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20 jours à Madagascar en amoureux : une île plus belle que dans nos rêves!

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Quand on rentre d’un voyage à Madagascar, on n’a qu’une seule envie : y retourner le plus rapidement possible. On se retrouve face aux superbes images que je garde en souvenir, aux paysages verdoyants, aux plages paradisiaques qui ont motivé le séjour en grande partie au début. Pourtant, la découverte de cette île magnifique réserve aussi des surprises aux voyageurs. 

Le choix d’organiser le voyage par nous-même s’est rapidement imposé à nous. Par habitude et pour être plus libre dans nos déplacements ; les offres de voyage à Madagascar proposées par les agences étant très formatées. Après plusieurs simulations sur les comparateurs de prix, les sites d’agences et de compagnies, nous avons réservé nos billets d’avion à bord d’Air France. Faute de savoir quel guide choisir pour nous orienter, nous nous sommes équipés du Guide du Routard, du Petit Fûté et du Lonely Planet qui nous ont été assez utiles pour repérer les sites à explorer lors de notre périple de 20 jours à Madagascar. Nous étions donc loin d’un séjour style Club Med !!!!

L’île de Madagascar était un rêve depuis longtemps et la destination lointaine, à 9000 km de Paris (soit une dizaine d’heures d’avion), dans l’Océan Indien, en plein hémisphère sud, correspond aux îles qu’on a envie d’apprécier en amoureux.  Madagascar est séparée de l’Afrique de l’Est par le Canal du Mozambique. Elle n’est pas tout à fait africaine, ni tout à fait typique de l’influence de l’Océan indien. Du Nord au sud, elle s’étire sur environ 1600 km  et près de 600 km d’est en ouest. Si les dimensions paraissent a priori “raisonnables”,  on réalise rapidement que Madagascar nécessiterait plusieurs mois d’exploration pour réellement  profiter d’une découverte totale et profonde. En 3 semaines, des choix se sont vite imposés et nous nous sommes décidés pour le quart Nord ouest de l’île. A savoir le triangle entre Antananarivo (Tana pour les intimes),  la capitale, Diego Suarez à l’extrême nord et Morundave à l’ouest.

Le climat de Madagascar suppose de bien choisir la période car le climat tropical caractérisé par une saison sèche ( entre avril et octobre) et  une saison des pluies (de novembre à mars) peut être marqué en hiver par des cyclones entre janvier et mars. Le mois de Mai nous semblait la meilleure alternative pour ne pas subir les chaleurs trop éprouvantes de l’été. Mai correspond en fait au début de l’hiver comme le disent souvent les Malgaches. A ceci près qu’on est très éloigné de l’hiver français, puisque sous ces latitudes, le début de l’hiver dans le Nord ouest de Madagascar correspond plutôt à un mois d’août dans le Midi. Autant dire des températures très agréables et une humidité acceptable.

Tout au long de notre séjour à Madagascar, nous avons bénéficié d’un soleil rayonnant, de températures estivales et d’une eau de mer entre 26 et 30° du côté du canal du Mozambique. Tana fut la seule petite exception compte tenu de son altitudes à quelques 2000 mètres. Les nuits y étaient donc plus fraîches et le soir, on ne disait pas non à une petite laine pour sortit dans la capitale malgache. Oui, je sais, la vie n’est pas toujours facile !!!!!

Nos premiers pas à Madagascar entre Tana et Diégo

L’entrée sur le territoire malgache se fait inévitablement par l’aéroport d’Ivato à Tana. Après 11h de vol sans turbulence, l’atterrissage à 23 heures nous contraint à passer la nuit dans la capitale avant de décoller dès le lendemain au petit matin pour Diégo Suarez (Antsiranana) à la pointe nord de l’île, à 1000 km de Tana.

Il s’agissait d’une importante base militaire française, située au bord d’une baie considérée, de part son étendue comme la plus belle baie du monde avec celle de Rio de Janeiro. Excusez du peu !!!!!
En raison de son histoire, Diégo est l’une des villes malgaches qui abrite le plus d’expatriés et apparaît donc comme très cosmopolite. Non contente de rivaliser avec la baie de Rio, la baie de Diégo abrite elle-aussi son pain de sucre : Nosy Lanjo, un îlot sacré dont la mythologie tient beaucoup au fait qu’une reine y a été enterrée.

