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Voyage Cap Vert : Porto Novo, San Antao et la vallée des canards

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Des vacances au Cap Vert… Un voyage dans une Afrique insulaire qui enchante… Comment ne pas découvrir l’île de San Antao..? Une randonnée maritime de toute beauté et la découverte des paysages verdoyants…

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Tôt réveil pour un petit-déjeuner identique à celui d’hier. Nous devons attraper le bateau de huit heures pour l’île en face, plus sauvage, où nous allons randonner : San Antao. De loin elle paraît sèche et découpée. Le bateau est un vieux caboteur à mât de charge sur l’avant, reconverti en promène-couillons. Il a été rebaptisé Mar Azul (mer bleue) et son unique cheminée vomit une fumée noire à l’odeur de diesel lorsqu’il pousse les feux pour la manœuvre.

Touristes et indigènes s’entassent sur les deux ponts dans un mélange très démocratique, en tout cas post-colonial. Des familles entières passent d’une île à l’autre comme on prend le métro, encombrées de mioches et de ballots. La houle atlantique fait vomir plus d’un petit, ce qui est étonnant pour un peuple de marins.

Le débarquement est anarchique. Se croisent les interpellations des uns et des autres, ceux à terre et ceux qui vont débarquer, ceux qui attendent et ceux qui arrivent, ceux qui doivent embarquer plus tard et l’équipage, et ainsi de suite. Les touristes sont les plus discrets, habitués à raser les murs et à chuchoter par leur société dépourvue de soleil et de joie de vivre. Caisses et ballots passent de mains en têtes, car femmes et gosses portent souvent les charges sur le sommet du crâne. Nos bagages sont entassés sur un taxi collectif.

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Porto Novo et les premières rencontres avec les Cap verdiens

Nous avons le temps de visiter Porto Novo, ce « grand port de débarquement » au sud de l’île, réduit à une jetée de pierres et à deux lignes de maisons le long de la route qui longe la plage rocheuse. Le marché local, un peu plus loin, offre de rares légumes ; des barques à rames ramènent quelques poissons, vite ouverts en deux et mis à sécher au soleil faute de consommateurs immédiats. Âmes en peine, nous errons dans ce délabrement presque caraïbe, la joie en plus. Car les Capverdiens nous apparaissent joyeux de nature ; ils n’ont pas le ressentiment d’anciens esclaves que l’on peut rencontrer dans nombres d’îles caraïbes.

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S’offre à nos yeux le spectacle des gens, je ne m’en lasse jamais. Les petites filles portent des nattes pincées avec des bibelots de plastique coloré, des robes courtes qui leur laissent à nu cou, jambes et bras. Elles marchent pour la plupart en tongs. Les garçons vont pieds nus, en short usé et tee-shirt largement échancré au col par les grands frères ou les bagarres. Tous les enfants ont les yeux brillants et la frimousse pleine. Ils paraissent débrouillards, habitués à vivre en famille et en bande. Hors la pêche (archaïque), le tourisme (limité) et l’émigration (espérée mais contingentée), que vont-ils devenir ? A 35 ou 40 ans, déjà vieux, des hommes nous parlent en français. Ils ont travaillé en Europe et vivent de peu une fois revenus au pays. Mais ils gardent la fierté d’avoir connu un autre horizon et d’autres gens, ce vaste monde que les anciens n’avaient jamais vu pour la plupart. Cette volonté de vivre sans rien refuser de la vie est une vertu que j’honore.

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Nous voici sur la terrasse face à la mer du Residencial Bar Restaurante Antilhas. Il y a une atmosphère particulière des îles à laquelle je suis sensible. Je l’ai trouvée en Bretagne, en Grèce, aux Caraïbes, sur les îles atlantiques et je la qualifierai « d’aérée ». Le vent participe de ce sentiment, bien sûr, par son omniprésence, mais aussi la lumière, l’espace, le goût de l’air sur la langue, son parfum dans les narines. Il est ici un peu salé, chargé d’humidité ; il est ailleurs chargé d’odeur de terre et d’herbe ou de plantes aromatiques.

