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Voyage Inde : Laddakh en hiver

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ladakhladdakhA l’aéroport de Leh j’attendais mon avion et un militaire indien au grand turban bien enroulé donc de caste élevée, est venu me parler . Il voulait savoir de quelle nationalité j’étais et pourquoi j’étais venue en hiver car ce n’était pas courant voir rarissime etc…après lui avoir répondu du mieux que j’ai pu sans qu’il me prenne pour une originale, la conversation s’est orientée sur Noël et comment je l’avais passé au Laddakh.


Mon voyage au Laddakh lors de la 1ère guerre du Golf .
Pascale n’en a retrouvé qu’une partie, dommage. Je mets le texte qui répond à un carnet de Pascale.

J’ai lu ton dernier message sur ta dernière journée à Leh et ta nostalgie de devoir partir de ce pays merveilleux. Je retrouve ces sentiments, sensations mais aussi ce soulagement d’avoir fin janvier enfin un avion qui pouvait décollé de cet aéroport militaire au toit de tôle. Tous ces militaires la mitraillette sur la hanche, ce foutoir, cette cohue de gens divers enchantés de partir sur Delhi pour différentes raisons. c’était l’année de la 1ère guerre du Golf, pas de touristes du tout pour cause de guerre donc et, en cela j’étais privilégiée.
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A l’aéroport de Leh donc j’attendais mon avion et un militaire indien au grand turban bien enroulé donc de caste élevée, est venu me parler . Il voulait savoir de quelle nationalité j’étais et pourquoi j’étais venue en hiver car ce n’était pas courant voir rarissime etc…après lui avoir répondu du mieux que j’ai pu sans qu’il me prenne pour une originale, la conversation s’est orientée sur Noël et comment je l’avais passé au Laddakh. J’avais emmenée une demi bouteille de Moët et Chandon dans mes bagages et un bloc de très bon foie gras que j’ai partagé avec un jeune journaliste français qui venait pour la énième fois au Laddakh avec l’intention d’écrire un livre sur la vie des autochtones en hiver, au Zanskar également. D’ailleurs il l’a écrit 2 ou 3 ans après. Et ce militaire enturbanné m’a raconté qu’il était allé avec sa famille entière à la messe de minuit de Noël dans l’église chrétienne de Leh. Devant mon étonnement il m’a dit avec beaucoup de douceur et de gentillesse qu’une église était un lieu saint et qu’on pouvait y prier Dieu quelle que soit sa religion et sa nationalité, et qu’ils avaient été très émus devant les cantiques et chants de Noël. Je me suis trouvée toute bête devant cette logique évidente et je lui ai répondu que c’était juste, qu’il avait eu raison de passer Noël dans cette église. Il m’a dit que tous les ans ils faisaient ça et que ça leur plaisait. Souvent on désespère du genre humain mais là j’ai été admirative et je me sentais réconciliée avec ces humains grâce à cet indien enturbanné qui était au demeurant magnifique aux grands yeux de velours intelligents. Ah la la !…


De l’avion même sentiments que toi en regardant par le hublot, la beauté de ces meringues blanches, grises, beiges que sont ces montagnes très peu enneigées, souvenirs, souvenirs…


Dès mon arrivée à Delhy plus de maux de tête, plus froid. Je me suis offert une petite folie pour 2 nuits : le palace Taj Mahal. Une suite à moitié prix du prix normal. Pas de touristes du tout donc la direction bradait les chambres et suites qui restaient malgré tout chères. Mais bon , après l’épreuve du Laddakh et avant de partir en galère au Tibet, Bouthan, Sikkim, Népal et Inde en train, je me suis fait plaisir et j’ai pris un bain chaud où je me suis décrassée, étrillée dans tous les sens, jusqu’à ce que ma peau toute rouge soit toute blanche et douce comme quand on va au hammam. Quel plaisir !


