10 erreurs que commettent les voyageurs en van ou fourgon aménagé dans les Balkans… et comment les éviter … Réussir son road trip ne s’improvise pas. Bien s’organiser, anticiper, ça passe aussi par des conseils avisés de connaisseurs des divers pays, expérimentés, réalistes et qui n’essaient pas de vendre du rêve ou de présenter les pays comme on voudrait qu’ils soient, alors qu’il faut les montrer comme ils sont avec leurs atouts et leurs défauts.
Les Balkans en fourgon aménagé : une promesse d’évasions en quelques heures
Après près de trente ans à parcourir la Croatie et les Balkans, je suis convaincue que le van ou le fourgon aménagé sont la meilleure manière d’explorer en liberté de telles destinations. Elles s’avèrent idéales pour les voyageurs en quête de pays européens encore un peu économiques et à distance raisonnable de la France. A une ou deux exceptions près, la Croatie et la Slovénie, elles restent parmi les plus attractives en terme de coût de la vie et d’opportunités de visites, d’activités et d’expériences. Mais justement, en van, vous pourrez en profiter pleinement !
Les Balkans sont probablement l’une des plus belles destinations d’Europe pour voyager en van ou fourgon aménagé. Ce sont des terres de contrastes où de grands axes emblématiques comme la route jusqu’en Turquie ou en Grèce côtoient des moyennes et petites routes. On y trouve tous ce que les voyageurs routards aiment découvrir en général : de magnifiques paysages entre mer et montagne. Les montagnes spectaculaires, depuis la Slovénie authentiquement alpine jusqu’à l’Albanie marquée par les influences des Alpes dinariques, tutoient souvent la mer, avec une façade littorale impressionnante qui s’étire sur plus de 2000 km. Pourtant, ce sont aussi des destinations assez différentes les unes des autres, où certains réflexes acquis en France peuvent vite compliquer le voyage.
Imaginez vous au bord de l’Adriatique en train d’admirer un des plus beaux couchers de soleil de votre vie en prenant un apéro après une journée de route ou de visites. Imaginez vous en train de vous réveiller en profitant du spectacle de l’aube qui révèle une mer argentée avant qu’elle revête ses tonalités turquoises et cristallines. Représentez vous le spectacle de la montagne majestueuse sur la Via Dinarica, la voie des Balkans de l’ouest, si authentique et méconnue, qui vous révèle ses grands espaces dans lesquels vous vous sentez tout petit, mais où vous pouvez vadrouiller librement. Vous vous demandez encore pourquoi découvrir les Balkans ?

L’importance et l’ampleur du patrimoine naturel, culturel, historique et même culinaire, s’imposent et rappellent qu’on a bien plus qu’un creuset de peuples et de cultures sur ces terres. On y déniche des routes panoramiques aux vues fantastiques, qui sont peuvent être une épreuve, mais offrent des sensations magiques. Et clairement, un van sera bien plus maniable qu’un camping car compte tenu des routes serpentines étroites où les lacets s’enchaînent en réservant des impressions vertigineuses. On y apprécie les nombreux villages typiques et encore préservés, surtout à l’écart des sentiers très touristiques. Le littoral garantit une richesse d’expériences entre plages de galets ou de graviers côté Croatie, criques sauvages parfois cachées, notamment sur les îles croates et les plages de sable plutôt du côté du Montenegro, de l’Albanie. Un séjour dans les Balkans pendant 4 à 5 semaines réserve une foule d’expériences, une incroyable diversité culturelle sur quelques centaines de kilomètres seulement.