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L’étendue, sous nos yeux, éclaircit l’esprit, apaise l’âme, comble le regard de son immensité. Plus de limites pour le souffle. Dans les îles, on ne s’intéresse plus aux mêmes choses qu’en ville, au trop proche, au détail. L’esprit s’ouvre comme l’œil, la poitrine et la narine. Tout s’enfle, par mimétisme, le regard, les poumons et le goût de vivre. L’océan infini, toujours changeant, rend l’appétit de tout tenter ; le ciel éthéré, de son soleil impitoyable, donne envie de tout connaître. L’air, l’espace, la lumière, rendent lucide, inspiré, heureux. Lorsque l’œil, alors, accroche le proche, les êtres ou les plantes de l’île, il garde un peu de cet espace en lui, un peu de cette lumière, de cette façon pénétrante de voir, et le goût d’embrasser. Ambiguïté de ce mot « embrasser » qui va du plus proche au plus lointain.

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Après avoir dévoré pain, riz et poisson, nous nous entassons dans un minibus rouge Toyota qui nous conduit à l’orée de la piste randonneuse. Nous traversons en voiture un paysage étrange, presque lunaire, halluciné malgré le soleil vif et le bleu amical du ciel. S’étendent des montagnes à la mer des champs de lave solidifiée, sombres et tourmentés, sans un brin d’herbe ni un tronc d’arbre. Un cimetière s’élève d’ailleurs à un endroit, isolé mais parfaitement à sa place. Parfois, un ru à sec a labouré le sol comme si les pluies si rares étaient d’une violence inouïe. De minuscules ponts enjambent ces ribeiras, bâtis, comme tout ici, avec une minutie de fourmis.

Premiers pas sur les chemins du Cap Vert

Poursuivons le carnet de voyage Cap Vert… avec les premiers pas sur les chemins du Cap Vert, dans les montagnes verdoyantes de cette île, sur les crêtes majestueuses ou encore dans la Ribeira das patas, la vallée des canards…

 

La piste part d’un village aux quelques maisons. Elle sera tout au long un véritable sentier pavé de cubes bien taillés et très jointifs. Du beau travail, financé par les gouvernements de Lisbonne lors des famines locales, jadis. S’étendent à la sortie du village des cultures en terrasse de pommes de terre et maïs, et autres végétaux inconnus à nos yeux.

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Des ânes très chargés de tiges de maïs sont menés par un garçon dépenaillé. Il nous salue d’un signe de tête, beau dans sa nature. Nos pas nous mènent à une grande descente dans le rio, suivie aussitôt d’une rude remontée.

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La montagne se découpe en flèches et clochetons sur notre horizon. Le basalte s’est figé en aiguilles que l’érosion n’a pas entamées. Certaines sont comme des lames plantées verticalement, d’autres rappellent les pignons de maisons écroulées. Nous faisons une pause sous un arbre, allongé sur la pierre, après avoir ri avec une brochette d’enfants.

218cd cap vert gamins san antao.1277112255 Voyage Cap Vert   Premiers pas sur les chemins du Cap Vert

Un col se dresse devant nous, minuscule fente dans la crête montagneuse. La montée pour l’atteindre est dure, mais l’altitude demeure très supportable aux habitués des hauteurs. Le soleil frappe les nuques tandis que l’air se fait plus rare. Mais le vent nous attend au-delà du col. Il nous prend brutalement d’un grand souffle. Nous nous sentons embrassés, comblés. Les filles n’arborent plus cet air chiffonné, les frustrations disparaissent. Vive le vent ! Passées les deux aiguilles de basalte du col, la redescente est aussi vertigineuse que la montée ; il faut se faire à ce relief particulier, ce volcanisme de pierre dure. La piste va en lacets, heureusement assez larges pour faire se croiser deux ânes. Les pierres qui roulent fatiguent les genoux et je suis content d’arriver à la route. Ribeira das patas, la vallée des canards, semble le nom de l’endroit.

