Qui sont les Tatars de Crimée? La Crimée, une région à l’histoire complexe

Bien souvent, lorsque nous évoquons les tatars de Crimée, nous en avons entendu parler mais qui sont-ils ? On peut parcourir la Crimée en ignorant l’existence du peuple tatar. Tout au plus, croisera-t-on, de ci de là, de petites mosquées en cours de construction, quelques gros villages à l’allure de bidonvilles inachevés. Les Tatars de Crimée, déportés en Asie centrale par Staline sous l’accusation collective de « collaboration », le funeste 18 mai 1944, sont revenus dans leur pays depuis la fin des années 1980. Ce retour a été « toléré » par les autorités ukrainiennes, mais les Tatars sont réduits à l’état de squatters sur leurs terres ancestrales.


Qui sont les Tatars de Crimée?


En lisant ce texte représentant bien la situation tatare, j’ai trouvé intéressant de le faire partager pour mieux comprendre cette population mais aussi y apporter un regard autre que celui que je peux avoir.

Qui sont les Tatars de Crimée? La Crimée, une région à l'histoire complexe 1De Kertch à Simferopol, les maisons sont neuves, mais souvent de mauvaise qualité, rapidement bricolées. Elles détonnent à côté de celles des villages voisins, toujours entourés de luxuriants jardins. A Sébastopol, par contre, la présence tatare est réduite au minimum. Il faut aller vers la capitale de la République autonome de Crimée pour découvrir enfin la situation tragique du peuple tatar. précisément  à  Bakhtchissaraï, où les Tatars déportés en Ouzbékistan commencèrent précisément à s’installer à leur retour en Crimée, à la fin des années 1980.

Le Mejlis – on peut traduire ce mot d’origine persane par « conseil » – est l’instance exécutive du Qurultay, la grande assemblée des Tatars. Tous les cinq ans, les Tatars élisent 200 membres de cette instance, où siègent également 50 membres de droit. Les 250 membres du Qurultay désignent ensuite les 33 membres du Mejlis. Il existe aussi des Mejlis locaux dans toutes les communes où vivent des Tatars. Les autorités, tant nationales que locales, consultent toujours le Mejlis central ou les Mejlis locaux dès que se pose un problème concernant la communauté tatar,

Chaque  mois de mai est naturellement consacré aux commémorations de la déportation. Le 18 mai 1944, alors que la plupart des hommes étaient au front, la police a cerné tous les villages de la région. En quelques heures, l’ensemble de la communauté a été déportée vers l’Ouzbékistan. Les femmes, les enfants, les vieillards ont été rassemblés dans des trains, après n’avoir eu que quelques minutes pour emporter de minces bagages. Au total, selon les chiffres officiels, 32.000 hommes du NKVD furent mobilisés pour l’occasion, 193.865 Tatars furent déportés, dont 151.136 vers l’Ouzbékistan, les autres vers différentes régions reculées de Russie. Plus de la moitié des Tatars déportés moururent de faim ou de maladie durant le trajet ou immédiatement après leur installation. En tatar, cette tragédie est connue sous le nom de « Sürgün », l’exil, et elle est commémorée chaque année.

En 1967, un décret du Soviet suprême a officiellement réhabilité les Tatars, les lavant de l’accusation collective de « collaboration » avec l’occupant nazi. Cependant, ils ne purent commencer à revenir sur leurs terres qu’avec la fin de l’Union soviétique.

Aujourd’hui, quelque 250.000 Tatars sont revenus vivre en Crimée, où ils représentent un peu plus de 10% de la population de la république autonome. Au moment de la conquête russe de la Crimée, en 1783, ils étaient près d’un million. Un siècle plus tard, en 1897, ils n’étaient plus que 186.000 : un siècle de domination russe avait décimé ce peuple, le poussant massivement à l’exil vers la Turquie, notamment à l’époque de la guerre de Crimée (1853-1856), où les Tatars étaient perçus comme une « cinquième colonne », favorable à l’Empire ottoman.

Le « peuple autochtone » de Crimée a été réduit à l’état de squatters sur ses propres terres.

Seul  Simféropol  dispense un enseignement en langue tatar. En Ukraine, et particulièrement en Crimée, il existe deux types d’établissements scolaires publics : en russe et en ukrainien. Le lycée tatar de Simféropol est un lycée « ukrainien », car c’est dans cette langue que sont donnés la majorité des cours, mais il assure aussi des cours de langue et culture tatar.  L’établissement accueille 700 élèves, dont 8% ne sont pas Tatars. Dans toute la Crimée, il n’y a que sept établissements qui dispensent un enseignement en langue tatar.

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