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Visiter Mostar, l’âme de la culture ottomane en Bosnie Herzégovine

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Visiter Mostar, c’est pénétrer dans l’orient sans quitter l’Europe. Mostar est l’une des plus belles villes de Bosnie Herzégovine, si ce n’est la plus belle (avec Sarajevo) ! Située dans la région de l’Herzégovine, dans la profonde vallée de la Neretva, Mostar est une destination incontournable pour toutes vacances en Bosnie, mais aussi une excursion à ne pas rater depuis la Croatie notamment depuis Dubrovnik ou Split. Une magnifique incursion en pays musulman avec ces couleurs propres aux Balkans!

Il n’y a pas à dire, c’est bien par cette typique Neretva d’une bleu vert incroyable que, vous apprécierez le plus aisément ces impressions de peintures à l’huile qui mâtinent l’orientale Bosnie Herzégovine dès son contact avec l’Adriatique. En pénétrant dans les terres, on quitte l’Herzégovine croate pour découvrir l’héritage oriental…

Visiter Mostar bosnie herzegovine

Sur fond de chaudes couleurs méditerranéennes, se déroulent autour des bras de la Neretva ses champs irrigués, ses vignobles en tonnelles admirablement entretenus du fameux crû blanc de Zilvaka – le plus réputé du pays -, ses petits marchands de fortune qui proposent leur production de fruits et légumes à prix dérisoires sur les bords de la route trafiquée et surtout ses paysages de mandariniers et de marécages ponctués de volées de foulques, de parcs à anguilles et grenouilles, et de quelques Trupica, sortes de barques traditionnelles assurant la circulation des habitants entre la mer et les terres.

Quittant le port de Ploce qui fut dès les temps médiévaux un fameux nid de pirates, puis les six splendides lacs croates de Bacina à la flore et la faune si caractéristiques, l’une des rares étapes de villégiature avant Mostar se nomme Pocitelj.

Bâtie sur un éperon rocheux dominant de 600 mètres la route de la vallée et couronnée par les ruines d’une forteresse turque, la cité Pocitelj qui a gardé presque intégralement son caractère oriental du fait d’une vaste mosquée avec son minaret, d’anciens bâtiments islamiques tels qu’une medersa, un hospice et de vieilles maisons à loggias en encorbellement, marque vraiment l’entrée en terre d’Islam. Pocitelj fait figure de musée à ciel ouvert révélateur de la culture ottomane dominante en Bosnie Herzégovine pendant presque 4 siècles et préfigure ce qui nous attend Mostar à 15 km environ…

Et difficile de découvrir les merveilles de l’Herzégovine sans en visiter Mostar, la capitale qui malgré la destruction de son pont originel reste l’une des richement dotées …  

pocitelj bosnie herzegovine

 pocitelj bosnie

Mostar, une ville très éprouvée par la guerre

Il ne fait aucun doute que Mostar, ville à majorité  »Bosniaque », est la ville orientale la plus touristique d’Ex-Yougoslavie et assurément la plus séduisante de toutes celles que j’ai visitées, qu’il s’agisse de Srebrenica, Banja Luka, Bihac ou même Sarajevo. Les infrastructures d’accueil et de logements en hôtels très convenables témoignaient, avant la guerre, de l’attrait qu’exerçait cette jolie cité qui a néanmoins souffert de violents combats et en garde des cicatrices très prononcées dans son coeur ancien et en ses ponts.

mostar bosnie herzégovine

Entouré justement de légende puisque l’on affirmait, selon les menaces du sultan de l’époque, que sa construction aurait failli coûter la tête de son architecte s’il s’était écroulé, c’est un pont turc en dos d’âne du XVIè achevé en 1566 par Mimar Hajrudin, un élève du célèbre architecte turc Sinan. Franchissant d’une seule enjambée les deux rives de la Neretva, il était et reste le symbole de Mostar, malgré sa terrible destruction par les Croates qui faisaient partie de la confédération croato-musulmane, avant de se retourner un temps contre les Bosniaques car on les a suspectés d’avoir préféré s’associer aux Serbes pour conserver le territoire de Bihac sur lequel ils avaient des prétentions. Quel sacrilège ! Une passerelle improvisée l’a remplacé pendant quelques années, mais des ingénieurs du monde entier l’on reconstruit, tel qu’il était avant avec les mêmes pierres originelles et, pour ce faire, ils ont étudié des vidéos de l’explosion pour voir où sont tombés les divers morceaux. Le pont est redevenu la star de la ville et attire de plus en plus de touristes qui se pressent pour se photographier et s’embrasser au centre du du pont pour répondre à la légende qui prétend que cela porterait bonheur!