Nous avons préféré recourir aux services d’un taxi (vive les 4L !) pour les 3 jours qui ont suivi plutôt que de louer une voiture, ce qui ne nous semblait pas si évident compte tenu de l’état des routes. Notre premier choix pour nous détendre fut la plage de Ramena, située à environ 20 km de Diégo. Cet authentique petit village de pêcheurs a réussi à ne pas être défiguré par le tourisme qui est très important à Madagascar. C’est d’autant plus appréciable que les autochtones sont très accueillants et disponibles pour nous rendre service.

Balade en mer et plongée au milieu des coraux

Nous avons croisé un pêcheur qui nous a proposé une balade sur la mer émeraude, pour le lendemain. Comme le veut la coutume locale, il faut marchander, souvent un moment, pour tomber d’accord sur le “juste prix”! Départ à 7 heures pour profiter de la marée haute, nous sommes éblouis par la couleur de l’eau vraiment incroyable et d’un vert profond.  Plage de sable blanc, palmiers, cocotiers, palétuviers, …. pour nous tous seuls. Que demander de plus? Nous faisons confiance aux deux frères pêcheurs qui nous servent de guide pour apprécier les charmes de cette petite île quasi déserte où ils nous ont amenés.

 
La découverte des coraux à 1,50 mètre de fond est la première surprise, alors que j’imaginais devoir m’initier à la plongée pour admirer cette faune et flore exceptionnelle que nous semblons à peine troubler.  Pas besoin de masque et de tubas pour observer les innombrables poissons exotiques qui peuplent ces eaux.  Nous déléguons à nos 2 “pécheurs-GO” la tâche de partir à la recherche de notre repas de midi en nous délectant d’avance de ces poissons tout frais. L’accompagnement a été préparée par leur sympathique soeur qui a réalisé un succulent riz au coco. Les choses les plus simples sont souvent les meilleures. Les habitants ont l’habitude de manger  les produits de la saison et il y a des cocos partout. Aussi, le coco agrémente beaucoup de plats, ce que nous découvrirons par la suite.   Capitaines, rougets frétillants, calamars, les pêcheurs s’empressent de griller ces poissons et mollusques qui constitueront notre déjeuner. La journée est certes passée trop vite, mais elle n’est qu’un avant-goût de la magie de notre séjour à Madagascar au contact d’une nature bien plus belle que nous l’avions imaginé.

madagascar plage de sable

A nous les cascades du Parc National de la montagne d’Ambre

Le lendemain, toujours au départ de Diégo, nous aillons un  taxi pour rejoindre le Parc National de la Montagne d’Ambre. Son environnement réserve aux randonneurs de belles promenades en forêt entre 800 et 1500 mètres d’altitude. L’ANGAP, l’équivalent des “Eaux et Forêts” françaises, propose plusieurs circuits de 1 à 3 jours pour découvrir cette forêt. Les services d’un guide sont obligatoires. 

Nous avons opté pour une randonnée de 4 à 5 heures nous permettant de suivre le sentier de la petite cascade et celui menant à la grande. Au fil de nos pas, la splendeur des lieux ne cesse de nous surprendre, tout comme les hôtes qui nous zyeutent parfois avec une certaine curiosité, tandis que lémuriens font l’honneur de leur présence, alors qu’on nous avait signalé qu’il n’était pas évident de les débusquer. Que dire des caméléons, des nuées d’oiseaux et de papillons, qui semblent nous réserver un accueil particulier ? La végétation si varié constituée d’arbres que nous n’avons jamais vus encore forme une sorte de jungle.  Le plus inquiétant est ce yucca étrangleur qui parasite d’autres espèces en s’enroulant autour d’elles tel un boa constricteur ! Notre guide nous invite à la prudence aux abords de ce qui est l’attraction du Parc national de la montagne d’Ambre.

Lémuriens dans le parc national de la montagne d'ambre

Car le clou du spectacle de la journée est probablement la grande cascade. Elle est superbe, majestueuse, haute de 82 mètres. Sa vigueur crée des frissons et est une source d’émotions fortes. Ici nous ne sommes pas seulement près d’une cascade, mais au sein d’un site sacré abritant les âmes des ancêtres. D’ailleurs, les malgaches y apportent des offrandes pour voir leurs voeux exaucés et demander la protection des anciens sur les vivants, notamment avant les mariages et les autres événements de la vie. A ce titre, il existe de nombreux fady (interdits) que nous nous devons de respecter comme le fait de ne pas montrer en pointant l’index comme nous avons l’habitude de le faire, mais en le repliant de sorte qu’il n’y ait que la première phalange qui indique la direction. Si par mégarde, nous l’oublions, nous devrions souffler sur notre doigt pour ne pas fâcher les ancêtres.

