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Brassage des cultures… qui gagne qui perd ?

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Brassage des cultures ? Qui gagne ? Qui perd ? Brasser, Gagner ? Deux mots plutôt antinomiques mais qui s’appliquent à mon univers de Chiang Mai. Un univers réduit à celui de mon quartier, car, soit on a une vision générale du vaste monde après avoir étudié et voyagé pendant des décennies, soit, on regarde autour de soi et on a finalement une idée assez représentative du monde en général.

Mon quartier est mode, trendy, clinquant, éphémère, pas du tout intello dans le sens St-Germain-des-Près, jeune, branché, friqué, bruyant, coloré, chicos et… très « brassé », ouvert sur le monde parce que attirant le monde et attractif au monde, mais en fait replié sur ses habitudes de nouveau riche, quartier qui se veut évolué donc éloigné de la tradition… il est tout cela mon quartier au coin de mon soï… donc forcément intéressant à observer et à analyser.


Blog _5122

J’ai mes habitudes dans un coffee-shop (on peut m’y retrouver facilement), j’y suis en trois coups de pédale – non je ne marche pas – en cela je suis un tout petit peu thaïe ! Le service de sécurité me salue, les garçons se mettent au garde-à-vous quasi militaire lorsque je franchis la barrière qui clôt la résidence. Ils me gratifient d’un sourire, pas seulement de politesse mais de connivence, à cause des petits cadeaux et de la furtive complicité du soir lorsqu’on rentre du dîner avec mon ami thaï. Je lâche mon guidon pour les saluer en retour. Les conducteurs de grosses 4×4 passent sans un signe, non mais ! D’ailleurs les mêmes, à l’intérieur de la résidence, ne répondent pas à mon salut, à mon sourire. Non, non on n’appelle plus ce pays le « pays du sourire » par ici. C’est quoi ce folklore pour gogo ! Donc pas de bonjour encore moins de waï ou de sourire, c’est bon pour les simplets.

Je me rends donc à mon coffee-shop du matin. Un couple de jeunes touristes indiens est assis près de la porte, lui, un peu affalé en bloque l’ouverture. Je ne force pas l’entrée, poliment j’entrouvre la porte et me manifeste avec un sourire désolé pour que l’indien bouge sa chaise. Il me voit, car mur et porte sont en verre. Il ne bouge pas. Non mais, qui je suis pour que sa majesté qui a fait le voyage depuis Bombay ou Delhi se bouge le cul pour une étrangère blanche ? Ça peut durer longtemps ! Une des serveuses vient vers moi, je pense qu’elle va faire bouger le client, mais non elle me dit : « pull ». Oui c’est la première fois que je « tire » la porte dans ce sens-là. Je m’assieds à côté du couple, avec un sourire tout prêt, ils m’ignorent. Commandent plein de trucs à  la petite, sans s’il vous plait, sans merci, des exigences sans politesse. Finalement ils partent en laissant les ¾ de la nourriture dans les assiettes. Sans au-revoir non plus.

Des coréens viennent s’installer. Ils sont couleur de parchemin, non, d’ivoire ancien… Voilà à  quoi ont envie de ressembler les thaïs, avec leur obsession du « whitening ». Derrière le mur de verre, un jeune père porte son bébé sur le ventre (très mode à Bangkok,  genre « nouveau père » de la ville, pas thaï-thaï du tout),

Remarque générale et conclusion : presque tous les farangs de ce quartier ont pris les bonnes habitudes des thaïs : sourire, politesse dans le langage et le comportement. Donc, nous, farangs, avons pris ce que nous aimons de ce pays et qui le rend si « aimable ». Mais Au Secours ! Les sauvages arrivent. Les sauvages ? Les nouveaux riches, ceux de CM (merci  papa et maman sino-thaïs souvent qui bossent… comme des chinois), les gens de Bangkok en vacances ou en week-end ! S’abaisser pour remercier un subalterne, une étrangère, ça va pas la tête non ! Devenir riche, si c’est pour se comporter comme les pauvres !!! Et puis, ces jeunes qui suivent peut-être les cours de la bourse aujourd’hui, commencent à comprendre que les farangs ne sont plus si riches que ça !

En Thaïlande, il y a beaucoup de Thaïlandes !

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Qui est l’auteur?

michele jullian maleeJe m’appelle Michèle Jullian. J’aime les voyages, la photographie, l’écriture.

Voyager ce n’est pas seulement prendre l’avion ou parcourir la planète, c’est aussi voyager dans les livres, les deux étant l’idéal. Chaque voyage comporte sa part de découvertes et de déconvenues, lesquelles deviennent expériences, à partager ou pas. Voyager est une aventure de chaque instant. Mes repères sont en France et en Thaïlande où je réside « on and off ». J’ai écrit un roman “théâtre d’ombres” qui a pour décor la Malaisie et la Thaïlande …

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A propos de l'auteur

Partage ma vie entre Thaïlande et Paris ... Intérêts: les voyages, la photo, l’écriture, vient d’écrire un roman "théâtre d'ombres" qui a pour décor la Malaisie et la Thaïlande__________________________________________________________________________________________________________________Le blog de Michèle, une femme à la croisée des cultures

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