71 vues

Noires blessures de Louis–Philippe Dalembert

0

Noires blessures de Louis–Philippe Dalembert est un roman de littérature française publié aux éditions Mercure de France. Dans Noires blessures, l’auteur raconte l’affrontement de deux hommes, l’un noir, l’autre blanc et dévoile les trajectoires qui depuis l’enfance les ont menés à cette montée en puissance de la haine …

noires-blessures9782715231603fs.1294934490.gif

Ce livre sort aujourd’hui en librairie, par l’intermédiaire de Babelio,  je l’ai reçu début de semaine.

Je l’ai ouvert et je l’ai lu savourant ce récit à la fois grave et plein d’humour, cette écriture vive et alerte, cette histoire de deux hommes l’un noir, Mamad, l’autre blanc, Laurent Kala, cette rencontre sur fond d’Afrique.

Impossible de lâcher le récit sans avoir compris comment ces deux hommes en sont arrivés là.

Comment la haine, le racisme prend le dessus.

Deux hommes s’affrontent, le blanc Kala pris de folie furieuse sur le point de tuer Mamad devenu son domestique noir, huis clos sur le rapport bourreau, victime,

résonance du parcours de deux enfances, deux trajets, deux souffrances … absence du père.

La musique très présente, ces voix de l’enfance, celles de la vie, celles de l’enfance de Mamad., lui qui n’a jamais dit papa de sa vie, lui qui avec philosophie se dit

sur cette terre on ne fait pas toujours ce qu’on veut, à moins d’être bien né ou d’avoir beaucoup étudié ” Lui qui chaque jour pour aller à l’école parcourt des kilomètres à pied, l’estomac vide le plus souvent, devant maîtriser les nausées, cacher à ses camarades sa situation précaire. Son combat quotidien. Peut-être une issue, décrocher une bourse, faire des études, trouver un emploi, mettre sa famille à l’abri. Mais même son excellente mémoire lui fera défaut le jour du concours, alors ne lui reste plus que la solution des désespérés fuir son pays vers un avenir meilleur. Mais on ne fait pas toujours ce qu’on veut.

“Je rêvais bien sûr d’autre chose, on accroche toujours ses rêves plus haut que la réalité”

Trait d’union entre les deux hommes…

Comme si l’enfance était ce lieu unique qui ne se brouille que pour mieux s’imprégner dans la mémoire, façonner les faits et gestes du présent

Mais Laurent Kala entend la voix,

cette voix qu’il entend constamment ces derniers temps, qui s’est hissée jusqu’à son cerveau, en a pris possession, et qui l’entraîne si loin de son enfance, de son histoire, de ses passions, et le pousse à haïr ces gens, tous tant qu’ils sont, où qu’ils soient. A vouloir les étrangler de ses propres mains. Celui-là, il le tient ; celui-là paiera pour les autres. Laurent sent ses poings se durcir en même temps que son cœur”

Voir son père pleurer en apprenant la mort de Luther King, Kala se “ rappelle avoir demandé en quoi cela le concernait, il n’était ni protestant, ni noir, et puis cela se passait loin de la rue Dalembert (j’ai aimé ce clin d’œil),

pourquoi se chiffonner l’âme et pleurer pour quelque chose d’étranger à soi ? “
Nul homme n’est une île, un tout complet en soi ; chaque homme est un morceau du continent, une part de l’ensemble…La mort de tout homme me diminue, parce que j’appartiens au genre humain. Aussi n‘envoie jamais demander pour qui sonne le glas : il sonne pour toi.

Perte douloureuse du père lors de la manifestation du lendemain. Kala ne comprit que plus tard la cause de cette mort, ce père qui lui avait fait découvrir la boxe, Miles Davis, ce père qui avait célébré à sa manière la naissance de son fils qui coïncidait avec la sortie du film ” ascenseur pour l’échafaud”.

Temps de l’adolescence, des études, élève brillant, rêves d’ailleurs, d’horizons lointains.

Temps des cauchemars, de la voix, de la rencontre avec l’Afrique , travail dans une ONG, pages qui retracent le trajet de ce fils d’humaniste, sa transformation , la rencontre avec Mamad en qui il retrouve le portrait vivant de ses cauchemars, portraits de femmes et d’hommes émouvants, parfois drôles,( je pense notamment à ce cauchemar où il se retrouve dans un chaudron découpé en rondelles, avec tout plein de négrillons autour qui attisent le feu tandis que les adultes entament une danse sacrificielle)

Peut-être enfin la paix, les larmes d’émotion le jour où il s’est entendu dire papa.

“Tout porte de noires blessures “Eluard

Mamad et Laurent Kala en sont la preuve…

Je ne sais si je vous ai donné envie de lire ce livre, pour moi cela a été des heures pleines où je me suis trouvée dans un monde que j’ai découvert avec la force et la justesse des mots de Louis-Philippe Dalembert.

Noires blessures

Louis–Philippe Dalembert

éditions Mercure de France.



Partager

A propos de l'auteur

“Malcontenta” ; Amoureuse de la vie… Clin d’oeil à Palladio, à l’architecture , à l’art, à la création… De nature espiègle, j’aime la vie, trouver le pourquoi de chaque chose, j’aime les mots, leur pouvoir sur mon imaginaire , souvent je me laisse emporter par eux vers un ailleurs qui est mien aussi…“Double je” car changeante dans la continuité…------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Mes centres d'intérêt : la nature, les grands espaces, la mer, la montagne, le désert, la musique, la lecture, l’écriture, l’art sous toutes ses formes... ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Lire, apprendre toujours et encore, rêver, créer, regarder, écouter, goûter, donner…Le blog DOUBLE JEU

Leave A Reply

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Besoin d'aide pour préparer un séjour ?

Remplissez le formulaire ci-dessous avec le plus de détails possible pour que nous puissions vous répondre dans les plus brefs délais.


Nous partageons nos expériences et conseils gratuits avec vous! Exprimez vos besoins!