13 vues

VOYAGER C’EST OSER ! Regard d’une femme voyageant seule au Maroc

0

“ICI ET LA-BAS, rien ne se conjugue de la même façon”

J’ai décidé de ne plus attendre plus longtemps pour écrire mes vrais voyages au Maroc en tant que femme seule. J’aurais souhaité écrire un petit guide, genre “Guide du Maroc à l’usage des femmes voyageant seules au Maroc” mais j’ai déjà commencé un roman, et je ne veux pas me disperser. Et pas sûre que j’ai l’humour suffisant pour écrire ce genre d’ouvrage – (car j’ai été moi même victime de ma naïveté, de ma gentillesse et de mon sourire qui n’est pas une invitation à “baiser” mind you Marocan guys !) – même si j’ai la langue bien pendue, et trempée plus souvent dans le venin que dans le formol ! 

 

Ce qu’apprend la photographie sur un pays

La photo, c’est je te regarde comme tu me regardes. Il en est de même pour les voyages, à ceci près qu’au lieu de regarder une personne, on regarde un pays.Je te regarde parce que je veux te comprendre, au moins essayer.
Les pays que je parcours, seule, me font et me défont. Ils sont livres d’histoires et d’Histoire. En les feuilletant, ils me construisent mais aussi me déstabilisent, font vaciller mes convictions. Rien ne se conjugue de la même façon ici et ailleurs. En Asie : dire je t’aime là où on ne le dit pas, montrer de l’enthousiasme là où on est stoïque, s’isoler là où tout se partage, éclater de rire là où l’on courbe la tête. Au Maroc, c’est s’entendre dire et lire “je t’aime (je te veux)” à tout bout de champ, des mots sans aucun sens, des mots qui ne se conjuguent même pas dans la langue locale.
.
S’assumer en tant « qu’autre », « étrangère » qu’on observe, dévisage, envisage… idéalise ou méprise parfois. Rester soi-même, surtout ne pas se renier, tout en se pliant aux rites locaux.

Voilà ce que j’écrivais sur les pays d’Asie.
Mais peut-on tout accepter pour autant ?

femme de dos au Maroc

TAROUDANT
Une rencontre de hasard vaut mille rendez-vous…. under an improbable heart

une vieille femme berbère sous un coeur improbable à Taroudant


Etre une étrangère et voyager seule au Maroc

Au Maroc, toute femme voyageant seule est considérée comme femme cherchant le sexe. Point final. Quand j’essaye d’objecter que non, merde, après tout les Marocains, Berbères ou autres sont loin d’être sexy, “bandables”, envisageables, on me répond “si l’occasion se présente, la femme occidentale saisira toujours l’occasion” Je voyage depuis 30 ans au Maroc, pas seule, puis seule…. Chefchaouen, Agadir, Casa, Essaouira, Marrakech, Pour le sud et le désert, c’est récent…. mais on dirait que – l’Islam se faisant plus pressant, plus prégnant, plus contraignant -, les obsessions de beaucoup d’hommes jeunes se font, elles aussi, plus prégnantes, obsédantes, pressantes.

Lorsque j’aurai réglé certains problèmes, et retrouvé ma totale liberté d’écriture…. (c’est encore un peu compliqué) j’écrirai une série d’articles sur les comportements des hommes au Maroc, car les femmes du sud…… contrairement à l’Asie, on ne les rencontre pas, on ne les voit pas (elles se cachent), on ne leur parle pas, on n’échange pas. Merci l’islam. On ne les envisage pas non plus (clin d’oeil à Vanessa Paradis et à sa chanson TANDEM, et chapeau à Serge Gainsbourg)

En attendant quelques photos “Ombres et Lumières” ou plutôt de la lumière à l’ombre.