218cd cap vert agave tag.1277112155 Voyage Cap Vert   Premiers pas sur les chemins du Cap Vert

218cd cap vert fillette.1277112206 Voyage Cap Vert   Premiers pas sur les chemins du Cap VertLe village où nous bivouaquons ce soir est à quelques centaines de mètres de là. Nous le traversons sous les saluts des gamins à moitié nus. Nous pénétrons dans une maison, montons deux étages jusqu’à la terrasse, et nous sommes à l’étape. Point de tentes sur l’herbe, mais un duvet à installer sur une terrasse. Un bac de thé chaud attend notre soif, avec du pain d’épices. Le temps de se poser, de se changer, d’installer un peu son sac et sa couche, voici que la nuit tombe déjà. Chacun se cale dans son coin parmi ses affaires, reconstituant son petit château fort avec tours d’angles et pont-levis. Bruits de fermeture éclair, froissements de sac plastiques, odeurs de crèmes pour le visage ou de pansements pour les ampoules. Dans un petit enclos de parpaing sur la terrasse, nos hôtes élèvent des cochons d’inde. Ils couinent et se bagarrent pour quelques grains de maïs, grimpant les uns sur les autres en piaillant pour grappiller la nourriture.

La nuit est franchement tombée. Pour apéritif nous prenons le grog, ce punch capverdien de rhum brut et de mélasse aromatisée à l’orange. Ce soir, c’est une bouteille de la production locale des gens qui nous accueillent. Je l’ai trouvé meilleur que celui du restaurant d’hier, moins sucré et mieux citronné. A la lueur d’une seule bougie vacillante dans les courants d’air nous dégustons un ragoût de poulet aux légumes. Divers condiments donnent ce goût chaud et parfumé qui fait toute la différence ; je reconnais l’ail, l’oignon, la coriandre fraîche. C’est un délice. Pommes de terre et patates douces ont été ajoutées à mi-cuisson, l’ensemble a mijoté longuement. Pour ceux qui sont affamés, du riz blanc est servi à part. Les étoiles se dévoilent, innombrables. Nous sommes presque sous les tropiques ! Je vois Orion juste au zénith. La lune n’est pas levée. Un seul chien aboie de temps à autre. Pour un pays agricole, il y a semble-t-il peu de chiens. Il est vrai que, faute d’eau toute l’année, les bêtes sauvages ne survivent pas et que l’élevage est difficile, sauf peut-être de chèvres. Usés de tant de splendeurs, nous ne tardons pas à nous couler dans nos duvets, le visage levé vers les étoiles.

 

Débouché sur la mer au Cap Vert

Notre copain l’âne s’abouche avec son copain le coq pour nous rendre le petit matin infernal. Braiments hystériques, cocoricos obtus, le soleil est loin d’être levé mais les bestioles s’impatientent. La lune en son dernier quartier travers encore le firmament bleu turquoise. Ce n’est qu’un peu plus tard que l’astre rosit les écharpes de nuages qui traînent, très haut.

8dc77 cap vert gamin gamine.1277113169 Voyage Cap Vert   Premiers pas sur les chemins du Cap Vert

Le village finit par s’animer : des femmes partent pour les champs, des hommes rapportent déjà sur la tête des bottes de cannes coupées hier. Les gosses commencent à sortir des maisons, habillés pour la journée : jambes nues et gorge à l’air. Lorsque l’eau est rétablie, vers 8h, à la fontaine publique, des petits garçons se lavent tout nu devant le monde avant de se rendre à l’école. Ce spectacle habituel et naturel n’intéresse même pas les petites filles qui viennent puiser de l’eau.

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Xavier regrette qu’il soit interdit de parler créole à l’école. Le portugais est obligatoire, avec punition pour les contrevenants. Les Français ont connu cela avec les langues régionales au début du siècle. Mais l’émotion fait tout mélanger. Il est préférable de réfléchir malgré la pression du politiquement correct : éducation et identité ne se confondent pas. La famille et le groupe social fondent l’identité ; l’éducation est une instruction qui mûrit, elle ouvre l’esprit à autre chose – peut-être à l’universel. On ne devient pas Chinois parce que l’on étudie la Chine ou la langue chinoise à l’école et, pour un Capverdien, il est utile d’apprendre le portugais. Leur destinée est d’émigrer, au moins d’écouter la radio, de regarder la télé, de voter pour des candidats. Comme il y a autant de parlers créoles que d’îles, on ne voit pas comment sortir du particularisme étroit sans parler une langue commune qui ouvre sur le vaste monde.