Mon grand Lama Rimpoché qui était descendu à Delhy 2 semaines plus tôt que moi est venu me rejoindre. Comme il y avait 2 chambres dans ma suite je l’ai invité. Il était ravi. Personne ne l’invitera plus jamais dans un palace comme je l’ai fait. Ses yeux brillaient de curiosité et de contentement et j’étais heureuse de lui faire plaisir. Sans compté le room-service, une table magnifique dressée dans le living avec tous les mets les plus délicieux mais immangeables car pimentés à bloc. J’avais pourtant demandé “mild” mais les cuisiniers n’ont pas la même idée des plats doux que nous. Et pourtant crois moi j’aime le piment et tous les plats épicés mais là non c’était immangeable. à moins que le cuisinier ai voulu me faire une mauvaise blague. Le lama a eu beaucoup de mal pour manger ces plats aussi.
Voila ma chère pascale mes réflexions et mes sentiments sur la dernière journée à Leh. Je n’écris pas aussi bien que toi bien sur mais tu me forces à me replonger dans mes souvenirs et Dieu sait que j’en ai mais j’ai plus de mal pour les étaler sur le clavier. Sans compté mes pertes de mémoire pour cause de maladie. Je t’embrasse. A+ Patand

Sur mon avatar, je suis entrain de découper la pièce montée du Nouvel An à Leh au Ladakh. J’avais organisée une fête qui fut mémorable aux dires de tout le monde, pour les villageois d’un petit hameau dont je ne me rappelle plus le nom, en dehors de Leh. Ce 1er janvier là était mémorable à plus d’un titre mais surtout il se passait pendant la 1ère guerre du Golf. La GH où j’étais descendue était ouverte certes, sous -20à -25° il n’y en avait guère beaucoup. Pour cause de guerre et donc par manque de touristes. On était 4 touristes à cette époque là, on se croisait parfois dans Leh.


J’étais tellement gelée dans cette GH au chauffage inexistant ou presque, qu’au bout d’une semaine j’en suis partie et j’ai été hébergée dans une famille ladakhi. Le père Nawang, l’intellectuel du village, s’occupait d’une agence de voyage à Leh et recevait les touristes qui arrivait à l’aéroport. Sa maison traditionnelle construite en dehors de Leh sue 3 niveaux. Au RDC l’étable avec des vaches et des yacks, quelques moutons aussi. Un escalier extérieur menait au 1er étage avec de nombreuses chambres et pièces à vivre pour toute la famille mais aussi pour les touristes de passage. Elle était en bois, briques de torchis recouvertes de bouses de yack. Au 2ème étage une terrasse avec un petit temple dédié au panthéon des dieux tibétain et indien et, à coté une grande pièce qui m’a servi de chambre pendant près de 2 mois avec un petit poêle à bouses de yack. Au 1er étage, la famille se réunissait dans une petite cuisine où ils mangeait, vivait, dormait L’hiver étant rigoureux ils se regroupaient tous dans cette cuisine. Au milieu de la pièce trônait un poêle à charbon ou bouses de yack séchées, ça dépendait des jours. Le charbon rare venait de Delhy et coûtait cher. Les bouses en revanche en grande quantité était un combustible gratuit. Il y avait à ce niveau une grande salle à vivre qui servait aussi de salle de réception. Vaste, elle pouvait recevoir une cinquantaine de personnes mais le double assis en tailleur sur des nattes ou des coussins. Le sol en terre battue était légèrement nivelée. J’ai acheté chez l’indien de Leh 2 énormes pièces de feutre tissées en poil de yack très épaisses et bien chaudes, que les locaux utilisent pour isoler du froid. Cette pièce est vite devenue chaude. J’ai également fait l’emplette d’un grand poêle à charbon uniquement et de 2 grands sacs de charbon que j’ai eu la chance de trouver, venant de Delhi. J’ai loué des cuisiniers et un orchestre traditionnel, commandé une grande pièce montée recouverte de crème blanche à l’américaine chez le pâtissier du coin, acheté des poulets sur pattes, maigres , des gigots d’agneau, des légumes pas trop gelés, de la farine et de l’huile pour faire les momos, enfin tout ce qu’il faut pour faire une fête mémorable pour tout ces braves gens. Et il n’y a pas de fête sans alcool. Bière, alcool ladakhy, jus de fruits, cocas. Tout le monde à mangé tout son soul, presque religieusement puis l’alcool aidant et les musiciens jouant et chantant, tout le monde s’est levé et à la file indienne se sont mis à dansé d’un petit pas coulé et sautillant. Charmant ! C’était un réveillon de la Saint Sylvestre très original, dépaysant au possible et où je ne me suis pas ennuyée une seule seconde.


J’ai été heureuse ce jour là comme jamais car une centaine de paires d’yeux luisaient de joie et de plaisir. Beaucoup se sont endormis sur le feutre bien chaud à la fin de la fête surtout si ils habitaient loin en rêvant encore aux sons des violons et autres instruments traditionnels.

Photo de l’introduction : crédit travel.webshots.com



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