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Le désert blanc d’Egypte : Oasis et désert libyque

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egypte1desertegypteL’Égypte est devenue une destination banalisée, mais il est tout de même possible de la visiter différemment. Pour preuve, ce voyage de dix jours que j’ai effectué en avril 2005, et essentiellement consacré au désert : l’exceptionnel désert Blanc tout d’abord, une région du centre du pays mêlant sable et craie immaculée. Et également une série d’oasis, ainsi que quelques temples et sites archéologiques situés en dehors de la vallée du Nil. Et puis tout de même pour terminer, les monuments de Louxor parcourus en visiteur libre.


Le voyage s’effectue bien évidemment en vol charter, à destination du Caire (en arabe القاهرة). Plusieurs mauvaises surprises nous attendent à la descente d’avion : tout d’abord notre guide n’a pas jugé utile de nous accueillir à l’arrivée. Il se contente de m’appeler par l’intermédiaire du portable du chauffeur, pour nous donner l’heure de départ du lendemain matin. Étant assez surpris par cet appel impromptu, moi qui n’ai pas l’habitude des téléphones cellulaires, et du fait également de l’accent de mon interlocuteur, je comprends quatre heures du matin ; ça m’étonne un peu, je fais donc répéter, je n’obtiens pour toute réponse que « inch’Allah ! » (en fait c’était huit heures). Par ailleurs, l’hôtel n’est pas situé dans le centre-ville comme prévu, mais en banlieue sur la route des pyramides. Le temps de nous y rendre et compte tenu des embouteillages, l’après-midi s’achève. Je ne reverrai donc pas grand chose de cette ville, dont la taille a pratiquement doublé depuis ma précédente visite en1984.

C’est dommage, il y aurait plusieurs choses que j’aurais aimé y visiter, comme la mosquée El-Azar ou les pyramides de Dachour. Tout ce que nous pourrons nous permettre, c’est une balade à pied dans ces populeux (et assez pittoresques) faubourgs, jusqu’à atteindre le pied des pyramides (celles de Guizeh) au prix d’une bonne heure de marche. Et puis, un repas dans un genre de Macdo.

La journée du lendemain commence donc dans la confusion… mais nous avons tout de même droit à une petite compensation : l’autorisation d’aller passer une demi-heure sur le plateau de Guizeh (الجيزة). Une visite à la japonaise ! Pour les personnes du groupe qui n’ont jamais visité l’Égypte c’est toujours mieux que rien…

La photo en alternance permet de se rendre compte à quel point l’urbanisation encercle le site.

Après cette entrée en matière, direction le désert. Nous avons en effet 400 kilomètres de route à parcourir jusqu’à l’oasis de Bahareya — j’ai omis de préciser que ce voyage n’est pas exactement un « voyage à pied ». Il faut bien une heure de route avant de sortir de l’agglomération du Caire (ce quartier résidentiel moderne du 6 octobre — en référence à la « victoire » égyptienne contre Israël en 1973 — à l’horizon duquel on voit encore poindre, des kilomètres durant, le sommet de la pyramide de Képhren). Puis on longe une voie ferrée ramenant le minerai de fer produit près de l’oasis de Bahareya, ainsi que quelques puits de pétrole. Cette portion du désert n’est pas la plus distrayante comme on peut le constater sur la photo suivante.

Une vue du désert entre le Caire et Bahareya (14 avril 2005)

Et contrairement à ce que je connais en Algérie, au Niger ou en Mauritanie, le désert égyptien est un désert absolu, pratiquement dépourvu de toute végétation !

Notre destination pour ce soir, c’est l’oasis de Bahareya, ou plus précisément la localité de Baouiti au sein de cette dernière. Ce lieu contient quelques curiosités archélogiques : tout d’abord un prétendu temple d’Alexandre, absolument sans intérêt (il y serait venu après son pèlerinage à Sioua). Ensuite, quelques momies tardives (3e siècle avant notre ère), à la tête recouverte de feuilles d’or, et récemment découvertes dans les environs. Il est malheureusement interdit de les photographier. Et enfin le tombeau souterrain d’un riche marchand (Qaret Qasr Salim), datant de la même époque et qu’il est en principe tout aussi interdit de photographier. Mais l’Égypte sera toujours l’Égypte : un petit bakchich au gardien suffit pour qu’il ferme les yeux ! La photo vaut ce qu’elle vaut, je n’avais malheureusement pas emporté de pied, et le flash je n’ai tout de même pas osé.

