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Cyclotourisme France : découvrir les Causses et les Cévennes à vélo

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Cyclotourisme France : partons à la découverte des Causses et des Cévennes à vélo…

Je viens d’apprendre que les Causses et les Cévennes ont été distinguées et figurent maintenant au patrimoine mondial de l’UNESCO. Le départ est fixé pour une balade dans cette région le samedi 11 juin 2011, vers 14 heures. Le paquetage étant le même que la dernière fois, même si la durée n’est pas de quatre mois, il me faut emmener le même matériel.
Parti de Magescq dans les Landes, j’enfourche mon vélo attelé d’une remorque mono roue prêtée par un copain pour la circonstance en direction de Peyrehorade par le chemin de saint Jacques de Compostelle, (alors qu’habituellement j’emprunte la route de la chapelle de Gourby et saubusse par la D423. Arrivé à saint Pandelon, je m’arrête devant le château des évêques pour récupérer mon souffle (déjà 1h de trajet), la route devient sinueuse et vallonnée jusqu’à Peyrehorade (pierre trouée), ville dominée par une motte féodale couronnée d’une tour en ruines.

 

Changement de décors. Ici, il n’y a plus de pins maritimes. Sur le bord du gave, le château d’Aspremont (appelé aussi de Montréal des vicomtes d’Orthe) avec ses écuries en demi-cercle en face est majestueux. Je longe la D29 par la minoterie pour parvenir à Sorde l’abbaye. Cette petite bourgade abrite un monastère, une vielle église (dans laquelle on trouve dans l’abside une jolie mosaïque) des anciens thermes romains, et des vestiges préhistoriques d’époque magdalénienne.
Je quitte le chemin de St Jacques de Compostelle pour la D329 puis la D29 parallèle au gave de Pau. La route est bordée de vergers de Kiwis et de pommes à hauteur de Lahontan, cette petite route est agréable seulement en week end car il y a des carrières et le flux de camion est important. A berenx, une jolie demeure est au bord de la route surmontée d’une tourelle. Je continue cette petite route pour arriver à Salles Mongiscard Biron sapourenx, et Maslacq. Là, on change de registre : petite couronne, grand pignon et je me mets en position pour affronter la pente qui mène au village-rue de lagor, altitude de 177 mètres, construit sur une motte féodale du IX ° siècle, fief protestant jusqu’au XIX° siècle tout comme Orthez. Dans les années 1950, le village qui jusque là avait une économie essentiellement agricole, s’est transformé lors de la découverte du gisement de pétrole et de gaz. Avant d’arriver à Lagor, le panorama sur ce site industriel aujourd’hui en mutation est visible. La chaîne des Pyrénées se dégage du Pays Basque jusqu’à la Soule. Le temps devient orageux en vallée d’Aspe, l’Ossau est magnifique. J’arrive à Pau en début de soirée en ayant parcouru 120 km sur 5 h30 de trajet. Je monte au quartier du château en passant par la petite côte du moulin. Ouf ! me voilà arrivé.
Aujourd’hui, dimanche, je dois rejoindre un copain de bagnères de Bigorre qui doit me mener à Trie sur Baïse. Pour sortir de Pau, je roule le long du boulevard des Pyrénées, le parc Beaumont pour redescendre à Bizanos par le circuit de Pau. De là, Idron, Lée, Ousse, Artigueloutan, Nousty par la D213 puis par le bois de Benejacq la D212, à partir de Nay, et la D152 dans le bois de Lourdes pour finir.
Je le rencontre à la sortie de Lourdes, comme convenu, sur la piste cyclable qui est parallèle à la N21 et à la D13. Je lui indique que je souhaite prendre la route des ardoisières de saint Créac et Juncalas. Cette route est bien plus agréable que la D937 et passe par un col à 708 mètres, une petite grimpette que j’apprécie. Arrivé dans les environs de Bagnes de Bigorre, on file par la D8, le relief est plat, et moins d’une heure après, on se trouve à Tarbes, ville industrielle, connue pour ses fontaines, ses jardins (avec notamment dans le parc Massey une partie du cloître de l’abbaye de St Sever de Rustan) le haras national créé par Napoléon en 1806. Il est déjà 17h, il est grand temps de partir d’autant qu’il ya quelques coteaux à traverser. Dès la sortie de Tarbes, mon copain retourne sur Bagnères de Bigorre. Le ton est donné avec