Chaque frontière ouvre une nouvelle porte. Chaque étape révèle une nouvelle identité. D’une région à l’autre d’un même pays, on comprend rapidement ce qu’est cette mosaïque des Balkans à la fois méconnue et fascinante. Outre la Croatie, référence touristique depuis longtemps, le Montenegro, la Bosnie Herzégovine, la Slovénie, et l’Albanie sont des destinations encore peu explorées et qui gagnent à l’être ! Et surtout, hors saison, on va apprécier que ces pays ne soient pas encore envahis de touristes, donc encore plus économiques et accessibles entre le milieu du printemps et le début de l’automne. Y compris la Croatie. En dehors de la période juillet et août, l’affluence touristique y reste très raisonnable et les prix beaucoup plus intéressants aussi.
Voici les idées reçues et les pièges que je vois revenir chaque année… et les solutions qui changent complètement un road trip à travers les Balkans surtout si vous avez choisi de voyager en fourgon aménagé.
Penser que les Balkans se visitent comme LA FRANCE
C’est probablement l’erreur la plus fréquente chez les voyageurs qui découvrent les Balkans en fourgon et van. Tout d’abord, quand on vient de France et qu’on a l’habitude de voyager à travers les pays de l’Union européenne et de l’Espace Schengen, on finit par oublier que les frontières existent encore en Europe et peuvent être très très longues à franchir ! Une expérience en soi. Parfois même des souvenirs folkloriques et des rencontres plus ou moins plaisantes avec les douaniers. Vous avez l’habitude de voyager en Espagne, au Portugal en Italie et vous vous dîtes que ça ne doit pas être différent, car après tout, ce sont des pays du Sud de l’Europe. Vous avez tout faux.
Sur une carte, les pays paraissent assez petits en taille et donnent l’impression qu’ils sont faciles à parcourir, puisque les distances devraient être courtes. Or, ce n’est vraiment qu’une impression. Dans les Balkans, on ne raisonne pas en kilomètres mais en temps de trajet approximatif. Car la première chose à retenir quand on envisage les Balkans, c’est de se munir de patience ! Couramment, on va sous-estimer les temps de trajet, à cause de cette mauvaise idée d’organiser son séjour à partir de Google maps et équivalent, sans prendre en compte le type de véhicules, les réalités de l’instant T, la période de vacances et d’autres paramètres qui changeraient significativement les temps prévus dans l’absolu. Surtout le papier tout semble facile et rapide et ça conforte qu’un outil d’IA nous le confirme. Mais on a de mauvaises surprises presque toujours. On roule rarement à plus de 50-60 km à l’heure sur les routes de bord de mer, de montagne, intérieures, en dehors des autoroutes, qui en plein été sont bondées en Croatie ou en Slovénie. Elles sont plus rares voire inexistantes dans d’autres pays comme la Bosnie, l’Albanie et de toute façon. Et on ne choisit pas un fourgon aménagé pour circuler sur des autoroutes, même si cela peut représenter parfois un gain de temps.
🚨Les pays ne s’enchaînent pas aussi vite et facilement qu’on peut l’imaginer et c’est bien ce qui fait la différence en réalité, surtout si on connaît des pays comme la France, l’Italie, l’Espagne ou le Portugal.
On est peut-être aussi dans le sud de l’Europe, mais ici, il faut bien prendre en compte des contraintes réglementaires de pays tiers de l’Union européenne. Il y a de nombreux radars et contrôles de police et ce n’est pas parce que vous êtes touristes étrangers que les autorités feront preuve de tolérance. Au contraire, on est plutôt dans la tolérance zéro en terme de paiement des amendes. En cas de contrôle sur place, vous devrez même payer immédiatement sous peine de ne pas repartir et certains pays envoient les contraventions – y compris des années après votre passage ! La seule bonne nouvelle en la matière est que vous ne perdrez pas de points sur votre permis et vous n’avez pas besoin d’un permis international pour parcourir la région.
Un road trip dans les Balkans implique automatiquement un séjour transfrontalier, et une appétence pour la transversalité, donc la traversée de plusieurs États et souvent de nombreuses frontières. Chacun a ses propres règles et il est important de consulter en amont les formalités douanières pour être sûr de ne pas transporter des produits à déclarer ou interdits. Il n’y a rien d’homogène et c’est même ce qui contribue au charme. On peut avoir à changer la monnaie, puisque seuls la Slovénie, la Croatie et le Montenegro ont adopté l’euro. Ailleurs, on renoue avec l’habitude de chercher la meilleure solution pour faire le change ! et bien sûr ne pas s’attendre à utiliser la monnaie en question dans les pays voisins.
