Le grand tour des Annapurnas au Népal : un trekking inoubliable 1J’ai consacré mon premier séjour au Népal à un circuit des plus classiques : le grand tour des Annapurnas. Ce trek, d’une durée de dix-neuf jours ce qui est tout de même assez long, consiste à faire le tour d’un massif comprenant notamment l’Annapurna I (8091 m, gravi par les Français en 1950), ainsi que d’autre sommets annexes portant également le nom d’Annapurna : Annapurna II (7 937 m), Annapurna III (7 555 m), etc.


L’altitude de la randonnée est toujours assez basse excepté un unique col à 5400 m (le Thorong-La). Les sentiers sont en outre très bien aménagés et le secteur est assez peuplé (on traverse de nombreux villages).

Le trek comprend grosso modo deux parties : tout d’abord la vallée de la rivière Marsyandi que l’on remonte jusqu’au col, passant entre les massifs de l’Annapurna et du Manaslu (8163 m). Après le col, on redescend par une autre vallée, celle de la rivière Kali Gandaki (un affluent du Gange), la plus profonde vallée du monde puisqu’elle passe à 1500 m d’altitude seulement entre deux 8000, l’Annapurna et le Dhaulagiri (8167 m) distants seulement de 35 km. Le trek se termine par un col secondaire (Deorali) à 3100 m avant de rejoindre Pokhara, la seconde ville du Népal (827 m seulement). On rencontre deux types de paysages radicalement différents pendant ce trek.

Au début et à la fin du parcours (région de Pokhara au sud du massif), la région est arrosée par la mousson estivale : le paysage est donc très verdoyant, avec une forêt dense à basse altitude et des conifères à partir de 3000 m. À partir du village de Manang et de part de d’autre du Thorong-La, c’est-à-dire au nord du massif, la mousson a a contrario beaucoup moins d’influence car est (en principe) arrêtée par les sommets de l’Annapurna. Il n’y a plus d’arbres et le paysage est beaucoup plus aride, un peu dans le genre du sud marocain. Ces deux zones correspondent par ailleurs à deux bassins religieux différents : hindouiste au sud (de loin la première religion du Népal), bouddhiste au nord.

Nous nous sommes rendus au Népal par la compagnie nationale Royal Nepal (avec une escale à Dubaï). Nous n’avons pas séjourné à Katmandou, nous sommes immédiatement partis en car pour la région de Pokhara. Nous avons emprunté une route asphaltée comme il en existe peu au Népal, pays où la marche à pied reste le seul moyen de transport disponible dans de nombreuses régions. Cette route traverse ce qu’on appelle les collines, la zone intermédiaire entre le Teraï (la portion népalaise de la plaine des Indes) et le massif de l’Himalaya proprement dit, zone qui abrite la plus grosse partie de la population népalaise et dont les sommets ne dépassent presque jamais 2000 m même si l’escarpement des pentes est digne des Alpes. Voici une photo d’un village (Mugling) dans lequel nous nous sommes arrêtés pour déjeuner. L’altitude n’est que de quelques centaines de mètres et la végétation est de type tropical.

Arrêt dans le village de Mugling, le 9 octobre 1998

Notre trek démarrait dans le village de Rupakot. Nous commencions en effet, avant de rejoindre la vallée de la Marsyandi, par quelques jours de marche dans les rizières, une spécialité Terdav que j’ai bien aimée (ça change des déserts et des montagnes enneigées vers lesquels je me tourne habituellement). À Rupakot nous attendait notre équipe de porteurs, pour le moins conséquente : trente porteurs, un cuisinier et cinq aides-cuisiniers, cinq sherpas (chargés de nous aider dans notre marche), et un sirdar (le chef de l’expédition) : tout cela pour seulement quinze touristes et une accompagnatrice française ! Il n’y a que lors de mon voyage au Pakistan en 1999 que j’aurai vu une équipe encore plus conséquente. Les porteurs népalais adoptent une technique de portage par lanière frontale qui leur est propre, et qui leur permet de transporter des charges absolument inimaginables (40 kilos facilement lorsqu’ils travaillent pour les touristes, et parfois pas loin d’un quintal lorsqu’ils travaillent pour leur propre compte !)

Départ de notre expédition dans le village de Rupakot (9 octobre 1998)

Nous avons passé la première nuit au bord d’un lac (le lac de Begnas Tal), situé face au massif de l’Annapurna mais la vue était bouchée. Le lendemain, nous avons progressé au milieu des rizières sous une chaleur humide que certaines personnes trouvaient difficile à supporter. Après le franchissement d’un petit col à 900 m, voici notre premier pont himalayen, sur la rivière Madi Khola. Nous sommes ici au point le plus bas de tout le trek, à seulement 450 m d’altitude.

Franchissement de la rivière Madi Khola, le 10 octobre 1998

Ce pont là ne secouait pas trop car il était récent et construit en métal ; les ponts traditionnels en lianes sont en général beaucoup plus impressionnants !

Voici un aperçu du paysage de rizières de la région, avec une petite pagode…