monastère de krka dédié à l'archange michel (1)

Sur la route des églises et monastères serbes orthodoxes en Krajina

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La Cetinjska Krajina n’est pas qu’une région donnant rendez-vous avec la rivière Cetina, qui s’étire depuis sa source en Dalmatie du nord près du village de Cetina jusqu’à son delta à Omis. Dans cette région assez méconnue à l’intérieur des terres dalmates, marquées par les paysages karstiques, se trouvent des églises et des monastères serbes orthodoxes, qui racontent des siècles d’histoire et de cohabitation religieuse tourmentée depuis le Moyen-Âge.


La découverte de la rivière Cetina est l’occasion de se plonger dans l’histoire culturelle et religieuse orthodoxe, qui témoigne de la longue présence serbe en Krajina. Les églises serbes dépendent de l’éparchie de Dalmatie (Епархија далматинска ; Eparhija dalmatinska) qui constitue une circonscription de l’église orthodoxe serbe en Croatie, dont le siège est basé à Šibenik. Sur chaque route qui vous mènera jusqu’à la source de la Cetina ou le long du cours des 120 km de la rivière, vous devriez croiser quelques uns des églises et des monastères serbes orthodoxes qui vous initieront une voie vers cet héritage sacré. Croyant ou pas, une étape s’impose pour ouvrir une page d’histoire et de cohabitation religieuse assez compliquée…

Source de la rivière Cetina à Cetina

L’église de saint Sauveur à Cetina, une église préromane très importante pour les Croates

crkva sveti spasa cetina

A Zagora Cetina, près de Vrlika et de Vrelo Cetine, vous devriez passer devant l’église du salut et du saint Sauveur Crkva Svetog Spasa de Cetina qui malgré son état de destruction important, constitue l’un des plus importants édifices de la période préromane.

Construite au IXème siècle, elle est est entourée de 1100 tombes, dont les plus anciennes remontent au XIIème siècle. Détruite par les ottomans au XVème siècle, elle est devenue par la suite une église orthodoxe serbe, servant de lieu de culte pour les Serbes établis dans la région depuis plus d’un siècle.

Dans cette région fortement attaquée pendant la guerre de Croatie, elle a été l’un des seuls monuments à ne pas être touché par les Croates ni par les Serbes, en raison du symbole qu’elle représentait pour chacun.

crkva sv. spasa à cetina
tombes entourant l'église de saint sauveur et de la sainte ascension à cetina

Les Monastères serbes de l’éparchie de Dalmatie

La Dalmatie compte 6 monastères serbes orthodoxes : le monastère de Krka, de Krupa, de Dragovic, de Lazarica, d’Oćestovo et le monastère Monastère Saint-Basile-d’Ostrog de Crnogorci. A n’en pas douter, les monastères de Krka et de Krupa, qui jouissent d’un environnement exceptionnel dans les canyons des rivières Krka et Krupa, sont les plus incontournables, en raison de la richesse de leurs icones et trésors et de la vivacité de ces lieux spirituels majeurs pour l’orthodoxie en Croatie.


Monastère orthodoxe de Krka en l’honneur de l’archange Saint Michel

Le monastère de Krka fait partie de l’aire culturelle et historique du parc national de Krka, qui ne se limite pas au sentier autour de la chute circulaire de Skradinski buk, contrairement à ce que croient certains touristes. Empruntez la route 59 vers Kistanje et suivez les panneaux marrons avec un monastère qui indiquent le monastère serbe orthodoxe de Krka. Que vous soyez croyant ou non, concevez cette étape comme une découverte culturelle. Les moines du manastir Krka sont très accueillants et produisent un vin que j’ai beaucoup apprécié, donc si vous aimez ramener des souvenirs culinaires et viticoles dans vos bagages, ce sera l’occasion.

Parc national de la Krka - Monastère Saint-Michel Archange
Parc national de la Krka – Monastère Saint-Michel Archange
monastère serbe orthodoxe de krka
monastère de krka manastir krka

Monastère de Dragovic à Koljana

Le monastère de Dragovic reflète la nécessité pour les serbes de développer des lieux de prières, alors que les populations de serbes venus de Bosnie se sont établis en Dalmatie du nord. Koljane près de Vrlika est un hameau dans lequel a été établi autour de 1395 le monastère serbe orthodoxe de Dragović, dédié à la naissance de Saint Theotokos. Bâti sur une colline sur l’aval de la rivière Cetina, le bâtiment originel n’a pas résisté à un mouvement de terrain lié aux grands travaux ordonnés en 1959 par les communistes, en vue de créer la réserve d’eau du lac de Peruca pour alimenter la centrale hydroélectrique Peruca, qui alimentait la région de Sibenik. Les curieux n’en découvriront que les vestiges des murs près de la Cetina.