La question de la téléphonie suppose une réflexion anticipée avant donc votre arrivée, pour réduire le plus possible les coûts dans les pays ne bénéficiant pas de l’itinérance dans l’Union européenne. Cela peut coûter très cher en rooming et utilisation de données et quelques secondes de connexion dans un pays tiers génèrent parfois des coûts de 50 ou 60 €, donc il faut rester prudent sur la gestion des données à l’étranger et les désactiver le plus possible pour recourir à des solutions comme l’E-sim. Il faut aussi consulter son opérateur pour voir quels forfaits sont possibles pour bénéficier des services, car tous les opérateurs ne seront pas reconnus (notamment en Bosnie, en Albanie, en Macédoine par exemple).
Certains pays ont pu à une époque constituer une seule et même fédération, la Yougoslavie, jusqu’à ce que cet Etat explose et donne lieu à des guerres fratricides et à la naissance de nouvelles républiques indépendantes. Mais ils n’ont ni les mêmes langues, ni les mêmes coutumes, mentalités et modes de vie. La diversité est vite saisissante au fur et à mesure qu’on les parcourt. Il en va de même pour les réseaux téléphoniques et les réglementations routières, ou liées aux autorisations de produits que l’on peut transporter.
Les Balkans invitent au changement presque permanent et au réapprentissage de la lenteur et de la rencontre et c’est ce qui les rend encore plus excitants et curieux.
Le conseil que je donnerai à ce stade est de rester très souple, capable de s’adapter à tous ces aléas et de créer une trame d’itinéraire sans rien figer et surtout sans trop d’ambitions. C’est l’idéal pour jongler avec ces contraintes très probables, car précisément, on ne peut pas anticiper sur les temps de franchissement des frontières. Si vous choisissez de voyager en Juillet et Août, il faut être d’autant plus conscient que des heures pour chaque frontière vont être retirées à votre journée et rien ne vaut d’essayer de passer les frontières avant 6h ou 7h si possible. Même le soir, les queues peuvent s’étaler tout au long de la journée et jusqu’à la nuit !
Choisir un véhicule trop imposant peut vite devenir problématique
Au-delà de l’adaptation aux routes, un véhicule trop encombrant reste problématique pour le stationnement dans les Balkans surtout dans les centre villes des principales villes. Cela peut vite chiffrer notamment dans un pays comme la Croatie et dans des villes comme Dubrovnik où on atteint les 50€ par jour pour un stationnement économique. Beaucoup de ces cités ont un centre historique piétonnier et préservent le plus possible cette tranquillité et éloignant les véhicules et surtout les camping cars. Le van sera plus facile à garer et à apprécier aussi bien sur les itinéraires le long de l’Adriatique qu’au coeur des Alpes dinariques.
Si vous débutez dans l’expérience des voyages nomades, ou faîtes des road trips en couple, en famille, vous pouvez louer l’un ou l’autre dans un premier temps. Et très vite, une fois qu’on a pris goût à ce mode de voyage, on va forcément vouloir acquérir son van ou fourgon aménagé. Vous avez bien raison et l’amortissement n’est pas si long, malgré le prix d’achat. Je vous conseillerais en tout cas l’un ou l’autre plutôt qu’un camping-car pour profiter d’une liberté maximale, d’un confort et d’un budget plus réduit pour vos vacances. La communauté des vanlifers et celle des férus de fourgons se disputent le titre du meilleur moyen de transport pour les baroudeurs tous terrains et chacun a forcément raison. La question se pose de savoir quel est le meilleur choix (surtout pour vous) ? Tout compte et doit être évalué : largeur, facilité à exercer un demi-tour ou à gérer les routes en épingle ou à stationner. On ne doit jamais négliger non plus la visibilité et la commodité de conduite, car on est amené à beaucoup conduire, et sur des périodes plus longues, donc la maniabilité et la facilité de braquage sont importants.
