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Patrimoine de Martinique ; les trésors de l’île aux fleurs (Tourisme Martinique)

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Partons à la découverte de la belle Martinique. Sur cette terre convulsive, soumise aux caprices de son volcan, la montagne pelée, s’épanouit une nature d’une rare variété… Une île aux fleurs également dotée d’un riche patrimoine historique et culturel où nous nous baladons, notamment à Saint Pierre, mais pas seulement, afin d’explorer quelques uns de ses nombreux trésors.
L’histoire de la Martinique est un peu à l’image de la nature de l’île : riche, variée et convulsive. De nombreux sites, monuments et musées nous livrent de ce passé des témoignages fascinants…

Patrimoine historique et culturel admirable en Martinique


 

Sa silhouette, imposante et majestueuse, se reconnaît de loin. Avec ses 1397 mètres d’altitude, la Montagne Pelée représente le point culminant de la Martinique, dans les Antilles françaises. Ce volcan actif domine une zone montagneuse qui occupe le nord de l’île, et inclut les Pitons du Carbet, semblables à de colossales sentinelles. En parcourant la Martinique, nous découvrons progressivement l’étonnante richesse des paysages de ce territoire de quelque 1100 km², qui comprend un chapelet d’ilets. Les terrains, soumis à des conditions climatiques variées, donnent lieu au développement de forêts tropicales, de savanes et de mangroves, et sont aussi mis à profit pour l’agriculture et l’aménagement de pittoresques jardins. La prodigieuse biodiversité de la Martinique est notamment promue dans le cadre d’un Parc Naturel Régional de 63 000 hectares.

L’île aux fleurs, une île soumise aux caprices de la nature…

Mais «l’Ile aux Fleurs », comme on la surnomme, a bien d’autres trésors à offrir à la curiosité et à l’admiration de ses visiteurs. En explorant son histoire, nous nous rendons compte que celle-ci est, d’une certaine façon, comparable à la nature évoquée précédemment : riche, variée et convulsive…

Martinique Fort Saint Louis

Quand Christophe Colomb arriva en Martinique, en 1502, des populations amérindiennes étaient établies dans l’île depuis, au moins, seize siècles. En 1635, la Martinique devint une colonie française ; elle fut administrée par des compagnies commerciales, avant d’être rattachée à la Couronne, en 1674. Le territoire vit l’émergence de puissantes entreprises sucrières, qui recoururent très largement à l’esclavage, jusqu’à l’abolition de la sinistre pratique dans les colonies françaises, en 1848. Inévitablement, la Martinique fit l’objet de conflits coloniaux, particulièrement avec les Britanniques, qui occupèrent épisodiquement l’île dans la deuxième moitié du XVIIIème siècle, et au début du siècle suivant.

Saint Pierre et l’esprit de la Montagne Pelée

En 1902, c’est un événement d’un tout autre genre qui frappa la société coloniale : l’éruption de la Montagne Pelée dévasta la capitale économique du territoire, la ville de Saint-Pierre, considérée jusqu’alors comme le « Petit Paris des Antilles ». Le désastre, dans lequel près de 30 000 personnes trouvèrent la mort, renforça l’importance de la ville de Fort-de-France. Celle-ci obtint logiquement le rang de préfecture, lorsque la Martinique devint un département français, en 1946.

Saint Pierre montagne pelee martinique

Martinique ruines theatre Saint Pierre

Saint Pierre, le Petit Paris des Antilles

Le passé de la Martinique laissa un patrimoine profus, qui est activement mis en valeur par la population locale, les institutions locales, des entreprises et des associations. Le parfum d’histoire émanant de ce patrimoine se fait sentir dès notre arrivée à Fort-de-France, où nous pouvons voir, entre autres monuments, les forts Saint-Louis et Desaix, la cathédrale, l’ancien hôtel de ville (converti en théâtre) et la bibliothèque Schoelcher (présentée à l’exposition universelle de Paris en 1889, avant d’être démontée puis envoyée en Martinique). La ville de Saint-Pierre, pour sa parte, conserve de notables vestiges de sa gloire passée, et de la tragédie de 1902 ; parmi ses ruines, signalons celles de l’église du fort, du théâtre et du cachot de Cyparis, un des rares survivants de l’éruption de la Montagne Pelée, à Saint-Pierre. La cathédrale, en revanche, fut reconstruite, de 1924 à 1956.

 

Mais en dehors des monuments célèbres de Fort-de-France et de Saint-Pierre, nous nous apercevons que les centres historiques des villes et villages renferment de fascinantes églises et maisons anciennes. A Case-Pilote, l’église Notre-Dame de l’Assomption est réputée être la plus ancienne de la Martinique ; elle fut érigée dans les années 1640.

Martinique Eglise de Case-Pilote

La ruralité et le Rhum sur l’île de la Martinique

Si nous nous rendons à présent dans la périphérie des agglomérations, et à la campagne, nous y trouverons de nombreuses plantations, maisons de maître et distilleries, où l’on entretient la mémoire du passé agricole de l’île. L’Habitation Clément, dans la commune du François, a acquis une solide notoriété. Sa maison de maître, construite à la fin du XVIIIème et au début du XIXème siècle, recrée l’atmosphère des foyers de la haute société créole d’antan, au sein d’une propriété où le public peut aussi découvrir les dépendances de l’habitation, une ancienne distillerie et les chais de vieillissement du rhum. A ce sujet, il faut souligner l’importance du rhum dans l’histoire, l’économie et les traditions de la Martinique, où cet alcool est produit depuis plus de 350 ans. D’ailleurs, dans l’île, une dizaine de distilleries en activité ont ouvert leurs portes au tourisme.