mostar carte

Visiter Mostar sans voir les outrages de la guerre de Bosnie est impossible même 20 ans après la fin du conflit. Tous les bâtiments sont, au mieux, criblés d’impacts comme autant de plaies encore béantes et énormément de bâtiments détruits n’ont laissé que des façades ou des ruines abandonnées, à l’intérieur de la ville. Tout n’est pourtant pas totalement noir et horrible dans ces pierres, victimes de la folie et de la haine des hommes ! De Mostar, outre ces stigmates inénarrables de la guerre, l’opposition si tranchée, représentative de la plupart des villes d’Ex-Yougoslavie, entre l’âme historique pluriséculaire, illustrant le poids et le mélange des communautés et l’aspect moderne fonctionnel mais insipide des quartiers neufs et industriels sur la rive droite avec leurs larges avenues et leurs buildings monolithes, j’ai conservé les souvenirs précis des tours quadrangulaires de pierre, coupolées ou non, constituant la base architecturale des maisons aisées et – à mon humble avis – celui de la plus belle mosquée, Karadjoz Beg Dzamija, qui s’ouvre par un portique près de la fontaine aux ablutions et du cimetière qui l’entoure de ses stèles posées en guingois.

Mostar, le retour à la vie et à l’espoir

Car la vie semble avoir repris son cours, presque comme avant quand on observe les gens, le sentiment le plus vif dans ma mémoire est encore celui de l’atmosphère très particulière des ruelles longeant le fleuve : de savoureux tableaux plein de vie qu’animent les petits cafés où pour 1 Mark convertible (50 cents d’€) vous pourrez déguster cet inimitable café turc et les boutiques rutilantes de cuivreries et d’objets artisanaux qui nous offrirent un contact chaleureux avec la population locale beaucoup plus expansive et magnanime que les Croates ou les Slovènes par exemple.

 

voyage en croatie avec carrefour voyages
Visiter Mostar c’est se laisser imprégner de ses bruits et de ses couleurs. Que de babillages et de tonalités chatoyantes dans ce décor d’échoppes pittoresques où l’on trouve de tout, cuirs, tissus, chaussures, cuivres ciselés à bon marché et où jouent les enfants, au milieu de la foule turbulente dont il est bien difficile de déceler les traits ethniques ! On se croirait à peu de choses près dans la tout aussi colorée capitale macédonienne, Skopjé, et le sentiment de proximité d’esprit ne se fera d’ailleurs que croissant à Sarajevo ! Ramenant de ce séjour un service à café turc, des babouches et divers bricoles, j’ai apprécié la gentillesse et la générosité des vendeurs qui n’hésitaient pas à nous témoigner leur sympathie et leur reconnaissance !

L’étape hammam et bains turcs constituant le rite sacré, n’est pas hélas plus possible, puisque les derniers bains ont été transformés en médiathèque en l’honneur de la protection fournie par les soldats français ! Mostar n’ayant toujours pas de cinéma, la médiathèque est un lieu culturel incontournable. N’oubliez pas au passage de découvrir la seule maison « turque » traditionnelle datée du XVIème s, qui a été transformée en musée et se visite pour 2€. Vous ne pourrez pas éviter non plus un repas « turc » à la mode ottomane avec les bureks que l’on retrouve partout en Bosnie et en Macédoine, à base de viande, de Kajmak ou d’épinards avec un petit café turc servi dans un respect total de la tradition. Pour 2€, vous pourrez manger deux gros bureks et boire café et eau minérale dans une atmosphère des plus reposantes.

