La « vraie » Thailande : A chacun « sa » Thaïlande

a chacun sa thailande rencontre avec des thailandaises

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Pourquoi ne puis-je me contenter d’être cette naïve touriste qui se satisfait de la surface des choses et de ce que ce pays lui donne à voir, au lieu de chercher à explorer le dessous des cartes, à s’obstiner à regarder au-delà des apparences, à tenter de comprendre la « vraie » Thaïlande. La « vraie » Thaïlande ! Expression cent fois entendue dans la bouche de nombreux touristes.


La « vraie » Thailande

Je prends toujours le train entre Bangkok et Chiang Mai. Plus de dix-sept heures pour 650 kilomètres, alors qu’il ne faut pas plus de 11 heures pour 8000 kilomètres en vol direct entre  Paris et  Bangkok ! Ne me demandez pas d’être logique, je fonctionne selon ma propre logique qui est illogique la plupart du temps. Je la revendique, c’est ma vraie liberté.

Les employés des chemins de fer, eux, ont un principe, ils placent systématiquement les « farangs » ensemble, dans les mêmes compartiments, plutôt que de les mêler aux autres voyageurs thaïlandais. Pour les voyages de nuit en tout cas. Alors ces trajets interminables, ces nuits bercées (rocketed) par les mouvements désordonnés de ces trains d’un autre âge (c’est ça qui doit me plaire), je les ai souvent passés en compagnie de backpackers de tous âges et de tous continents.

Lors de ce dernier voyage, nous étions deux couples partageant les 4 couchettes d’un compartiment : deux sympathiques et jeunes hollandais d’Amsterdam, mon ami et moi-même. J’ai l’art, si pas toujours la manière, de faire tomber quelques idées reçues. Ces raccourcis sont parfois bénéfiques aux voyageurs qui découvrent la Thaïlande pour la première fois. Certaines illusions s’évaporent sans doute mais pour une meilleure compréhension du pays. Une question revient très souvent au cours de ces conversations : « Nous aimerions découvrir la vraie Thaïlande, rencontrer des vrais thaïs, la vraie vie quoi ! Où faut-il aller ? »

                                                 Une image de la vraie Thailande ? Dans les rizieres d’Isan

Si je réponds : « La vraie vie est partout, autant dans les rizières d’Isan que dans les bars de Pattaya, dans les champs de potirons des montagnes et dans les « malls » luxueux de la capitale » Cette réponse semble ne jamais satisfaire pleinement mes interlocuteurs. C’est vrai qu’on débarque souvent dans un pays avec des aprioris, des clichés plein la tête, des idées reçues dont certaines sont probablement justes – ou l’étaient il y a 6 mois ou 20 ans – dont certaines sont fausses ou plus exactement sont « faussées » par la lecture de dépliants touristiques.

Est-ce que la vraie Thaïlande est celle de la pauvreté, celle des filles à la peau diaphane hésitant entre un sac Hermès et une robe Vivienne Westwood au magasin Central, celle des policiers arrondissant leur fin de mois aux carrefours des villes, celle des lady boys dans les boites de nuit, celle des conducteurs de tuk-tuk ou des business men d’origine chinoise essayant de fourguer leur marchandise à mon « chéri » avec promesse de bénéfices faramineux, dans un système pyramidal  interdit en France ?

Voyageurs curieux, la vraie Thaïlande est partout où vous posez le regard, les vrais thaïs sont ceux que vous croisez. La vraie Thaïlande est un pays changeant qui vous semblera différent à chaque visite. Lorsque je la quitte, pour une France que je trouve de plus en plus vieillissante  et que je la retrouve deux mois plus tard, c’est avec un nouveau condominium, dix nouvelles boutiques, cinq nouveaux restaurants…alors je me dis que la vraie Thaïlande est un kaléidoscope en éternel mouvement. Et surtout terriblement jeune….