Une fresque des tombes de Qaret Qasr Salim à Bahareya (Baouiti)

Nous avons terminé la soirée par une balade dans l’oasis, au cours de laquelle nous avons pu assister à une opération dont on entend souvent parler mais que l’on voir rarement (faute d’être là à la bonne période) : la fécondation des palmiers femelles par les fleurs des palmiers mâles.

Le lendemain matin, nous partons pour le désert. Et avant le désert Blanc, le désert Noir dans lequel nous nous arrêtons, au bout de quelques kilomètres de route seulement. Ces pitons rocheux (la photo est prise depuis le plus haut d’entre eux) sont semble-t-il d’origine volcanique.

Arrêt dans le désert noir, le 15 avril 2005

La montagne de quartz est une zone dont comme son nom l’indique, les rochers sont constitués de cristaux de quartz (l’arche naturelle n’est pas très haute).

Arche naturelle sur la montagne de quartz, le 15 avril 2005

Ce n’est qu’à quelques kilomètres de là que nous allons abandonner les véhicules pour une randonnée de deux jours dans le désert Blanc (nous démarrons alors qu’il est presque l’heure de midi, il y a intérêt à mettre de la crème !). La photo suivante a été prise depuis la route, en direction de l’est. L’accès à cette zone est très réglementé car la région dont elle fait partie est le théâtre de trafics en tout genre en direction de la Libye (dont la frontière est pourtant distante de plusieurs centaines de kilomètres). Notre randonnée se cantonnera de ce fait à la partie du désert Blanc située à l’ouest de la route.

Une vue en direction de la région orientale du désert Blanc, le 15 avril 2006

Le désert Blanc est une région calcaire envahie par les sables, probablement à l’emplacement d’une ancienne mer. Il est constitué de deux zones, l’ancien et le nouveau désert Blanc, le premier étant plus ancien géologiquement et le nouveau, plus spectaculaire.

Avant d’aborder le désert Blanc proprement dit, nous faisons halte dans une petite oasis, une rareté dans cette région particulièrement aride (il n’y a pratiquement aucune végétation dans ce désert, pas même au fond des oueds où l’on ne trouve pas d’acacia). On trouve non loin de là les traces de tombes dont notre guide nous dit qu’elles sont romaines (ou du moins, d’époque romaine).

Nous abordons maintenant la série des photos du désert Blanc, qui sont assez nombreuses et plutôt difficiles à commenter de manière originale… Nous abordons les formations de craie au niveau d’un endroit assez caractéristique, avec un mimosa (que je n’ai pas pris en photo). Nous sommes ici dans l’ancien désert Blanc.

L'ancien désert Blanc au niveau du mimosa, le 15 avril 2006

Sur ce voyage je trouve que les photos numériques (comme cette dernière photo) rendent moins bien que les photos argentiques (comme l’avant-dernière ou encore la prochaine), mais ce n’est pas toujours le cas.

La photo suivante, donc, a été prise à l’emplacement de notre camp du soir, situé au cœur de l’ancien désert Blanc. J’ai été surpris qu’on nous ait prévu des tentes, l’ondée n’étant pas franchement ce qu’il y a le plus à craindre en ces lieux… En tout cas je m’en suis personnellement passé. Les toiles verticales adossées au 4 × 4 nous servaient de paravent, mais elles n’étaient pas non plus absolument indispensables.

Campement dans l'ancien désert Blanc, le 15 avril 2005

Et voilà le paysage qu’on découvrait au réveil : le rêve ! (les falaises en arrière-plan font partie de la zone interdite).

L'ancien désert Blanc au petit matin, le 16 avril 2005

Nous avons marché le lendemain matin uniquement accompagnés d’un des Bédouins de l’équipe logistique : notre guide n’a pas jugé bon de venir avec nous. J’ai quand même été assez estomaqué de la désinvolture de ce dernier, quelqu’un de très jeune qui pensait surtout à faire la fête. Pas plus qu’il n’avait pris la peine de nous accueillir à l’aéroport, il ne se déplacera pour nous dire au revoir le dernier jour.

