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Cheminement : Les chemins que l’on emprunte ne mènent jamais nulle part

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 Cheminement, temps, réflexion… La vie est courte et l’on a peu de temps devant soi. On a même peu de temps pour discourir sur le temps qui passe. D’ailleurs parler et réfléchir serait perdre son temps. Mieux vaut aller de l’avant et vivre.

  • Un jour, j’ai quitté ma maison, sur la colline, et j’ai parcouru le monde.

    J’ai dit adieu à ma forêt profonde, pourtant si belle…

    Au printemps, je m’y promenais souvent, cherchant des rêves improbables.

    L’été, lors des fortes chaleurs, elle offrait comme un refuge de paix et de mystère et à l’automne, on entendait bramer les cerfs, dans les longues nuits qui suivent l’équinoxe.

    J’ai dit adieu à mes ciels brouillés, chargés de pluie et où le vent pousse les nuages comme des troupeaux en déroute.

    Je suis parti sur les chemins sans même me retourner, tant j’étais heureux de marcher vers l’horizon et de connaître enfin ce qu’il y avait de l’autre côté de ma colline.

    J’ai donc marché, beaucoup marché.

    Des jours et des jours, des nuits et des nuits.

    Quand j’étais trop fatigué, je pénétrais dans des granges inconnues et je m’endormais là, parmi la bonne odeur de la paille.  Parfois, dans l’ombre, perché sur une poutre, un chat m’observait, Sphinx éternel qui avait traversé tous les âges. Statue de pierre immobile, il demeurait là, tandis que dans ses prunelles brillait encore l’éclat antique des divinités du Nil.

    Je partais le matin dans l’aube froide et mes pas se perdaient dans les premiers brouillards. Personne, jamais, ne remarquait ma présence.

    J’ai marché ainsi pendant des semaines, jusqu’au moment où je suis arrivé dans une grande ville.

    J’ai demandé quel était son nom. On ne me l’a pas dit, mais on m‘a répondu qu’il n’y avait nulle part de ville aussi grande. J’étais arrivé, parait-il, dans la capitale du monde.

    J’ai franchi ses trois murailles et les grandes portes aux herses de fer et je me suis retrouvé parmi la foule. Ca criait, gesticulait, maugréait, tempêtait. Personne, ici, n’avait l’air d’accord.

    Pendant trois jours et trois nuits j’ai observé. Je ne disais rien.

    J’ai vu des gens se voler, s’insulter ou se tuer. J’ai vu des juges au manteau d’hermine rendre sur la place publique des jugements iniques et des prêtres exaltés vendre des traités de folle espérance. J’ai vu les soldats du prince occire la foule des opposants et le prince lui-même parader dans des carrosses tout en or. J’ai vu des innocents qui pendaient encore à leur gibet et que la pluie avait « débuez et lavez et le  soleil dessechez et noirciz. » J’ai vu des femmes mourir dans les douleurs de l’enfantement, tandis que d’autres se vautraient dans le lit des puissants. J’ai vu tout cela et bien d’autres choses encore, comme la Cour des Miracles , les tours de Notre-Dame et la belle Esmeralda, attachée nue sur son bûcher.

    Après trois jours et trois nuits je n’en pouvais plus de tous ces gens civilisés. J’étais d’un autre monde !

    Sans rien dire, j’ai repris la route et je suis rentré chez moi. Sur sa poutre, le chat m’attendait dans la grange et au cœur de l’immense forêt, les cerfs bramaient déjà, exprimant tous leurs désirs inassouvis. Je suis monté au sommet de ma colline et je le ai écoutés la nuit durant, puis j’ai ouvert mon huis et je suis entré dans ma maison pour ne plus en ressortir.

    Dehors, l’ombre immense des arbres n’en finissait pas de progresser sous la lumière de la pleine lune. 

     

    Littérature

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    9b2b0 207206722 Le temps

     

     

     

    Crédit Photo, AFP

     

     

     

     

    Le jour où le temps s’est arrêté

    Tout s’est arrêté

    Les hommes ont perdu leurs souvenirs

    Et n’ont plus eu d’avenir

    Quant aux femmes qu’ils aimaient ils les ont oubliées

    Sans doute étaient-elles déjà mortes

    Ensevelies sous les décombres du monde

  • La vie est courte et l’on a peu de temps devant soi. On a même peu de temps pour discourir sur le temps qui passe. D’ailleurs parler et réfléchir serait perdre son temps. Mieux vaut aller de l’avant et vivre.