A chacun « sa » Thaïlande

Si j’évoquais la  « vraie » Thaïlande, celle qu’on a dans la tête en arrivant et celle qu’on emporte dans le cœur en la quittant…. Il me semble logique d’évoquer aujourd’hui une « autre » Thaïlande, celle qu’on a trouvée, celle qu’on a recherchée, celle qu’on a découverte et aimée, en un mot, celle qu’on s’est appropriée. C’est ainsi, on a chacun « sa » Thaïlande, « sa » propre vision du pays en fonction de ses rencontres, de ses aventures, de ses propres centres d’intérêt… et Oh my Bouddha ! ils sont multiples et variés. Evidemment elle n’appartient à personne la Thaïlande,  mais donne l’illusion de s’offrir (sans jamais se livrer tout à fait et je dirais « heureusement »)

MAE SARIANG_1960

La Thailande des motards (a cote de ma modeste bicyclette)

Si je m’attardais sur ma seule position géographie, j’appellerai « ma » Thaïlande, mon quartier de Nimmanheimin : trendy et frivole, studieux et superficiel, volage et buveur, bruyant, prétentieux et parfaitement xénophobe. Si, si. Pour ne pas tomber dans le cliché et par goût du vagabondage aventureux (géographique mais aussi social et culturel), je navigue dans tous les domaines, ou du moins j’essaie.

Décrire la Thaïlande, sans rester neutre – surtout sans rester neutre – (sinon se contenter de dire que la Thaïlande est le pays du sourire), c’est prendre le risque de se faire « alpaguer » par ceux qui pensent, à  tort ou à raison, détenir la vérité, leur vérité, tant le sens de l’appropriation est fort chez l’homme en général.

Chacun a sa vision, mais ne me tapez pas sur les doigts si je décris une Thaïlande aujourd’hui ou demain, qui ne correspond pas à la vôtre, il y en a peut-être autant qu’il y a de visiteurs. Alors j’ai beau traîner mes guêtres partout (Dieu ! si vous saviez ! les thaïs disent : «  if you don’t try you don’t know. If you dont see you don’t know »), je n’ai pas forcement décrit la vôtre. Je ne suis jamais allée dans les parcs nationaux par ex. je ne sais pas pourquoi. Je ne suis jamais en trekking organisé, je me débrouille seule etc…

                                          La Thailande de la mode et du shopping

Mes rapports avec les commerçants dans mon quartier à Paris sont les mêmes que ceux que j’établis ici… je discute. Dernièrement au pressing du Bd Montparnasse, la fille me demande : « Alors quand repartez-vous là-bas ? » Je lui réponds. Elle ajoute : « Mon frère y va tous les ans ». Je lève un sourcil intéressé : « alors il connait bien ? » « Ah oui, il va chaque année à Pattaya. Il y retrouve la même bande. »

Eh bien à chacun sa Thaïlande. Avant de rencontrer mon « chéri » il ya presque 7 ans, j’ai beaucoup vadrouillé (je continue), avec des chauffeurs-amis différents avec lesquels je partageais un peu de leur vie et eux un peu de la mienne. Ce fut épique ! et instructif. L’un n’avait qu’une hâte en arrivant à l’étape : trouver un bar et faire le bœuf avec les chanteurs de « phleeng pheua chiwit » et surtout « picoler ». L’autre, ex prof, ne comprenait pas pourquoi je photographiais de vieilles et sublimes femmes Karen qu’il trouvait laides et repoussantes avec leur bouche rouge de bétel.  « Ce n’est pas la Thaïlande ça !! » A chacun ses canons de la beauté. A chacun sa Thaïlande.  Elle n’appartient à personne, et c’est bien ce qui fait son charme.

Voyager en Thaïlande avec discernement

Un petit coup de gueule, ça fait du bien, ça ne mange pas de pain et c’est même signe de bonne santé !

Depuis mon apparition sur FB, en 2009, on m’a parfois prise pour une agence de renseignements… que je ne suis pas. Je vais être claire, j’écris un blog qui me demande un travail de recherche et de réflexion (en dehors de mes connaissances théoriques). Donc à ceux qui souhaitent venir vivre en Thaïlande, pour des raisons évidentes d’éblouissement pour ce pays, je leur recommande de faire un petit effort et d’aller au-delà des apparences. Ne pas tout prendre pour argent comptant (ou alors il est temps de retourner à l’école pour réapprendre à compter).

Donc, non je ne connais pas le prix des guest-house, non je ne connais pas les noms des hôtels de Chiang Mai, non je n’ai pas d’itinéraire à conseiller, chacun doit vivre ses propres expériences, les miennes demandent un esprit d’aventure bien trempé que j’ai acquis en voyageant depuis ma toute jeunesse. Les gens que je photographie ne m’attendent pas le long de la route, je voyage souvent avec un guide, donc il faut de l’argent.

