Thailande : L’envers du décor

J’ai retrouvé dans le fond d’un tiroir, des négatifs noir & blanc que j’ai fait numériser. Ils sont de très mauvaise qualité, mais les regards sont là : provocateurs, fragiles, revenus-de-tout, malicieux et même séducteurs, fraternels tendres et pathétiques et pourtant toujours prêts à exploser d’un rire espiègle. Relire ma note publiée le 4 juin « Idées reçues et remise en question sans complaisance ». J’y faisais allusion à l’égoïsme, supposé ou réel, des thaïlandais, en citant la journaliste Sawaï Boonma. Et j’y évoquais l’attitude indifférente des professeurs de l’école de Udon – où jetais alors assistante de français – concernant ces enfants perdus sniffeurs de colle, leur drogue bon marché..


Les souvenirs ne sont pas des données informatiques, ils sont patchworks complexes d’histoires, d’images et d’émotions. Ce  bref retour sur l’année 2004 et la replongée dans mes « chroniques d’une farang en pays isan » ont titillé mes neurones, et de connections en émotions, m’ont fait revivre une rencontre aussi belle et qu’éphémère : celle avec un jeune instituteur thaïlandais. Il venait une ou deux fois par semaine passer une heure dans les détritus puants de ce marché en pleine ville, à deux pas de l’hôtel Baan Chiang, pour – bénévolement et de sa propre initiative – apprendre à lire à ces adolescents-fugueurs, qui, l’espace d’une leçon, oubliaient de sniffer leur drogue porteuse d’oubli mais destructrice de neurones.

Ce souvenir fragile est  une petite lumière dans la nuit du désespoir.

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