Qui sont les Roms et les Tsiganes d’Europe?

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Qui sont les Roms et les Tsiganes ? Qu’ils s’appellent roms, gitans, manouches, tsiganes, bohémiens, gens du voyage, ces nomades venus de l’Inde, il y a des siècles, continuent à alimenter mille et un fantasmes en Europe et subissent toujours la stigmatisation dans les pays d’Europe centrale et orientale où ils se sont principalement établis, mais aussi en Europe Occidentale, où ils espèrent trouver des horizons meilleurs…


Qui sont les Roms?

Qui sont les roms? Comment les Roms se définissent-ils ? « Est rom celui qui dit être rom », disent les Roms… Certes. Mais encore ? Roms, Manouches, Yéniches, Gitans… : comment les appeler ? Le terme « rom », qui signifie « homme » en langue romani, renvoie à une population originaire du Rajasthan (Inde) arrivée en Europe par le détroit du Bosphore autour de l’an 1000, avant de gagner peu à peu l’Europe orientale et occidentale. Cette population connut de nombreuses subdivisions et sa langue, dérivée du sanskrit, a donné lieu à de multiples dialectes, tantôt influencés par les patois locaux, tantôt les influençant.

Roms et drapeau rom

Les noms des Roms

 « Tsiganes » est peu employé du fait de sa connotation péjorative, surtout en Europe orientale et balkanique. Mais certains estiment que ce terme est en réalité plus générique que « Rom ».
 « Rom » (littéralement « Homme » en romani) désigne en effet à la fois une branche spécifique originaire d’Europe orientale et balkanique et l’ensemble des Tsiganes, Gitans et Manouches. Cependant, comme l’écrit le journal anglais The Economist, « les ethnographes eux-mêmes ont du mal à établir les différences et les similitudes entre les divers groupes ».
Le terme « Roms » s’est néanmoins imposé pour désigner l’ensemble des populations tsiganes. C’est le nom retenu par les mouvements d’émancipation des peuples roms eux-mêmes. C’est ce nom qui a été retenu par l’URI (l’Union romani internationale) depuis sa fondation en 1971. « Roms » est donc un terme endogène : les Roms l’emploient pour se désigner entre eux alors que « Tsigane » est un nom exogène, que les non-Roms utilisent pour désigner les Roms.
 En France, l’appellation « Gitans » désigne les Tsiganes d’Espagne, du Portugal et du sud de la France. Quant aux Manouches et aux Sinti (ou Sinté), il s’agit de groupes ethniques germanisés, qui ont pu essaimer ensuite en France. Les Yéniches sont d’anciens paysans germaniques révoltés qui ont adhéré au mode de vie des Roms mais qui n’ont rien à voir avec eux sur un plan ethnique. On a longtemps utilisé l’appellation « Bohémiens » pour parler des Roms nomades, arrivés de Bohême (actuelle République Tchèque) en Europe de l’Ouest. Ce terme n’est plus vraiment employé.
 Ajoutons à cela que « gens du voyage » est une catégorie juridique instaurée en France par deux décrets de 1972, qui se référaient à la loi de 1969 sur l’exercice des activités économiques ambulantes. C’est surtout un moyen pour l’État de définir ainsi une catégorie des personnes par le critère de l’habitat pour ne pas la définir en fonction d’une identité culturelle. En effet, la France ne reconnaît pas le concept même de minorité culturelle, nationale ou « ethnique » en vertu de l’indivisibilité et de la laïcité de la République. Les « gens du voyage » sont, d’après cette loi, tenus de posséder un carnet de circulation qui doit être visé tous les trois mois au moins au commissariat ou à la gendarmerie. Leur liberté de circulation est donc largement limitée.
 C’est donc à tort que les Roms sont parfois assimilés aux gens du voyage, car seule une minorité d’entre eux mène une vie nomade. Seulement 2% des Roms en Europe seraient des « gens du voyage », voire 5% selon l’URI. 95 % des Roms français sont sédentarisés et ne migrent plus d’un bout de l’Europe à l’autre.
roms mere et enfant

