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Ile Pico ; du vert et du noir dans les Açores : tourisme doux au Portugal

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L’ile Pico est une invitation à un voyage insolite au Portugal… Découvrir le Portugal à travers ses îles? L’île Pico est tout indiquée pour faire du tourisme doux au Portugal. Pico est notamment réputée pour ses baleines que l’on peut admirer, ses paysages basaltiques qui ont des airs d’Irlande, son volcan qui façonne la terre de Pico.


 Ile Pico aux Açores ; pas seulement un volcan …


 

L’ile Pico aux Açores? Un volcan, des baleines, du basalte, du vert et du noir. Rien que ça? Ouh…Non.

Après la vue sur le volcan, le petit avion atterrit et c’est l’aéroport.

 

pico eglise

Fichtre ! Encore un de ces mammouths financés par l’Union européenne. D’ailleurs, un panneau estampillé le clame fièrement devant un immense parking vide.

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Volcan de l’île de Pico. Le plus haut sommet du Portugal (Photo Damien Personnaz)

Je suis dépaysé, comme chaque fois que l’on passe d’une île à l’autre dans un archipel. Après Florès, l’île de Pico apparaît beaucoup plus apprêtée. Ici, les maisons noires et blanches sont plus grandes et la route qui ceinture l’île croule ici et là sous une profusion de fleurs et d’arbustes de toutes les couleurs et de toutes les tailles.

Avril. Il fait un peu frisquet mais beau quand on quitte l’aéroport, brumeux trois kilomètres plus loin, carrément nuageux à l’est de l’île, radieux lorsque la route descend comme un toboggan vers le village de Calheta do Nesquim, son église noire et blanche, son petit port abrité, deux bars, un musée de la baleine, un moulin, une épicerie qui vend de tout et de rien, quelques maisons proprettes entourés de jardins potagers cultivés au centimètre. Une atmosphère douce qui masque à peine la rudesse de la vie quotidienne de la majorité des gens du village, de l’île, des Açores, du Portugal en crise.

 

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 Les coulées de lave se voient partout à Pico. (Photo Damien Personnaz)

 


Des paysages de basalte au coeur de l’Océan


 

Ici, la vue sur l’océan bleu est fragmentée par des milliers de murets en pierre de basalte entourant des champs verts, très verts.  Basalte tout noir, maisons très blanches, océan trop bleu, champs et pâturages toujours verts. Telles pourraient être les couleurs du drapeau de l’île de Pico.

 

Réflexion faite, c’est quand il fait beau. Quand il pleut, tout est archi-gris, comme si les nuages de l’Atlantique s’étaient tous donnés rendez-vous (sans crier gare) au même endroit et au même moment.

 

Sur les plateaux, par exemple,  au pied du grand volcan, où règne le royaume des landes, des mousses qui poussent sur la route nid-de-poule, des arbres décharnés par les grands vents, une visibilité quais nulle quand les nuages des environs viennent s’y étioler. A part un peu de bétail et quelques lacs gris, pas grand-chose. Si, un chien, là, sur la route qui descend sur Lajes. Un beau grand chien qui court, langue pendante et flanc essoufflé, seul et perdu au milieu de nulle part, inquiet. Serrage de cœur.

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Sur les hauts plateaux, l’atmosphère se fait plus “irlandaise”. (Photo Damien Personnaz)


La vie quotidienne sur l’île de Pico


 

A Pico, les gens ont un pied dans les champs et un œil sur l’océan. Comme avant. Comme avant l’Union européenne, ses interdictions et ses subventions. Avant, on cultivait son champ pendant que quelqu’un faisait le guet. Il scrute dans une guérite. Tout à coup un panache. Sirène. Tous les cultivateurs dévalent les champs, se vêtent de cirés, sortent une longue barque, rament comme des damnés sur des flots rageurs. Ils se dirigent vers le panache. Sortent le harpon. Visent. Raté. Rament de nouveau. Recommencent. Touché. L’océan rougeoie. Visages ridés et hâlés à la Moby Dick, la cigarette pendante aux commissures des lèvres, sourire édenté qui met en sourdine pour un moment les tourments de la pauvreté. La baleine est touchée. Ramenée au port. Dépecée. C’était avant 1980. Une pêche rude, proche de la survie pour des insulaires oubliés par la dictature et la révolution des œillets, loin des bateaux-usines de maintenant, japonais, norvégiens ou islandais.

 

Maintenant, l’Union européenne subventionne le tourisme doux. On part admirer le cachalot dans des bateaux à touristes. Il n’y en a pas beaucoup en avril de ces visiteurs attirés par un ailleurs différent. Mais il y en a suffisamment pour faire tourner deux petites entreprises familiales, quelques restaurants, un musée de la baleine à Lajes et des maisons d’hôtes qui dévoilent quelques prospectus sur les trucs à voir, les endroits où manger ou siroter le vin local qui provient de vigne poussant sur une terre noire, protégée du vent et réchauffée par des murets de basalte.

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Le port de Calheta do Nesquim (Photo Damien Personnaz)

 

Pico est très différente de Florès. On s’y sent un peu moins loin de tout, même si au sud on imagine l’Antarctique sans rien entre le continent blanc et l’île. Mais la mélancolie propre aux îles atlantiques baigne les lieux d’une langueur mollassonne. Il y a une distance, plutôt une discrétion, de l’insulaire vis-à-vis du visiteur. On se dit bonjour, on se salue d’une voiture à l’autre surtout sur les hauts plateaux nus, mais guère plus. On devine une communauté soudée pour qui le visiteur est le bienvenu parce qu’il ne fait que passer. De toutes manières, il (le visiteur) ne comprendrait pas tout, pas vraiment.

 

L’humeur emboite le pas au climat. Le matin, il pleut, alors on traîne avec un livre. L’après-midi, le soleil réchauffe les cœurs et donc on clapote dans des piscines naturelles protégées des vagues par des rochers gluants de varech.

 

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Les piscines naturelles abondent sur l’île. Une chance parce qu’il n’y a pas de plages (Photo Damien Personnaz)

 

Un soir, au pied de l’ancienne vigie qui surplombe le village de Calheta do Nesquim, un panache. C’est un cachalot qui vadrouille paisiblement dans les eaux orangées et bleues de la fin de journée. Il n’y pas de sirène, pas de cultivateurs transformés en pêcheurs. Il n’y a que le calme et la tranquillité des lieux, l’air tiède et surtout la certitude que les décisions à prendre étaient les bonnes.

A partir de ce moment-là, une nouvelle vie a commencé.

– Une belle adresse si vous voulez séjourner sur l’île de Pico: Chez Adelina. Elle dispose également de deux ou trois maisons d’hôtes sur l’île à des prix très avantageux. Par ailleurs, elle en sait long sur l’histoire et la culture de l’île. Une excellente adresse.

– Un beau texte et un angle différent sur la baleine (entre autres). Cliquer ici.

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A propos de l'auteur

"Ils/Elles" lointains " «Il n’est au monde qu’une seule aventure: la marche vers soi-même, en direction du dedans, où l’espace et le temps et les actes perdent toute leur importance.» Henri Miller.Vivre sur des îles lointaines au XXIème siècle ...

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