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Comment un séjour linguistique à Bournemouth a changé ma vie…

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Quand j’étais au lycée, mon rêve initial n’était pas de devenir professeur d’anglais mais d’être traductrice. Tous renseignements pris, je constatais que les formations existantes étaient hors de pris, surtout quand il s’agissait d’intégrer des écoles d’interprétariat et de traduction à Paris où l’année coûtait plus de 5000€ uniquement pour les enseignements. Plutôt que de souscrire un prêt étudiant au risque de ne pas m’adapter aux exigences de ce genre d’école, j’ai lâché l’affaire et pendant l’été, j’ai eu envie de m’offrir une expérience qui devait changer ma vie. Un voyage linguistique à Bournemouth.

J’aimais depuis l’enfance apprendre les langues, l’anglais, l’allemand, plus tard l’italien, le hongrois. Mais à l’époque, je nourrissais une passion pour l’anglais et quoi de mieux qu’un séjour linguistique pour pratiquer tout en s’immergeant au quotidien dans une famille qui vous fait découvrir les habitudes, les modes de vie? Au cours de mes études d’anglais scolaire, j’avais aimé acquérir du vocabulaire, maîtriser la grammaire, la conjugaison, parler le plus “fluently” possible et j’étais bonne élève, donc mes notes confirmaient que j’avais de bonnes aptitudes. Mais je n’avais jamais eu l’occasion d’aller faire du tourisme au Royaume-Uni, et cela ne me semblait pas satisfaisant de passer juste quelques jours ou deux ou trois semaines pour mettre en pratique tout ce que j’avais appris.

Le bac en poche à 17 ans, la question de mon orientation s’est posée avec plus d’acuité : comment pouvais-je devenir traducteur sans passer par une école? Quelles étaient les orientations envisageables qui soient moins coûteuses et tout aussi sûres en terme de résultats? Pour mieux me décider sur mon avenir, j’ai été deux mois en famille d’accueil en Angleterre. J’avais envie de progresser plus rapidement que je l’avais fait à l’école où les cours restent assez limités. Forcément, en suivant des cours tous les jours, matin et soir et parfois l’après-midi, je me mettais au défi et j’aimais ça.

En dehors des échanges avec la famille d’accueil toujours hyper conviviaux d’autant qu’ils aimaient beaucoup parler du pays, tout le monde se mettait en quatre (les deux enfants comme les parents) pour me faire découvrir la vie à l’anglaise. Avec Peter et Jane, les enfants de Judith et Daniel, on assistait aux fêtes locales, on s’amusait vraiment bien, ils me racontaient toutes ces petites choses sur la culture et la vie de tous les jours qu’on apprend jamais en cours de langue, même à l’université. J’ai A-D-O-R-E mon premier séjour linguistique avec International Projects à qui j’ai refait confiance l’année suivante pour un séjour d’approfondissement en tant qu’étudiant.  J’ai pu éliminer (presque) tous mes préjugés sur  la bouffe anglaise qui me semblait infâme avant de mettre les pieds au Royaume-Uni et dont j’ai découvert la grande variété de plats parfois très bizarres – il faut le reconnaître – mais super bons en mangeant les petits plats que me préparait Judith.

J’ai suivi le programme de cours intensifs c’est-à-dire 20 leçons de 45 minutes chacune par semaine mais mon ambition était de parler presque couramment à la fin du séjour, alors qu’à mon arrivée, je comprenais qu’il y avait une grande différence entre des échanges très limités comme on les fait en classe avec des temps limités pour pratiquer à l’oral et les exigences des conversations sur tout et rien pendant un séjour linguistique où on se doit de parler uniquement l’anglais!  Ca n’était pas si facile au début malgré la patient et un niveau que je croyais bon, mais j’ai pas mal progressé lors des 5 premières semaines et j’ai rajouté des cours de 2 heures et demi deux fois par semaine l’après-midi pendant les 3 semaines restantes. A la fin j’arrivais autant à parler qu’à traduire en simultanée à mes copines françaises qui galéraient pour comprendre ce qu’on pouvait leur raconter. Autre fierté, j’étais enfin arrivée à traduire des articles des magazines un peu plus complexes du point de vue de la langue (comme “Marie-Claire” ou “Harper’s Bazaar” pour ne citer qu’eux) sans avoir besoin d’ouvrir mon dictionnaire! Je savais que j’étais faite pour ce boulot et que je devais tout faire pour réaliser mon rêve.

L’une des filles de la famille voulait devenir professeur et avait le même âge que moi. Grâce à cette immersion, j’ai pu améliorer ma prononciation, gagner en confiance dans ma manière de m’exprimer mais aussi partager de nombreuses impressions au point que nous sommes devenues amies et n’avons cessé de nous écrire durant les années qui suivirent cette première expérience. Elle m’avait expliqué que son rêve était de venir en France faire ses études universitaires grâce à Erasmus et voulait étudier sa langue  et le français dans le cadre du parcours LLCE (Langue, Littérature et Civilisation Étrangère) en licence. J’ai compris que c’était tout à fait ce qu’il me fallait pour prolonger lors de mes études cette expérience linguistique et j’ai choisi d’entrer à la fac pour suivre ce cursus en anglais et allemand. Depuis, je suis devenue traductrice, après avoir passé quelques années dans l’enseignement à l’étranger en Autriche et en Angleterre après ma maîtrise. Sans cette rencontre et ce séjour qui a été l’un des meilleurs de ma vie, je n’aurais peut-être jamais accompli mon rêve. Grâce à ce séjour linguistique, j’ai non seulement progressé énormément en anglais, mais aussi trouvé des amis, découvert un pays que j’aimais déjà et qui désormais est le pays où je me suis établie et où j’ai fondé une famille. 



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