Vous l’aurez compris, Mostar est une ville séduisante qui malgré les traumatismes subis a retrouvé le chemin de la paix et de l’espoir surtout depuis que la reconstruction du pont attise les touristes et soutient une population encore très pauvre et fataliste.

 

Visiter Mostar : Que voir à Mostar?

Visiter Mostar est assez rapide. Une journée suffit ou au minimum 3-4h pour une visite d’ensemble des lieux incontournables, car la vieille ville Stari Grad se parcourt vite, à pied évidemment dans un centre historique totalement piétonnier.

Bien sûr, l’attraction de Mostar est son pont, même s’il a été reconstruit et qu’il ne subsiste rien de l’ancien Pont Stari Most de style ottoman.

Vous ne pourrez visiter Mostar sans découvrir la plus ancienne mosquée, inévitable en raison de sa grandeur et de sa beauté. Cette admirable mosquée vous offrira une vue imprenable sur toute la ville et sa magnifique Neretva, si vous n’avez pas trop le vertige et supportez d’escalader les 150 marches en colimaçon étroit qui mènent à ce spectacle. Ce n’est pas que la mosquée soit richement ornée, mais elle est l’incarnation comme les nombreux autres minarets qui défient le ciel, de siècles d’Islam, dans cette terre longtemps ottomane qui a conservé son esprit bien particulier au coeur de l’Europe…

Laissez vous porter par le hasard dans l’ancien bazar et faîtes un détour par la maison turque et son musée dédié à la culture ottomane.

→ Réussissez votre visite de Mostar : Quels sont les sites à ne pas manquer à Mostar?

Visiter Mostar avec un guide en français
Almira Mostar guide francophonePeu de temps pour découvrir Mostar, ou envie de dépasser les évidences touristiques ou de découvrir ce qui se passa à Mostar pendant la guerre de Bosnie? Vous pouvez également réaliser une visite guidée à Mostar avec un(e) guide francophone … Une visite guidée de Mostar vous permettra de comprendre vraiment la complexité de la ville. Les guides francophones (rares!) sont à des prix raisonnables (environ 20€/personne) ? je vous conseille Almira, charmante, passionnée et très professionnelle, qui propose de faire découvrir sa ville de multiples façons. A partir de 20€ par personne (tarifs dégressifs pour les groupes)… Il existe aussi la possibilité de faire une excursion à Mostar au départ de Dubrovnik en une journée à partir de 54€ avec transport.

Demander des informations pour une visite guidée en français à Mostar

Où se loger à Mostar?

Dormir à Mostar ne pose aucun problème. La ville compte désormais un vaste choix d’hébergements, alors qu’au sortir de la guerre, on ne comptait que deux hôtels et quelques chambres chez l’habitant. Il y a des hébergements à tous les prix à Mostar à partir de 10€ jusqu’aux environ de 75€ par personne et par nuit.

Vous trouverez toutes les catégories de logements à Mostar : hôtels (confort international) standard et de luxe dont l’hôtel 4* Almira, très récent et grand confort, motels comme le Motel Emen, « pansions » (pension de famille) comme la pansion Rose, et la Pansion Villa Cardak ; des sobe (chez l’habitant, avec ou sans commodités privées) comme le Bed and Breakfast chez Lejla, hostels (auberges de jeunesse, également accessibles à tous les âges), et appartements à louer.

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Retrouvez nos bonnes adresses de logement à Mostar

La ville de Mostar reste un bon choix comme point de chute pour explorer l’Herzégovine. Mais elle est elle très calme et ne convient donc pas aux voyageurs à la recherche d’une certaine animation nocturne. Dès 16-17h, le flot de touristes qui agitent la rue piétonne s’estompe. 

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Visiter Mostar en photos et en vidéos

mostar neretva bosnie

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pont de mostar

mostar vieille ville

pont de mostar

 

Visiter Mostar en visionnant les vidéos

 

Un instructif témoignage sur la schizophrénie de Mostar : comment les religions renforcent les identités à Mostar ?

