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Carnet de toile…

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carnet-de-toile“Sur le papier, le stylo reposait; tout à l’heure il sera pris d’un vertige, d’une frénésie, d’un déluge et puis aussi, par instant de doute. La feuille, elle, était paisible,consentante, en attente,elle souhaitait ardemment cette légère griffure…Griffure sensuelle, empreinte d’une vie.”

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    11 juillet,

    Impossible de ne pas y penser et pourtant pas vraiment envie d’en faire un anniversaire,il y a quatre ans,jour pour jour,mon premier billet en tant que “Double je” parlait de l’acte d’écrire.

    “Sur le papier, le stylo reposait; tout à l’heure il sera pris d’un vertige,d’une frénésie, d’un déluge et puis aussi, par instant de doute.
    La feuille, elle, était paisible,consentante, en attente,elle souhaitait ardemment cette légère griffure…Griffure sensuelle, empreinte d’une vie.
    Caresse offerte sur cette page blanche,les mots comme des cailloux,repères de mes tâtonnements.
    Errances …Voyages imaginaires…”

    Vous qui m’avez accompagnée, qui êtes présents, pour certains depuis le début, sans vous , sans vos mots déposés, sans ces échanges, ces rencontres, existerait-il encore
    ce carnet de toile ?
    Souvent je doute,les idées m’échappent, je perds courage, mais il y a toujours quelqu’un de vous dans ces moments-là pour m’encourager, des mots qui viennent me toucher et font que je ne lâche pas prise.

    Je vais continuer à laisser mon regard s’ouvrir, s’enhardir, vagabonder vers des contrées oubliées, enchaîner mes pensées des plus futiles aux plus profondes, sans but, sans entraves, sans interdits.
    Laisser mon regard prendre de l’ampleur et embrasser le monde alentour.
    Laisser venir les idées, les envies, le champ de tous les possibles, un peu comme en ce temps de vacances où l’esprit s’étire, s’aère, se régénère.

    Merci à Vous .

    Le plaisir est un chant…

    “J’ai tendu des cordes de clocher à clocher;
    des guirlandes de fenêtre à  fenêtre ;
    des chaînes d’or d’étoile à étoile;
    et je danse…”
    Arthur Rimbaud, Illuminations,Phrases II

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    Vivre sans plaisir ?

    Ce serait ne pas vivre, la nature est bien faite puisque le plaisir est associé à la satisfaction de nos besoins physiologiques, mais il n’est pas que cela, il est aussi une voie d’accès au monde, le moyen d’enchanter notre rapport au quotidien, à la nature, à la nourriture, au corps et aux autres: partages, découvertes, goût de vivre ensemble…

    Certains plaisirs sont comme des grâces tombées du ciel, je ne les cherchais pas,
    ne les attendais pas, ils ont déboulé comme ça dans ma vie.Un rayon de soleil qui m’a consolé alors que j’étais triste, une mélodie, un chat qui ronronne sur mes genoux, une parole, un geste d’estime, d’amitié qui m’a atteint en plein cœur et qui me donne envie de chanter .
    Ces plaisirs sont à cueillir comme des fruits et des fleurs, on dit bien  prendre du
    plaisir
    il faut ouvrir les yeux, se baisser ou tendre la main. On ne force pas l’arrivée du plaisir, on ne le convoque pas, mais on facilite sa venue. On crée les conditions de sont éclosion, de son jaillissement puis on continue de vivre, simplement, pas d’attentes, pas d’exigences, juste la curiosité souriante de voir ce qui va se passer.
    Le plaisir existe sous mille et une forme, subtiles ou intenses, poétiques ou triviales, manuelles ou intellectuelles. Il y a le plaisir des commencements mais aussi celui des recommencements, des approfondissements. Le plaisir n’est pas borné, pas limité.