Nous nous dirigeons vers le nouveau désert Blanc dans lequel nous allons randonner l’après-midi. Les formations que l’on rencontre dans cette partie sont encore plus belles que celles de l’ancien désert Blanc.

Formations de calcaire entre l'ancien et le nouveau désert Blanc (16 avril 2005)

Nous avons rejoint les véhicules pour le pique-nique du midi, situé au même emplacement que le camp du soir. Le pique-nique a été un peu dur car il n’y a aucune ombre, le soleil étant presque à la verticale, et il faisait assez chaud pour un mois d’avril. Les petits « moula-moulas » (oiseaux du déserts) venaient quasiment nous manger dans le creux de la main.

L’après-midi nous avions « quartier libre » pour faire le tour des formations calcaires du nouveau désert Blanc (dommage qu’il y ait ces traces de jeep).

On peut voir dans certaines les formes que l’on veut. Ici un chameau…

Formation calcaire dans le nouveau désert Blanc (16 avril 2005)

et ici un champignon nucléaire !

Champignon de calcaire situé non loin du camp (nouveau désert Blanc, 16 avril 2005)

D’aucuns finiront par croire que j’ai l’esprit quelque peu déformé par mon boulot…

Pendant la soirée les bédouins nous ont interprété quelque chants accompagnés d’un instrument à corde frottée (nous avons également vu circuler quelques fennecs, mais je n’ai pas pu les prendre en photo).

La matinée suivante (encore une fois sans notre guide…) nous a vus retourner en direction de l’ancien désert Blanc. Avec au menu de nouvelles formations calcaires…

J’espère que cette photo vous aura rappelé quelque chose ! Voici une autre photo, panoramique et donc numérique, prise au même endroit et dont les couleurs sont radicalement différentes…

Photographie panoramique prise entre le nouveau et l'ancien désert Blanc, le 17 avril 2005

Cette matinée s’est prolongée d’une sieste interminable, à l’ombre d’une rare végétation sous laquelle il fallait se serrer. Pour nous occuper (et peut-être pour se racheter de son inaction des deux matinées précédentes), notre guide s’est amusé à nous écrire nos prénoms en arabe. En ce qui me concerne cela donne quelque chose comme cela :

اوليفيه

Nous sommes de nouveau dans l’ancien désert Blanc, avec un paysage assez proche de celui que nous avions l’avant-veille.

Monticules de calcaire dans l'ancien désert Blanc, le 17 avril 2005

Parfois le paysage est moins sableux, mais toujours aussi intéressant et original.

Paysage de l'ancien désert Blanc, le 17 avril 2005

La randonnée est maintenant presque terminée, nous photographions encore un champignon, assez célèbre semble-t-il.

Un champignon dans le désert Blanc, le 17 avril 2005

Nous reprenons les véhicules le lendemain, et rejoignons l’oasis suivante sur notre parcours, celle de Farafra. Il n’y a pas grand chose à y visiter, si ce n’est ces sources chaudes naturelles où nous pouvons nous baigner (pas de risque de bilharziose semble-t-il ; il faut dire que le débit sortant du tuyau est très impressionnant).

L’oasis de Farafra est elle aussi assez étendue : il y a notamment beaucoup d’immeubles récents construits en périphérie ou encore en construction, le gouvernement égyptien souhaitant se servir des oasis pour absorber en partie l’accroissement de population de l’agglomération du Caire (je ne suis pas sûr que les gens concernés soient si enthousiastes…). Une fois sortie de ces banlieues, nous sommes à nouveau dans le désert, et c’est un désert particulièrement aride (en dehors d’une petite oasis, Abou Minqar, où nous nous arrêtons pour manger). La photo suivante a ainsi été prise du car.

Paysage ultra-désertique entre Farafra et Dakhla, le 18 avril 2005

Il commence en outre à faire assez chaud. La route est en restauration sur des kilomètres, on plaint vraiment les ouvriers qui posent le goudron dans de pareilles conditions.

