Qu’attendre d’un pays dont on ne connaît que les balises d’aéroport la nuit ? Qu’espérer d’un pays dont on ne connaît que les boutiques de super luxe traversées à toute vitesse au moment des stop-over, entre deux avions ? Pas grand-chose, en dehors de clichés : luxe, opulence , cosmopolitisme de cet ancien village de pêcheurs de perles, de ces terres arides de bédouins transformées en l’une des plus riches villes de la planète.
Découvrir Abu Dhabi
Bien sûr ce n’est pas cela que je venais chercher à Abu Dhabi dont la traduction est « père de la gazelle ». Tout comme pour Chiang Mai, dont j’aime’ la montagne et ses ethnies, Abu Dhabi, ce fut l’envie d’une approche du désert. Pas en ascète bien sûr, pour cela il faut du temps et un certain détachement que je ne possède pas encore, mais comme une simple touriste, car Abu Dhabi est devenu un vrai « hub » pour touristes du monde entier.
Avec rien et beaucoup d’argent, avec du sable et beaucoup de savoir-faire, ils ont fait de leur petit état, un endroit dont l’agrément – à tous les points de vue – m’a vraiment éblouie. L’architecture bien sûr. Pour la photo c’est extra. Celle des hôtels en général, le mien en particulier. Celle de la grande Mosquée, dans laquelle les femmes peuvent se promener tranquillement à condition d’enfiler « l’abaya », la robe noire. La nourriture sublimissime, cuite sur feu de bois dans le désert et celle d’une délicatesse infinie dans les hôtels. La sécurité. « Tu peux te promener seule à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, tu seras toujours en sécurité ». Les lignes douces des montagnes du désert…
Et puis au-delà de tout ça, la serviabilité, la gentillesse, le sens de l’hospitalité, la prévenance, le sourire de toutes les personnes rencontrées. Ceux qui me lisent me connaissent un peu, je parle à tout le monde, alors je me suis adressée à toutes les personnes que j’ai pu rencontrer sur mon chemin : réceptionniste, maitre d’hôtel, serveur, barman, chauffeur, vendeur. Tous venaient d’ailleurs : Philippines, Bengladesh, Pakistan, Vietnam, Chine, Italie, Ethiopie, Kenya, Croatie… J’ai pris les noms de chacun et chacun m’a raconté un peu de son histoire. J’ai aussi, dans la mosquée, parlé avec des « local », des filles et des femmes qui m’ont assaillie de questions, m’ont photographiée avec leur tablette ou leur téléphone…je leur ai aussi posé des questions. Et comme je ne pouvais les prendre en photo, j’ai pris le nom de chacune et en face, mis la profession vers laquelle elle souhaitait se diriger.
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Marta, d’Ethiopie, employéee à la piscine
La suite de mon histoire demain, mais en attendant… des noms. Et des rêves.
Sarah : dentiste (in challah)
Aïcha : photographe
Rana :
travailler dans les média
Moza :
ingénieur
Wadima :
femme d’affaire
Arwa :
avocate
Dhabwa :
peintre
Myriam :
pédiatre (elle était aux anges lorsque je lui ai dis que l’une de mes sœurs portait
le même nom que le sien)
Metha :
avocate
Noof :
ambassadrice*
Iman : ingénieur
Salaîma :
écrivain ou graphiste
Meera :
s’occuper d’environnement
Moza :
Femme policier
Rencontres à Abu Dhabi
Un goût d’extrême orient à Abu Dhabi
Les rencontres faites à Abu Dhabi, en tant que touristes, sont presque toutes asiatiques. La plus grande partie des « services » étant assurés par des travailleurs venus « d’ailleurs ». D’Asie, avec les philippins, les thaïlandais, les chinois, les vietnamiens, les sri lankais, mais également d’Europe : italien, croatien etc….
Maja de Croatie qui travaille à la réception me dit : « Ici nous avons tous la même « position », mais nous ne restons jamais au même poste. Ainsi nous restons toujours alertes, sans nous ennuyer. En Europe les caissiers par exemple, restent caissiers pendant toute la durée de leur contrat, les portiers, toujours portiers….alors ils s’ennuient et ne donnent pas le meilleur d’eux-mêmes aux clients ».
Enrique d’Italie : « Je suis de Vérone. Je travaillais dans un hôtel 5 étoiles en Italie. L’accueil y était froid, impersonnel. Je suis en stage ici à Abu Dhabi pour apprendre ce que nous avons perdu en Italie : les qualités d’accueil. C’est ainsi que nous sommes formés dans cet hôtel. Mais nous apprenons aussi la gentillesse et le sens de l’hospitalité grâce au personnel du sud-est asiatique avec lequel nous travaillons »
Isidoro des Philippines me conseille de dîner dehors sur la terrasse face au circuit Ferrari. Nous bavardons très librement. Il me donne son adresse Facebook avec, me dit-il, sa « quotation » favorite : « there is no glory without sacrifice » Pas de gloire sans sacrifice !
Ali le pakistanais m’amène sur la « corniche » le long de la mer, le soir venu. C’est l’heure de la prière. Il arrête sa course et me dit « vous ne voyez pas d’inconvénient à ce que je vous laisse là quelques instants, je dois aller à la prière ». Je me promène, en profite pour faire quelques photos, il revient plus tard et reprend son poste avec le sourire.
Dès mon arrivée je suis allée voir le concierge pour arranger avec lui la balade dans le désert. Après ce seul et unique contact, à chaque fois que j’ai eu à faire avec lui, pour un réveil, pour réserver un taxi, il m’a appelé par mon nom, et je n’avais plus besoin de confirmer mon numéro de chambre qu’il connaissait. Ça demande une réelle concentration au travail, un vrai sens de l’observation, un vrai goût du contact et de faire plaisir. Et pourtant l’hôtel est énorme !
Au hasard de ces rencontres, j’ai demandé à ces travailleurs étrangers si les « locaux » – les gens d’Abu Dhabi – travaillaient comme eux. . Ils ont tous ri : « les gens d’Abu Dhabi prennent juste le temps de jouir de la vie. »
C’est avec Maja la Croate que j’ai eu les plus longues conversations. Je dois dire que le personnel du restaurant, du bar, de la piscine, de la réception ou de l’étage… ont tous trouvé le temps de me parler, de façon « relax ». Maja est venue près de moi dans le hall et nous avons discuté en amies. Elle voulait connaître mes recettes de vie de femme, de voyageuse. « Il n’y a pas de pauvres ici » me confie-t-elle, « même le plus modestes bénéficient d’aides, de bourses et feront tous des études ».
Bien sûr je ne peux parler que d’une courte expérience même si j’ai pris soin de multiplier les contacts…Je n’en tire pas de conclusions hâtives, seulement quelques impressions. Je n’avais aucun à priori, positif ou négatif en débarquant à Abu Dhabi, j’étais juste prête à découvrir ce confetti de sable riche en pétrole. Je ne suis pas gogo mais j’ai aimé les beautés singulières du désert, l’architecture folle, et une forme de culture… « autre ».
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