La côte de saint Roch, Pouyastruc. De là, un joli panorama sur Tarbes et la chaîne des montagnes avec le pic du Midi de Bigorre, le Néouvielle, et le plateau vallonné de Lannemezan. Les côtes de Sarrouilles, Boulin, Lizos, annoncent les plissements géologiques du Gers, connu pour sa gastronomie pour les uns et pour les cyclos, réputée pour ses pentes raides, ses paysages verts et ses petites routes tranquilles. Arrivé à Chelle-debat j’entends tinter les cloches de l’angélus. J’arrive enfin à trie sur Baïse où je me dirige à la sortie du village sur le parc municipal arboré de chênes, platanes et sapins. Je dépose ma remorque et mon vélo dans le fond du parc à l’abri des regards et fait une visite rapide de la bastide, histoire de trouver de quoi manger. Il n’y a qu’une pizzeria mais cela me conviendra. Cette jolie bastide du XIV° est pourvue d’une halle monumentale, de plusieurs tours et de vieilles bâtisses. Cette ville comme tant d’autres dans cette région, est né d’un contrat de paréage, d’exploitation de la terre, pacte signé entre les futurs habitants et les seigneurs des alentours, lesquels se répartissaient les droits féodaux déposés par les paysans. En pleine nuit, l’orage gronde, et une pluie diluvienne se déverse sur ma tente jusqu’à l’aurore, annoncée par un coq bien matinal. Je décampe rapidement et cache mes affaires et mon vélo en contrebas dans le fossé qui longe la Baïse, le temps d’aller chercher du pain et quelques provisions. Aujourd’hui, je dois rencontrer mon co voyageur, Jean Michel, cyclo de la Gironde, au camping de Boulogne sur Gesse. J’ai le temps de flâner aux abords du lac artificiel de Puydarrieux, réserve ornithologique avec des grues cendrées, canards, oies, sarcelles, courlis cendrés, hérons, tadornes de belon, Une libellule papillonne au raz de la surface, à la recherche de nourriture. La halte s’achève et je reprends pour parvenir à Castelnau Magnoac en haut d’une colline, ce qui permet au passage d’admirer le paysage sur la vallée de la Save, et les vallons de Masseube, et l’ancienne voie romaine la « ténarèse » qui part d’aiguillon pour rejoindre la vallée d’Aure.
J’aperçois la route qui nous mènera demain dans les monts d’Astarac et la vallée de la Gimone (circuit V1), mais aussi le circuit des ruisseaux, itinéraire fléché par la Fédération de cyclotourisme (V3. Castelnau Magnoac est un joli petit village perché à 385 mètres d’altitude avec une place agrémentée d’un joli bassin fontaine, d’une collégiale coiffée de deux clochers dont les toits sont de travers. Le Gers est un lieu de résistance pendant la dernière guerre comme en témoigne le monument aux morts. IL est une heure lorsque j’arrive à Boulogne sur Gesse. L’église est ouverte, ce qui me permet de regarder les fresques, et l’orgue qui est superbe. Je m’attarde auprès du lac en attendant de voir passer un cyclo voyageur, mais rien à l’horizon.
Je mange au snack avec des gens du cru qui « tartaillent » sur la dernière foire au bétail, sur la saison à venir et sur les nouvelles des gens du pays, le tout accompagné de rasades de vin et d’Armagnac. Je file au camping municipal. Jean Michel n’est pas arrivé. Il n’y a d’ailleurs personne. C’est souvent le cas dans ce camping. Je m’installe bien en vue et entame une petite sieste. Ce n’est que vers 16 h que mon co équipier débarque, retardé par les « festayres » de Vic Fezensac. Il installe sa tente sur le même emplacement pour réduire le prix de la nuitée. Le lendemain matin, il n’y a toujours personne à l’accueil et nous glissons le chèque sous la porte avant de repartir en direction de Lunax, par la D41, route de crête qui doit nous conduire à Simorre. On s’arrête en cours de route pour prendre des photos et on prend le temps de discuter. Le paysage est grandiose et la vue sur la propriété qui est sur la rive du lac de la Gimone vaut le coup d’œil. Ici, les parcelles sont délimitées par des chênes, et le paysage est coloré par les cultures de blé, orge, maïs, seigle, et tournesol. Arrivé à Lunax, une demeure dont la façade ancienne est délabrée possède à l’entrée deux énormes statues. On s’y arrête un moment. On bifurque sur la D12 pour visiter Simorre. Cette bourgade, édifiée sur le terrain d’une ancienne abbaye bénédictine, rayonne grâce à son activité marchande. L’église construite initialement au XIII° siècle a été remaniée par Viollet le Duc en forteresse est visible de loin. Nous nous installons sous la halle, et un petit tour dans les ruelles nous fait découvrir de jolies maisons anciennes (maison marre du XVI°, maison Perron du XVII°, et autres maisons avec fenêtres renaissance. On arrive sur une place bordée de « mirandes », maisons avec de grandes ouvertures orientées au sud prévues pour faire décher les grains, la laine, et le lin (il ya encore beaucoup de lin sauvage le long des routes). De simorre, on file sur Sarramon et au bord de la route, on remarque certains pigeonniers, patrimoine et tradition du cette région. A présent, la route est bordée de noyers d’Amérique. Jean Michel est largué depuis un moment et je repars à sa rencontre. Une crevaison l’a retardé d’un quart d’heure, mais on n’est pas limité dans le temps d’autant plus que le ciel est bleu et que les routes qui longent la Gimone sont tranquille.
C’est à Mauvezin que la place principale est formée de « couverts » (ce qui me rappelle Mirepoix). La D928 nous amène vers 14 heures à Beaumont de Lomagne sous une chaleur écrasante. Le camping est situé au bord de l’étang.
