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J. Edgar de Clint Eastwood

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Notre cher et apprécié Clint Eastwood (quoique depuis deux  ou trois films, on n’en peut plus de l’apprécier), s’attaque cette fois à une figure controversée de l’histoire américaine: J.
Edgar Hoover. L’homme qui fonda le FBI et qui lui donna très probablement une orientation plus scientifique (enfin c’est ce que soutient le film). Le film, donc, fait des ponts entre les débuts
du jeune Edgar dans les bureaux du ministère de la Justice et les dernières années de sa vie. Qu’apprend-on exactement? Eh bien par grand chose. On apprend, entres autres, qu’Egdar avait un père
absent et une mère omniprésente et très ambitieuse pour son fils. Qu’Edgar était un bourreau de travail et qu’il croyait dur comme fer à sa vocation patriotique. Qu’Edgar avait des difficultés
avec les femmes (il n’aime pas danser) sauf avec Helen, sa secrétaire qui ne vit comme lui que pour le travail  et qu’il était attiré par les hommes, et notamment par l’un de ses
collaborateurs avec qui il aura une relation aussi platonique qu’éternelle (ils sont enterrés côté à côté à présent). Que grâce à Edgar, le FBI a acquis ses lettres de noblesses, faisant rêver de
générations d’enfants là où avant lui, on vénérait les malfrats. Qu’Edgar aimait bien garder des dossiers secrets sur les présidents américains (ou sur leur entourage), mais qu’à sa mort ces
dossiers ont disparu (la théorie du film veut que ce soit Helen qui les ait détruits en apprenant la mort de Hoover). Qu’Edgar est celui qui a retrouvé l’assassin du petit Lindbergh, histoire qui
occupe la majeur partie du film (malgré le peu d’intérêt qu’elle présente historiquement).

Maintenant que manque-t-il? Un contexte historique: on est quand même à l’époque des civils rights, de l’assassinat de Kennedy et de Luther King, il aurait été intéressant que cette
dimension historique intervienne autrement que par la seule présence d’Egdar à la fenêtre de son bureau regardant passer la voiture présidentielle. Une dimension politique: voilà un homme qui a
fait admettre à ses concitoyens que la sécurité valait mieux que la liberté et qui a imposé le fichage des empreintes ou d’autres lois lui permettant de faire avancer le travail de la police pour
la sécurité de la nation. A notre époque, son volontarisme sécuritaire pouvait trouver un écho. Une dimension mythologique: voir l’homme derrière la légende ou comment cet homme a bâti sa propre
légende.

Que reste-il? De l’anecdotique, ce qui sur un sujet aussi foisonnant, est absolument insupportable. De la controverse, il ne reste que cette pseudo accusation sur le fait que Hoover n’ait jamais
arrêté de malfrats de ses propres mains (ce qui pour un directeur du FBI parait plus que normal). De sa psychologie, une vague dimension religieuse et paranoïaque si peu exploitée qu’elle en
devient inoffensive. D’où une question que l’on se pose au générique du film: comme Clint Eastwood a-t-il pu faire un film aussi ennuyant, aussi peu intéressant sur un sujet aussi polyvalent que
J. Edgar Hoover? Mystère, mais sa non-réussite confine au miracle.

— LN

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Je ne reviens pas sur ce qu’a dit H. que je partage entièrement: faire un film sur un personnage historique si c’est pour évacuer la dimension historique parait pour les moins… étrange. Parlons
de la forme à présent: là où Eastwood avait réussi à filmer quelque chose dans son dyptique sur la Seconde Guerre mondiale, ici son classicisme confine au formol. En effet, la photographie est
terne et la seule originalité est ces images toujours empêtrées dans l’ombre. Mais c’est la seule chose qui tente de nous montrer la paranoïa grandissante de Hoover. Comme elle n’est jamais
présentée dans le fond, on ne comprend ni même ne s’interroge sur cette paranoïa.

Autre problème: la musique du fiston est, à l’instar de Gran Torino, ennuyeuse. Appuyer sur une touche d’un piano toutes les 10 secondes n’est pas faire de la musique, pardon si je suis un peu
cassant. C’est juste pénible, d’autant qu’elle est omniprésente. Enfin, si les maquillages ne m’ont pas choqué plus que cela, j’ai trouvé le jeu des comédiens lourd et peu convaincant.

Depuis quatre films, Eastwood ne sait plus ce qu’il veut, si ce n’est d’aligner les films. Il aurait dû se concentrer sur un projet, et le faire bien. Dommage.

— Mathieu



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