    Alors en ce dimanche j’en ai profité pour regarder passer les nuages, me souvenir des belles choses, repenser à tous ceux qui m’ont aidé ou aimé, ou les deux, je me suis réjouie de les avoir rencontrés. Je vais continuer de lâcher prise, d’avoir confiance, d’être lucide, d’accueillir tous les plaisirs sans les hiérarchiser et de m’en réjouir

    D’illuminer ma vie,de croquer du chocolat, d’écouter,de regarder,de sourire,
    de chanter, de caresser,de danser, de savourer…

    Bonne semaine à vous pleine de petits plaisirs…

    à partir d’une lecture  “Les petits plaisirs de la vie” Christophe André

    L’encre bleue

    75491 1198407303.1274101862 L’encre bleue…

    Assise devant sa tasse de thé elle s’enivre de bleu sa couleur préférée.
    Elle aime venir dans ce jardin aux mille senteurs, se laisser aller à la méditation et l’écriture. Compagnon fidèle, son stylo l’invite, depuis combien de temps a-t-elle lié son destin au sien ? Cet outil qui la prolonge en bleu sur les pages de ses cahiers,
    ces lits de papier de Soi.
    Il a tracé tant de choses pour elle, délavé parfois l’encre dans l’eau de ses larmes, zigzagué dans ses rires. Stylo complice de ses mots venus de terres masquées où se réfugie le cœur. Guidé par sa main, il l’aide à prendre pied sur une terre sans fin, dans ses rêves bleus. Bleu de vague à l’âme, bleu d’azur, mots écrits à l’encre bleue dont il est le témoin silencieux .

    Blog Double je

    entre ombre et lumière… entre rêve et réalité… ” Eclaire ce que tu aimes sans toucher à son ombre

  • L’Amoureuse

    Elle est debout sur mes paupières
    Et ses cheveux sont dans les miens
    Elle a la forme de mes mains
    Elle a la couleur de mes yeux
    Elle s’engloutit dans mon ombre
    Comme une pierre sur le ciel.

    Elle a toujours les yeux ouverts
    Et ne me laisse pas dormir.
    Ses rêves en pleine lumière
    Font s’évaporer les soleils,
    Me font rire, pleurer et rire,
    Parler sans avoir rien à dire.

    Paul Eluard
    Capitale de la douleur

     

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    La mer est mon amoureuse…

     

     

  • La Leçon de Piano

    1b05e la lecon de piano.1280316479 La leçon de piano…

    Toute la nuit rêve et réalité avaient contracté des réalités surprenantes.
    Quelques bribes lui revenaient au réveil, elle ne savait plus où se situait la part de rêve.
    La vie lui avait appris qu’aucune histoire d’amour ne ressemble à une autre, que l’on peut aimer différemment  sans renier ses souvenirs, et que toutes les larmes s’attardent sur un désir. Elle croyait avoir trouvé un certain équilibre en faisant un pas après l’autre, mais voilà qu’elle était devenue équilibriste sans balancier, écoutant le murmure étouffé de ses désirs. Elle cherchait les mots qui habillaient ses pensées d’une étoffe brodée de tentation, quand la passion devenait impatiente mais merveilleusement indécise.

    Etait-ce bien raisonnable ? Elle ne savait plus !

    Elle qui ne pouvait dire et ne s’exprimait que par la musique…

    Du salon parvenaient quelques notes d’un  Prélude de Bach

    Aucune histoire d’amour…différemment…un pas après l’autre…pas raisonnable …
    Chaque note, de l’amour  au bout des doigts, Bach c’est fait pour ça…

    “La leçon de piano” n’était qu’un rêve !

     

    crédit photo “La leçon de piano” Film de Jane Campion

  •  

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    Elle se lève, ravive les braises, met l’eau à chauffer dans la bouilloire,
    prépare les verres,les théières, sort le pain de sucre d’un sac […],
    le casse à petits coups secs avec le martelet de cuivre […].
    Elle verse le premier verre de thé bouillant,le hume en faisant claquer ses lèvres charnues; elle ferme à demi ses yeux de gazelle passés au khôl.