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La piste à flanc de colline longe le canyon abordé hier soir. Terrasses, irrigations, roches nues et quelques fleurs composent le paysage : une euphorbe, une sorte de convulvulus, une fleur en grappes jaunes verticales comme un lupin…

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Le chemin débouche brusquement sur l’océan. Rumeur de vagues, de l’eau partout qui descend des champs par les canaux d’irrigation, qui se précipite comme si elle était pressée et joyeuse de rejoindre la mer. Les champs minuscules sont soigneusement plantés de vert tendre. Plantes enfants qui s’étirent au soleil, toutes fraîches du bain, aspirant goulûment les bons éléments nourriciers de la terre. Des gamins leur font échos dans une cour d’école. Un trapiche se dresse encore pour presser la canne et faire chanter les hommes dans les brumes d’alcool. Paysage de falaises et d’herbe rase, odeur atlantique. Notre marche nous fait longer désormais la mer. L’eau est si claire au pied de la falaise que l’on peut compter les gros galets dessous. Poussent au bord du chemin des chardons à fleurs jaunes, des grappes fines de fleurs bleues, des plantes grasses. La piste est pavée comme un chemin inca. Elle serpente à flanc de falaise, elle sinue, monte et descend, dessinant de curieux signes en méandres sur les pentes.

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Pique-nique sous les acacias, vers l’intérieur où le vent ne parvient pas. A contre-jour, avec la végétation qui les couvre, les falaises ont pris une couleur bleu-vert. De près, on reconnaît les longues tiges qui bifurquent à angle droit des « cheveux de sorcière ». Ce sont des plantes sans feuilles aux fleurs groupées en bouquet qui pendent en de longues lianes accrochées entre les roches. La mer nous a ouvert l’appétit. Nous nous repaissons d’une bassine de salade de pilpil au thon, olives, betteraves rouges, tomates, et autres ingrédients sortis des boites et des pots. La tomme apportée de France et la pseudo-mozzarella locale servent d’appoint. Ce fromage local à une consistance caoutchouteuse, comme si les chèvres avaient les pis siliconés.

Nous quittons le bord de mer un peu plus tard devant un étrange terrain de foot installé tout seul sur la falaise. Pas de village en vue, rien que le ciel et l’eau et ces cailloux aplanis pour les pieds nus. Qu’il doit être beau de jouer ici et de marquer des buts face au large, en rêvant d’un vrai stade remplis. Les hourras ne sont poussés que par les corbeaux. Sur un autre promontoire un peu plus loin, un cimetière marin. Le jeu et la mort sont isolés loin des maisons comme s’ils participaient d’un ailleurs mystérieux et un peu inquiétant, de rites religieux. Ballon soleil lancé au ciel à coups de pieds, sommeil éternel creusé dans le roc face au grand large. Ces endroits sont les deux annexes des villages dispersés sur les hauteurs de l’intérieur.

Dans une gorge, nous atteignons le village de Melo de Espania. Il est agricole, escarpé et joliment disposé avec de minuscules champs en terrasse entre les maisons bâties sur les pentes. Une brochette de gosses attend notre arrivée sur l’escalier de l’école où nous devons passer la nuit. Ils nous contemplent silencieusement, les yeux bien ouverts, la mémoire éponge et sans envie. Une mégère engueule copieusement son mari trois terrasses plus haut. Les enfants rient et ne perdent pas une miette de la dispute. Un psychotique adulte délire sur la terrasse de la maison au-dessus, éructant dans un mélange d’anglais et de créole. Pendant cette exhibition une chèvre rit, sarcastique. Les indigènes sont indulgents envers la folie ; ils laissent faire comme on laisse un petit enfant, veillant de loin à ce qu’il ne se blesse pas.

Le punch est fort ce soir et le ragoût habituel est à base de poisson salé – trop salé. Il faut aimer cette cuisine de fond de cale. Nous faisons notre lit sur la terrasse scolaire, sous la lune.

 

Dernier jour au Cap Vert

De la musique a retenti une partie de la nuit dans la maison d’en face, le disco habituel qui remue les corps. Ici, comme en Afrique ou au Brésil, les gens sont pris physiquement par le rythme. Ce matin, l’une des jeunes serveuses de l’hôtel paraît nue sous sa robe. Je suis sûr qu’elle l’est. Ses seins menus pointent sous la toile brute et tressautent au mouvement. On dirait des cabris qui luttent pour se libérer et ces bonds fascinent. Elle a une peau de miel avec cet aspect presque translucide de la jeunesse ; pourtant elle a bien 18 ans.

