un séjour ?

Remplissez le formulaire ci-dessous avec le plus de détails possible pour que nous puissions vous répondre dans les plus brefs délais.


Nous partageons nos expériences et conseils gratuits avec vous! Exprimez vos besoins!