Ruines de l'ancien monastère de Dragovic
ruines de l'ancien monastère de dragovic
Ancien monastère de dragovic en ruines
Restes des murs du monastère de Dragovic
Ruines de l'ancien monastère de Dragovic
Ruines de l’ancien monastère de Dragovic
au loin le monastère de dragovic sur une colline bordant le lac peruca

Le nouveau monastère de Dragovic a été fondé tout près sur une autre colline. L’histoire rappelle que le monastère de Dragovic est le fruit d’une commande du roi de Bosnie Tvrtko I Kotromanić, qui souhaitait faire de ce lieu le premier site de l’église bogomile de Bosnie sur un territoire nouvellement conquis, alors que la Bosnie voyait ses frontières s’élargir rapidement. D’église catholique, le monastère de Dragovic devint orthodoxe, alors que la région de Dalmatie du nord subissait diverses agressions.

panorama sur le monastère serbe orthodoxe de dragovic et le lac de peruca en dalmatie
nouveau monastère de Dragovic à koljane en dalmatie du nord

A la faveur de l’occupation ottomane en Bosnie Herzégovine et en Dalmatie, à partir de 1480, le monastère connut une série d’agressions et de transformations. Les habitants des environs ayant été expulsés ou tués par les Ottomans, les moines furent à leur tour contraint d’abandonner le monastère pendant des décennies qui furent particulièrement difficiles, puisqu’à l’incertitude du devenir géopolitique de la Dalmatie, partagée entre les convoitises des puissances de l’Empire Ottoman et de la République de Venise, se sont ajoutés la famine et le manque de tout en Cetinska Krajina. En 1585, la situation poussa les moines orthodoxes à quitter à nouveau pendant plus de 70 ans l’établissement, pour le monastère de Grabovac en Serbie et pour la Hongrie. En 1619, une nouvelle attaque des Ottomans aboutit à des destructions dans le monastère.

1694 marque le renouveau momentané du monastère de Dragovic, puisque Monseigneur Nicodème Busović  ordonne sa restauration. Une nouvelle attaque ottomane contraint les moines à trouver refuges dans les territoires de la république de Venise, précisément dans la village de Bribir où ils fondèrent une communauté sur les terres autour de Kistanje données pour assurer leur survie. Le Traité de Karlowitz  signé le 26 janvier 1699 en vue d’établir la paix et de meilleures relations entre l’Europe centrale et l’empire ottoman, marque un tournant dans la région. Les ottomans ayant été repoussé et perdu des terres, le gouvernement vénitien décide d’accroître l’influence catholique jusqu’à transformer l’église de Bribir en église catholique, tout en autorisant les moines à revenir au monastère de Dragovic, ce qu’ils feront.

En 1758, Stefan Ljubobratic entreprit de rénover le monastère qui fut totalement restauré dans le courant du XVIIIème siècle, avec notamment la reconstruction du complexe où vivaient les moines et la réparation de l’église au XIXème siècle. Pourtant, en 1777, les moines avaient essayé de déplacer le monastère de Dragovic en fondant un nouveau site dans les vignes de Vinogradi, sous l’initiative du Jeromonah Vikentije Stojisavljevic. Le coût trop important de l’initiative rendit l’entreprise bien plus longue que prévue et ce n’est qu’en 1867 que ce monastère de Dragovic fut inauguré. Le bâtiment fut en grande partie détruit lors de la Seconde guerre mondiale, mais ce sont les travaux autour de la réserve hydraulique de Peruca qui achevèrent l’édifice. L’actuel monastère Dragovic a été construit avec quelques matériaux récupérés de l’effondrement.

nouveau monastère de Dragovic en dalmatie
église du monastère de dragovic
intérieur de l'église du monastère de dragovic

Monastère de Krupa ; le plus ancien monastère orthodoxe de Croatie

Tout aussi incontournable que le monastère de Krka, cap vers le monastère de Krupa Manastir Krupa, Манастир Крупа, dans la région du Velebit, partagée entre la Dalmatie du nord et la Lika Senj.

Si vous venez de Zadar, prenez la direction Benkovac, Obrovac et près de Kastel zegarski et du village de Golubic, vous découvrirez le monastère de Krupa, le plus ancien monastère orthodoxe de Croatie construit en 1317 par des moines venus de Bosnie. Ce monastère est dédié à la Fête de la Dormition, c’est-à-dire, le repos éternel de tous les saints orthodoxes et des fidèles pieux morts.

Dans cet environnement de cyprès, de hêtres et d’oliviers, que l’on soit croyant ou non croyant, on ressent un apaisement évident. Si l’archimandrite actuel n’aime pas forcément les visites touristiques qui peuvent causer un certain dérangement pour la communauté des moines surtout en été quand les touristes profitent de leur passage à Kudin Mosta pour faire une halte dans le monastère, elles restent possibles du moment que vous respectez le calme des lieux.

Le 25 Août est un jour de célébration à la Vierge Marie.

monastère de Krupa

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2 réflexions sur “Sur la route des églises et monastères serbes orthodoxes en Krajina”

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