    Mais vivre sans penser est un peu ridicule, cependant. Parfois, il faut savoir s’arrêter et prendre son temps, afin de comprendre que le temps passe inexorablement et qu’il nous faut aller bien vite à l’essentiel. Il n’y a pas de temps à perdre, en quelque sorte !

    Mais cet essentiel, dans notre vie, consiste en quoi, finalement ?

    Une course contre le temps, sans doute. Parvenir à s’affirmer et à exprimer ce que l’on est vraiment. Dans l’absolu, autrement dit hors du temps. « Tel qu’en lui-même enfin l’éternité le change » disait un poète. Il y a très longtemps.  Mais lui, il se situait à la fin de la partie, quand la vie s’est arrêtée. Moi je parle de maintenant, de l’instant présent. Je regarde le grand cadran et je vois les aiguilles qui défilent. Elles repassent au même endroit dix fois, vingt fois, mille fois et il ne s’est rien passé. Je n’ai rien fait d’autre que de regarder la fuite du temps. Ce n’est pas malin, j’ai perdu mon temps. Les autres, eux, ne pensent pas au temps qui fuit, mais ils agissent. Ils agissent comme s’ils devaient être immortels et ne se soucient pas du temps. Ou alors de temps en temps, sans plus. Ils agissent, s’enrichissent et sont tout contents. Ils n’ont peut-être pas tort, tant qu’à faire.

    Moi, en attendant, je reste des heures à contempler la fuite du temps.  Je ne suis pas plus bête pour autant. Je ne fais rien, mais je sais. Je sais qu’un jour ce sera la dernière heure. Et je me dirai que j’aurai perdu mon temps.

    Alors il sera trop tard.

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    Vulnerant Omnes, Ultima Necat.

     

     

     

  • Nous sommes descendus des collines et nous avons marché vers la mer.

    Cela nous a pris des semaines et des semaines, probablement des mois. Parfois, même, nous nous sommes égarés et il nous a fallu demander notre chemin.

    Nous avons traversé des forêts qui n’avaient pas de fin. La route fut si longue que les feuilles, déjà, jaunissaient alors que nous en étions encore à chercher la sortie. Nulle clairière où nous reposer. Nous marchions sans arrêt et, sous nos pieds, les feuilles finirent par former un tapis épais qui amortissait le bruit de nos pas.

    Nous avons écouté le grand silence et nous avons compris que nous étions seuls.

    Enfin, un  jour, nous sommes arrivés dans la plaine. Ce fut plus facile alors pour progresser. Il nous suffisait d’emprunter le chemin qui traversait les vignes et de le suivre jusqu’à l’horizon. Cela nous prit pourtant encore pas mal de temps. Chaque soir le soleil empourprait le ciel tandis que nous poursuivions en vain notre marche en nous guidant sur cet étrange incendie.

    La nuit, les ceps dénudés tendaient leurs branches sans vie. Dans la pâle clarté lunaire, on se serait cru dans un cimetière, un cimetière qui n’aurait eu ni commencement ni fin. Au petit jour, des corbeaux lançaient leurs cris dans le brouillard, voix mystérieuses et invisibles qui sonnaient à nos oreilles comme d’imprécises menaces.

    Enfin, un soir, sous sommes arrivés sur une plage, face à la mer écumante. Il n’y avait personne. Rien que le vent qui balayait le sable, créant des formes aussi étranges qu’improbables. Nous avons contemplé ces fantômes de poussière, semblables aux chimères qui hantaient nos rêves. Nous avons su alors que tout était perdu et qu’il n’y avait plus rien à attendre.

    La vie était derrière nous, dans nos rêves d’enfants et nos désirs d’adolescents. Nous avions tous en mémoire des amours trop tôt disparues et nous savions maintenant que ce n’était pas ici, dans ce désert de sable, de vent et d’écume, que nous allions les retrouver.

    Nous nous sommes assis et nous avons contemplé l’océan. Sa fureur n’avait plus rien à nous apprendre. Nous avions compris, désormais, que toute colère est vaine et que le temps perdu ne se rattrape pas.