On fait la première lessive, les provisions, et les réparations et réglages nécessaires sur les vélos de manière à être optimum le lendemain. En fin d’après midi, on fait un tour au village de Beaumont de Lomagne, bastide royale avec en son milieu une halle gigantesque fondée au XIII° siècle, est bordée de « couverts », maisons commerçantes, et aux détours dans les ruelles on aperçoit quelques vielles maisons et hôtels particuliers. On prend des photographies. ambiante en on entre dans l’église fortifiée dont le clocher de l’église me fait pense un peu à Toulouse et le clocher de l’église St Sernin, et profitons un instant de la fraîcheur conservée par les murs très épais et par le fait que l’église est en dessous du niveau de la place, peut–être pour permettre de maintenir une température hiver. Malgré un coucou qui interpelle sa compagne toute la nuit, des grenouilles qui croassent dans l’étang jouxtant le camping, la nuit est paisible. On se dirige à contre cœur sur la D928 et à hauteur de Larrazet, on aperçoit le panache blanc de fumée de la centrale nucléaire de Golfech. Je m’arrête pour photographier un énième pigeonnier et c’est à Montech où on fait une halte au bord du canal latéral de la Garonne (que de bons souvenirs…) Après avoir traversé le Tarn, on bifurque à l’aveuglette vers l’Est en direction de saint Nauphary. Zut ! c’était un peu plus loin…on est quitte pour monter par la R1 puis VC2 sur le Fau, Poulidets, pour rejoindre la bonne route, ce qui nous épargne pas d’un petit dénivelé sur une route, certes ombragée de chênes et châtaigniers, mais suffisamment raide pour continuer à pied. Ici, on quitte le bassin de l’albigeois, composé de sédiments, de calcaires argilo sableux et des calcaires lithographiques et poudingues.
Où est Montclar du Quercy ? Il n’y a pas beacuoup d’indications sur cette route. De plus, Jean Michel se fait piquer par un frelon ! Vite, vite, un peu de miel sur la piqûre…on est déjà fatigué. Un arc-en-ciel se déploie dans le ciel et le ciel se modifie rapidement. A la Salvetat Belmontet, on fait la pause dans un bistrot le temps que la pluie cesse. Après la pluie, c’est le vent.. le pire ennemi du cyclo. Nous n’avançons plus et n’avons parcouru que 70 Kms et il nous en faut faire le double pour arriver à Cordes sur Ciel ! On parvient en haut d’une colline à Monclar du Quercy, le paysage a totalement changé. On décide de passer par la vallée de la Vère à partir de Puyceli sur la D964 pour atteindre Bruniquel, petit village médiéval perché dans la falaise. Cette falaise est formée de calcaire du Jurassique
J’y ai souvenir d’y avoir joué un concert dans la grande salle du château..mais il y a bien longtemps. Le château de Bruniquel, construit en pierre jaune, daterait du XII° et a subit une guerre de religion au cours du règne de Louis XIII. Un des deux châteaux a été détruit. Au pied du village, un artisan verrier souffle le verre à « l’ancienne » avec une longue
Et si on prenait la route qui mène à la forêt de la Grésigne ? (Je ne la connais pas…) Jean Michel n’y voit pas d’inconvénient d’autant plus que cela contourne le nuage menaçant au dessus de nous. Le détour se mérite par une montée de 9 Kms sur une route pleine de gravillons. Ce qui laisse le temps de regarder les formations molassiques tertiaires de l’Eocène dans lequel on trouve généralement des fossiles. Plus loin, des carrières exploitent les sédimentations palustres de calcaires blancs et là, c’est l’endroit rêvé pour les chercheurs de cailloux (je veux dire de fossiles..) mais ceux ci n’ont pas grande valeur marchande car bien qu’en bon état, ils soient « récents » (époque tertiaire)
On traîne les vélos (pour ne pas crever…cela est une bonne excuse) et un panorama grandiose s’offre à nous entrons Saint Paul de Maniac et Ste Cécile de Cayrou.
Une immense forêt de chênes rouvre et pédonculés, de charmes, riche en faune qui domine le pays à une altitude maximum de 462m (truc de montolieu. Formée de grés triasique et permien, elle est au niveau géologique, le dôme du prolongement terminal vers le sud de la grande faille Villefranche-Najac. (En bref, c’est un prolongement du massif central.)
Etendue sur plus de 3500 ha, plus de 110 espèces d’oiseaux y ont été recensés, une soixantaine de mammifères connus. Cela valait vraiment le détour !!!