    Roger Frison-Roche , in “La piste oubliée “

    Envie de partager le thé de l’amitié fumant et bouillant avec vous
    et oublier la grisaille et la pluie d’aujourd’hui.

    crédit photo Alain Sèbe

  • Convalescence du bleu après l’averse…

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    Le ciel se recolore. Les arbres s’égouttent et le pavé boit. La ville aussi essaie des phrases. Rires mouillés et pluie de pieds nus. On dirait que le paysage est tout éclaboussé de croyance.

    On voudrait jardiner ce bleu, puis le recueillir avec des gestes lents dans un tablier de toile ou une corbeille d’osier. Disposer le ciel en bouquets, égrener ses parfums, tenir quelques heures la beauté contre soi et se réconcilier.

    On voudrait, on regarde, on sait qu’on ne peut en faire plus et qu’il suffit de rester là, debout dans la lumière, dépourvu de gestes et de mots, avec ce désir d’amour un peu bête dont le paysage n’a que faire, mais dont on croit savoir qu’il ne s’enfièvre pas pour rien, puisque l’amour précisément est notre tâche, notre devoir, quand bien même serait-il aussi frêle que ces gouttes d’eau d’après l’averse tombant dans l’herbe du jardin.

    Jean-Michel Maulpoix in, Une histoire de bleu.

    Poésie/Gallimard

    Voilà ce que j’aurais aimé savoir écrire ce matin.

    crédit photo Liliroze

  • Nouveau monde

    J’ai rencontré lors d’un congrès à Nantes le sociologue Jean-Claude Kaufmann, j’avais bien aimé son interprétation de la belle au bois dormant et du prince charmant, depuis je suis régulièrement ses chroniques.
    Je viens d’en lire une , je la résume à ma façon.

    ” Casseroles numériques “

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    On dit souvent de la Toile qu’elle est un océan sur lequel nous surfons, libres et légers, comme en dehors de la ” vraie vie”. L’image est belle, mais elle n’est pas très juste.
    Internet est un Nouveau Monde, un monde sans territoire, à côté, en plus. Une soudaine extension de l’existence, qui installe une manière différente de nous relier aux autres et d’inventer notre vie.
    Un Nouveau Monde qui n’a pas grand-chose de virtuel, car dès que nous échangeons, nous tissons un lien, nous nous attachons à des personnes, qui deviennent très vite des proches, voire des intimes. L’intime on line est un curieux personnage de notre modernité sans boussole, à qui nous pouvons tout dire et tout montrer de nous.
    Pourtant la toile inquiète (piratages, traces numériques), on s’en méfie un peu, mais on oublie qu’elle est immense et que sa mémoire est profonde. On y installe son petit monde, ses niches, ses cheminements familiers. Univers psychologiquement confortable (au moindre problème, on débranche) dans lequel on se sent en confiance, mais on ignore à quel point on y dépose  une vraie part de sa personne.
    Pourtant à partir de quelques indices laissés sur le Web nous identifions et qualifions autrui en trois secondes.
    Le problème c’est que nous avons plusieurs vies en une seule, que nous sommes multiples, que nous changeons sans cesse. L’indice renvoie à un contexte, un moment  particulier, que l’on souhaiterait peut-être désormais oublier.
    Hélas la Toile, elle, n’oublie pas !
    Elle a même une fâcheuse tendance à faire remonter les péripéties les plus trash (chacun a ses petits moments de faiblesse), qui s’offrent ainsi à ceux qui tapent un patronyme sur un moteur de recherche pour savoir qui est vraiment X.
    Le pauvre X a beau se défendre, s’énerver, dire que c’est oublié tout ça, son avis pèse de moins en moins lourd : on lui répond « oui, oui… » avec un petit sourire entendu.
    Nous traînons tous désormais des casseroles numériques, et ce n’est qu’un début.
    Ce que l’on dit de nous sur le Net, l’effet de ces bribes est déjà plus fort pour définir qui nous sommes, que ce que nous-mêmes nous affirmons !