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Maya : illusion en thaï

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J’écris pour aller au-delà des clichés et de ce que la Thaïlande donne magnifiquement à voir avec une belle impudeur, mais il faut savoir qu’elle est un peu comme la flamme qui attire les papillons. Beaucoup s’y brûle les ailes.

Chacun est libre de venir s’installer ici, dans la mesure de ses moyens (et il en faut) d’ailleurs, l’ambassade est en train de relever la barre de ses exigences et ce n’est pas un mal. Rester à la vision « carte postale », pourquoi pas ? FB regorge de clichés.

Si vous souhaitez des renseignements ou en savoir plus sur ce pays, il faut apprendre un peu de son histoire et lire les journaux, mais ne comptez pas sur moi pour vous faire un « reader’s digest » sur la politique, l’économie, la société…en  3 phrases.

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Tout acte, engagement, décision demande un effort personnel, et c’est bien là, la beauté de la chose. Avec un zeste de prise de risque et d’aventure.

Un conseil cependant : voyagez avec discernement. Est-ce trop demander aux candidats à la vie au paradis terrestre, lequel n’existe que dans leur imagination. En revanche, il est souvent pays de l’illusion. (je n’ai pas forcément dit désillusion)

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La Thaïlande n’est pas une terre de bisounours. Jamais entendu parler de « Amok » ? Les thaïs ont l’esprit de revanche aiguisé comme un rasoir, ils sont jaloux et ne supportent pas la moindre atteinte de face (énorme égo, comme dans toute l’Asie, et ça ce n’est pas un cliché), alors vaut mieux apprendre juste un peu plus que la couleur de l’océan, les sourires des marchands et le sex -appeal de celles qui vendent leur corps à défaut de vendre leur âme, dans les karaokés, bars et salons de massages en tout genre.

Connaissez-vous un autre pays au monde où des lois iniques sont si débiles qu’elles forcent des parents à dénoncer leur fille à la police par exemple, sous le seul prétexte que celle-ci a fait circuler une vidéo sur « qui vous savez » (alors que toute la Thaïlande l’a déjà visionnée, même moi, c’est dire !) ??

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Connaissez-vous un pays qui organise des chasses aux sorcières pour « éradiquer » (je pèse mes mots, « éradiquer » veut dire « exterminer ») ceux qui ne pensent pas comme eux ?  Lisez le Bangkok Post du jour. Avez-vous entendu parler d’une organisation (RCO : Rubbish Collection Organization) ? des extrêmistes qui ont dejà près de 100 000 followers sur leur page FB, des fanatiques qui veulent « éliminer » leurs frères qui n’ont pas les mêmes idées qu’eux ?  C’est aussi ça la Thaïlande, un pays que je « tente » de décrire au fil des jours et de mes blogs.

Ce pays est gentil et le sera avec vous, si vous êtes  « conforme ». Est-ce que je le suis, moi, conforme ? Oui et Non. En tout cas, connaissant bien les limites de ce pays, je peux les frôler, en connaissance de cause, sans les franchir. Si vous voulez vivre ici, ne vous contentez pas de cartes postales, bdm.

Différences de point de vue

Chacun a son point de vue sur la Thaïlande, moi j’ai le mien qui fait grincer les dents de quelques-uns.
Certaines expatriées pensent que la Thaïlande n’est pas un pays pour les
femmes par exemple, les thaïlandaises y sont trop jolies et les mecs n’ont d’yeux que pour elles… Je me suis toujours débrouillée pour tirer parti de ma position et
pour, justement, avoir un point de vue… féminin et différent.

Dans un univers qui attire tant d’hommes
– pour des raisons avouables ou non, respectables ou non–  dans un univers
décrit et raconté à quatre-vingt-dix-neuf pour cent par des hommes, j’adore ma
position de femme libre et indépendante dans ce pays. Confidente, amie, sœur,
mère, amante.. Et ce que j’entends ne correspond pas forcément à ce que
racontent certains hommes.

 Il y a quelques années je dînais, à Bangkok, dans un endroit très chic – une maison traditionnelle thaïe, – époque « Emmanuelle » – en compagnie d’un homme d’affaires français de Nouvelle Calédonie et de sa copine thaïlandaise,  d’un dandy, français et désabusé, qui n’aurait pas eu assez de sa vie pour dépenser toute  la fortune de son père.  – lui aussi avec une jolie thaïe – et enfin moi, avec mon copain, un guitariste-chanteur Isan aux doigts effilés.* Le businessman vantait les qualités professionnelles de sa petite amie et son salaire confortable.