Le camping-car, trop gros, pas très facile à prendre en main si vous n’en avez jamais conduit n’est clairement pas pertinent et peut même s’avérer plus onéreux à l’achat et tout au long de sa vie, car il implique de payer plus cher certains services (autoroutes, ferrys, tunnels etc) en raison de sa catégorie 2.
Préférez le van qui est le plus passe-partout surtout si vous ne voulez pas renoncer à certaines routes et rester dans la catégorie 1 pour éviter les surcoûts. Ce sera de loin le plus facile à prendre en main, mais il s’adresse surtout aux couples ou petites familles, car à plusieurs, on peut vite sembler à l’étroit. Il présente un avantage notable en revanche : c’est LE moyen de camper le plus libre et facile qui soit et susceptible de rester agréable même après des semaines de voyage. Sa discrétion lui permettent de se fondre bien dans le paysage et d’aller presque sur toutes les routes, sans trop de poser de questions. Le fourgon aménagé, un peu plus grand et haut, est supposément plus confortable et plus fonctionnel. Il intègre des éléments ou forces qui sont tout sauf des détails : espaces de rangements plus grands, toilettes et douche séparés, espace de cuisine plus complet pour ne pas renoncer à bien manger, possibilité de ranger des vélos en soute. Il sera plus judicieux si vous êtes en famille pour que chacun puisse garder un minimum d’autonomie et privilégier le confort et certaines commodités.
Vous ne savez pas vers quelle marque ou référence vous tourner ? Les modèles Campérêve sont justement pensés pour leur praticité pour de nombreux usages et leur adaptabilité pour garantir les expériences nomades les plus variées. Ils incarnent ce compromis entre confort de vie, maniabilité, autonomie et compacité. La marque est spécialiste en matière de fourgon aménagé depuis près de 50 ans. Forte de son savoir-faire, de son exigence dans l’investissement durable et qualitatif, elle propose des gammes compactes et Magellan particulièrement adaptées aux voyages itinérants. Pionnière dans ce secteur, elle a très tôt compris que le fourgon aménagé devait s’adapter à toutes les réalités et à la vie quotidienne, car on peut y passer de longs moments et il faut pouvoir rouler et stationner facilement, l’utiliser aussi bien en ville, que sur des routes de campagne, des petites routes ou des routes de montagne. Cette polyvalence sur les fonctions et usages se double d’une plus forte maniabilité, d’une amélioration dans le confort dans pas mal de secteurs qu’on ne soupçonne pas quand on n’est pas expert en fourgon ou van. Il ne faut jamais oublier aussi que chaque voyageur a ses habitudes et développe ses routines et c’est en connaissant bien les vôtres que vous pourrez trouver votre perle rare.
Campérêve n’a pas choisi son nom au hasard et cela se ressent quand on choisit l’un de leurs fourgons. Quelle que soit l’utilisation, au quotidien pour un tour du monde, pour une expérience de télétravail, ou pour des vacances quelques fois dans l’année, l’acquisition d’un fourgon aménagé doit être comme un rêve qu’on réalise sans renoncer aux exigences pratiques incontournables, car cela constitue un certain budget. Mais c’est un investissement de longue durée. On doit retrouver le charme et la philosophie de la liberté de mouvement et on a même parfois l’impression – quel que soit le modèle – d’avoir un petit bijou personnalisé pour répondre au mieux à ses besoins et envies.
Vouloir tout voir, faire trop de kilomètres, sous-estimer les routes et les frontières dans les balkans
Ce sont trois erreurs communes, souvent associées à une habitude de touriste consommateur qui veut juste « faire les pays », aligner des destinations touristiques, au lieu d’essayer de les explorer, de les comprendre et de s’y perdre aussi en prenant donc son temps.