Au terme d’une nuit passée à Joffreville, ex-Ambohitra, jadis transformée par le maréchal Joffre en lieu de garnison, nous sommes dirigés vers la réserve spéciale de l’Ankarana. Nous comprenons vite que le guide est obligatoire pour ce circuit de 4 à 5h dans une nature de l’Ankarana, plus qu’impressionnante. Hélas, nous ne pouvons profiter cette fois d’une visite guidée en français, ce qui est très contrariant. Bien que nous en fassions part au service dédié au visiteur, rien y fait. La visite sera donc en anglais.
 
Nous constatons d’emblée que la randonnée s’avère plus difficile que celle de la vieille, le relief est accidenté et même par endroit presque dangereux et nous intégrons mieux pourquoi il serait impossible de parcourir cette zone sans un guide expérimenté, tant nous ne cessons de crapahuter et de redescendre, malgré ses recommandations. De nombreuses grottes balisent notre parcours dont certaines servent de cadre à des rites sacrés. Le guide insiste sur la nécessité de respecter les mêmes fady que la veille. Nous apprenons, que les descendants de certains peuples locaux sont tout simplement interdits d’accès à ce site en raison des souffrances que nos ancêtres avaient causées aux rois antankarana !!!

Ce massif  de l’Ankarana abrite également des Tsingy, des zones de reliefs constitués de coraux fossilisés puis érodés qui s’élèvent jusqu’à une centaine de mètres. Nous avons ainsi un avant goût du spectacle qui s’offrira à nous 15 jours plus tard lors de la visite du parc des Tsingy de Bemhara.
La randonnée se conclut par la montée jusqu’à un point de vue sublime, dominant tout le massif de l’Ankarana jusqu’à l’océan.  Rarement nous avions vu un tel paysage jusqu’alors bien que nous ayons l’habitude de voyager dans le monde et la seule vue de ce panorama nous fait oublier l’éprouvante ascension  sous le soleil de plomb pendant plus de deux heures.

Sur le retour, la balade est plus frustrante dans la mesure où le guide, pressé de rentrer chez lui, presse le pas et ne prend guère le temps d’échanger avec nous. Malgré cette pointe de déception, notre petit groupe de 5 personnes se scinde alors en 2 pour faciliter la descente. Il faut dire que la multitude de petits lacets très serrés est un peu vertigineuse si on n’est pas très habitué à la randonnée en milieu sauvage. Rapidement, nous perdons de vue la tête du groupe pourtant à quelques mètres de nous. Se retrouver presque  seul en l’espace de quelques minutes est un brun angoissant. Le guide nous a simplement perdus sans se soucier de notre rythme. Heureusement, en suivant le sentier sans nous poser de questions, nous parvenons jusqu’au bureau de l’ANGAP, où nous arrivons même les premiers, tout en étant perdus. Une petite pointe de fierté nous anime.  Nous attendrons trois quarts d’heure pour retrouver le reste du groupe et le guide, qui confesse s’être aussi perdu, ce qui leur a permis visiblement de dénicher des coins que même le guide n’avait jamais vus!  C’est alors que nous apprenons que notre guide est en fait un pauvre bougre du village voisin, sans travail  que l’ANGAP fait travailler de temps en temps comme guide de dépannage !

Et nous ne sommes pas au bout de nos surprises.


Voyager à Madagascar en pratique

Il est inutile de prévoir un temps d’adaptation pour supporter le décalage par rapport à la France, puisqu’il se limite à une heure en été et 2 heures en hiver. Toutefois, ce n’est pas pour autant que le rythme de vie ne présente pas un décalage plus marqué. Les Malgaches vivent tellement au contact de la nature et du rythme du soleil que tout nous semble un peu décalé. A Mada, on vit donc avec le soleil et il régit le quotidien, au point que les locaux ne semblent pas avoir besoin d’une horloge pour savoir quelle heure il est.  Les durées des jours et des nuits ne varie pas autant qu’en France entre l’hiver et l’été.

En mai, le soleil se lève vers 5h30-6h00 et se couche vers 17h30 aussi bien qu’il fait nuit noire à 18 heures !!!! Et ne comptez pas sur l’éclairage public pour prolonger la soirée !!!!!! Même la capitale semble étrangement sombre quand la nuit s’est abattue sur l’île. Pour profiter au mieux de notre séjour à Madagascar, nous avons essayé de nous réveiller tôt vers 6h30 ce que nous compensions en nous couchant tôt aux alentours de 21h30. Cette amplitude entre 7h et 20h correspond aux moments où la vie bat son plein dans les villes comme dans les villages.