La petite copine du dandy était sublimissime, mais lui s’en moquait, plus intéressé par le vin français que nous venions de commander que par les charmes de sa compagne. Une compagne qui pouvait aussi bien être « l’escorte »
d’une nuit  qu’une amoureuse de longue date. De toute façon, elle ne
disait rien. Moi, j’appréciais l’ambiance un peu décadente, proche de mon
musicien qui se demandait, lui, ce qu’il faisait là, alors qu’il n’avait qu’une
envie : boire de la bière (on était au vin), grimper et chanter sur une
scène – qui n’existait pas – sur laquelle il aurait été  plus à l’aise.

A la fin du dîner, le dandy me déclare, en français et un peu « éméché» : « Tu as de la chance, tu es avec un homme libre. Les hommes sont libres ici. Pas les femmes. Ton copain te quittera lorsqu’il en aura envie. S’il est avec toi c’est par choix. Les
filles n’ont pas le choix. Elles dépendent trop de l’argent.  » Il faut
dire que la responsabilité des parents âgés incombe aux filles et non aux
garçons (Je parle en règle générale)

Plus tard, nous quittons le restaurant pour rejoindre nos hôtels respectifs. Mon musicien rejoint les hommes. La petite copine du businessman s’aligne sur mon pas et me prend le bras… On « chit-chat »… la nuit est belle. « Tu vas te marier avec le farang ? » je demande. Elle me serre très fort la main. « Non,
J’ai déjà un mari thaïlandais, il ne le sait pas » me répond-elle. Elle a serré
ma main, plus fort encore, comme pour me dire « surtout ne lui dis rien »…

Des années plus tard, je demandais à mon compagnon pourquoi les femmes thaïlandaises semblaient toujours intéressées par lui alors que nous étions en couple. Il me répondit « 1) Parce que je suis toujours « handsome » – 2) « phraowa mee yot » (j’ai du pouvoir ou du galon, ce qui revient au même) et 3) parce que je vis avec une farang, donc elles pensent que j’ai beaucoup
d’argent. Pour les filles thaïes, les farangs sont toujours riches.

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« Tu me tromperais ? » je lui demandais encore. « Non. Parce que si j’avais une relation avec une femme thaïe je serais obligé de payer !  »

Il aurait pu me répondre «  parce que je t’aime », ou « Non, jamais », mais il ne sait pas minauder ni mentir..

J’aime la Thaïlande…… tout y est  si différent. Après une longue relation avec mon
compagnon thaï, chaque mot, chaque clignement d’œil, chaque silence et surtout
chaque sourire a une signification particulière qu’il faut savoir décrypter. Sous peine de commettre un impair, une faute ou une erreur… Et comme il ne le dira pas… On ne risque jamais de s’endormir.


* Lire THEATRE D’OMBRES et LA OU S’ARRETENT LES FRONTIERES, éditions de la Frémillerie (dans toutes les librairies en France ou via internet)

Etre une femme en Thaïlande dans un univers d’hommes

Vivre en Thailande permet de constater combien tout est différent quand on vient de France. Etre une femme en Thailande a été, et reste pour moi, un statut privilégié.

Dans un univers qui attire tant d’hommes – pour des raisons avouables ou non, respectables ou non–  dans un univers décrit et raconté à quatre vingt dix neuf pour cent par des hommes, j’adore ma position de femme libre et indépendante dans ce pays. Je me balade au gré de ma fantaisie « avec des semelles de vent », j’ouvre les yeux, les oreilles, mon cœur aussi. Confidente, amie, sœur, mère, amante, côté féminin aussi bien que masculin. Et ce que j’entends ne correspond pas forcement à ce que racontent les hommes.

Blog MIXED ETHNIES54

Au début des années 2000, je dînais, à Bangkok, dans un endroit très chic, une maison traditionnelle thaïe, proche de l’époque « Emmanuelle », en compagnie d’un homme d’affaires de Nouvelle Calédonie et sa copine thaïlandaise,  d’un dandy, français et désabusé,  qui n’aurait pas assez de sa vie pour dépenser toute  la fortune de son père.  – lui aussi avec une jolie copine thaïe – et enfin moi, avec mon petit copain du moment, un chanteur isan aux doigts effilés.

