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Visiter Calcutta ; une ville étrange pour découvrir l’Inde insolite

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Visiter Calcuta ou comment découvrir l’Inde insolite… Calcutta est une ville étrange, en permanent mouvement, une ville marquée par les façades vétustes et en décrépitude la misère, les hommes chevaux, les gens et les couleurs qui font de l’Inde un pays unique…

Je viens tout juste d’arriver à Calcutta après un voyage au Bouthan. 25 ans que je n’étais pas venue dans cette monstrueuse métropole et il semble que rien n’a changé. Des scènes qui me paraissent dater des siècles derniers, comme si je regardais un vieil album de photos, s’alignent au fil de mes pas le long des rues à peine éclairées. Quel écart avec le Bhoutan, pays perdu, mais pourtant si proche de moi, comparé à cette ville ou plutôt ce quartier où je loge…


Calcutta en vitesse

Quelques images de Calcutta prises au vol d’un taxi ou en passant devant l’immense piscine dont seul le beau plongeoir bleu laisse deviner l’usage de ce lieu.
Les logements, dont on devine la vétusté, ainsi que la décrépitude des façades, laissent imaginer l’insalubrité des lieux.
Dans le quartier des papetiers-imprimeurs (en Inde les boutiques sont la plupart du temps toutes regroupées par corporations ce qui facilite grandement les recherches et les comparaisons pour les achats, sans compter le gain de temps), je me suis longuement arrêtée devant l’étal du marchand de cartes de mariage. Toujours étonnée de la quantité de modèles présentés ou cachés, celui-ci avaient plus de 3500 références ! et comme il n’avait pas de client, il m’a fait asseoir et m’a déniché quelques merveilles dans ses cartes de présentation, qu’il a bien voulu me vendre pour un prix dérisoire. J’avoue que je craque aisément pour ces dorures, ces paillettes sur la trompe de Ganesh, un des meilleurs porte-bonheur pour les mariages, ou des portraits de jeunes mariées timides croulant sous les bijoux et entourées des dieux de l’Olympe indien. (vous pouvez agrandir les photos en cliquant dessus)

Aujourd’hui, journée à Calcutta et je suis allée farfouiller dans la rue des bouquinistes et des libraires, College Street, pour trouver un roman en français et échanger les miens. Las ! pas de chance… ça ne se fait pas à Calcutta, pas assez de Français je pense, contrairement aux villes du Rajasthan ou à Delhi où il est très facile de trouver à renouveler ses lectures pour le prochain voyage en train ou en avion ! Par contre j’ai trouvé tous les niveaux d’apprentissage de la grammaire anglaise, les livres d’histoire et de géographie, des montagnes de livres médicaux et informatiques. Et encore dans ce quartier, des hommes-chevaux, qui tirent encore des charrettes à bras et qui permettent de passer dans les petites rues.

Ils existent toujours !


Qui ? Les fameux hommes-chevaux de Calcutta dont je pensais qu’ils avaient définitivement disparus ! Mais non, dans tous les quartiers ils sont encore courant avec leur voiture à bras, agitant leur grelot pour signaler leur passage et continant à transporter écoliers studieux, matrones allant au marché ou homme d’affaires ventripotent.

Dormir à Calcutta




Tout le monde n’a pas la chance d’avoir un bon matelas… mais celui qui m’a le plus impressionné, c’est lui, enveloppé dans son torchon à carreaux près du marché aux fleurs, dont je ne vois que les deux pieds immobiles et qui semblaient si loin de la foule qui les cotoyait, isolé dans son tissu comme un enfant dans son berceau, bien calé contre la barrière…
Vieille maîtresse décrépie, tu n’offres maintenant que des amas d’ordures et des murs délabrés aux yeux de l’occidental effaré qui débarque curieux et innocent, rafraîchi par une climatisation intense à l’intérieur d’un aéroport tout neuf. Ce dernier offre au voyageur qui va sortir une immense salle d’attente et pléthore de sièges vides et qui ne serviront jamais. Qui a envie de se rasseoir quand il vient de passer des heures coincé dans un avion ? Par contre tous ceux qui attendent sont debout à l’extérieur sur le trottoir, sans siège pour se reposer et avec interdiction d’entrer. Allez savoir la logique de la chose ?
Mais broutilles que tout cela en face de ce qui t’attend, visiteur peu habitué aux pays « en voie de développement » bien que Calcutta soit plutôt en voie d’anéantissement. Comment cette ville immense aperçue la première fois en 1983 peut se maintenir, subsister, survivre alors que tout semble se déglinguer imperceptiblement. Cette ville semble se maintenir tel un château de cartes, une façade de carton-pâte de jeux vidéos bon marché un peu trash ou de films d’horreur du début du siècle dernier, type Nosferatu le vampire.
Comme si depuis le départ des Anglais la démocratie n’avait créé ici que désespoir de murs rongés de mousse noire, d’arbres rabougris de poussière, de routes aux revêtements mités, des entrelacs de fils électriques, communs en Inde, mais qui prennent ici des proportions de gigantesques toiles d’araignée n’attrapant que des lambeaux de plastique décolorés.

Comment décrire ces impasses obscures taillées entre les masures pour une simple largeur d’épaule, ces balcons décatis à moitié écroulés où sèche le linge familial, ces cuisines de quartier noires de suie et de crasse huileuse où se cuisent les meilleurs chapatis ?

en supposant que les locataires sont bien contents d’avoir un appartement !
Un ancien bel hôtel, réservé pour Indiens, avec refus de nous faire visiter les
chambres, c’est dire que ça ne doit guère correspondre aux critères occidentaux !
et les arbres sur la façade c’est très tendance !
ça vrille, ça monte et ça descend, mais ça tient !
de beaux restes de colonnes corinthiennes bien défraichies…
Un vieil immeuble avec inscrit “Photographe” sur le fronton du sommet

Sur les trottoirs des tiges de bambou surmontées de plastique cachent à peine la misère, une paillasse, du linge qui sèche, une femme dans un sari brillant qui tresse ses cheveux huilés, un minuscule bébé près de ses genoux dont on ne sait s’il est toujours vivant.

Jamais une ville m’a donné cette impression de vivre une folie inutile, de se maintenir contre vents et moussons sans autre raison que d’entretenir un mécanisme ahurissant de tramways brinquebalants, de vieux bus rafistolés, de vélos suicidaires et des nuées de taxis jaunes qui rêvent d’autos tamponneuses.
et j’allais oublier les troupeaux de chèvres, qui arrivent même à traverser sur le
passage pour piétons en respectant la pub de dessous !
je ne sais pas si le commun des habitants de Calcutta aura reconnu les Beattles
même s’ils ont eu leur heure de gloire en venant à Rishikesh

Calcutta la misère, Calcutta l’ancienne glorieuse capitale de l’empire britannique où le soleil ne se couchait jamais. A Calcutta, maintenant il se couche à 18 heures, avec bien des êtres roulés dans des chiffons à même le sol et qui ne peuvent même plus rêver.

et pourtant cet après-midi, même sous le soleil voilé, le Victoria Memorial
pouvait faire rêver…



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A propos de l'auteur

Amoureuse de l'Inde depuis 25 ans, j'accompagne également des voyages un peu hors normes pour faire connaitre ce pays et la vie de ses habitants. Passionnée par les coutumes, les façons de vivre, les problèmes sociaux, la vie des femmes...

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