La descente sur St Beauzille se fait à petite allure car on hésite entre deux routes. ..et bien oui ! C’était la petite sente bien raide, à gauche, sur le pâturage fleuri. Mais il n’y avait pas d’indication ! Que faire ? On remonte ? Non, on se laisse glisser jusqu’à Vieux et on cherchera un camping à partir de là. Vieux est un joli petit village avec une tour gothique du XIV ° siècle, vestige de l’ancien monastère. Il est 18 heures, on a déjà parcouru 118 Kms et on peut bien aller jusqu’à Cordes, non ? On n’a plus que deux coteaux à passer. Finalement, on prend la D26, petite chaussée tranquille sur laquelle on peut circuler de front et se motiver. On arrive enfin à Cordes sur Ciel vers 19 heures mais il nous fait aller à « les cabannes » pour dénicher une aire de camping. Il se fait tard, on monte vite la tente, laissons les bagages à l’intérieur pour reprendre les cycles pour faire un tour à Cordes. On rentre à la tombée de la nuit. Le lendemain, c’est repos ! On a 3 kms à faire à pied pour se rendre à Cordes sur Ciel. Le village est situé sur une petite colline façonnée. De somptueuses maisons d’époque « gothique primitif » aux façades de grés rouges ou gris richement décorés, les pierres soigneusement assemblées, décorent la cité. Les sculptures sont originales, détaillées, et en bon état. On remarque avec Jean Michel que beaucoup de maisons sont laissées à l’abandon, ou sont à vendre. On fait le tour des remparts qui offrent une magnifique perspective sur les vallées avoisinantes. C’est superbe ! Les environs de Cordes sont connus pour les gisements fossilifères importants
On consacre notre après midi à faire des provisions, de la lessive et se reposer. Au cours du repas, un lièvre furtif apparaît mais je n’ai pas le temps de saisir mon appareil photo que le voilà déjà terré au fond du champ. Un écureuil grimpe sur le chêne et attend patiemment que l’on a fini de manger pour grignoter les miettes. Le lendemain, on ne sait pas vraiment par où passer, d’autant plus qu’à la sortie du village je casse ma chaîne, ce qui fait retarder d’une dizaine de minutes la marche. On est maintenant orientés vers le plateau calcaire de Virac,(D7) on prolonge par Labastide Gabausse, Taix (D3) on passe au-dessus de la piste cyclable d’Albi à Carmaux, réalisée sur une ancienne voie ferrée, puis la D25 PAR Valderies et son dolmen au bord de la route, routes pittoresques isolées, étroites, et bombées, ce qui accroît notre vigilance. La D903 nous conduit jusqu’à Réquista (lieu riche), ville deus fois incendiée, nous sommes privés ainsi de vestiges anciens. On aperçoit de loin sur un éperon rocheux le fort de Brousse. Un vieux pont enjambe l’alrance (et non le Tarn comme on le pensait initialement. C’est un village étape pour le chemin de Saint Jacques de Compostelle. On est sur la D902 au lieu de la D200 qui lui est parallèle…qui a la carte routière ? On retourne ? Il est trop tard pour retourner et la D150 est déjà passée. On emprunte une petite toute sinueuse et raide pour parvenir à un col qui devrait logiquement nous conduire dans la bonne direction, l’endroit est tellement isolé que nous ne parvenons pas à rencontrer personne pour nous renseigner. Les pâturages à brebis sont vallonnés et entourés de châtaigniers. On débouche sur un petit village typique et certainement très ancien de Calmes et le Viala en bordure du Dourdou, un ruisseau traversé par un pont sur lequel on s’arrête pour regarder les truites argentées. Jean Michel regrette de ne pas avoir amené sa canne à pêche ! . On interpelle un cylosportif pour nous indiquer la bonne route. On n’est pas très loin pour rejoindre le bon itinéraire. Arrivé à saint Affrique, le camping est sous les tilleuls, en zone inondable, sur une terre argileuse. Jean Michel surveille les affaires tandis que je vais faire mes emplettes, téléphoner et faire un tour à pied. Histoire de se dégourdir les jambes car après avoir parcouru 107 Kms, cela détend un peu. Le programme du jour est les gorges du Tarn. On grimpe sur Millau et passons sous le viaduc de Millau haut de 343 mètres et long de 2460 mètres. Impressionnant ! On arrive à Millau par la voie sécurisée prévue pour les cyclistes. Millau est une ville connue pour la confection de gants, on passe sur un nouveau pont, l’ancien ayant été détruit partiellement et sur lequel une » maison de l’octroi » subsiste. Un haut beffroi domine la rue commerçante. A l’extérieur de la ville, à 1 km au sud, des fouilles archéologiques ont mis au jour les fondations d’un village de potiers datant du 1er siècle de notre ère. Le sol est en effet composé d’argile, le Tarn offrant l’eau, et le bois des Causses devait alimenter le four des potiers. Le Tarn prend sa source sur le Mont Lozère à 1575 m d’altitude. Le sous-sol des causses est formé de calcaires, de marnes. Les vergers abritent des cerisiers, des abricotiers et des pruniers. Déjà apparaissent les panneaux indiquant les descentes en canoë kayak, le rafting, les via ferrata. On entre dans les gorges par le château de Peyrelade, vielle ruine perchée à côté de Le Rozier. Le cirque de saint Marcellin, à droite nichée dans la falaise du causse de Sauveterre, le château de Blanquefort, le village les vignes puis le pas du souci. Le belvédère est payant mais la montée vaut le détour. Vue imprenable sur le causse Mejean, le causse noir et le causse du Larzac. Le point Sublime, les détroits, le cirque des beaumes, le château de la Caze du XV° siècle, doté de deux tours rondes et deux tours carrées, converti en hôtel de luxe, le cirque de Pougnadoires et en face, le cirque saint Chely. Je prends beaucoup de photos de cette vallée très jolie et aux falaises impressionnantes, desquelles on aperçoit des nids d’aigles et de vautours fauves, vautours moine, buses. De très jolis villages de pierres sèches avec des toits en lauzes se fondent dans le paysage. Les ruines de Hauterives ont été remontées pierre par pierre pour donner un ensemble de maisons qui donnent l’aspect du village d’antan. Un treuil alimente le village car apparemment il n’y a pas d’accès routier.