Facade avant de la maison principale

Martinique Musée du Rhum Saint-James

Aux Trois-Ilets, une ancienne propriété agricole d’un genre différent reçoit également les visiteurs. Ses restes, marqués par une existence hors du commun, semblent aujourd’hui sommeiller. Le Domaine de la Pagerie a appartenu à la famille de la première épouse de Napoléon Bonaparte, Joséphine Rose Tascher de la Pagerie, plus connue sous le nom de Joséphine de Beauharnais (1763-1814). Nous pouvons y voir les ruines de la maison, de la cuisine, de la sucrerie et du moulin, en plus d’un grand nombre d’antiquités.

Martinique La Pagerie

Le « château » Dubuc, construit dans la première moitié du XVIIIème siècle, sur la presqu’île de la Caravelle (commune de Trinité), connut aussi une singulière destinée. Il s’agissait, en réalité, d’une grande maison de maître, habitée par des seigneurs qui se consacraient à la production de sucre et de rhum, au commerce des esclaves, et à la contrebande. L’exploitation, qui subit les attaques des Britanniques, fut abandonnée en 1815.

 

A proximité du château, une construction bien différente contemple la mer : le phare de la Caravelle. Construit en 1861, ce phare est le plus ancien qui soit encore en activité, dans l’île. Celui du Prêcheur date, pour sa part, de 1927 ; sa blanche et élégante silhouette se dresse ostensiblement dans la petite localité.

Le patrimoine préeuropéen en Martinique

Le patrimoine préeuropéen, quant à lui, est beaucoup moins visible dans le paysage.  Il convient de mentionner, toutefois, les roches gravées du Galion (à Trinité) et de la forêt de Montravail (Sainte-Luce). Cet art rupestre témoigne, à sa façon, de l’intime relation qui unissait l’homme à l’environnement sauvage. Mais pour le reste, le legs amérindien est plus facilement abordable dans les musées, et en particulier, au Musée Départemental d’Archéologie Précolombienne et de Préhistoire (Fort-de-France).

Martinique Musée du Rhum Saint-James

A propos des musées, nous constatons qu’ils ont fleuri dans toute l’île, couvrant des thèmes très divers. Nous pouvons citer, outre le musée départemental auquel nous venons de faire référence : le Musée Régional d’Histoire et d’Ethnographie (Fort-de-France), l’Ecomusée de la Martinique (Rivière-Pilote), le Musée des Arts et Traditions Populaires (Saint-Esprit), le Musée Historique de Saint-Pierre, l’Habitation Clément (Le François), le Musée de la Pagerie (Les Trois-Ilets), le Musée Paul Gauguin (Le Carbet), la Savane des Esclaves (Les Trois-Ilets), la Maison de la Canne (Les Trois-Ilets), le Musée du Café et du Cacao (Les Trois-Ilets), le Musée de la Banane (Sainte-Marie), le Musée de la Pêche (Le Vauclin), le Musée vulcanologique Franck A. Perret (Saint-Pierre), le Centre de Découverte des Sciences et de la Terre (Saint-Pierre) et la Maison du Volcan (Le Morne-Rouge).

 

Le volcan demeure très présent dans les esprits et l’imaginaire collectif. On rappelle son pouvoir destructeur, mais aussi créateur. Après tout, comme le déclarait l’illustre poète martiniquais Aimé Césaire, l’île est « fille du volcan »…

Sébastien Perrot-Minnot

 Article paru le 16 mars 2013 dans El Nuevo Herald (Miami). Traduit de l’espagnol.

Lien de l’article original :  El Nuevo Herald.com

 

 

1.         Le Fort Saint-Louis, à Fort-de-France. Photo : Sébastien Perrot-Minnot.

2.         La ville de Saint-Pierre, dominée par la Montagne Pelée (1397 m). Photo : Sébastien Perrot-Minnot.

3.         Ruines du théâtre de Saint-Pierre. Photo : Sébastien Perrot-Minnot.

4.         L’église Notre-Dame de l’Assomption, à Case-Pilote. Photo : Sébastien Perrot-Minnot.

5.         Le domaine de La Pagerie, aux Les Trois-Ilets. Photo : Sébastien Perrot-Minnot.

6.         Le Musée du Rhum, dans la distillerie Saint-James (à Sainte-Marie). Photo: Sébastien Perrot-Minnot.

7.         Façade avant de la maison principale de l’Habitation Clément. Photo : H. Salomon.

 



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A propos de l'auteur

L'auteur est docteur en archéologie de l'Université de Paris 1 (Panthéon-Sorbonne), archéologue au bureau d'études Eveha et chercheur associé à l'EA 929 AIHP GEODE (Université des Antilles) et au Centre d'Etudes Mexicaines et Centraméricaines (CEMCA). Il est également Consul honoraire du Guatemala en Martinique.

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