  • Vertige de l’absolu avec Nicolas de Stael…

    stael1Faire une pause en allant à la recherche d’émotions picturales, plaisir à chaque fois renouvelé au musée Picasso d’Antibes devant les toiles de celui pour qui j’ai une admiration sans faille et qui disait : « On apprend à voir les couleurs ici. Je travaille sans cesse et je crois plutôt que la flamme augmente chaque jour et j’espère bien mourir avant qu’elle ne disparaisse… »

     

    Nicolas de Staël…

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    Paysage Antibes 1954

    Faire une pause en allant à la recherche d’émotions picturales, plaisir à chaque fois renouveléau musée Picasso d’Antibes devant les toiles de celui pour qui j’ai une admiration sans failleet qui disait :
    « On apprend à voir les couleurs ici. Je travaille sans cesse et je crois plutôt que la flamme augmente chaque jour et j’espère bien mourir avant qu’elle ne disparaisse… »

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    Paysage 1954

    La peinture de Nicolas de Staël , est comme une aube sans âge qui ne cesserait de poindre en deçà du travail et du vertige des jours, de cette:
    « voltige en plein oubli de soi avec toute la présence que cela requiert en toute invraisemblance… »
    (lettre à René Char datée du 10 avril 1952).
    Franchir au plus vite cette part maudite du temps, cette lumière froide et cendrée, où la moindre clarté n’était qu’une douleur déportée au cœur du silence.

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    La route d’Uzès 1954

    L’inoubliable beauté, la fulgurance de la trajectoire, entre abstraction et figure, la relation profonde, essentielle, avec les plus grands poètes de son temps, la fin tragique de celui qui écrivait :
    ” je ne peux prévoir ce que je ferai demain, mais pour l’instant je suis au maximum du plan, aux confins de la toile vierge… “

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    Le grand concert mars 1955

    Je suis là, assise, j’ai du mal à détacher mon regard tant l’émotion m’étreint devant sa dernière toile inachevée “Le grand concert” peinte en 1955 aux couleurs diluées comme un présage de la mélodie du silence.
    Par bonheur, je suis seule dans la salle, alors je me mets à imaginer, à entendre, les vrilles du violoncelle qui entrelacent les déliés du piano, intimité faite de grâce et d’effort, de connivence. De l’impatiente mélancolie alternent énergie du désespoir et allégresse maîtrisée.

    Nicolas de Staël est un de ces artistes qui a recherché des accords à la limite du supportable pour chanter juste, exactement juste.

     



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A propos de l'auteur

“Malcontenta” ; Amoureuse de la vie… Clin d’oeil à Palladio, à l’architecture , à l’art, à la création… De nature espiègle, j’aime la vie, trouver le pourquoi de chaque chose, j’aime les mots, leur pouvoir sur mon imaginaire , souvent je me laisse emporter par eux vers un ailleurs qui est mien aussi…“Double je” car changeante dans la continuité…------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Mes centres d'intérêt : la nature, les grands espaces, la mer, la montagne, le désert, la musique, la lecture, l’écriture, l’art sous toutes ses formes... ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Lire, apprendre toujours et encore, rêver, créer, regarder, écouter, goûter, donner…Le blog DOUBLE JEU

4 commentaires

  1. Salut !!

    Je peux pas être passer sur cette page sans poster un Commentaire ^^

    Et à mon tour Je veux t’encourager, Et dire Bravo Bravo !
    soit courageuse et ne perdre pas Ton désire,Continue ainssi Ok

    mes Salutations -_^

  2. Je suis fascinée par les journaux intimes et les carnets de voyages…. Et je pratique les deux, pour les voyages, il s’agit de mes voyages imaginaires…
    Merci de donner les mots pour faire voyage les autres

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