Le temps se gâte, il est grand temps de partir sur Sainte Eminie au mini camping un peu spartiate mais pas loin du village. On y plante la tente juste à temps car l’orage éclate. Une petite visite rapide de la ville une fois la pluie calmée. Les gens du village font cuire un porc au milieu de la place, le village présente quelques belles maisons, mais rien de comparable avec Cordes. Une échelle des crues mentionne la plus haute dans les débuts des années 1900. Au petit matin, je prends un petit peu d’avance sur Jean Michel car la montée est rude pour accéder aux causses de Sauveterre. Je fais de belles photos en attendant Jean Michel en haut des gorges, et comme la route est en pente, j’ai calé la remorque avec une des chaussures. Un habitant du coin s’étonne de me voir passer sur cette portion de chemin utilisée habituellement que par des riverains. Peu après, un panneau indique de ne pas jeter de détritus (le paysage est si beau que cela ne me viendra pas à l’idée)
On parvient à 985 mètres d’altitude par une corniche étroite escarpée et sinueuse vertigineuse par endroit (D998. On est au-dessus des gorges du Tarn et le panorama est saisissant. On est dans la Lozère, paysage sauvage préservé fait d’un plateau calcaire de 55 000 ha, avec 4 habitants au kilomètre carré, de pâturages fleuris destinés aux brebis et parfois de petites cabanes de pierres sèches sont sur le bas côté, des saloirs à fromage ou des abris pour les pâtres. Laval du Tarn : Une bergerie caussenarde de caractère reconnaissable à son escalier extérieur et ses petites fenêtres encadrées de pierres et ses voûtes de portes en ogive en pierres sèches. Comment le toit tient-il ? Il n’y a pas de charpente ! Mystère….
On fait la pause avant de redescendre sur le sabot de Malepeyre, une curiosité géologique façonné par le temps, le vent et l’eau. Les buis, le genévrier sont les seuls arbustes qui subsistent dans ce milieu hostile. De loin, on y aperçoit des combes (dolines) où la terre semble plus fertile, vu que l’herbe y est verte. Il fait très froid, 6°C pour un mois de juin, ce n’est pas banal ! Une halte mécanique s’impose car les freins ont un peu chauffé dans la descente. La particularité de la Canourgue est que certaines maisons sont construites au-dessus du canal. Une belle tour ornementée d’une horloge sonne 9 heures. On a parcouru 32 kilomètres, ce qui nous laisse le temps de visiter un peu le village et faire les provisions de nourriture. L’église du village est du XIII° siècle est singulière. La source du Lot est près d’ici et on décide de côtoyer le Lot par la D45 et D202 jusqu’à Saint Saturnin de Lenne où on s’arrête pour déjeuner sur une grosse pierre plate qui fait office de table et sur des cailloux qui servent de banc. (Au moins, on ne leur volera pas le mobilier urbain…) On accède au bourg médiéval de Sainte Eulalie en Olt par un beau raidillon ( D2) C’est un village qui ne manque pas d’humour : Il y a des pantins de carnaval au pied des maisons. De beaux édifices composent le village avec notamment deux maisons de maître particulièrement riches. L’appareil photos crépite. On regagne les bicyclettes pour aller s’installer pour la nuit à Saint Côme d’Olt. Le propriétaire du camping a bien un faible pour la bouteille et nous propose de trinquer avec lui. A quatre heures de l’après midi sous une chaleur de plomb. Il est vraiment serviable, gentil et attentionné mais un verre d’eau nous comblera aisément. Le camping, d’ambiance familiale, situé en bordure du Lot, est accueillante et paisible. Les gens qui y séjournent sont en majorité étrangers. L’un d’eux arrive avec un engin à trois roues muni d’un petit moteur de mobylette. C’est bricolé ou c’est un véhicule des pays de l’Est ? Bien curieux… Aujourd’hui, c’était une petite journée de 80 Kms. Jean Michel regarde attentivement le Lot au-dessus du vieux pont et repère des truites et autres poissons dont certains, il est vrai, sont bien nourris. La visite du village se fait à pied, tranquillement. Nous n’avons pas le temps de nous rendre au site géologique de la coulée de lave situé quelques kilomètres à l’entrée du village.(Les Monts d’Aubrac ne sont pas bien loin d’ici…). Il est 7 heures, on est prêt et le convoi s’avance doucement en suivant le Lot, pénétrons dans Espalion par un vieux pont, les façades des maisons donnant sur la rivière et en bout de chaîne un vieux palais renaissance restauré par la Caisse d’Epargne. Le tout forme un ensemble architectural harmonieux et pittoresque. La voie s’élargie et nous porte vers Estaing, dominé par un majestueux château bâti sur une butte, chapeauté d’un donjon. Le village entoure le château et à la sortie du village, en se retournant, une vue magnifique avec en premier plan le vieux pont gothique qui enjambe le cours d’eau et en arrière plan, le village et son splendide château. A la sortie du village les gorges se resserrent et le paysage est ravissant jusqu’à Entraygues, au confluent du Lot et de la Truyère entre deux versants verdoyants (avec une assise de calcaires du Jurassique de l’ère secondaire et déjà un ensemble de roches métamorphiques cristallines de l’ère primaire d’où la présence de micaschistes. On est bien entre deux couches géologiques. C’est encore par un pont gothique que l’on franchit le vieux quartier du village. On s’arrête pour acheter du pain d’épices, notre carburant quotidien, quelques figues séchées et je prends de l’avance par le côté droit du village tandis que Jean Michel me rejoindra plus tard par une autre route. Après neuf kilomètres de montée par un joli paysage verdoyant et bercés par les clarines des vaches et des brebis (D904 puis D42). Beaucoup de châtaigniers et de noyers. Les champs qui ne peuvent pas être cultivés servent de pâturages pour les vaches, mais aussi pour les ruches. Ici les abeilles sont tranquilles. Les haies bocagères départagent les champs. Les cultures fourragères en pente sont importantes dans le secteur.