La route que nous suivons aboutit à l’oasis de Dakha. Là encore, il s’agit en réalité d’un ensemble assez étendu constitué de plusieurs oasis, séparées entre elles par des cordons dunaires et aussi parfois par des montagnes. Il y a deux villes importantes dans l’oasis de Dakhla :  tout d’abord Mout, située au sud de l’oasis, et dont elle est la capitale administrative ; une ville peu touristique, qui semble assez hostile avec ses nombreux hommes barbus et ses femmes systématiquement voilées de la tête au pied… La ville d’El Qasr quant à elle, située au nord, concentre la quasi totalité des attractions touristiques, avec notamment son centre historique datant de l’époque ottomane ainsi que les ruines de Deir-el-Haggar. Le site est en lui-même fort intéressant puisqu’il est entouré de montagnes d’où dévalent des cordons dunaires (ça m’a un peu rappelé l’oasis de Gouro au Tchad). J’aurais personnellement bien aimé aller randonner un peu parmi ces dunes…

Le site de l'oasis de Dakhla aux environs d'El Qasr

Nous avons débuté notre séjour par la visite d’El Qasr. Il s’agit d’un quartier entièrement construit en pisé, donc assez fragile. Ses habitants ont été relogés il y a quelques années et le quartier est devenu un musée ; néanmoins les maisons sont beaucoup plus fraîches que les constructions plus récentes. Il y a quelques curiosités à l’intérieur du quartier : une ancienne mosquée, l’atelier du potier, les ruelles dotées de portes défensives séparant les différents secteurs. La photo a été prise d’une terrasse sur laquelle on peut monter, même si l’état du bâtiment semble laisser à désirer…

Vue du quartier d'El Qasr à Dakhla, le 18 avril 2005

Le programme prévoyait une journée et demie de randonnée chamelière autour de l’oasis, avec un bivouac dans les dunes. Le moins que l’on puisse dire c’est que ça faisait vraiment balade pour touristes, les chameaux (en fait quatre chamelles accompagnées de leurs petits) ne transportaient que nos bagages et la logistique du bivouac était préalablement amenée par un 4×4. Par ailleurs nous n’avons pas eu très beau temps, le vent était assez fort et la poussière coupait la visibilité.

Voici une photo prise plus tard au cours de la randonnée, au sommet de la plus haute dune de la région. L’altitude en haut de la dune est de 181 m au GPS, ce qui ne donne bien sûr aucune information sur sa hauteur.

Au sommet de la grande dune de Dakhla, le 19 avril 2005

Nous avons campé un peu plus loin, au pied d’une autre dune de taille imposante. Je suis le seul touriste à avoir couché à la belle étoile, assez loin du camp de surcroît, ce qui n’avait pas l’air de trop plaire au guide. Rien ne m’est arrivé, mais l’un des chameliers au petit matin a trouvé un grand scorpion dans ses affaires (cette espèce néanmoins n’est pas mortelle).

J’ai fait avant le petit déjeuner  l’ascension par son côté raide de la grande barkhâne au pied de laquelle nous avions campé : rien de tel pour se mettre en jambes le matin ! Ça n’a l’air de rien mais c’est assez épuisant. Voici le panorama auquel on avait droit depuis le sommet.

Vue de l'oasis de Dakhla depuis le sommet d'une dune, au matin du 20 avril 2005

Il ne nous restait qu’à peine une heure et demie de marche avant de rejoindre (pour le visiter) le temple de Deir-el-Haggar, terme de notre randonnée. J’ai bien aimé l’approche du temple avec sa nécropole copte.

Le temple de Deir-el-Haggar est un temple égyptien datant de l’époque romaine : il a été construit par les empereurs Néron, Vespasien, Titus et Domitien, mais dans le style et en l’honneur des dieux égyptiens, afin d’apaiser les tensions dans la région (le nom signifie en arabe « monastère de pierres » ; on se rappellera du « monastère »d’Ed Deir à Petra). Ce temple n’est en tout cas pas dénué d’intérêt, même s’il n’arrive pas non plus à la hauteur des grands temples de la vallée du Nil.

Nous changeons ensuite d’oasis pour nous rendre à celle de Kharga (الخارجة), à 200 km de là (entre les deux se trouve une mine de phosphate, Abou Tartour, la plus grande du Moyen-Orient). Kharga est la capitale de la « province des oasis », qui regroupe toutes les oasis par lesquelles nous sommes passés excepté Bahareya. La population de la région est en forte croissance, car le gouvernement égyptien est en train de mettre en œuvre un immense projet digne de l’Union soviétique : le détournement d’une partie des eaux du Nil (à partir du lac Nasser) en direction des oasis, afin de constituer une « nouvelle vallée ». L’eau serait actuellement à 150 km au sud de Kharga.

