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Le prix de l’entrée des toilettes prohibitif à Venise

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Venise serait-elle l’une des villes les plus chères pour faire ses besoins? Le prix des toilettes atteint 2,5€, un prix prohibitif qui obligerait presque les touristes à envisager un budget toilettes pendant leur séjour à Venise!

« Aes non olet  » – L’argent n’a pas d’odeur – aurait répondu l’empereur romain Vespasien (69 – 79) à ceux qui contestaient sa taxe instituée sur l’urine collectée par les foulons pour le traitement de la laine.

toilettes Venise


Pisser à Venise coûte cher! : 2,5€ l’entrée des toilettes


On y pensait cet été à Venise quand on a vu le prix à acquitter dans les diverses toilettes publiques de la ville : le droit de verser un pleur ou davantage se montait à 2 Euro 50 ! Comment faire autrement quand le besoin se fait pressant et qu’on se promène dans Venise du matin au soir ? Or, si on compte deux visites aux WC en cours de journée, au minimum, cela commence à faire cher. En famille avec enfants, c’est un « budget toilettes » qu’il faut prévoir.

Il ne s’agit pas de contester une contribution légitime pour le service rendu. Une ville comme Venise ne peut se permettre de faire de ses ruelles étroites et impasses des latrines à ciel ouvert. L’hygiène minimale commande de canaliser le flot d’égout qu’alimentent quotidiennement les touristes par dizaines de milliers. Des lieux d’aisance propres et parfumés demandent à être entretenus plusieurs fois par jour : le travail des « dames ou sieurs pipi » mérite salaire.

Un cercle vicieux coûteux : boire et éliminer à Venise


Mais le prix d’2 Euro 50 la visite ne tend-il pas à être dissuasif, pour peu qu’on se laisse emporter par le cercle vicieux dans lequel la publicité d’une eau minérale française tente d’enfermer ses clients ? « Buvez et éliminez !  », dit son slogan. Dans la chaleur de l’été, on est vite assoiffé à déambuler dans les rues de Venise et les terrasses des cafés sont tentantes, en dehors, bien sûr, de la piazza San Marco et de ses cafés aristocratiques, comme le Florian, le Quadri ou le Lavena, car s’y asseoir seulement à une table est facturé avant même d’avoir consommé quoi que ce soit.

Ailleurs, le prix d’une bière « média » (40 cl) oscillait selon les lieux, les quais et le décor, entre 6 et 8 euros et pouvait atteindre parfois 10 euros. À comparer avec les 3 euros 50 le verre de 50 cl à Vienne en Autriche ! On a même trouvé un café sur un quai le long du Canal Grande, en amont du Pont du Rialto à proximité de la Pescheria, où le prix variait selon le carton disponible sur la table et le livret du menu : le premier affichait 6 euros, le second 6,50. On a pris un malin plaisir à y revenir pour la seule jouissance de contredire le serveur qui exigeait dans un premier temps 6,50 euros et finissait par accepter les 6 Euros quand on lui mettait le menu sous le nez.

Toujours est-il que même à ce prix, il est difficile, quand on transpire, de ne pas aspirer à goûter plusieurs fois la première gorgée de bière fraîche qui seule compte, selon Philppe Delerm (1). Et ce faisant, on met le doigt dans un fol engrenage : plus on boit, plus le besoin pressant d’éliminer se fait sentir. Sans doute, objectera-ton, les cafés offrent-ils à leurs clients les toilettes qui conviennent. Malheureusement, les besoins de boire et d’éliminer ne sont pas synchrones. Il s’écoule un laps de temps avant que le second ne se signale et on a alors, depuis belle lurette, quitté le café où l’on a fait plein. Pas moyen d’échapper aux toilettes publiques qui, ces dernières années, se sont multipliées dans Venise ! Encore faut-il avoir en tête leur localisation, des Giardini Reali, près de la Piazetta, au Campo San Bartolomeo, près du Rialto. À 2 Euro 50 de la partie, ça finit par coûter cher de pisser tout son soûl !


Les cartes de courts torrents asséchés ou humides


Certains y regarderaient-ils d’ailleurs à deux fois ? Il a semblé qu’ à l’écart des grands axes où s’écoulent les flux massifs de touristes entre la gare ferroviaire de Santa Lucia et la Piazza San Marco sur les deux rives du canal Grande, des ruelles étroites et ombreuses fleuraient désagréablement une âcre odeur d’urine. Et de fait, pieds de mur et dalles gardaient trace de cartes géographiques laissées par de courts écoulements torrentiels, tantôt asséchés, tantôt encore humides. 2,50 euros, avaient dû se dire ceux qui étaient venus se soulager à l’abri des regards, c’est toujours ça de gagné ! Et quatre fois dans la journée, c’est le prix d’un verre de bière « média » !

 

Heureusement à Venise, un orage en été a vite fait de lessiver les rues tant, en quelques minutes, sur la ville et ses canaux, ce sont des hallebardes qui s’écrasent .

Paul Villach

(1) Philippe Delerm, « La Première Gorgée de bière et autres plaisirs minuscules  », Gallimard, collection l’Arpenteur, 1997

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