Le businessman vantait les qualités professionnelles de sa petite amie et son salaire plutôt élevé. La petite copine du dandy était sublimissime, mais lui s’en moquait, plus intéressé par le vin français que nous venions de commander que par les charmes de sa compagne. Une compagne qui pouvait aussi bien être « l’escorte » d’une nuit  qu’une amoureuse de longue date. De toute façon, elle ne disait rien. Moi, j’appréciais l’ambiance un peu décadente en tenant la main de mon musicien qui se demandait ce qu’il faisait là alors qu’il n’avait qu’une envie : boire de la bière (on était au vin) et grimper et chanter sur une scène – qui n’existait pas – sur laquelle il aurait été  plus à l’aise.

A la fin du diner, le dandy me déclare, en français et un peu « éméché» : « « Tu as de la chance, tu es avec un homme libre. Les hommes sont libres ici. Pas les femmes. Ton copain te quittera lorsqu’il en aura envie. S’il est avec toi c’est par choix. Les filles n’ont pas le choix. Elles dépendent trop de l’argent.  »  Il faut dire que la responsabilité des parents âgés incombe aux filles et non aux garçons (Je parle en règle générale)

Plus tard, nous quittons le restaurant pour rejoindre nos hôtels respectifs. Mon musicien rejoint les hommes. La petite copine du businessman s’aligne sur mon pas et me prend le bras… On « chit chat »… la nuit est belle. « Tu vas te marier avec x ? » je demande. Elle me serre très fort la main. « Non, J’ai déjà un mari thaïlandais mais il ne le sait pas. » me répond-elle. Elle a serré ma main encore plus fort, comme pour me dire « ne lui dis rien »…

Des années plus tard, je demandais à mon compagnon actuel – entre temps j’ai quitté le musicien, pas lui – pourquoi les femmes thaïlandaises semblaient toujours intéressées par lui alors que nous étions en couple. Il me répondit « 1) Parce que je suis toujours « handsome », 2) « phraw wa mee yot » (j’ai du pouvoir) et 3) parce que je vis avec une farang, donc elles pensent que j’ai beaucoup d’argent !

« Tu me tromperais ? » je lui demandais encore. « Non. Si j’avais une aventure ou une relation avec une femme thaïe je serais obligé de payer !  alors non ».

Il aurait pu me répondre «  parce que je t’AIMEEEEEEEE », ou « Non, jamaissssss », mais il ne sait pas minauder ni mentir

Et les mots n’ont pas forcement le même sens des 2  côtés de la planète.

J’aime vraiment la Thailande……  tout y est  si différent

Lb lundi 19 avril7

Se raccrocher à l’irréel

Des traditions pour rassurer une société ébranlée  : La terre tremble un peu partout dans le monde en ce moment. En Thaïlande, c’est la société qui vacille sur ses bases, et pour confirmer cette impression, on pouvait lire hier dans le « Post today », un journal très lu dans la « middle class » de Bangkok : « Changer complètement le pays » : le Vice-Premier Ministre, Suthep, annonce un plan de changement pour le pays… » Un jeu dangereux qui pourrait se terminer une fois de plus par un « coup »… rumeur qui pourrait se confirmer après le talk-show politique de mardi sur « TV Thaï », au cours duquel un membre du Comité pour les Affaires Militaires demandait que les soldats se tiennent prêt a intervenir.

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Mon ami thaï me confirme que l’armée est partagée en deux (il était lui-même lieutenant-colonel dans le deuxième régiment d’infanterie basé à  Phitsanulok et a gardé ses contacts) En fait, d’après lui, la Thaïlande est actuellement divisée en quatre groupes importants : les « chemises rouges » (avec Thaksin),  les « jaune », les « rose » (avec le Prince) et les « bleu » avec Newin Chidchob.

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En ces fêtes de Songkran, les thaïs doivent ressentir plus que jamais le besoin de se raccrocher à leur tradition,  à leur histoire, à leur culture.