L’histoire des Roms et des Tsiganes

 
 Plusieurs historiens et chercheurs tentent, depuis trente ans, de reconstituer, à partir de témoignages, l’histoire de ce peuple : il n’est pas dans la coutume tsigane de consigner les histoires dans les livres, mais plutôt de les perpétuer par la parole, les poèmes ou les chansons. Au fil des siècles, les Roms subirent l’esclavage (jusqu’en 1856 en Europe de l’Est), les persécutions et les pogromes. Leur exclusion fut généralement le fait de pouvoirs locaux (les boyards d’Europe balkanique) ou centralisés (l’État français de Vichy, par exemple).
 Le point culminant de ces persécutions fut l’extermination systématique des Roms, Sinti et Manouches de l’Allemagne nazie et des territoires qu’elle occupa. Pour parler de leur génocide, les Tsiganes forgèrent un mot en langue romani : « Samudaripen », qui signifie « meurtre total »[1].
Les trois quarts des Sinti et les trois quarts des Roms polonais périrent assassinés, notamment dans les chambres à gaz d’Auschwitz-Birkenau (entre 20 000 et 25 000 Roms y furent mis à mort : les Tsiganes furent la troisième catégorie la plus touchée par les exterminations de Birkenau, après les Juifs et les Polonais). Les historiens estiment le nombre de Roms victimes de l’extermination à 500 000 morts, bien que les chiffres soient extrêmement difficiles à établir de façon certaine et définitive.
 La France et l’Italie contribuèrent largement et sans la moindre retenue à l’extermination des Roms européens. Vichy en fit d’abord des criminels asociaux afin de les parquer dans ses camps, s’en servant pour « compléter » les convois de Juifs qui partaient vers l’Est.
Vichy ne constitua pas, cependant, de convois spécifiques de Roms, mais les livra de bon cœur au Reich, qui les utilisa notamment pour réaliser de sinistres expériences (au camp alsacien du Struthof et à l’Université du Reich à Strasbourg, en particulier). La France livra ses Roms — comme elle livra ses Juifs (étrangers d’abord, français ensuite) —, contrairement à la Bulgarie, qui, quoiqu’allié officiel du Reich, refusa de lui remettre ses Roms et ses Juifs. Après Vichy, la France continua à parquer les Tsiganes dans des camps de surveillance jusqu’en 1946.
roms enfants et caravane

A quand la reconnaissance des Roms?

 Malgré l’importance du nombre des victimes, estimé à 500 000 (à titre de comparaison purement numérique, le génocide rwandais fit environ 800 000 victimes tutsis), l’écrasante majorité des États refusèrent de reconnaître le caractère particulier de cette extermination.
À l’Est, les régimes communistes, sous l’autorité de Moscou, nièrent l’existence d’un génocide racial (qu’il s’agît de la Shoah ou du Samudaripen) : pour Staline et l’URSS, seules comptaient les victimes soviétiques, et on dénia aux Roms comme aux Juifs le droit de faire entendre leur extermination. Il fallut attendre la chute du Rideau de Fer pour que les témoins roms commencent à parler peu à peu et que le public entende leur histoire.
 À l’Ouest, il fallut attendre les années 1970 et l’action de l’URI pour que les Roms commencent à se faire entendre et à faire valoir leur statut de victimes historiques du nazisme : les témoins revenus de Birkenau parlèrent aussi du « camp des familles » tsiganes, dans lequel des familles entières étaient entassées, et qui fut liquidé en une seule nuit, entre le 2 et 3 août 1944 : 2 500 Tsiganes furent exécutés. Mais seules l’Allemagne et la Pologne reconnurent officiellement le génocide — Helmut Kohl reconnaissant en 1987 la responsabilité directe de l’Allemagne dans l’extermination de masse spécifiquement tsigane.
Si les historiens commencèrent peu à peu à parler du génocide rom, la France ne reconnut jamais sa responsabilité directe dans l’extermination des Tsiganes, contrairement à ce que fit Jacques Chirac à propos des Juifs, lors de la commémoration des 53 ans de la rafle du Vélodrôme d’Hiver à Paris

[2], le 16 juillet 1995.

Article écrit par Baptiste Cogitore

Photos : Eric Roset


[1] Certains parlent aussi de Porrajmos, terme moins employé, cependant.
[2] La rafle du « Vél’ d’hiv’ » eut lieu les 16 et 17 juillet 1942. Il s’agit de la plus importante vague d’arrestation collective de Juifs en France pendant l’Occupation.
Article suivant soumis par nadara.
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roms1Bohémiens, Roms, Gitans, Tsiganes, Sarrazins, Sintis, Manouches autant d’appellations utilisées sans que l’on en connaisse la signification exacte . Il est en effet difficile de s’y retrouver dans l’histoire complexe, la plus part du temps non écrite, de ces populations nomades dont on retrouve trace à partir du 13ème siècle en Iran, ils apparaissent au 14ème siècle en Europe.