L’ambiance est assez spéciale à Kharga où l’on nous déconseille vivement de sortir seuls de notre hôtel… (lequel soit dit en passant a visiblement été construit du temps de la grande amitié soviéto-égyptienne). Il y a deux sites touristiques à voir dans l’oasis, que nous irons visiter (escortés par la police !) en fin d’après-midi, en dépit de l’assez forte chaleur. Tout d’abord le temple d’Hibis, datant du VIe siècle av. J.-C. Le temple est malheureusement entouré d’échafaudages car il est prévu de le déplacer pierre à pierre pour d’oscurs problèmes de nappe phréatique. Pourquoi arrêter en si bon chemin le gâchis entamé àAbou Simbel !

Le temple d'Hibis à Kharga, le 20 avril 2005

Deuxième site du lieu, la nécropole copte de Bagaouat, avec de nombreux monuments funéraires construits en pisé et datant du IIe au VIIe siècle après J.-C. À l’intérieur de nombre d’entre elles, des fresques d’inspiration religieuse. La photo est tout ce que j’ai pu faire sans flash ni pied…

La journée s’est terminée par une virée nocturne (et toujours sous escorte) dans les souks de la ville. Y régnait une joyeuse animation car c’était le soir du Mouled en-Nabi, l’anniversaire de la naissance du Prophète. Animation qui a duré jusqu’à ce qu’une brusque coupure de courant plonge tout le quartier dans le noir, ce qui nous a obligés à en ressortir à tâtons ce qui n’était guère évident. De grands éclairs illuminaient l’horizon. Pourtant pas de tonnerre ni de pluie, ce qui incitait certains à parler d’orage sec (pourtant nous aurions le lendemain la surprise de découvrir de grandes flaques d’eau en plein désert, à plus de 200 km de là).

Il nous restait ensuite une matinée de route jusqu’à Louxor où nous devions retrouver le flot des touristes. Cette route assez récente (elle était encore interdite aux touristes un an auparavant) traverse des portions de désert magnifiques, comme en témoigne la photo panoramique suivante. On aborde ensuite la vallée du Nil en passant au fond d’un cañon dans lequel ne semble jamais couler aucun oued.

Sur la route entre Kharga et Louxor, le 21 avril 2005

Il nous restait deux jours à passer en Égypte, à Louxor (الأقصر) où nous avions quartier libre pour visiter ou revisiter les monuments. J’ai pour ma part effectué la plupart de ces visites seul, préférant m’abstenir de refaire la balade en felouque àl’île aux bananes

(quel attrape-touristes !) ou encore de passer quelques heures dans les souks. Notre hôtel était situé sur la rive gauche (ce qui est assez original), tout près du temple de Médinet Habou (un hôtel construit en pisé dont les chambres étaient assez fraîches malgré l’absence de clim). L’avantage d’un tel emplacement, outre le calme à la nuit tombé (95 % des touristes logeant de l’autre côté), était qu’on pouvait aller visiter certains monuments à pied, même si cela étonnait beaucoup les locaux.

J’ai donc commencé le séjour par le seul grand temple du coin que je n’avais jamais visité, celui du Ramesseum, temple funéraire de Ramsès II. En fait la plupart des groupes l’ignorent car c’est loin d’être le plus beau, mais on y trouve tout de même une statue couchée de Ramsès II qui est assez impressionnante.

Le temple du Ramesseum et sa satue couchée, le 21 avril 2005

Les monuments de la rive gauche ferment tous à 17 h. Je n’ai donc pas pu en visiter d’autres ce jour là. J’ai tout de même tenté d’aller aux colosses de Memnon pour en faire le tour, mais je me suis fait alpaguer par la police touristique qui m’a sommé de rentrer rapidement à mon hôtel, arguant que c’était très dangereux de se balader seul dans le coin après la fermeture des monuments (j’étais moyennement convaincu, mais comme l’officier s’exprimait dans un français impeccable je n’ai pas eu envie de le contrarier). J’ai quand même pu photographier les colosses, malheureusement éclairés du mauvais côté.