Sous prétexte que les vacances sont moins chères en van ou fourgon aménagé et qu’on réalise beaucoup d’économies, on pense qu’on peut rouler dans tous les pays en enchaînant les kilomètres, car on n’a pas forcément à se soucier de payer un hôtel ou un appartement ou manger au restaurant tous les soirs. Combien de voyageurs m’ont contactée pour me demander des conseils pour leur road trip dans les Balkans et envisageaient parfois de visiter la Slovénie, la Croatie, la Bosnie-Herzégovine, le Monténégro, et même l’Albanie en 15 jours ou trois semaines ou même mieux en ajoutant la Fyrom Macédoine du nord, le Kosovo, la Serbie en un mois. Ca n’est pas possible et ça n’a pas de sens. Vous aurez l’occasion et l’envie de revenir, si vous avez apprécié votre premier séjour, donc n’essayez pas de remplir toutes les cases, voir tous les incontournables, surtout que même en se limitant aux sites dits immanquables, c’est peine perdue.
La grande erreur classique est de se perdre face à la masse de destinations qui font de l’oeil au point qu’on ne sait plus lesquelles retenir. Construire un itinéraire cohérent, réaliste, conscient des aléas des frontières, de l’état des routes, des éventuels travaux sur certaines, est l’étape de l’organisation du voyage la plus complexe, exigeante et longue.
Il faut apprendre à faire des choix. On est tenté d’être toujours très, bien trop ambitieux. On veut ouvrir des tas de portes, alors qu’on doit apprendre à les fermer pour qu’un projet soit équilibré et d’autant plus réussi qu’on ne s’impose rien et ne cherche pas à faire un marathon. Les Balkans ne se parcourent pas au pas de course et dans les petits pays, il serait erroné de croire qu’on va facilement enchaîner des destinations, car sur la carte, elles se touchent toutes. On perd de vue le sens du voyage, quand on a aussi un peu trop de liberté pour imaginer que tout est faisable et possible. Les Balkans ne se résument pas à des cases à cocher, même si les destinations s’appellent Plitvice, Split, Dubrovnik, Rovinj, Bled, Postojna, Kotor, Durmitor et j’en passe. Ils se vivent. Ils s’expérimentent. Ils se ressentent avec lenteur. Ils demandent du temps d’autant que parfois, ils semblent un peu hors du temps moderne. Ils se savourent. Ils se racontent. Une chose est sûre, une fois que vous aurez mis les pieds dans cette région, vous comprendrez qu’elle n’est pas comparable au reste de l’Europe. Ni tout à fait slave, ni d’Europe centrale, un peu en marge.
Qui dit liberté ne signifie pas quantité. Ca devrait être même tout le contraire. Rien ne vous oblige à voir tout ce que vous avez prévu au programme et il est même probable que vous n’y parveniez pas et cela ne doit pas susciter de frustrations. Privilégier la qualité des étapes et des rencontres de choix pour construire aussi des souvenirs inoubliables et pas seulement un itinéraire. Mieux s’imprégner, mieux s’immerger, mieux explorer pour comprendre l’état d’esprit des habitants, leurs modes de vie, leurs traditions.
Les réalités des Balkans rattrapent vite les conducteurs même les plus chevronnés. Circuler en fourgon exige d’anticiper ou de coupler ce mode de transport à un vélo par exemple pour se déplacer sur certains terrains ou routes. Cela ne vaut pas pour l’ensemble des destinations, mais il est important d’avoir conscience de l’état de certaines routes pour mieux anticiper ou les contourner ou les éviter selon le type de véhicule que vous avez.