Quels sont les papiers et vaccins obligatoires pour aller à Madagascar?

Les formalités pour aller à Madagascar sont relativement simples et n’ont cessé de se simplifier au point qu’on n’a plus besoin de s’y prendre des semaines à l’avance pour obtenir un VISA.
La veille de notre départ, nous avons effectué notre traitement anti-paludique que nous avons prolongé jusqu’à 4 semaines après notre retour. C’est la seule contrainte médicale. Mais il ne faut pas l’ignorer, car les risques de contracter cette maladie restent importants sans cette précaution.

Pour ce qui est des contraintes administratives. Le passeport est suffisant pour partir. C’est à l’arrivée sur le territoire Malgache, à l’aéroport, que nous avons du débourser une dizaine d’euros pour obtenir le VISA touristique nous autorisant un séjour de 3 mois. On peut aussi pour plus de facilité passer par un service en ligne rapide et efficace comme Evisa Madagascar.

La situation économique du Madagascar est durablement mauvaise. Ceux qui le peuvent vivent du tourisme et chacun essaie d’en tirer le mieux parti. Pour faire face à la dévaluation toujours plus grande du franc malgache, celui-ci a été remplacé au cours des derniers mois précédant notre séjour par l’aryary.
La conversion est simple : 1 aryary = 5 FMG. Pour aider à la compréhension des prix, le double affichage a été imposé sur les billets, ce qui n’est pas très lisible au final car on s’y perd dans la conversion. Voilà une première source d’erreur. La seconde est que certains vieux billets en FMG circulent toujours et ont toujours cours ! Nous avons donc jonglé pendant toute la durée du séjour avec les 2 monnaies ! Heureusement, le rapport de 1 à 5 simplifie grandement les choses…… c’est bien plus pratique que notre fameux rapport franc français et euro à 6,55957 !!!!!!

La langue officielle est le malgache supplantant le français après l’indépendance, mais la force du lien historique étroit avec la France explique pourquoi la majorité de la population parle encore et à nouveau le français. L’anglais aussi est très présent. Le français reste enseigné dans les écoles malgaches même si les plus aisés et les étrangers se battent pour intégrer des établissements français (lycées, facultés), où l’enseignement s’effectue dans les 2 langues.

Que mange-t-on à Madagascar?

Côté nourriture, on ne mange que du frais et cela fait plaisir. Les habitants mangent comme ils vivent au rythme des saisons. Séjournant majoritairement en bord de mer, nous avons profité de la variété des poissons grillés, crabes, langoustes, crevettes, camarons, calamars (toujours péchés du jour) accompagnés de riz, nature ou coco.

Les viandes étaient celle de zébu (bien plus tendre que les meilleurs morceaux de boeuf que nous trouvons chez nous) ainsi que du poulet et du canard. Pour la petite histoire, sachez que cette volaille est encore vivante au moment où vous passez la commande. Les cris qui s’échappent de la basse-cour vous indiquent que la bête est en train d’être capturée puis tuée. En moins d’une heure, elle est donc tuée, vidée, cuite et servie à votre table !

Quel budget prévoir pour partir en vacances à Madagascar?

Tout compris, c’est-à dire le vol Aller retour, 3 vols intérieurs, le logement, la nourriture, les visites et sorties ainsi que les cadeaux, nous avons déboursé 1400 euros par personne pour 3 semaines. Sans surprise, le vol a été le plus cher à environ 700€.  Le coût de la vie à Madagascar reste donc avantageux pour des français compte tenu de la qualité de vie dont profitent les touristes ! Ayant opté pour des vacances “routard”, nous n’avons pas fréquenté les hôtels et restaurants haut de gamme et occidentalisés et privilégié les petits établissements plus locaux et les maisons d’hôtes pas si faciles à trouver sans aide ou sans guide. 

En moyenne, nous consacrions l’équivalent de 20 euros par nuit pour 2 personnes (repas du soir et petit déjeuner compris !), et même à ce tarif là, nous avions des chambres ou bungalows propres, ventilés, équipés de sanitaires, et même parfois de l’eau chaude ! Vous l’avez compris, le paradis est à portée de vol : que sont donc 10h de vol? et il est vraiment possible de se permettre presque des folies à Madagascar pour vivre des vacances de rêve.

Pour aller plus loin :

Carte madagascar



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