On cherche sur la carte l’itinéraire pour rallier Conques. On est actuellement sur la via Podiensis et on continue sur le même chemin par Senergues et Conques.
Il fait très chaud, on est fatigué et une erreur d’inattention de mon co équipier fait qu’il arrive à toute vitesse sur la remorque de mon vélo, qui, sous le choc, se plie. L’axe de roue arrière du vélo a cédé, le hauban arrière droit est plié, l’attache remorque aussi, le phare arrière, et autres accessoires explosent et Jean Michel gît sur le sol, conscient mais ensanglanté. « C’est la fin du voyage ! » ( En tout cas, cela sera un « tournant « décisif) A ce moment accoure le paysan de la ferme voisine qui nous vient en aide (quelle bonté de venir nous secourir sachant que l’on est, il est vrai, un peu isolé). On charge tout le matériel dans la fourgonnette, et on débarque chez lui. Son épouse, attentionnée, soigne les plaies mais cela n’est pas de bon augure. Il est encore un peu évasif et ne comprend pas qu’il a eu un moment d’absence. Certainement la fatigue et la chaleur. Monsieur, lui, en bon bricoleur, répare la remorque avec le matériel adéquate, on démonte certaines pièces pour les remanier. Il a le coup de main et après une heure de patience, il remonte le tout afin que nous puissions continuer notre aventure. Michel me fait remarque le passage s’appelle le « Poteau », et qu’il s’en souviendra. Ceci dit, on s’en sort bien et la chance est avec nous mais le cœur n’y ai plus après cet incident. Toujours sur le chemin de saint Jacques de Compostelle, on partage la table de pique nique avec un pèlerin allemand qui nous explique avoir déjà beaucoup marché et nous montre son carnet avec les empreintes des gîtes et refuges qui l’ont accueilli. Le village typique d’Espayrac, à une altitude de 340 mètres, sur le GR65, est accolé au versant verdoyant en forme de corbeille. Ici confluent trois ruisseaux (appelés ici les trois dazes) qui se jettent dans le Lot. Espeyrac n’est pas un village connu et pourtant au lieu dit « Cabanel » il a été extrait dans les années 1950, trois tonnes d’uranium. Jadis, Espeyrac possédait deux châteaux forts dont l’un d’eux a été détruit à la place actuelle de l’église. De l’autre château il ne reste à ce jour qu’une tourelle. En cours de chemin, en remarque un vieux saloir à fromages, des ruches. C’est en fin d’après-midi que l’on descend par le site de bancarel sur Conques, une vue merveilleuse sur le village de Conques après 62 Kms seulement. A l’entrée des panneaux indiquent « un des plus beaux villages de France », « inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO », »ville étape du chemin de Saint Jacques de Compostelle » « site remarquable de la région Midi Pyrénées » On lambine dans les rues commerçantes, les ruelles étroites, les sentes rustiques et bien entretenues. C’est par la rue Charlemagne que l’on atteint le camping. Celui ci est près du Dourdou, rivière poissonneuse qui prend sa source à Lassouts et se jette à quelques kilomètres de là, à Grand Vabre dans le Lot. On installe la tente où l’emplacement bénéficie d’une table de pique nique. Ne tardent pas à s’installer deux jeunes baroudeuses qui changent de terrain effrayées par les nids de guêpes dans le sol. Jean Michel regarde le ruisseau attentivement …il y a du poisson! (au menu de ce soir ?) Non, on se contentera de nouilles chinoises, de riz au lait, de gâteau de noix, de roussolles (sorte de pâte sablée en forme de chausson aux pommes) le tout agrémenté de pruneaux et d’abricots secs. Peut-être commander une pizza pour ce soir ? On s’endort tôt, fatigué de la journée.