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L’harmattan impose toujours son voile de poussière sur le paysage. Les avions ne décollent ni n’atterrissent plus de l’île depuis quatre jours. « On » dit que demain les vols reprendront… Ce matin, très tôt, nous avons entendu un bruit d’hélices dans le ciel.

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Après un petit-déjeuner tardif de pain grillé et de chèvre élastique, vamos a la playa sur le coup de onze heures. Pas la plage de la ville comme hier, mais une autre plus sauvage – et même carrément déserte – au bout d’une piste tracée dans un paysage lunaire à plusieurs kilomètres de Mindelo. Rocs noirs, plantes rares que broutent, incongrues, trois vaches, des cabanes indigènes qui se regroupent autour de quelques palmiers. La plage est belle, l’une des rares avec du sable jaune pâle, dans un écrin de rochers noirs usés par l’eau. Flotte dans l’air une odeur d’algues et de sel. L’eau turquoise est fraîche sans l’être trop. Le soleil tape dur et exige vêtements et protection lorsque nous ne sommes pas dans l’eau.

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Nous pique niquons de « pan bagna » à composer soi-même sur la plage. Xavier se contente d’ail et d’huile dans son pain : un peu fort pour moi qui rajoute des tomates. Il nous invite à rendre visite au volcan qui se dresse tout près de là. « Tout près » est d’ailleurs vite dit. Il faut arpenter les champs de lave solidifiée, se tordre les chevilles dans les scories où ne poussent que les coloquintes d’âne. Une demi-heure plus tard nous abordons les pentes du volcan, pierrier glissant où deux pas en avant sont payés d’un pas en arrière avant d’atteindre le roc solide. Au sommet s’ouvre la récompense : le cratère. Au fond, les visiteurs locaux ont tracé leur prénom à l’aide de pierres alignées. On peut lire Aldida, Deniza, Jesus, Nelson, et ainsi de suite.

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De retour à la plage, nous reprenons les aluguer (« à louer »), le nom des taxis ici, pour rentrer à Mindelo. L’apéritif est pris sur la terrasse de l’hôtel et réunit progressivement tout le monde pour une discussion impromptue. Il paraît qu’il y a déjà des danses dans la ville. Chacun choisit le poisson qu’il veut entre morue, thon et garupa, du « poisson rouge » selon Xavier, et qui se révèle dans l’assiette… un rouget !

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Quelques personnes du groupe sont allées dans les bars avant de se coucher. Au Café Musique se donnait une « nuit exceptionnelle » avec chants et danses de groupes dans le vent, gays et travelos pour faire américain branché. Il y avait un « grand spectacle », des « peintures de corps », c’était le carnaval et le « cabaret sauvage » ! Encore une fois « la fête », la fiesta permanente avec ses trémoussements, ses battements, ses cadences, entre euphorie physique et hébétude sexuelle, dans un bruit immense et des rythmes effrénés. Il s’agit de « s’éclater », d’oublier tout présent et toute individualité pour fusionner dans le rythme et avec la foule, dans un dérèglement de tous les sens.

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L’ATR 42 pour Sal, tiré par ses deux hélices ronflantes, décolle inexplicablement à l’heure, sept heures, instant où le soleil se lève. Plus de brume, pas de retard, vol sans histoire – il est toujours futile et vain de s’en faire à l’avance ! Nous apercevons l’astre émerger de l’horizon au décollage, d’abord pâle comme une lune dans les nuages du lointain, puis luisant comme une pièce d’or, enfin vermeil liquide, en fusion, vite insoutenable à l’œil. Sal la désertique s’étend sous les ailes, 6500 habitants.

FIN du voyage au Cap Vert.



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A propos de l'auteur

Voyageur aux semelles de vent, curieux du monde et de ses habitants.Explorateur des pays, des questions et des humains, épris de liberté et d’anti-privilèges, amoureux des êtres et des chats. Centres d’intérêt:Trekking et voyages, archéologie, économie politique, voile, cuisine en gourmet, littérature et philosophie, histoire toujours, un peu de poésie et les amitiés précieuses.___________________________________________________________________________ Découvrir le blog : Explorer le monde et les Idées

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