Les colosses de Memnon, le 21 avril 2005

J’avais rendez-vous à la nuit tombée sur la rive droite pour dîner avec le groupe. J’ai été très surpris de l’ambiance que j’ai découverte de l’autre côté du fleuve. Une joyeuse animation régnait dans les rues, le temple de Louxor était tout illuminé, avec de nombreux groupes à l’intérieur en train de le visiter ! Je ne reconnaissais plus le Louxor que j’avais connu en 1984, à l’époque une petite ville provinciale qui paraissait très endormie. Pour ce qui est du temple, il ouvre tous les soirs jusqu’à 21 h, et les groupes choisissent en général ce créneau pour éviter les fortes chaleurs, bien que ce ne soit guère optimal pour les photos (voir plus bas).

J’ai commencé les visites du lendemain par la vallée des Rois. L’idée était d’arriver avant les fortes chaleurs, à défaut d’arriver avant les touristes. Car les conditions de visite de ce site sont devenues littéralement épouvantables. Le taxi nous dépose à deux cents mètres de l’entrée du site, ne pouvant pas continuer plus loin, et l’on commence donc par longer une interminable file de cars. Ensuite, on fait la queue pour les billets, au milieu des responsables de groupes qui les achètent par paquets de quarante et qui ne supportent pas que la personne devant n’en achète qu’un. Puis l’on se dirige vers l’entrée, au milieu d’une foule qui n’est guère dépaysante puisque constituée aux deux tiers de Français. On refait encore la queue pour monter dans un petit train afin franchir le dernier lacet de la route.

Le billet ne donne droit qu’à trois tombes parmi la cinquantaine que comprend le site. On choisit celles que l’on veut, de préférence celles où il y a un peu moins de queue que les autres, un choix plutôt cornélien. Pas la peine de toutes façons d’espérer voir celle de Toutankhâmon (il faut un billet spécial) ni non plus celle de Séthi Ier, fermée depuis des décennies… Je n’en ai pour ma part visité que deux, dont celle de Thoutmosis III que j’avais déjà visitée en1984

et qui m’avait laissé un bon souvenir du fait de sa situation, de son originalité… et de son calme ! Mais maintenant, la queue s’étend jusqu’au bas de l’escalier d’accès (20 min d’attente environ, heureusement à l’ombre), et à l’intérieur règne une chaleur humide absolument suffocante. Je ne sais quelle température il peut bien y faire, mais l’on ressent une réelle impression de fraîcheur… quand on en ressort, et ce malgré les trente-cinq degrés à l’ombre ! Quant à admirer sereinement les peintures qui sont à l’intérieur… Et pour les photos c’est interdit, sauf si l’on verse un bakchich au gardien ce dont certains ne se privent pas (ici une photo prise par mon père en 1984 — ça devait encore être autorisé à l’époque.). Franchement je ne vois absolument pas l’intérêt d’une visite dans de pareilles conditions, je me demande bien ce qu’attend le gouvernement égyptien pour fermer la vallée des Rois.


Vue de la vallée des Rois, le 22 avril 2006

Je m’attendais un peu à trouver tout cela dans la vallée des Rois, mais si j’y suis malgré tout revenu, c’est dans un but bien précis : effectuer la (courte) randonnée de la vallée des Rois au temple d’Hatchepsout, dans le but d’admirer ces deux sites de haut. Le plus dur n’est pas de randonner sous le soleil, ni même de s’orienter au départ quoiqu’il faille faire un peu attention quand on n’a pas de carte. Le plus pénible, c’est de se débarrasser des pseudo-guides qui nous attendent au départ, bien décidés à nous faire cracher un maximum. J’ai finalement dû me résoudre à verser 20 LE à l’un d’entre eux à qui j’avais eu le malheur de poser une question, simplement pour qu’il me fiche la paix et me laisse continuer seul.

Le sentier franchit un petit col, domine quelques barres rocheuses avant de redescendre sur le temple de Deir el Bahari sur lequel on a une vue plongeante. Pour information, c’est par ce sentier que sont arrivés les terroristes lors de l’attentat de 1997.