Le matin on visite l’abbaye sainte Foy, avec son tympan, joyau de l’art roman qui développe le thème du jugement dernier. Et puis, le cloître avec en son milieu un bassin sculpté dans de la serpentine. Nous ne verrons pas le trésor car on juge le tarif excessif…et puis on se pose tout de même la question de savoir pourquoi ils ont amassés autant d’objets d’orfèvrerie d’apparat alors que le peuple vivait à cette époque dans la misère ? Au XII° siècle, l’abbatiale a été construite, un édifice imposant d’art roman décoré de nombreuses sculptures. Conques est une ville fortifiée avec un mur d’enceinte, un emplacement stratégique, plusieurs portes défensives (porte du Barry, de Vinzelle, porte de fer, et tour d’enceinte. De nombreuses fontaines (fontaine de Fumouze, du Barry, du Palais, du Plô), un four à pain, le séchoir à châtaigne, des greniers ainsi que des champs en terrasse permettaient à la ville de supporter un assaut pendant longtemps. On retourne manger au camping. L’après midi, je remonte au village pour prendre quelques photos. Le petit déjeuner aveyronnais étant composé de charcuterie, on ne se sent pas capable d’avaler ce genre de plat en début de journée. Ce coin est comme dans la Lozère, envahi de reptiles (serpents, lézards verts) et il n’est pas rare de les rencontrer sur le bord des fossés. La descente sur grand Vabre est agréable. C’est là que l’on reprend le Lot, avec dans ses plaines alluvionnaires des champs de maraîchers. Une ancienne tannerie témoigne d’une époque industrielle dense dans la région (Decazeville est proche) Arrivé à Capdenac, j’attends Jean Michel pour lui indiquer la bonne direction mais il continue et atteint Capdenac Haut par la D210 alors que c’est une portion dangereuse. On en profite pour visiter la forteresse, les murailles d’où on aperçoit un joli point de vue sur Capdenac gare, et les vieilles bâtisses, faites de calcaires gris et blancs Il est indiqué une fontaine gauloise et une fontaine de César. Au lieu de s’orienter vers Figeac, la D21 nous fait serpenter le Lot en longeant la voie ferrée désaffectée. Les calcaires et les grés sont ici rougeâtres. A deux pas d’ici, il y a une ancienne carrière de phosphate et de chaux. A larnagol, je m’arrête sur le D662 pour prendre une photo du village fortifié. En face, le château de Genevières et en En fin d’après midi, on est à saint Circq Lapopie, estampillé « un des plus beaux villages de France », du fait de son emplacement en haut d’une falaise, situé sur le chemin des Brigands, en face d’un château avec en haut du village une église gothique colossale. On ne s’attarde pas car il nous faut trouver la route de la forêt de Monclar dans la vallée du Célé en vue de visiter la grotte de Pech Merle et d’y trouver un coin paisible pour y dormir. On s’installe à Cabrerets au pied des grottes préhistoriques. Le tonnerre gronde mais on est épargné par la pluie. Jean Michel ayant mangé à côté de la tente, un petit mulot se faufile pour manger les restes. On l’examine pendant quelques instants, perplexes, mais c’est apparemment le seul rongeur dans les environs. Voilà que débarque une colonie de vacance ou plutôt un camp de jeunes catholiques préparant leur communion solennelle. Encadrés par des prêtres en civils, des parents ils ont promis de ne pas faire tarder leur veillée après 22 heures…promesse tenue ! Dès leur arrivée, Jean Michel se précipite vers les douches avant les autres, le premier arrivé sera le premier servi. On a parcouru aujourd’hui 110 kilomètres et ce, malgré les problèmes mécaniques dûs à l’incident. Pour ma part, avec l’axe cassé (j’en ai un en stock dans la remorque) je fais souvent craquer les vitesses, sauter la chaîne, et j’ai la crainte que toutes les billes de roulement ne s’éparpillent sur la route. La visite de la grotte dure une heure et est riche de fresques et de d’objets laissés par les hommes il y a 25 000 ans. Le musée expose les différents outils utilisés à cette période, les squelettes d’animaux, et présente les circonstances de la découverte de cette grotte. On choisit des cartes postales. A la sortie de cette visite inoubliable, on passe par le château du diable pour accéder à Sauliac sur Célé par la D4…mais voilà que mon vélo tombe de nouveau en panne. La chaîne ne supporte plus des sauts et le fait que la roue libre se déplace en travers continuellement. Comble de malchance, je croise la chaîne ce qui fait qu’il faut que je pédale à l’envers pour avancer. Je pose la question à jean Michel : « c’est si fatigant que ça que de pédaler à l’envers ? » Jean Michel se marre, réfléchit et ne comprend pas le pourquoi de cette anomalie. Magique…et si tout simplement je refaisais le rivet de chaîne, que j’en rajoute cinq de la même largeur et que je remonte le tout, peut être que cela fonctionnerait normalement ? On démonte le tout, et finalement cela a l’air de nouveau d’agripper la chaîne normalement, mis à part que l’axe est toujours cassé et qu’il va bien falloir le changer. Je décide de ne rien faire tant que je n’ai pas crevé à la roue arrière. Après réflexion, j’ai bien peur que ces problèmes entravent la poursuite du voyage et cela devient vraiment un problème. Il ne faudrait pas que l’on se gâche les journées avec ça. Je suis écœuré et résigné..mais fou de rage.
