Jean II le Meingre, la Touraine et la Lituanie


Dans la série « les-liens-tirés-par-les-cheveux-entre-la-Touraine-et-les-Etats-Baltes », voici Jean II le Meingre, dit Boucicaut (1364 – 1421).
Jean II le Meingre, la Touraine et la Lituanie 1

Fils aîné du Maréchal de France Jean 1er Le Meingre, il naît à Tours en 1364. Il effectue sa première mission à l’âge de 8 ans, allant porter, au nom de son père, les reliques de Saint Roch au couvent de la Trinite à Arles. Page du Roi Charles V, il fait ses premières armes en Juillet 1378, à l’âge de 14 ans, lors d’une campagne en Normandie du Duc Louis II de Bourbon. 

Le 27 Novembre 1382, à la bataille de Roosebeke (qui oppose une troupe de miliciens flamands à l’ost français conduit par le Roi Charles VI), le jeune noble tourangeau s’illustre à nouveau et est adoubé chevalier par le Duc Louis II de Bourbon en présence du Roi. Il a alors 18 ans. Il continuera à s’illustrer dans le royaume avant de participer en 1389 – 1390 à une des dernières croisades sur la côte barbaresque, près  d’une  ville  que  Froissart  nomme « Afrique », où il est retenu prisonnier pendant quatre mois.

Il n’en est pas pour autant dégoûté des croisades puisqu’au début de l’été 1391 il repart, mais cette fois vers la Prusse, accompagné de son frère Geoffroy, et toujours à la suite du Duc de Bourbon, aux ordres du Grand Maître Konrad von Wallenrod, afin de combattre les païens prussiens et lituaniens. C’est la troisième fois qu’il fait une « saison » en Prusse, puisqu’il est déjà venu en 1383 et 1385. Il faut dire ces raids étaient un peu le Katmandou initiatique des jeunes chevaliers de cette époque. Jean II le Meingre dut particulièrement s’y distinguer puisque c’est à Königsberg (aujourd’hui Kaliningrad) qu’il recevra la nouvelle de sa nomination comme Maréchal de France. C’est le jour de Noël que le Roi le remet son bâton de Maréchal dans l’église Saint-Martin de Tours. Jean n’a que 25 ans……

Le 25 Septembre 1396, les troupes croisées, aux ordres de Sigismond 1er de Luxembourg, Roi de Hongrie, sont taillées en pièces par les troupes ottomanes de Bayezid 1er (autrefois connu sous le nom de Bajazet) à la bataille de Nicopolis (aujourd’hui en Bulgarie). Jean II Le Meingre fait partie des 24 seuls rescapés, retenus prisonniers par le Sultan. La défaite de Nicopolis marque la fin des croisades pour l’Europe Occidentale.

Après sa libération, on le retrouve gouverneur de Gênes et de Savone de 1401 à 1409.

Il livrera sa dernière bataille à la désastreuse journée d’Azincourt, le 25 Octobre 1415, où il commandait l’avant-garde française. Sur les 12 à 15 000 Français engagés, il y eut environ 6 000 morts, dont 600 nobles, ce qui décapita la chevalerie française. Le Roi d’Angleterre, Henri V, ordonna le massacre des prisonniers et rares sont ceux qui, comme Jean II Le Meingre, le Duc Charles d’Orléans (frère du Roi Charles VI) et le Duc de Bourbon eurent la vie sauve et furent emmenés prisonniers en Angleterre. Il mourut en captivité en Angleterre, dans le Yorkshire, en 1421 et son corps, rapatrié en France, fut inhumé dans la basilique Saint-Martin de Tours (qui sera saccagée par les Protestants en 1562).

Jean II le Meingre aura été mêlé à tous les événements nationaux et internationaux majeurs du règne de Charles VI dit le Bien-aimé ou le Fol (règne de 1380 à 1422). Homme énergique, intransigeant, jamais las de courir l’aventure, Jean Le Meingre sera considéré par ses biographes comme un modèle de la chevalerie sous ses deux aspects : valeur guerrière et courtoisie.  

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