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Le statut social des femmes en Corée entre 1945 et aujourd’hui

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Joyeuse journée internationale des droits des femmes ! A cette occasion, je voudrais vous annoncer une bonne nouvelle : le nombre de bébés nés en Corée du Sud a augmenté au rythme le plus rapide de ces 15 dernières années !

Evolution du statut des femmes en corée du sud à travers mon histoire familiale

Je voudrais brièvement évoquer l’évolution du statut DES femmes depuis la génération de ma mère à la génération actuelle pour vous expliquer comment le taux de fécondité a dégringolé entre 2015 et 2023 avant de renouer avec la croissance en 2024. Et en quoi, ce rebondissement est la victoire des jeunes Coréennes, quoi qu’il reste encore un long chemin à parcourir en la matière.

femmes coréennes en hanbok habits traditionnems (1)

…………

Ma mère est née en 1949 et ma belle-mère, en 1945. Elles appartiennent à la génération dite « enfants de la libération » qui marqua la fin de l’occupation japonaise (1910-1945). Elles furent les premières fillettes à bénéficier de la loi entrée en vigueur en 1950 obligeant tous les parents d’envoyer leurs enfants au moins à l’école primaire. Et ce, malgré de nombreux parents qui demeuraient encore réticents à l’éducation de leurs enfants féminins. Cette mesure révolutionnaire marqua le premier pas vers l’égalité homme et femme.

Pourtant, dans les années 1950 et 1960, beaucoup de ces filles durent arrêter leurs études en primaire. A l’époque, les couples faisaient plusieurs enfants et donnaient la priorité à l’éducation de leur garçon. Ainsi, bon nombre d’adolescentes étaient obligées de travailler pour financer les études de leurs frères. Elles travaillaient souvent dans les usines alors que le gouvernement d’alors cherchait à tout prix à promouvoir l’industrie du pays afin de lutter contre la misère noire.

D’autres dont les familles avaient davantage de moyens, réussirent à poursuivre leurs études jusqu’au lycée, voire à la fac. C’était le cas de ma belle-mère et deux de mes tantes qui ont fait des lycées professionnels de commerce. Et une autre tante, née en 1957, réussit même à entrer À l’une des universités les plus prestigieuses de Corée. Ma belle-mère devint fonctionnaire du ministère de la Santé, mes tantes, employée d’une banque et petite secrétaire de bureau, et la dernière, professeur de l’enseignement secondaire. Quant à ma mère, ancienne danseuse, elle a fait la première école d’art traditionnelle populaire avant de rejoindre une université. Ensuite, elle donna des cours à son école tout en se produisant sur scène.

Or, sauf ma tante devenue professeur de lycée, toutes les autres ont arrêté de travailler malgré leur niveau d’éducation élève pour l’époque, y compris ma mère. Car à l’époque, beaucoup croyaient que le bonheur des femmes consistait surtout à épouser un bon mari et à avoir des enfants.

Cependant, elles ne firent pas autant d’enfants que leurs mères. Car dans les années 1970, le gouvernement, fermement convaincu que la surpopulation était l’une des ennemies du développement, encourageait les couples de n’avoir que deux enfants « que ce soit fils ou fille ». En parallèle, la Corée du Sud connaissait une croissance économique fulgurante et se mit à connaître le début de la prospérité.

plongeuses de jeju femmes en corée du sud (1)

Entre vestiges des traditions patriarcales et tentative d’émancipation

Les Coréennes de ma génération (nées dans les années 80-90) vinrent au monde dans ces conditions. Elles n’avaient souvent qu’un frère ou qu’une sœur, ne vivaient pas avec leurs grands-parents et la majorité d’entre elles ne subissaient pas la pauvreté. Comme les revenus de nos pères s’étaient accrues et qu’il y avait moins enfants à éduquer, la plupart d’entre nous pouvaient accéder à l’enseignement supérieur.

Et pourtant, comme le décrit le roman « Kim Ji-young, née en 1982 », nous devions subir encore les vestiges de la tradition patriarcale. La préférence des grands-parents et des parents pour les garçons persistait encore à tel point que certains couples recouraient à l’IGV quand les fœtus s’avéraient être des filles.

Malgré ce préjugé, bon nombre d’entre nous ont réussi à trouver de bons postes dans des grandes entreprises ou à avoir des métiers réservés longtemps aux hommes, tels que médecin, magistrat, diplomate, haut fonctionnaire, journaliste, etc. Le grand problème, c’est que les mentalités et le système de garderie d’enfants n’ont pas subi cette évolution. Il était difficile pour les jeunes mères qui travaillaient de trouver des établissements ou des personnes à qui elles pouvaient confier leurs enfants en bas âge alors qu’il n’était pas évident d’utiliser des congés parentaux. Celles qui ont réussi à surmonter ces obstacles ou qui ont opté pour le célibat ont réussi à s’épanouir dans leur travail et monter haut dans la hiérarchie. Mais beaucoup de jeunes mères ont dû renoncer à leur carrière.

Vers la baisse de la fécondité

Cette situation dissuada de nombreuses jeunes femmes à avoir des enfants et la fécondité ne cessa de dégringoler depuis le début des années 2010. C’était, à mon avis, une forme de résistance de la part de mes cadettes. Le gouvernement, quel que soit le parti au pouvoir, fut forcé à multiplier des aides pour permettre aux femmes de travailler après leur accouchement. De leur côté, les jeunes maris partagent plus activement les tâches ménagères et de plus en plus de maris prennent eux aussi des congés parentaux. Par exemple, une de mes cousines, née en 1986 et mère de deux enfants, travaille encore et c’est son mari qui fait la cuisine, les courses, etc.

famille coréenne sonjeong shim (1)

Aujourd’hui, plus de parents préfèrent avoir des filles et ces dernières réussissent mieux à l’école. Et elles semblent être plus ambitieuses que les garçons ! Selon les oursons, les filles sont toujours beaucoup plus nombreuses à se présenter pour le délégué de classe : « Deux garçons sur 16 se sont portés candidats, m’a appris Dongdong, alors que 9 filles sur 14 l’ont fait pour l’élection prévue pour mardi prochain ! »

Sojeong Shim
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