Quelle différence entre les Rroms et les Tsiganes ?

Bohémiens, Roms, Gitans, Tsiganes, Sarrazins, Sintis, Manouches autant d’appellations utilisées sans que l’on en connaisse la signification éxacte .

Il est en effet difficile de s’y retrouver dans l’histoire complexe, la plus part du temps non écrite, de ces populations nomades dont on retrouve trace à partir du 13ème siècle en Iran, ils apparaissent au 14ème siècle en Europe.
Selon les thèses les plus courantes, ces populations nomades viendraient de l’Inde et leur langue serait proche de l’Hindoustani.

Leur itinéraire vers l’Europe passe soit par le Caucase, vers une vaste région qui sera la Roumanie, puis la Hongrie et les pays de l’Europe de l’Ouest. Par le sud ils passeront par l’Egypte, l’Afrique du nord et l’Espagne.

Actuellement, la langue Romanès est comprise et parlée par 90 % des Tsiganes du monde. Il n’existe aucun recensement fiable de la population Tsigane malgré une sédentarisation qui tend à se généraliser.

Le peuple Rom désigne les Tsiganes établis en Europe de l’Est. Le terme Rom signifie homme dans la langue Romanès

Au nombre approximatif de huit millions répartis dans les Balkans, plus de trois millions d’entre eux habitent en Roumanie, soit plus de dix pour cent de la population.

Les changements géopolitiques survenus dans les pays de l’Est à la fin des années quatre-vingt ont accentué la crise économique, engendré la montée des nationalismes et fragilisé la situation des roms.

Les Roms le plus souvent artisans, commerçants ou musiciens, travaillaient à l’époque et pour la plus part d’entre eux dans des fermes de l’état.

A la chute du régime, ils furent les premiers touchés par le chômage et rejetés par la majorité des citoyens qui libéraient ainsi des rancœurs accumulées durant la période communiste.

Les Roms ont alors été sédentarisés de force en obtenant diverses aides des gouvernements qui au fil du temps sont devenues de plus en plus aléatoires, rendant leur situation préoccupante.

Les Roms ont vu leur histoire jalonnée d’épreuves et de persécutions.
Plus de 800 000 roms furent victimes des crimes commis par les Nazis. Par ailleurs, en Serbie comme en Roumanie, nombre d’entre eux furent esclaves jusqu’en 1850.

SITUATION ACTUELLE DES ROMS EN ROUMANIE

La situation actuelle des roms en Roumaie est préoccupante puisque 40% d’entre eux vivent en dessous du seuil de pauvreté soit avec moins de 2,15€ par jour. Ce qui explique les vagues de migration que l’Europe de l’Ouest observe ces dernières années.

La santé physique des roms est bien plus mauvaise que le reste de la population dans une majorité de pays. L’espérance de vie des roms est de 15 ans de moins que la majorité de la population dans le centre et l’Est de l’Europe.

La pauvreté des roms en Roumanie est à multifacettes : Les roms sont souvent privés des ressources nécessaires à des conditions de vie adéquates, mais surtout ils n’ont pas acces à l’éducation, à certains postes de travail, aux services sanitaires et sociaux et aux canaux pour être actifs dans la société.

La population rom est sans cesse discriminé:
• violences physiques, morales,
•injustices juridiques,
•discrimination raciste de la part des autorités,
•crimes racistes impunis,
•discrimination pour l’accès aux services sociaux, comprenant la discrimination dans l’allocation des fonds publics municipaux pour la réalisation des infrastructures de base (eau, électricité, gaz…), •utilisation systématique de propos racistes par les média ce qui perpétue les stéréotypes et attitudes racistes,
•nombreux accès limités à une éducation normal pour les enfants roms, discrimination raciste dans les institutions scolaires et la liste pourrait être encore longue!

