Impossible d’envisager un séjour à Budapest sans faire au moins une étape dans l’un de ces fabuleux cafés, qui en quelques secondes offrent un voyage dans le temps. Le café New York à Budapest est sans conteste le plus prestigieux.
Le Café New York à Budapest : un lieu mythique dans la Mitteleuropa
Le Café New York est l’un des plus beaux symboles de la belle époque à Budapest. Un des cafés les plus mythiques d’Europe centrale. Adresse incontournable du grand boulevard circulaire construit à la fin du 19ème siècle, il est situé dans le palais du même nom, construit pour une société d’assurance vie américaine.
L’architecte Alajos Hauszman a imaginé un bâtiment de style éclectique basé sur le style néorenaissance. Avant d’entrer, le bâtiment impressionne déjà et en levant les yeux, on aperçoit sur le toit une copie de la statue de la liberté, assise sur l’aigle américain, symbole que l’on retrouve à différents endroits du café et sur la façade.
A peine a-t-on franchi le seuil de la porte que l’on est transporté à la Belle Epoque. Son faste unique au monde évoque avec une nostalgie certaine un âge d’or disparu. Un petit-déjeuner, un simple café ou un goûter sont une invitation à savourer les petits plaisirs qui contribuent à un certain art de vivre de l’Europe Centrale.
Si le Café New York a été pendant des décennies le théâtre de la vie intellectuelle et culturelle de Budapest et le foyer de nombreux écrivains et artistes, aujourd’hui, le lieu est tout simplement touristique. Hélas, l’effervescence culturelle qui y régnait alors a laissé place depuis plusieurs années à un bourdonnement continu dû aux touristes qui viennent faire une halte pour un café ou une boisson. Mais une visite de ce café permet d’imaginer le rôle que jouaient les mythiques cafés de Budapest dans l’histoire de la ville et du pays comme le Café Hauer, Parisi, Central ou Gerbeaud et ce qu’ils révélaient des influences artistiques et architecturales dans la capitale hongroise.
C’est dire combien cette période de fermeture des frontières laisse une impression d’étrangeté tout à fait particulière lorsqu’on entre au New-York. Privé de touristes, on a le sentiment d’avoir cet ancien café littéraire rien que pour soi (lorsque j’ai pris les photos, nous étions 5 au total). C’est vraiment à vivre une fois, l’expérience est même émouvante d’autant plus qu’il devient très facile de se promener partout et de voir sur les tables tous les portraits ou caricatures des anciens clients célèbres qui ont contribué à l’éclosion de la littérature hongroise au tournant du siècle. Mais au bout du compte, la tristesse vient aussi se mêler à l’étonnement devant ce lieu désert et inanimé.
Laissons les derniers mots à l’écrivain Dezsö Kosztolànyi qui a écrit une grand partie de son oeuvre dans ce café New York. Il lui rend hommage dans un de ses poèmes dont voici les premiers vers:
« New York, toi le café où je suis tant venu,
Pourrais-je entrer et m’asseoir un moment?
M’asseoir, tel un clochard au repos sur un banc
Et voir ce qui demeure alentour et en moi… »
Magnifique endroit, on a l’impression d’être à une autre époque