Rissani au Maroc ombres et lumières

Rissani Femme couverte de son voile au Maroc

J’ai vu dans un bus une femme portant son enfant sur le dos, plus les paquets, tandis que le mari était mains vides. Sur les routes ce sont les ânes et les femmes qui portent le foin et les branchages. Jamais les hommes. A cela on me répond que les hommes font des travaux plus durs..moi je les vois surtout au cage ou il n y a jamais de femmes… Pour eux c est normal. Même quelqu’un de plus “évolué’ m’a répondu “ça occupe les femmes d aller “au jardin” sinon elles resteraient enfermées à la maison”…

Rissani femme marocaine portant sur sa tête une lourde charge

L’émotion des rencontres furtives

Mes souvenirs sont habituellement en images. Pourtant certaines rencontres furtives ont une force indélébile et dégagent une émotion à la fois touchante et douloureuse …

A Tafraout, une petite fille et sa grand-mère sont arrêtées devant une boutique de souvenirs.Elles sont habillées de noir comme beaucoup de femmes dans cette région, avec un voile qui cache en partie leur visage. La petite sent mon regard sur elle, elle soulève son voile, m’offre son sourire. Elle a 7 ou 8 ans. La grand mère est méfiante. Puis la petite prend une babiole dans la boutique et me l’offre… je ne peux accepter bien sûr; Son sourire est désarmant, son regard admiratif sur l’étrangère que je suis.Je lui demande comment elle s’appelle. “Myriem” me répond-t-elle. Je lui dit, une de mes soeurs s’appelle comme ça aussi. Pas sûr qu’elle ait compris. La grand mère la tire par la manche avec méchanceté. Les deux s’éloignent.


1 heure plus tard, dans un autre quartier de la ville, une petite main frôle mon bras. C’est Myriem avec son regard pétillant, son sourire offert, le plus beau cadeau que l’on puisse recevoir au Maroc d’une petite fille (rare). La grand-mère a vu notre échange, et une fois de plus elle tire brutalement la petite par le bras. La petite suit, mais elle marche en se retournant sans me quitter du regard. Je lui envoie un baiser de la main. Elle y répond avec une malice incroyable et me souffle un baiser de sa main avec une énorme tristesse dans le regard.
Voilà pas de photo pour cet instant d’émotion volé. Pourvu que Myriem devienne une grande fille curieuse de tout… comme celle dont j’ai un jour croisé le regard et le sourire dans les rues du souk de Tafraout.

J’aurais voulu courir après elle, lui dire, n’écoute pas ci n’écoute pas ça, deviens et continue d’être ce que tu es en ce moment : curieuse et joyeuse, et même un poil culotté. Mais elle n’aurait pas compris (ne parlait pas français sauf pour dire son nom) et la grand mère m’aurait matraquée !!

Appréhender le désert Marocain, pendant une seconde (ou plus)…

Le désert change trois fois de couleurs par jour parait-il. Ce matin là je voyais rouge. Était-il rouge au lever du soleil ? Ce désert-là n’existe qu’à cette minute-là, cette seconde-là, qu’à cet endroit précis-là. Et qu’avec cet oeil-là, le mien.
Photo prise à Erg Chabbi Merzouga, le bivouac le plus éloigné de Merzouga, loin des rigolos qui font du quad à 7 H du matin ou à 8 H du soir,,ou ceux qui font de la planche en hurlant… 
S’éloigner,et apprendre la solitude… comme on apprend une langue…

Désert marocain

Le désert glace, le désert brûle…. et le vent souffle, brûlant et glacé. 

Sur le chemin de Erg Chabbi Merzouga, arrêt avec Mohammed (propriétaire du bivouac) et Hakim (amoureux de musique berbère et Touareg), arrêt dans un campement de nomades…  Une petite fille a les cheveux qui brûlent……comme le désert, comme le vent.

fillette berbère au Maroc

fillette berbère belle et farouche au Maroc

Petit fille berbère croisée au Maroc



Partager

A propos de l'auteur

Partage ma vie entre Thaïlande et Paris ... Intérêts: les voyages, la photo, l’écriture, vient d’écrire un roman "théâtre d'ombres" qui a pour décor la Malaisie et la Thaïlande__________________________________________________________________________________________________________________Le blog de Michèle, une femme à la croisée des cultures

Leave A Reply

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.