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Aujourd’hui, « Phaya Wan », troisième jour de Songkran, le « jour où tout commence ». Hier après-midi, on érigeait dans chaque temple, des monticules de sable dans lequel on plantait ce matin des « tungs », ces drapeaux de papier décorés et colorés (j’ai essayé de faire mon « tung » hier, résultat catastrophique). La croyance veut que lorsqu’on meurt, on va au ciel, mais en même temps une partie de l’âme reste dans ces châteaux de sable élaborés d’une année sur l’autre à chaque Nouvelle Année. Ensuite chacun amène un bâton de bois qui sera déposé au pied d’un arbre sacré à l’intérieur du temple. Ce geste, dans la culture Lanna, représente le soutien au bouddhisme. Puis les familles –  les anciens comme les jeunes –  viennent le long de la rivière rejeter à l’eau, soit des anguilles, soit des tortues, ou des escargots d’eau, ou bien libérer des oiseaux. En signe de chance, de bonne fortune, d’argent pour l’année à venir. Après les incantations ou formules consacrées d’usage.

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D’après l’ethnie Hmong, l’être humain a 3 âmes : la première : « l’âme du soleil et de la lune » ne quitte jamais le corps, même après la mort, elle reste avec les os conservés après la crémation. La deuxième est « l’âme de la respiration », ou « fil de satin », c’est « l’âme errante »  facilement effrayée par les esprits ou le bruit. La troisième est l’âme du « retour vital » : elle retourne aux pays des ombres mais seulement pour y attendre l’occasion de renaître.

BLOG s'accrocher a l'irreel

« PAÏ PAÏ MAA MAA » (ALLER ET VENIR EN THAÏLANDE)

Très souvent, lorsque j’explique que j’ai un pied un Asie et un autre en Europe, la réaction est immédiate des deux côtés de la planète : « Tu as de la chance » ! Un luxe ! Un rêve ! Les raisons qui me permettent de vivre cette double vie sont personnelles, avec des racines assez confuses mais profondément ancrées et réelles. « Paï paï maa maa » – cette expression thaïe  pour traduire mes  « allers et retours » (Litt. « aller aller, venir venir ») – fait toujours sursauter les non-thaïs qui se demandent bien pourquoi je parle tout à coup de « papa mama » !

Je vais et je viens donc (OK on peut oublier la chanson de Gainsbourg)  entre deux continents, avec l’impression parfaitement justifiée de vivre le meilleur des deux côtés. La Thaïlande, au fil des années, continue de m’intéresser, de me fasciner même, jusque dans ses combats, mais de m’agacer aussi parfois. Je ne suis pas juste gaga de ce pays, j’ai trop de cartésianisme en moi, trop de lucidité et de cynisme aussi pour n’être qu’éblouie.

Ce stade est dépassé depuis longtemps. Je l’aime toujours, comme on aime une personne, avec, en plus, une pointe de nostalgie lorsque je m’éloigne d’elle. Je me rends compte alors de ce qui me manque : la gentillesse innée des thais, leur sourire légendaire, une légèreté qui tient à cette philosophie, choisie ou inconsciente, du « Maï pen raï » (ça n’a pas d’importance) mêlée au bouddhisme, leur conscience naturelle de l’impermanence des choses ancrée dans leur tempérament afin d’éviter si possible toute souffrance.

Sur un plan plus terre à terre, les odeurs me manquent et aussi la chaleur poussiéreuse ou humide selon les saisons, la nourriture épicée de la rue, simple, vite prête pour satisfaire les goûts immédiats des thais. Loin de la Thaïlande, c’est un pays très concret dont je me sens privée. A l’inverse, lorsque je suis en Thaïlande, c’est une France virtuelle qui me fait défaut. Une France sublimée par l’idée souvent fausse que je m’en fais : pays de l’égalité, pays du droit (« Fa Guo » » Droits pays », c’est ainsi que les chinois appellent la France), pays du bien-être, d’un état responsable etc.… France sublimée surtout par la lumière d’envie que sa seule évocation fait naître dans le regard des thaïs lorsque je leur en parle. Mais une double vie –  pour agréable qu’elle soit – a aussi son revers. La distance aiguise l’esprit critique et rend plus lucide, et ce n’est pas toujours agréable.

Le Paris que j’ai retrouvé, dégage une énergie plutôt négative et même agressive, ce qui est en complète contradiction avec sa réputation de ville lumières, de « ville romantique » comme disent les américains,  les français ont une vision négative d’eux-mêmes, une peur de l’avenir qui se communique. Alors je me dis qu’il me faudrait amener un peu de cette nonchalance souriante thaïe ici. Plus facile que de me dégager de cette espèce d’énergie qui me caractérise lorsque je suis en Thaïlande, qui me fait marcher vite, et qui me rend insupportable auprès de mon ami qui ne comprend pas cette énergie a toujours vouloir « faire » quelque chose. Lui, lorsqu’il n’a rien de particulier à faire, il dort. Belle philosophie, surtout lorsqu’il prétend que c’est de la méditation. Et s’il avait raison ?