    Nous nous sommes couchés à même le sable, écoutant le bruit monotone des vagues qui, les unes après les autres, venaient mourir contre les rochers.

    A la fin, épuisés, nous nous sommes endormis.

    Aucun de nous ne s’est réveillé.

    littérature

     

    Là bas …

    Il fallait marcher longtemps, pour parvenir à ces bâtiments, car aucune voie carrossable n’y donnait accès. On se levait de bon matin, ces jours-là. En voiture, on quittait la grande ville, sa circulation et ses fumées, puis, après une bonne heure de route, on se garait sur un parking, près d’une maison en ruine qui avait dû être un restaurant. Les volets en étaient clos depuis des années et nul ne se souvenait y avoir jamais vu la moindre activité. Le patron devait être parti sous d’autres cieux ou peut-être même était-il mort. Personne n’en savait rien. En tout cas, il y a avait des décennies qu’aucun voyageur ne s’était arrêté là. Des herbes folles avaient envahi les parterres et de petits bouleaux poussaient même sur la façade, entre les pierres de taille. Près de la porte, une vieille enseigne pendait toujours au bout de sa chaîne, ballottée au gré du vent : « Aux délices de… » Le reste avait été effacé et nous ne saurions jamais à quels délices il était fait allusion.

     

    En fait, rien ne prouvait que cette maison isolée, en pleine campagne, fût bien un restaurant. C’était peut-être un lieu de rendez-vous secret pour des amoureux illégitimes. Il me plaisait d’imaginer un couple arrivant là, discrètement, et montant, main dans la main, les marches du perron. Dans la grande chambre, surpris, ils apercevaient soudain leur image dans le miroir d’une antique garde-robe. Ils étaient d’abord un peu impressionnés, un peu intimidés, par l’atmosphère désuète qui régnait là. On sentait que des générations entières avaient dû défiler en ce lieu, et les meubles semblaient en avoir conservé le souvenir. Mais bientôt chacun ne voyait plus que l’être aimé à côté de lui. Subitement, une robe glissait à terre et c’est le souvenir d’Eve en son paradis que le miroir réfléchissait alors. Le reste appartient à ces amoureux, le secret de leurs gestes comme le secret de leurs cœurs.

     

    Nous, une fois la voiture garée, comme abandonnée, nous empruntions le petit chemin de terre qui prenait naissance près de l’hôtel et qui se dirigeait ensuite vers la forêt. Il fallait compter une bonne heure de marche avant d’arriver à destination. Nous devions d’abord longer des champs, où invariablement des vaches placides nous regardaient passer, puis ensuite il nous fallait traverser à gué le petit ruisseau. On abordait enfin la grande forêt de pins où l’odeur suave de la résine nous enveloppait aussitôt. C’était un parfum « étrange et pénétrant » qui évoquait en moi le Sud profond. Il suffisait de fermer les yeux pour se croire aussitôt en Provence, au cœur du massif des Maures, et il ne manquait que le chant des cigales pour que l’illusion fût parfaite. Le silence qui régnait là était impressionnant. Nous cheminions sur un tapis d’aiguilles qui amortissait nos pas et personne n’aurait osé proférer la moindre parole, par respect pour l’aspect sacré de ce lieu. Parfois, s’il y avait un peu de vent, on entendait juste comme un murmure dans les frondaisons. Ce devait être le souffle des dieux qui vivaient là, des dieux oubliés par la civilisation et qui avaient dû trouver refuge dans ces solitudes.

     

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    Un bon quart d’heure était nécessaire pour traverser la forêt, peut-être même davantage. Cela dépendait du nombre de haltes que nous faisions, car parfois l’envie nous prenait d’écouter le silence. Alors on s’asseyait sur le tapis d’épines et on tendait l’oreille. Rien, il n’y avait rien à entendre. Rien qu’un vide comparable à celui de l’espace infini. Il nous semblait alors être non seulement à mille années lumière, mais même hors du temps. En été, au moment des fortes chaleurs, on percevait pourtant comme un murmure lointain. C’était celui de milliers de mouches qui bourdonnaient dans les sous-bois et qui faisaient comme un écho à nos rêves éveillés. Invisible, la vie était pourtant là, présente et obsédante. Inquiétante aussi. Car quels êtres étranges étaient ces insectes qu’on ne voyait jamais ? De quel monde venaient-ils ? Dans quelles frondaisons se tenaient-ils cachés ? Toujours, le mystère restait entier et quand nous nous relevions, des fourmis dans les jambes, rien n’avait été élucidé.