Je n’ai pas amené d’attache remorque de rechange et même avec un axe changé, cela ne va pas tenir éternellement. Jean Michel et moi décidons de rentrer au bercail par le chemin le plus court.
Dans trois jours, on peut être à la maison. On file donc sur Cahors après une halte pique nique à Bouzies, pas loin du chemin de hallage creusé dans la falaise. Il est heures, et on n’a parcouru qu’une vingtaine de kilomètres. L’après midi, on file sur Cahors qui n’est qu’à une trentaine de kilomètres de là. A Cahors, encore une halte mécanique : cette fois ci c’est Jean Michel qui crève pour l’énième fois. Moi, j’en profite pour prendre des victuailles. Sorti de Cahors par la D8 puis la D653 on s’arrête au bout de 80 kilomètres dans un camping à la ferme bruyant et sale. Les poules font du bruit, un âne se penche au barbelé pour quémander de la nourriture et les chevaux font de même. Décidément…. Je ne m’habituerai pas aux campings à la ferme, sachant que l’on paie 3 fois plus cher qu’un camping municipal et qu’en plus, il faut aller dans les douches avec les semelles adaptées. Le graillou est vite plié pour un départ aux aurores le lendemain. Tôt le matin, on attaque le bitume par Tournon d’Agenais, Penne d’Agenais, Villeneuve sur Lot, Sainte Livrade, Castelmoron sur Lot sur la D26 et sur la D655 jusqu’à Damazan, le long du canal latéral de la Garonne. C’est là que l’on se sépare.
J’hésite à faire escale chez ma cousine à Agen, mais je n’ai comme pensée que de rentrer le plus vite possible avant que les ennuis mécaniques ne recommencent. J’emprunte la D655 et me revoilà dans la forêt de Capbourteil. C’est dans la montée de Durance que tout s’acharne contre moi. Les roulements sont écrasés et libèrent les anneaux et les billes sur le sol. Je suis contraint de réparer ici sur le bord de la route. Je suis étonné de ne pas m’être mis en colère…les axes de rechange ne sont pas au fond du sac et le bidon dans lequel j’ai tous les outils est à portée de main (à force, j’ai fini par m’y préparer…) je sors les clés à cônes et commence la réparation soigneusement et en évitant de trop me salir les mains…en vain. Une heure après, cela a l’air de bien résister mais le problème se pose toujours pour la remorque mono roue. Je la fixe sur les boulons prévus pour tenir les haubans arrières que j’ai l’intention de remplacer par des bâtons de ski que j’ai déjà mis de côté à la maison. Alors tampis… il faut bien rentrer. Arrivé à Houilles, je m’arrête devant l’église sur lequel il est écrit au-dessus du porche : « liberté égalité fraternité. J’ai souvenir d’un robinet d’eau potable à gauche de l’église. Je fais le plein des bidons, me lavent correctement les mains enduites de graisse usagée noire. La D154 me guide à Allons, privilégiant les petites départementales au cas où la remorque se détacherait, Losse et Vielle Soubiran, avec son église du XII° fortifiée deux siècles plus tard. Après Saint Gor, sur la D323, j’arrive rapidement à roquefort. Je ne suis plus qu’à 20 kilomètres de Labrit où il y a un camping. J’y vais sereinement car ma réparation à l’air de convenir. A Labrit, une marchande m’apprend que le camping est fermé définitivement et que les panneaux ne sont pas encore retirés. Il est 20 heures, j’ai parcouru 180 kilomètres, je voudrai bien trouver un coin pour dormir. Mais oui…il y a un joli endroit à Brocas et ce n’est qu’à 7 kilomètres d’ici. Je rebrousse chemin par la D651 et arrive au bord de l’étang de Brocas, près des anciennes forges, près d’une aire naturelle prévue pour les camping car. Les cigales chantent. Il y a des pins maritimes. Je suis bien dans les Landes. Cela me fait plaisir d’être de retour.
Après avoir installé la tente, je vais faire un tour au snack pour manger un peu. Le lendemain, bien requinqué, je décide de revenir par la côte plutôt que par Mont de Marsan, quitte à rallonger. Sur le coup de midi je parviens à Pontenx les Forges et comme c’est le jour du marché, j’en profite. Je ne suis plus qu’à 65 Kilomètres de Magescq. Les jours qui suivent je répare correctement le vélo, fais un peu d’entretien à la maison et prend des nouvelles des blessures de mon co équipier. Tout va mieux. Je repars à Pau, avec très peu de bagages, juste avec les sacoches latérales en battée, pour aller faire quelques cols favoris près de Pau. Tout va bien. Je suis heureux d’avoir retrouvé le moral et les forces nécessaires pour gravir les cols…je ne pensais pas que la remorque freinait autant la cadence !! Je me sens beaucoup plus léger. En cours de chemin, je pense au prochain voyage et les modifications que j’apporterai dans l’organisation et le paquetage.



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