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Nous n’avons plus les moyens de la nostalgie

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Pour fuir mon écran – celui dont je suis un peu/beaucoup « addict » pour cause de curiosité pour les articles postés par mes amis FB, et en partie pour mon travail d’écriture –  Pour fuir le monde plat et virtuel d’internet ainsi que celui de la TV avec ses infos consternantes ou alarmantes, il m’arrive de  marcher au hasard dans la ville.

Je quitte mon quartier en mouvement perpétuel, mon quartier et ses boutiques « trendy » qui ouvrent et ferment à la vitesse des clignements d’yeux ou plus exactement du caprice de ses propriétaires, petites poupées gâtées par leurs parents, nouveaux riches, qui n’osent rien leur refuser. Fermetures et réouvertures qui n’ont rien à voir avec les vraies raisons de ce commerce de  façade car je n’ai jamais vu personne acheter dans ces boutiques. Pourtant ce sont de joyeuses vitrines, colorées, attirantes, aussi jolies que leurs éphémères propriétaires.

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Donc je change de quartier pour voir comment évoluent les autres quartiers de Chiang Mai et traverse le pont Nawarat au-dessus de la Mae Ping River, l’appareil photo toujours prêt à shooter évènements ou images insolites ou pour capter  beauté ou  singularité.

Des boutiques d’artisanat ont fermé pour s’enfermer dans des centres commerciaux, de nouveaux restos, à la cuisine aux saveurs délicates ont détrôné la nourriture de base… la clientèle locale évolue… les nouveaux arrivants de Bangkok y sont pour beaucoup.

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                                    Flamboyant ou “feu de foret” dans le jardin de 137 pillars house

De l’autre côté de la Mae Ping, le quartier de Watgate du nom d’un temple… Une indication discrète au milieu de la végétation attire mon regard : « 137 pillars house » Un nom qui évoque instantanément les piliers de la sagesse, quelque chose du passé, d’une époque révolue qui ne reviendra plus jamais… Je suis la flèche dans un soï de brics à bracs, de restaurants crapoteux pour atterrir dans un endroit à la hauteur de l’évocation de son nom : une élégante demeure coloniale avec ses frangipaniers, ses « fire of the forest » (“feu de foret”,  joli nom pour  « flamboyants »), ses bassins où flottent des lotus solitaires et ses pavillons au nom évocateur : East Bornéo, suite Rajah, pavillon William Bain, terrasse Louis Leonowens ( fils de la gouvernante des enfants du roi Mongkut qui a fit naître l’inoubliable légende  « Le roi et moi ».

Blog _3487                                              ” la piscine de 137 pillars house avec son mur de verdure”

Autour du temple proche, une demeure en teck ayant appartenu à un ancien Premier Ministre  : Suki Nimmanhemin (tiens ! il a aussi donné son nom à la rue principale de mon quartier… mon errance n’est donc pas négative).

Les architectes et historiens ont méticuleusement restauré cette demeure et renforcé son originalité et sa structure qui date de 1889 avec ses 137 piliers.

Charmée par l’endroit j’y reviens un soir… Conrad, Somerset Maugham auraient pu séjourner là. Un pianiste joue rêveusement sur un piano à queue.

Blog _3491                                                                                    Salon de lecture

Les pieds nus des serviteurs ne glissent plus sur les somptueux parquets de teck, ils ont été remplacés par un personnel qui a étudié à l’université et fait des stages en Europe. Conversations, échanges avec Mot (fourmi en thaï). Elle a étudié 3 ans en Angleterre, à Brighton, « où ne vivaient plus que des retraités et des étrangers » me dit-elle. Et ici, des étrangers, il y en a ? Je veux dire des « farangs » à peau blanche ?

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« 50 % des clients sont des thaïlandais de Bangkok » me répond le Food and Beverage Manager, lui-même « look krung » («  enfant moitié » littéralement… pour « métis ») et les autres 50 % sont asiatiques de Chine, de Singapour, de Corée, de Malaisie… de Brunei…

L’évocation d’un passé révolu charme une nouvelle clientèle sans nostalgie, car elle n’a pas connu cette période et ne l’a probablement pas étudiée non plus. Et nous, « farangs » d’un monde fini, nous n’avons plus l’argent pour nous offrir le luxe de cette nostalgie.

Nous reste l’imagination.

Et moi, l’espace d’un « mai tai », je rêve que je suis l’épouse d’un riche marchand international, alanguie sur des coussins de soie et enveloppée de la gaze vaporeuse des moustiquaires vaguement bleutée… tandis que ronflent avec énergie les palmes des ventilateurs.

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Qui est l’auteur?

michele jullian maleeJe m’appelle Michèle Jullian. J’aime les voyages, la photographie, l’écriture.

Voyager ce n’est pas seulement prendre l’avion ou parcourir la planète, c’est aussi voyager dans les livres, les deux étant l’idéal. Chaque voyage comporte sa part de découvertes et de déconvenues, lesquelles deviennent expériences, à partager ou pas. Voyager est une aventure de chaque instant. Mes repères sont en France et en Thaïlande où je réside « on and off ». J’ai écrit un roman “théâtre d’ombres” qui a pour décor la Malaisie et la Thaïlande …

Découvrez le blog de Michèle, une femme à la croisée des cultures …



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A propos de l'auteur

Partage ma vie entre Thaïlande et Paris ... Intérêts: les voyages, la photo, l’écriture, vient d’écrire un roman "théâtre d'ombres" qui a pour décor la Malaisie et la Thaïlande__________________________________________________________________________________________________________________Le blog de Michèle, une femme à la croisée des cultures

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