Si vous êtes propriétaire ou déjà inconditionnel du camping car, vous devrez faire avec le vôtre et c’est forcément le meilleur pour vous et donc aviser sur ce qui est réaliste ou pas comme ambitions. Emprunter la route du Biokovo en camping car n’est pas adéquat, alors qu’un fourgon ou un van devraient être plus pratiques. Certaines routes de montagne ou de bord de mer en lacets ou sur les îles (notamment en Croatie) quand on sillonne Hvar, Brac ou Korcula, sont très étroites et supposent de la vigilance permanente (mais cela vaut pour n’importe quel moyen de transport). La serpentine entre Kotor et le mont Lovcen ou certaines routes dans le Velebit ou dans le massif du Durmitor au Montenegro exigent la même réflexion anticipée.
En matière de frontières, on peut atteindre des niveaux d’attente en été délirants de plus de 10-12h donc on évite cette période, ou on passe le plus tôt possible vers 5-6h du matin pour éviter les risques de blocages pendant des heures ! Seuls la Slovénie et la Croatie appartiennent à l’Espace Schengen et ne devraient pas vous imposer de contrôles aux frontières ou des contrôles très rapides. Mais il n’en va pas de même pour les autres. Franchir les frontières peut prendre des heures, même si vous-mêmes vous n’êtes que très peu contrôlé. Ce sont les autres, surtout les locaux, ou certains véhicules qui le sont et entraînent des files d’attente spectaculaires de plusieurs kilomètres parfois. Surtout en été. Mais même en dehors de la période estivale, les frontières sont une réalité et on ne peut pas compter sur le fait qu’une affluence touristique plus réduite facilite les temps de passage.
Voilà à quoi peut ressembler la frontière entre Croatie et Montenegro en été …

Ne pas connaître la réglementation locale ou ne pas s’en soucier sous prétexte qu’on est un étranger de passage
Sur les salons d’aide à l’organisation de voyage que je propose pour les séjours en Croatie, je constate que beaucoup de voyageurs considèrent que le choix d’un van ou d’un fourgon aménagé les exonère de respecter la réglementation, car après tout, ils n’ont pas choisi ce transport pour être obligés d’aller dans des campings. C’est compréhensible. C’est frustrant. Mais c’est la loi, et nul n’est censé l’ignorer.
En Croatie, en Slovénie, le camping sauvage est interdit et sévèrement sanctionné en cas de contrôle, ce qui impose le choix de campings ou d’hébergeurs, acceptant de les accueillir. Les applis comme Parko4night s’avèrent très utiles pour repérer les meilleurs sites ou les plus économiques ou pour trouver des alternatives où l’on ne renonce pas totalement à cette liberté. Il faut d’ailleurs bien penser à déclarer sa présence auprès de la police quand on ne loge pas dans les hébergements habilités.
Dans les autres pays des Balkans, vous renouerez avec la liberté, même s’il faut rester prudent surtout dans les pays qui ont connu les guerres de Yougoslavie, car il peut y avoir des zones encore délicates à cause des mines antipersonnels, des terres où beaucoup d’habitants ont été soumis à l’exode et dont les maisons ont été détruites pour être sûrs qu’il n’y ait pas de tentation de retour.
Prenez bien le temps de vous informer sur toutes la réglementation concernant l’hébergement, le stationnement de jour et de nuit, le bivouac, et encore plus si vous envisagez d’être à proximité de réserves protégées, de parcs naturels et nationaux soumis à des législations spécifiques.
Concernant les routes, consultez les sites des autoroutes pour voir comment elles fonctionnent par rapport aux modes de paiement, aux enregistrements de véhicules, car certains sont considérés comme des voitures et doivent donc payer des vignettes alors que d’autres peuvent faire l’objet d’un paiement spécifique et d’un droit de péage. Vous devriez être amenés à emprunter pas mal de tunnels, mais vous pourriez aussi recourir aux ferrys pour vous rendre sur des îles ou pour raccourcir des trajets en empruntant des bacs comme dans les Bouches de Kotor.

