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Périple en Iran : impressions contrastées d’un étrange pays

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Il est temps pour moi de vous livrer mes impressions sur l’une des parties les plus frappantes de notre beau périple:  le séjour en Iran. Une première constatation s’impose: ce pays nous parait encore plus insondable après visite qu’avant… D’un point de vue strictement touristique, c’est un pays magnifique ! En termes architecturaux et historiques notamment, une ville comme Esfahan est un régal.

 

Passer 3 jours de suite sur la même place, dominée par 2 extraordinaires mosquées procure toujours le même plaisir. Une ville comme Yazd également, qui parait tout juste émergée du désert, avec ses maisons de terre et ses ruelles “tatouinesques” (pour les inconditionnels de Star Wars)… D’autres trésors sont également visibles a Qazvin, Kashan, Shiraz… et pour les suisses férus de nature, l’Iran possède également de blanches montagnes, de rougeoyants déserts et d’énormes chutes d’eau pour se rafraichir après tout ca… Mais l’une des vrais richesses de ce pays, ce sont les contacts avec les gens. Et la, la palette d’émotions est complète… Une immense majorité de gens souriants, ouverts, curieux, accueillants… Comme ce jeune homme a Tabriz, ou nous sommes arrives le jour ou il ne fallait pas…

Vous pensiez que le Dimanche en Suisse était ennuyeux ?? Essayez le “Départ Déchirant du Chef de la Révolution Islamique” (L’anniversaire de la Mort de l’Ayatollah Khomeini, quoi) en Iran, et la vous aurez une idée de ce qu’est une ville morte !!! Pas moyen de trouver une échoppe pour se sustenter, pas un musée ou une mosquée a visiter… quand soudain surgit Hadi, qui nous demande si on est suisses (rare, d’habitude, on a droit a japonais, américains ou français, mais suisses, ca non, jamais).

Et nous voila donc partis a visiter les parcs de la ville et a manger des glaces avec le sieur Hadi, qui a plaisir a parler français avec nous et a nous faire découvrir son pays… Ou ce gardien de mausolée qui nous croyant perdus nous offre le thé, puis un repas chez lui, puis une promenade vendredicale avec femme et grand-maman rhumatisante vers les haut-lieux touristiques de son patelin… Ou encore ces gars qui nous ont offert le taxi, ces gars qui nous ont saute dessus au bazar pour nous dire qu’ils étaient heureux qu’on soit en Iran, ces petites dames qui nous ont cédé leur pique-nique pour avoir nos opinions sur leurs modes de vie…

Bref, beaucoup de bons moments, de découvertes et de longues parlotes, même sans notions d’anglais ou de farsi… Mais l’Iran, ca a également été des instants de totale incompréhension face a des gens, des règles ou des situations… Tel ce jeune homme qui m’expliquait que sa sœur s’était mariée a 13 ans et avait eu son premier enfant a 14… On n’a pas trop su s’il nous disait ca pour provoquer une réaction ou non… Toujours est-il que ca existe, et que c’est même appuyé par la loi qui autorise le mariage des filles a partir de 9 ans. Ou encore ce monsieur qui tenait beaucoup a nous démontrer que son pays n’était pas celui décrit par les médias occidentaux (jusque la, c’est vrai), mais glissa entre deux phrases que si les gens d’Esfahan étaient moins sympathiques, c’est parce qu’avant l’arrivée de l’Islam, c’était des juifs… Ou ces images constantes sur les murs des villes des martyres de la guerre Iran-Irak, mais aussi de Palestine ou d’ailleurs… Et même face a des choses qu’on a décide d’accepter a la base, comme le port du hidjab pour les femmes, et donc pour les touristes également, 3 semaines sur place mettent la bonne volonté a l’épreuve… Petit cours de Hidjab pour les nuls, car je ne pense pas que vous connaissiez…

La loi en Iran oblige les femmes (de 9 a 99 ans, donc…) a porter le hidjab, qui peut être constitue de deux tenues. Première possibilité: un foulard, un manteau/tunique (couvrant… tout ce qu’il y a a couvrir) et un pantalon en dessous. Déjà chaud par 40 degrés, mais il parait qu’on s’habitue. Mais, ca n’est que la tenue légère, car les femmes peuvent également choisir de porter le chador (littéralement “tente” en farsi), long voile noir, a placer… au dessus de la tenue précédente. Dans la majorité des cas, les touristes vont porter la première tenue, éventuellement diminuée. Mais pour les visites des lieux les plus saints, c’est chador obligatoire… Et la pour le coup, ca commence a dépasser nos capacités de compréhension occidentales… Il faut savoir que le sus-dit vêtement est totalement impraticable. Ça ne comporte en effet pas de manches, et on doit le maintenir tant bien que mal coince sous le bras, ou avec les dents… En clair, le machin en question vous empêche plus surement que toute loi l’exercice de nombres d’activités… Difficile à comprendre, donc, et difficile a supporter. D’autant que l’argument le plus souvent avance pour dire que même les non-musulmanes doivent le mettre en Iran (en dehors du fait que c’est la “Magnificent Reflection of Islamic Culture”, slogan placarde dans tout l’aéroport de Teheran) est qu’il est sensé protéger les femmes. Et là, le bât blesse sérieusement, puisque même avec l’intégralité de la tenue exigée, les femmes occidentales (moi, et toutes celles que j’ai rencontre sur place) sont dans le meilleur des cas “draguées” lourdement, et en fonction plottées dans la rue, harcelées, limite agressées…

Voilà… pour un court et difficile résume de nos impressions contrastées de cet étrange pays… Pour finir sur une note plus joyeuse, voici le cadeau bonus du jour: l’Iran.

Quizz 1. Comment les femmes iraniennes vont-elles a la mer?

Sur une plage séparée de celles des hommes, et continuant de porter le hidjab… Au cas ou le mâle (le mal ??) viendrait de la mer…

2. Comment les femmes iraniennes font-elles du ski? Vous ne suivez pas ou quoi ???

Sur une piste séparée de celles des hommes, et continuant de porter le hidjab… Au cas ou un yeti (mâle) se serait perdu dans le secteur, peut-être… (on a trouve que ça comme explication “rationnelle”)

3. Comment les femmes iraniennes prennent-elles le bus?

Techniquement, c’est compliqué…. Il faut avoir acheté son billet a l’avance, le remettre au chauffeur a l’avant du bus, puis ressortir pour accéder a la section réservée au femmes, a l’arrière… Ça implique des fois une petite course, histoire que le bus ne redémarre pas dans l’intervalle… Ça implique aussi de rester debout si la section femmes est pleine, mais pas la section homme… Mais bon, il n’y a que les touristes que ça fascine ce genre de trucs “pas logiques”…

4. Comment les touristes femmes savent-elles ou descendre du bus quand c’est leur compagnon mâle qui a le guide? Ben… elles ne savent pas… A plus tard pour d’autres découvertes…

Auroremj

Crédit photo : (à gauche)  commons.wikimedia.org



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