     

    Il nous restait alors à parcourir deux petits kilomètres, à travers un paysage sauvage de landes et de prairies à l’abandon. A une époque très lointaine, ces terres avaient dû être entretenues par la main de l’homme, puisque la forêt y avait été défrichée. Nous imaginions alors des moines bénédictins occupés à sarcler les champs, dans un Moyen Age quasi mythique. Si nous tendions bien l’oreille, il nous semblait presque entendre des chants grégoriens issus d’une abbaye aussi improbable qu’inconnue. Était-ce le fruit de notre imagination ou bien cette abbaye avait-elle vraiment existé ? Et se pouvait-il que ces chants mystiques eussent continué à glorifier la création à travers les siècles malgré la disparition des moines ? Si nous voulions nous montrer rationnels, nous devions reconnaître qu’un tel raisonnement ne tenait pas la route. Pourtant, les lieux que nous traversions étaient si mystérieux que nous n’étions pas loin de croire à ces histoires que nous venions d’inventer.

    Mais l’horizon, déjà, rougeoyait, et le soleil, fatigué, quittait la scène du grand théâtre du monde. Si nous ne voulions pas nous faire surprendre par l’obscurité, il fallait regagner bien vite la voiture. Tant pis pour le cadran solaire en marbre blanc, de dix mètres de diamètre, qui devait se trouver quelque part dans les fourrés et que nous n’avions jamais vu. Tant pis pour la tour lunaire, qui servait à observer les éclipses et que nous n’avions jamais vue non plus. Ce n’était pas encore aujourd’hui que nous allions découvrir ces merveilles et il nous faudrait revenir une fois encore.

    Nous rentrions au plus vite. Nous repassions devant le lavoir, dont les tuiles rouges avaient maintenant une couleur ocre, nous longions les ruines du palais-bibliothèque, dont les contours commençaient à s’estomper dans l’obscurité naissante, nous laissions à notre gauche les ruines du théâtre antique et nous abordions enfin le chemin qui devait nous ramener à la voiture.

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    Mais, une fois de plus, nous avions trop tardé à partir et en traversant le bois de pins il faisait si sombre qu’une peur ancestrale et atavique nous saisissait aussitôt. C’était la peur du noir et de la nuit, la peur des bêtes sauvages et de la mort, cette même peur que les hommes préhistoriques avaient dû connaître et qui les avaient poussés à trouver refuge à l’intérieur des grottes. Ensuite, ils avaient donné une forme à leurs angoisses en tentant de dessiner sur les parois ce qui allait devenir la première forme de l’art humain. Car l’art n’était pas autre chose que l’affirmation de l’homme devant la mort, nous le savions bien et c’est pour cela que nous revenions sans cesse contempler les ruines de ce lieu insolite, perdu au milieu des bois. Depuis le théâtre antique jusqu’au palais princier, nos ancêtres avaient tenté désespérément de marquer leur passage sur terre. Ce n’était évidemment qu’une illusion et il suffisait de regarder l’état de délabrement de tous ces bâtiments pour se rendre compte de la vanité de leur démarche, mais peut-être qu’en multipliant nos visites nous voulions inconsciemment honorer leur travail et tenter de nous souvenir qu’ils avaient existé.

    Derrière tout cela, c’était évidemment  notre propre vie qui était en jeu et en contemplant les ruines des siècles passés nous n’étions pas sans nous demander ce que nous allions laisser, nous, comme traces de notre passage. Certes nous étions bien jeunes encore, à cette époque, mais l’adolescence n’est-elle pas propice à ce genre de réflexion ? Après, nous allions devenir tellement occupés à lutter pour vivre et pour survivre, que nous en oublierions de nous poser la question du « pourquoi » de l’existence.