Ne pas assez songer à ses besoins et son autonomie
L’anticipation est toujours la règle du voyageur nomade, même si parfois, il n’a pas trop le choix et doit aviser face à certaines situations. L’autonomie dans les Balkans doit rester la règle d’or. Les populations sont plus ou moins disposées à aider, donc tous les habitants ne vous renverront pas la même impression si vous avez besoin d’aide. C’est là que le choix d’un modèle de fourgon aménagé comme ceux de Campérêve s’avère plus pertinent, car la plupart sont pensés pour faire face à beaucoup de conditions, de terrains différents.
La plupart bénéficient de meilleures conditions d’isolation et de chauffage, de rangement et de d’équipements fonctionnels, mais aussi privilégient la modularité. Sans oublier un critère essentiel : la préservation d’un sommeil de qualité, car les rythmes peuvent être plus soutenus et un fourgon n’est pas aussi confortable qu’un lit king size avec matelas en mémoire de forme, même si tout est fait ici pour qu’il s’en rapproche. Ce n’est pas anecdotique, vu que le climat peut être souvent caniculaire en été, très froid en hiver ou même jusqu’au milieu du printemps en dehors du littoral qui bénéficie de l’influence méditerranéenne plutôt que des excès du climat continental. L’isolation aideront à mieux supporter certains écarts forts de température. Comme vous allez partir pendant des semaines, vous devez encore mieux évaluer vos besoins, surtout qu’on ne trouve pas beaucoup d’aires pour se ravitailler en gaz, électricité, ou pour d’autres éléments.
Les grands axes ne devraient pas être problématiques, mais dès que vous allez pénétrer à l’intérieur des terres, ou aller sur les îles croates, c’est une autre histoire. Certaines zones de campagne ou de montagnes semblent totalement perdues et loin de tout. On cherche même les stations service. Les villages comptent peu d’infrastructures et si vous devez improviser, vous constaterez que ça peut être plus compliqué du côté de la Bosnie Herzégovine, dans le Montenegro ou la Serbie intérieurs.. Pourtant, c’est bien aussi vers ces régions qu’il faut se rendre pour prendre la vraie mesure des Balkans et de leur âme. Les distances à parcourir entre diverses stations peuvent être longues et recharger ses batteries, faire le ravitaillement du gaz ou électrique n’est pas toujours évident. Les zones montagneuses de Bosnie, du Montenegro, d’Albanie ou de Serbie et du Kosovo sont peu développées pour ce tourisme et confrontent à des difficultés. Mieux vaut donc toujours demander des conseils en amont auprès de voyageurs qui ont expérimenté et pourront rendre compte de ces réalités avec une acuité utile. Comme une grande partie des Balkans reste sauvage, il vaut mieux être prévoyant.
Si l’on part pour plusieurs semaines, de plus grands rangements permettent d’emporter pas mal de produits depuis chez vous, mais n’oubliez pas que tous ne sont pas autorisés lors du passage de frontières et on l’oublie souvent mais même les produits alimentaires font l’objet d’exclusions dans les Balkans, comme les produits laitiers ou carnés et pas seulement les alcools. De toute façon, vous serez tenté aussi d’acheter vos provisions principalement sur les marchés plutôt que dans les supermarchés probablement donc si vous privilégiez ce mode de ravitaillement, vous devez aussi trouver les bonnes étapes pour apprécier encore mieux cette occasion donnée de faire des rencontres, goûter les produits et spécialités locaux. Il faut aussi penser à prendre les équipements nécessaires pour s’adonner à vos loisirs préférés sans avoir à les louer sur place ou les acheter et devoir les abandonner : matériel de randonnée, chaussures aquatiques, indispensables sur les plages croates, éventuellement paddle ou kayak gonflable, sans oublier les souvenirs rapportés de chaque pays.
Vous l’aurez compris. Les Balkans sont des terres magnifiques à explorer et c’est encore mieux de les parcourir en fourgon aménagé pour mieux prendre son temps et n’avoir qu’une envie : y revenir toujours et encore.