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A propos de l'auteur

Curieuse, j'essaie de faire d'Ideoz un espace éclectique et tourné vers les échanges et la rencontre avec les différences. Historienne, anthropologue et ethnologue de formation. Voyageuse inconditionnelle, je nourris un amour viscéral pour les pays d'Europe centrale et orientale, avec une prédilection pour les Balkans (notamment l'Ex-Yougoslavie...). Dans ces terres, qui m'ont enseigné beaucoup de leçons, au fil de quinze ans de découvertes, de rencontres et de hasards… je me retrouve parfois… tant elles sont insoumises, contrastées, passionnelles et contradictoires.   Me contacter par mail? En savoir plus sur moi et sur le projet IDEOZ Voyage...

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  7. Quand on passe en touriste, on saisit les tensions, mais on ne les comprend pas toujours. J’ai eu ce sentiment à Mostar Est… Pourtant, j’avais l’impression que la paix faisait vraiment son chemin. Evidemment, la sensation fut bien pire au Kosovo en 2004… On pressent des choses, on est mal à l’aise, dérangé, pour autant, on voit bien combien c’est compliqué de faire cohabiter tous les habitants sans que se construisent des murs invisibles très oppressants! J’avoue qu’entre 1996, ma première visite et 2004, en Novembre, la dernière hélas déjà trop lointaine, j’ai trouvé que les choses changeaient peu à peu, que les rapports entre minorités semblaient être plus apaisés de loin…

  8. « j’espère que les gens cesseront de voir ces villes comme des noms de villes assiégées ou dévastées et qu’ils auront un jour l’envie de les découvrir autrement »

    Bien sûr! Mais il est évident que cela prend du temps. Quand on voit le temps qu’il faut pour « assimiler » la mort d’un être proche, disparu dans des conditions… « normales » – ou même d’un animal – on comprend aisément que faire vivre ensemble des femmes et des hommes qui se sont entretués comme là-bas n’est pas une mince affaire!
    L’Europe a sa place dans l’évolution, c’est sûr.
    Mais la Bosnie manque de… « grands » hommes ou femmes. Comme le Pays Basque. Je m’explique. Je pense à l’Irlande du Nord. Il s’est trouvé, après de nombreuses années hélas, des hommes politiques en Ulster pour accepter de parler aux adversaires (ennemis même) en cessant de leur reprocher leurs paroles, actes, et crimes mais envisager ce qui pourrait être fait avec eux. Et l’on a abouti à la présence côte à côte dans un gouvernement de l’intransigeant absolu Ian Pesley et d’un des chefs de l’IRA Martin McGuinness (plusieurs années après que John Hume and David Trimble aient enfin accepté de se parler).
    Mais le conflit en Bosnie a mis en scène des « forces » beaucoup plus considérables qu’en Irlande du Nord : militaires (avec intervention d’armées « étrangères »), idéologiques (la « purification éthnique »), et maintenant le fonctionnement d’un tribunal internationnal pour juger les auteurs de crimes contre l’humanité.
    Entre la France et l’Allemagne c’était (presque) pire et pourtant aujourd’hui !
    Tes nouvelles et tes photos de la région nous donne de l’espoir.

  9. Quand j’ai découvert ces villes, ce pays, il y avait une impression tragique inévitable. Cela mettait mal à l’aise d’ailleurs, même si mon incursion n’était pas du voyeurisme… Depuis, j’ai vu à plusieurs reprises ce pays reprendre le dessus, retrouver les couleurs de la vie, de l’espoir, malgré les nombreux stigmates de la guerre et les tensions toujours palpables dans certaines villes où les populations sont très nettement séparées avec des murs symboliques qui semblent hélas infranchissables. Cependant, j’espère que les gens cesseront de voir ces villes comme des noms de villes assiégées ou dévastées et qu’ils auront un jour l’envie de les découvrir autrement…

  10. Il faut s’habituer.
    Ces noms là c’est encore des noms de lieux de guerre.
    Ca change et c’est tant mieux !
    Il est beau le pont reconstruit.

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