Vue panoramique sur le temple d'Hatchepsout depuis le sentier provenant de la vallée des Rois, le 22 avril 2005

Je suis ensuite allé visiter le temple, même si je n’aime pas tellement ce monument et si la foule y est également assez conséquente. Aucune autre personne de mon groupe de trek ne s’est rendue dans ce temple du fait du souvenir de l’attentat : le rationalisme n’est pas le fort de tout le monde !

Après un retour en taxi, j’ai retrouvé le groupe pour déjeuner, à côté du temple de Médinet Habou. Ce temple que je suis ensuite allé (re)visiter pendant les heures chaudes, j’y étais presque tout seul. Mais la chaleur était suffocante (il a fait 38°C à l’ombre ce jour là, un temps exceptionnellement chaud pour un mois d’avril, même à Louxor).

Le temple de Médinet Habou, le 22 avril 2005

Ce temple construit par Ramsès III, avec ses multiples cours intérieures, est vraiment magnifique et en excellent état de conservation (contrairement au précédent !).

Je me suis ensuite rendu dans le temple de Louxor (sur l’autre rive du Nil), où j’ai entrepris une visite au crépuscule pendant que le reste du groupe partait acheter des souvenirs. Malheureusement on n’est pas seul à cette heure ! Le temple est illuminé et demeure ouvert alors qu’il fait nuit noire. Voilà ce que j’ai pu faire en terme de photos, je n’avais pas de pied mais les pierres antiques en ont tenu lieu.

Le temple de Louxor au crépuscule, le 22 avril 2005

(En alternance de la seconde photo, une vue du temple que j’ai prise l’après-midi suivant, lorsque j’y suis retourné en pleine chaleur).

Nous avions prévu de dîner sur une terrasse en plein air, mais nous avons été brutalement interrompus par l’orage, lequel s’accompagnait de très fortes rafales de vent qui soulevaient les bâches censées nous protéger ! (pas mal de branches sont aussi tombées sur la corniche le long du Nil). Nous nous sommes finalement réfugiés (trempés…) dans un hôtel en dur dans lequel nous avons pris un repas assez banal.

Pour notre dernière journée à Louxor, nous sommes allés tous ensemble (une fois n’est pas coutume) visiter le temple de Karnak (nous avons pour traverser le Nil emprunté le ferry populaire, 1 LE la traversée, qui est organisé sur deux étages : les femmes égyptiennes en bas, les hommes et les touristes en haut ! Au moment du départ, tous les passagers ont dû enjamber les balustrades pour passer sur le bateau voisin, sans redescendre cela va de soi : bonjour les conditions de sécurité !).

Une fois dans le démentiel complexe de Karnak, nous sommes à nouveau allés chacun de notre côté. Nous n’avons pas manqué bien sûr les incontournables : l’entrée monumentale et son allée aux sphinx (ci-dessous), la longue série de pylônes, la salle hypostyle et ses énormes colonnes, l’obélisque d’Hatchepsout (encore celle-là !), et pour finir le Saint des Saints, où il faut vraiment attendre le bon moment (entre deux groupes !) pour espérer y entrer. Sans oublier le fameux lac sacré, mis en valeur par le son et lumière !

L'entrée du temple de Karnak, le 23 avril 2005

Les photos de cette série sont un peu ternes car il s’agit d’une pellicule supplémentaire que j’ai dû acheter en Égypte (et que j’ai marchandée… sans le faire exprès !).

Le temple de Karnak est tellement vaste qu’il offre la possibilité d’échapper à la foule ! Il suffit pour ce faire de se rendre dans certains pavillons où constructions secondaires, beaucoup moins fréquentées. C’est notamment le cas de la partie sud du site avec son temple de Khonsou, qui est un petit édifice en très bon état et absolument désert. Après ce temple, et moyennant la corruption d’un fonctionnaire de police (qui ne s’est pas trop fait prier comme on peut bien l’imaginer), je suis monté au sommet du IXe pylône de Karnak d’où l’on jouit d’une agréable vue sur l’ensemble du site (photo en alternance).

Je passerai les détails sur le retour par vol charter (direct) décollant en pleine nuit, ainsi se termine donc mon second voyage en Égypte.

http://olivier-morice.fr/

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