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Pukapuka, l’île du Danger dans les îles Cook en Océanie

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Pukapuka est un atoll lointain.

SuwarrowIl y a un petit aérodrome à Pukapuka.

Mais il ne sert pas à grand-chose. Cela fait près de sept mois qu’aucun avion ne s’y est posé.

Et il est absolument prohibitif. Et même si vous payez, ce n’est pas sûr du tout que ledit avion, un coucou rabougri d’Air Rarotonga, décide d’aller se poser là-bas.

Il y a donc une piste d’aéroport qui ne sert pas à grand-chose, sauf à des atterrissages d’urgence.

Pour les insulaires de Pukapuka, c’est une affaire entendue. Il vaut mieux attendre un hypothétique bateau qui les mènera aux îles Samoa, à trois jours de mer.

Pukapuka

C’est évidemment « grâce » à la carcasse du capitaine Crouille que nous avons pu poser les pieds sur l’atoll.

C’était le soir et la fête pour célébrer le nouveau chef du village allait battre son plein.

Mais nous étions tous complètement éreintés, alors la fête ce sera pour une autre fois. Mais il n’y aura pas d’autre fois, sans doute.

Il a commencé à pleuvoir dès que nous avons mis les pieds au sec. Une averse tonitruante sur le toit de tôle qui s’est arrêtée une minute plus tard en un clin d’œil. Il n’avait pas plu une goutte depuis trois mois et les réservoirs sont rationnés. La douche est rationnée. L’eau potable est rationnée. Les toilettes sont rationnées pour les 500 habitants qui habitent dans trois villages : Yato, Roto et Ngake.

L’eau est sans doute le plus grand problème. Il y a de quoi manger, pas trop. L’épicerie au fond d’un hangar ne vend que du thon en boîte, du sel et du coka light.
epicerie Pukapuka

Après une semaine de thon frais, c’est sûr que le thon en boîte ne fait pas l’affaire de notre palais.

En guise de palais, chacun a disposé d’un toit, gracieusement mis à disposition par quelques familles.

Sous le toit, un lit. Un lit fabuleux, qui ne tangue pas, qui ne sent pas les fumées de diésel. Un lit qui repose. Un lit qui appartient aux familles qui nous héberge.
Chambre pukapuka

Devant chaque maison, il y a un banc. On prend le frais. On dit bonjour et hello quand les gens passent devant la maison pour guigner les visiteurs. On sent de l’excitation dans l’air. C’est à cause de la fête et des étrangers.

Les habitants se sont mis en quatre. On a eu droit à des beignets gras, de la margarine, du pain fait avec je ne sais quoi et même de la confiture et des crabes des cocotiers que l’on ne mange que dans des occasions spéciales. Chaque famille a dû puiser dans ses réserves précieuses pour que les visiteurs fassent bombance. Ils n’ont presque rien et ils donnent tout. Cela existe encore.
Repas Pukapuka

Le lendemain, je visite l’endroit sur la moto conduite par le logeur qui est responsable d’une des trois églises. Il y a beaucoup de religions à Pukapuka ; les lois de Dieu traduites en plusieurs confessions dictent le quotidien des insulaires.

L’église est fort belle. Décorée à l’intérieur avec des coquillages, propre comme un sou neuf.

Eglise Pukapuka

A Pukapuka, on sent que l’Administration donne du boulot aux habitants. Il y a même une banque. Selon le banquier, l’argent provient des virements des habitants qui travaillent ailleurs. L’infirmerie est blanche et bien approvisionnée. L’infirmière me dit même qu’elle pratique les urgences chirurgicales. Et l’avion ? Elle hausse les épaules.

On me montre les champs de tarot, l’emplacement futur de l’abri contre les cyclones juché sur une collinette, l’école primaire qui me semble bien grande après celle de Nassau.

Il fait chaud à Pukapuka, l’atoll n’est pas très loin de l’équateur. C’est ce que nous avaient indiqué les étoiles. A Rarotonga, plus au sud, on ne voyait pas la Grande Ourse à l’envers. Ici, elle surgit à l’horizon ainsi qu’Orion.

A Pukapuka, la plupart des familles possèdent des résidences secondaires, situées sur le motu Ko. « Il fait plus frais, alors nous y passons le plus clair de notre temps », disent-ils. Les maisons sont plus sommaires, la cuisine à l’extérieur, ainsi que les toilettes. Les potagers sont plus fournis aussi. Il y a même une église, toujours ouverte, toujours impeccablement tenue.

Pukapuka un habitant

Pukapuka est aussi appelée l’île du Danger. Un banc de sable et de récifs s’étire sur son flanc ouest et moult navires y ont laissé des plumes. Les vagues s’écrasent dans un grondement incessant que même le diésel de notre bateau qui nous transporte vers Apia, aux Samoa, n’arrive pas à couvrir.

Nous avons le blues. Le voyage tire à sa fin.

Un des chefs du village nous accompagne jusqu’à Apia. Il contemple le récif et le banc de sable. Il me dit :

– Tous les six mois, les hommes viennent ici pour capturer des thons. C’est un bon coin de pêche. On y reste trois jours. On dort sur le banc de sable à marée basse. On pêche à marée haute.

– C’est dangereux, non ?

– Non. Pas si on connaît. Mon père m’a amené ici quand j’avais dix ans. Tous les garçons viennent ici. Cela fait partie de l’initiation.

Déjà, les cocotiers de Pukapuka disparaissent à l’horizon. Le soleil se couche. Les étoiles illuminent le ciel. L’océan aspire nos derniers souvenirs.

Pour en savoir plus sur les îles Cook?

Pukapuka carte iles cook
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A propos de l'auteur

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” «Il n’est au monde qu’une seule aventure: la marche vers soi-même, en direction du dedans, où l’espace et le temps et les actes perdent toute leur importance.» Henri Miller.
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