B Songkran day 15
B -Loy Kratong, Lotus53

Le pays du non conflit : humour noir

La Thaïlande, « pays des hooligans polis » écrivaient Andrew Biggs, le chroniqueur australien en parlant d’une bande de garçons un peu « bourrés » remplaçant de façon provocante sa bouteille de bière pleine contre une canette de coca vide, alors qu’il était assis à la terrasse d’un bar. Il n’a pas réagi alors la bande s’est éloignée en ricanant.

Hier, une mère amenait le cercueil de son fils de 21 ans devant un poste de police à Bangkok réclamant justice pour son enfant assassiné dans un club où il avait renversé de la bière sur le plancher. Le même jour, deux jeunes étrangers ont été retrouvés morts dans leur chambre de Bangkok. Un canadien et un australien. Morts depuis plus de 12 heures. La police a conclu (très vite) à  « over dose ». De la « poudre blanche » aurait été découverte dans leur chambre avec des bouteilles d’alcool. « Poudre blanche ? » c’était dans les seventies… aujourd’hui ce sont des pilules de « yaa baa »  qui ont remplacé la « blanche » ! Sur la même deuxième page du Bangkok Post, (je ne suis pas allée au-delà..) un couple de jeunes britanniques (21 ans tous les deux) a été attaqué au couteau, à Krabi, par une bande de jeunes (4 garçons et 3 filles de 17-18 ans). « On pensait que ce couple nous avait manqué de respect ». Ça vaut bien quelques coups de couteau !!

On tue pour l’honneur, par vengeance, par jalousie et pour des raisons plus obscures : parce qu’on ne peut pas rendre l’argent emprunté par exemple ou parce que quelqu’un vous a fait « louper » une affaire. Ou pour éliminer un vieux farang qui tarde un peu trop à passer l’arme à gauche… Mais c’est la même chose partout dans le monde direz-vous !

Sauf qu’aucun  pays au monde, n’a la réputation de gentillesse, de charme, de politesse  et de sourire qu’a la Thaïlande vendue comme  « SIAM MEUANG YIM » c’est la formule thaïe exacte pour « Thailande, pays du sourire »

Y aurait-il autant de flingues que de sourires en Thaïlande ? J’ai assisté à des « démonstrations » d’armes chez des enseignants dans des villages paumés de montagne. « Vous craignez les attaques de l’armée birmane ou de karens ? » je demandais. « Non, les voleurs ». Des voleurs volant les pauvres écoles du gouvernement dans la montagne ?

Il y a, sur FB, une page intitulée  Protected Travels que devraient lire tous les jeunes qui voyagent de par le monde avec des idées toutes faites (justes ou pas, bonnes ou pas). Mise en garde qui s’étend à  tous les voyageurs en général : fréquentez le moins possible les clubs, ne buvez rien de ce qu’on vous offre dans les « fulls moon parties » à moins de savoir exactement ce qu’on verse dans votre « bucket » (seau de plage !), ne piquez pas la petite amie d’un thaïlandais, ne vous énervez jamais, ne manquez jamais de respect à un thaï en public (Faites comme Biggs et dites que les hooligans thaïs sont polis et respectueux) !

Pour terminer sur une note d’humour noir ! Je voudrais rajouter : ne me manquez jamais de respect non plus, du moins ici en Thaïlande, parce que mon chéri a lui aussi un flingue !!

Ps – Je viens de lire cette note au dit « chéri » qui a opiné du chef tout au long de la lecture. Il tient à ajouter ceci : « pas de problème pour les farangs en Thaïlande, même s’ils veulent faire du business (toujours ses racines chinoises qui refont surface), MAIS en contrepartie ils doivent connaître la vraie culture thaïe et la respecter. C’est-à-dire NE JAMAIS ENTRER EN CONFLIT avec un thaï et ne jamais se fier à son sourire, car il n’exprime rien. Ici c’est la culture du « NON CONFLIT »qui prime. Il ajoute encore en riant : « Rappelle-toi : « YIM LAEAW YING » (souris et tue)

Je terminerai, moi, par ceci : la Thailande est sûrement le pays du « non-conflit »… Ça ne veut pas dire de la « non-violence » !!