HISTOIRE DES ROMS EN ROUMANIE

• 1370-1371, premier acte retrouvé dans le monastère de Vodita qui mentionne 40 familles roms esclaves offertes au Prince de Serbie.
•1570, première attestation de vente d’esclaves musiciens.
•1761, dans un document retrouvé on établissait le prix officiel des esclaves roms: 30 lei pour un adulte ou jeune bon pour le travail, 10 lei pour un enfant.
•1761, la même année dans l’empire de Habsbourg fut donné l’interdiction du terme « Tsigane » remplacé par le nom « neubanater », l’ordre fut donné qu’ils reçoivent des terres.
•1763, par un ordre de l’empire d’Habsbourg, les roms sont forcés d’adopter le costume de la communauté dans laquelle ils vivent.
•1766, Interdiction de vendre des enfants roms séparés de leurs parents.
•1781, en Transylvanie, les roms sont forcés à devenir fermier, et ne peuvent se déplacer qu’avec une autorisation sous peine de serieuses punitions.
•1781, le recensement des roms de Transylvanie montre qu’il y avait 12 686 familles dont 8598 familles sédentaires et 4088 nomades. De ces 12 686 familles 10947 étaient serfs et payaient des taxes à 26 « voivod ».
•1783, abolition de l’esclavage en région Bucovine.
•1783, en Transylvanie sous le roi Josef II a été établie l’obligation de religion et d’éducation. L’ordre interdit que les enfants de différents sexes dorment ensemble. Les roms doivent adopter le langage et les costumes des natifs de Transylvanie. L’ordre interdit aux roms de vivre  en forêt et l’obligation de devenir paysans est ordonnée. La commerce de chevaux est interdit ainsi que la pratique de l’artisanat. Le nombre de musiciens est réduit, restant le privilège des plus pauvres, mais dans son ensemble la pratique est interdite.
•1784, quarante capitaines de révolte furent torturés.
•1785, l’interdiction du mariage mixte est renforcée.
•1789,en Transylvanie les roms sont acceptés dans les églises et dans les écoles
•1821, un « Taraf » (groupe de musiciens) est massacré
•1839, il est admis par la loi qu’un esclave se rachète lui même si son maitre le vend.
•1844, en Moldavie les esclaves de l’état sont émancipés à condition qu’ils abandonnent le nomadisme.
•1847, la rencontre des pays roumains vote la libération des esclaves des monastères et églises sans aucune compensation.
•1848, durant la révolution de 48 abolition de l’esclavage est ordonnée. Ordre qui sera annulé et provoquera la plus grande migration vers l’Europe de l’ouest et en particulier vers la France.
•1855, le parlement de Moldavie vote l’abolition de l’esclavage, et offrira une compensation aux maitres. Parmi eux 264 refusèrent.
•1856, loi de la libération de tous les esclaves de Roumanie.
•1908, dans une famille Calderach venant de Roumanie est née Papucha une des plus importante poète rom.
•1919, réunion nationale des roms de Transylvanie, Ibasfalu, Dumbraveni,Sibiu où ils demandent au gouvernement roumain l’égalité des droits.
•1933, premier congrès international Rom à Bucarest.
•1942-1944, massive déportation de Roms en Transnistria (le comité roumain pour les crimes de guerre reconnait la mort de 38000 Roms)
•1946, l’alliance électorale communiste proclame  » les frères et soeurs Roms »
•1948, le bureau politique du comité central roumain ignore la reconnaissance d’une minorité rom.
•1950, le ministre des affaires étrangère Teoharie Georgescu lance le programme « rééducation des éléments hostiles » en imposant les travaux forcés aux communautés roms pour la construction du socialisme.
•1977-1983, programme du parti communiste pour l’intégration des tsiganes; 1. recensement et sédentarisation des tsiganes; 2. offres d’emploi ; 3.construction d’habitations; 4.état de la santé et organisation d’une assistance social; 5.acces à la culture et à l’éducation. 6.problèmes d’organisation. En réalité aucune de ces mesures ne fut appliqué. En 1990 le ministre des affaires étrangères Mihai chitac annonce publiquement le fait qu’en 1977, le recensement faisait lieu de 1800000 roms (parmi eux 65000 étaient nomades: 5600 avec une activité à plein temps- 900 étant qualifié), et en 1983, on recensait 2300000 roms en Roumanie.
•1982, Nicolae Georghe, un décident rom sociologue, sous le pseudonyme Alexandru Danciu •1989, Dumitru Dinca, un rom Ursari (montreur d’ours) était à la tête du mouvement de révolte de Bucarest qui ouvrit la révolution de Décembre.

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