    C’est donc inquiets et l’âme angoissée que nous traversions le bois de pins, finalement plongé dans l’obscurité totale. Puis nous longions une nouvelle fois les pâtures où les vaches, bovines à souhait, n’en finissaient plus de ruminer l’herbe tendre sans s’interroger le moins du monde sur leur état. Quand nous arrivions enfin à la voiture, il faisait nuit noire. Derrière nous, l’ancien hôtel dressait sa masse sombre. Il nous semblait alors entendre les pas feutrés d’amants imaginaires qui glissaient sur les vieux parquets cirés. Dans le silence de la nuit, ils se dirigeaient vers des lits d’un autre âge pour aimer à leur façon des dames souvent plus jeunes qu’eux et qui leur offraient sans retenue leur corps presque parfait. En cet instant, nous croyions subitement percevoir le côté illusoire de tous ces jeux érotiques. Car nous qui venions de contempler des monuments en ruine, nous qui venions de voir la vanité de l’Histoire, de l’art et des princes, nous ne pouvions qu’émettre des doutes sur la pérennité de ces corps enlacés dans un éphémère bonheur. Tant de couples avaient dû passer par ici… Et que restait-il de leurs étreintes ?

    Nous poussions un soupir en remontant dans la voiture. Dans une heure, nous serions dans la grande ville et respirerions ses fumées nauséabondes. Ce qui nous consolait, c’est que nous savions déjà que nous reviendrions bientôt afin de tenter de percer le mystère de ces ruines qui, décidément, n’en finissaient plus de nous intriguer.

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  • Ce jour-là, j’ai retrouvé la forêt.

    Pas ce petit bois qu’on rencontre à la sortie des villes. Non, la vraie forêt, la forêt primitive, celle de mon enfance, celle de toujours. L’indomptée, l’insoumise, celle qui fut toujours forêt et que l’homme, jamais, ne parvint à évincer. Depuis le plus haut Moyen-âge, jamais bûcheron n’en vint à bout, jamais paysan ne put en conquérir la  moindre parcelle pour agrandir ses champs.  Toujours la forêt fut là, aussi loin qu’on remonte dans la mémoire des hommes.

    Le village, j’en ai parlé. Il dort au cœur des grands bois, le long d’une boucle de la rivière. Trois maisons, un cimetière. C’est là que repose les miens. Partout autour, c’est la forêt. Celle de Rimbaud, celle de Verlaine, celle qui traverse toutes les frontières. C’est un pays sauvage où la vie, toujours, a été dure. C’est le pays qui m’a formé, c’est mon pays.

    Ce jour-là, j’ai retrouvé la forêt.

     

    littérature

     

     

     

    Photo personnelle, octobre2012

  • Présence Absence

    Dans le miroir, j’ai aperçu ton reflet.

    C’était impossible, je devais rêver.

    J’ai mieux regardé et, en effet, il n’y avait rien.

    Rien qu’un grand vide avec au fond tous mes souvenirs.

     

    Dans le salon, j’ai cru sentir ton parfum.

    Ce n’était pas possible, il y avait si longtemps…

    J’ai ouvert la fenêtre et tout s’est évanoui

    Sauf le désir que j’avais de te revoir.

     

    J’ai pris le sentier qui mène au petit bois,

    Celui où nous allions nous promener autrefois.

    Dans la boue fraîche, sous les feuilles mortes,

    J’ai cru distinguer l’empreinte de ton pas.

    C’était sans doute celui d’une autre promeneuse.

    Il y a si longtemps que tu n’es plus venue par ici…

     

    Dans la clairière, sur le petit banc, un livre avait été oublié.

    J’ai feuilleté ses pages, mais elles étaient toutes blanches.

    La pluie, sans doute, avait tout effacé.

     

    En descendant vers la plage, déserte à cette heure,

    J’ai cru entendre ta voix, dans les lointains.

    Ce n’était que le  bruit du vent dans les pins.

    Du moins je crois.

     

    Sur le sable, j’ai trouvé des traces de pas

    Et je les ai suivies.

    Elles menaient droit à la mer,

    Où elles disparaissaient.

     

    Alors j’ai compris que je t’avais vraiment perdue.

     

    Littérature

Les chemins  que l’on emprunte ne mènent jamais nulle part.

Ils mènent à d’autres chemins, c’est tout.

Et l’on avance, tout content de progresser, avant de se rendre compte qu’on a tourné en rond et qu’on se retrouve au point de départ.



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