OMBRE ET LUMIERE_0964

ombre et lumière

Brassage des cultures… qui gagne qui perd ?

Brassage des cultures ? Qui gagne ? Qui perd ? Brasser, Gagner ? Deux mots plutôt antinomiques mais qui s’appliquent à mon univers de Chiang Mai. Un univers réduit à celui de mon quartier, car, soit on a une vision générale du vaste monde après avoir étudié et voyagé pendant des décennies, soit, on regarde autour de soi et on a finalement une idée assez représentative du monde en général.

Mon quartier est mode, trendy, clinquant, éphémère, pas du tout intello dans le sens St-Germain-des-Près, jeune, branché, friqué, bruyant, coloré, chicos et… très « brassé », ouvert sur le monde parce que attirant le monde et attractif au monde, mais en fait replié sur ses habitudes de nouveau riche, quartier qui se veut évolué donc éloigné de la tradition… il est tout cela mon quartier au coin de mon soï… donc forcément intéressant à observer et à analyser.

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J’ai mes habitudes dans un coffee-shop (on peut m’y retrouver facilement), j’y suis en trois coups de pédale – non je ne marche pas – en cela je suis un tout petit peu thaïe ! Le service de sécurité me salue, les garçons se mettent au garde-à-vous quasi militaire lorsque je franchis la barrière qui clôt la résidence. Ils me gratifient d’un sourire, pas seulement de politesse mais de connivence, à cause des petits cadeaux et de la furtive complicité du soir lorsqu’on rentre du dîner avec mon ami thaï. Je lâche mon guidon pour les saluer en retour. Les conducteurs de grosses 4×4 passent sans un signe, non mais ! D’ailleurs les mêmes, à l’intérieur de la résidence, ne répondent pas à mon salut, à mon sourire. Non, non on n’appelle plus ce pays le « pays du sourire » par ici. C’est quoi ce folklore pour gogo ! Donc pas de bonjour encore moins de waï ou de sourire, c’est bon pour les simplets.

Je me rends donc à mon coffee-shop du matin. Un couple de jeunes touristes indiens est assis près de la porte, lui, un peu affalé en bloque l’ouverture. Je ne force pas l’entrée, poliment j’entrouvre la porte et me manifeste avec un sourire désolé pour que l’indien bouge sa chaise. Il me voit, car mur et porte sont en verre. Il ne bouge pas. Non mais, qui je suis pour que sa majesté qui a fait le voyage depuis Bombay ou Delhi se bouge le cul pour une étrangère blanche ? Ça peut durer longtemps ! Une des serveuses vient vers moi, je pense qu’elle va faire bouger le client, mais non elle me dit : « pull ». Oui c’est la première fois que je « tire » la porte dans ce sens-là. Je m’assieds à côté du couple, avec un sourire tout prêt, ils m’ignorent. Commandent plein de trucs à  la petite, sans s’il vous plait, sans merci, des exigences sans politesse. Finalement ils partent en laissant les ¾ de la nourriture dans les assiettes. Sans au-revoir non plus.

Des coréens viennent s’installer. Ils sont couleur de parchemin, non, d’ivoire ancien… Voilà à  quoi ont envie de ressembler les thaïs, avec leur obsession du « whitening ». Derrière le mur de verre, un jeune père porte son bébé sur le ventre (très mode à Bangkok,  genre « nouveau père » de la ville, pas thaï-thaï du tout),

Remarque générale et conclusion : presque tous les farangs de ce quartier ont pris les bonnes habitudes des thaïs : sourire, politesse dans le langage et le comportement. Donc, nous, farangs, avons pris ce que nous aimons de ce pays et qui le rend si « aimable ». Mais Au Secours ! Les sauvages arrivent. Les sauvages ? Les nouveaux riches, ceux de CM (merci  papa et maman sino-thaïs souvent qui bossent… comme des chinois), les gens de Bangkok en vacances ou en week-end ! S’abaisser pour remercier un subalterne, une étrangère, ça va pas la tête non ! Devenir riche, si c’est pour se comporter comme les pauvres !!! Et puis, ces jeunes qui suivent peut-être les cours de la bourse aujourd’hui, commencent à comprendre que les farangs ne sont plus si riches que ça !

En Thaïlande, il y a beaucoup de Thaïlandes !

Michèle Jullian

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