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« Rendez-vous en terres inconnues » : Frédéric Lopez, retour en terre inconnue

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Rendez-vous en terres inconnues est l’un des plus grands succès télévisuels de France 2. Cette émission animée par Frédéric Lopez propose à un invité célèbre de partir à la découverte d’une tribu ou d’une ethnie souvent lointaine, où les modes de vie sont totalement différents des nôtres… Une forme de voyage ethnique…

« Rendez-vous en terres inconnues » est une émission télévisée que je trouve extrêmement belle et surtout riche des rencontres qu’elle permet et de l’émotion partagée, fragile, éphémère, humaine. Que les héros de chaque expédition, car c’est bien de cela qu’il s’agit, soient des célébrités est secondaire dans le plaisir que j’ai à découvrir chaque voyage, chaque insertion en terres inconnues.

Rendez-vous en terres inconnues: la vision du voyage ethnique selon France 2

 

Pour moi, l’essentiel ce sont les rencontres :

• celles de deux mondes, l’occident, d’une part, et ceux de peuples rares, de tribus anciennes et menacées par le progrès, la folie des hommes. J’en profite d’ailleurs pour donner un grand coup de chapeau aux équipes de tournage qui rapportent chaque fois des images de paysages sublimes.

• Celles d’hommes et de femmes, dont les horizons semblent si différents et qui se retrouvent et se découvrent, souvent avec très peu de mots et beaucoup de partage. Les faux semblants disparaissent pour revenir à l’essentiel, à des valeurs que nous sommes nombreux à partager sur ce blog.

L’homme en sort plus riche, plus humble, humain.

La qualité du programme tient aussi beaucoup à son concepteur et animateur, un journaliste que j’apprécie beaucoup, Frédéric Lopez, dont je vous propose de lire de larges extraits du portrait que Le Monde lui consacrait hier.

Ce soir, dans la ligne des émissions précédentes, France2 annonce ce programme qui me tente vraiment bien.

 

Le concept  de Rendez-vous en terres inconnues

 

Pour la première fois en plateau et en public, Muriel Robin, Patrick Timsit, Charlotte de Turkheim et Bruno Solo sont réunis pour partager avec les téléspectateurs les coulisses de leur voyage en Terre Inconnue.

Autour de scènes devenues cultes et de séquences inédites, les quatre personnalités échangent leurs souvenirs les plus drôles et les plus émouvants, le tout orchestré par Frédéric Lopez.

Moments forts de la soirée, des reportages inédits lors desquels les populations rencontrées découvrent, à leur tour les films dont ils sont les héros.

L’Equipe est retournée 3 ans après, en Namibie, en Indonésie, en Sibérie et en Mongolie, afin de prendre des nouvelles de ces hommes et ces femmes qui vous ont marqué.

 

Les invités de Rendez-vous en terres inconnues

 

Muriel Robin chez les Himbas du Kaokoland

 

 

Les Himbas de Namibie sont les bouleversants témoins de l’homogénéisation culturelle qui guette notre monde.

Longtemps exilés, chassés de leurs terres par les conflits armés, les Himbas sont un peuple miraculé.

Mais, aujourd’hui, les voilà confrontés à un danger plus insidieux : la modernité.

Soumis brusquement aux contraintes du marché, au développement de leur territoire et au regard de l’autre, ils sont nombreux à renoncer à leurs traditions.

Si certains en sont déjà réduits à tendre la main dans les bidonvilles, d’autres continuent heureusement à défendre fièrement cette identité fascinante et attachante.

Patrick Timsit à la rencontre des Mentawai, les «hommes-fleurs»

 

 

Sur l’île de Siberut, au large de Sumatra, les Mentawai, ou “hommes-fleurs”, sont des chasseurs-cueilleurs qui vivent au coeur d’une forêt tropicale intacte, en harmonie avec la nature.

Dans la maison commune du chaman Teoréun, Patrick découvre une culture des plus riches, des plus fascinantes.

Une culture qui, après des décennies de dictature et au nom du progrès, a subi de nombreuses violences (maisons brûlées, chamans humiliés, religion interdite…) et doit aujourd’hui relever un nouveau défi : concilier tradition et modernité

Certains aimeraient garder le meilleur des deux mondes.

Réussiront-ils à tenir ce pari optimiste, mais difficile ?

 

 Charlotte de Turckheim, cap sur la péninsule du Yamal

Sur la péninsule du Yamal, dans le grand Nord sibérien, au-delà du cercle polaire arctique, l’homme survit grâce à un animal : le renne.

Les Nénètses sont les plus grands éleveurs de rennes de la planète, mais pour combien de temps encore, car ils vivent au-dessus d’un trésor convoité par le monde entier : le plus grand gisement de gaz de la Terre dont l’exploitation génère des sommes d’argent colossales.

Les populations autochtones reçoivent des subventions en compensation des pâturages abimés mais cet argent risque de précipiter l’abandon de la culture ancestrale et du mode de vie traditionnel dupeuple nénètse.

Bruno Solo, au coeur du “peuple centaure”

La Mongolie est un pays exceptionnel avec plus du tiers de sa population encore nomade, un million d’éleveurs sur un territoire gigantesque où il faut apprendre à coexister avec une nature intraitable.

En 1991, l’effondrement du communisme signe la fi n de la collectivisation du bétail, de la sédentarisation forcée et décide beaucoup de Mongols à retourner vers la steppe.

Inexpérimentés, victimes d’une succession de sécheresses et d’hivers catastrophiques, nombre d’éleveurs perdent tout et viennent grossir les faubourgs Oulan-Bator.

Par ailleurs, l’entrée brutale dans l’économie de marché mondiale bouleverse les destins individuels et les valeurs de la communauté, de plus en plus de cavaliers mongols abandonnant la steppe.

Comment, dans ces conditions, continuer à faire vivre l’esprit nomade ?

 

 


L’homme au cœur du projet :
Frédéric Lopez ou l’éthique du voyageur (extraits)

Le visage déroute. Derrière la beauté des traits et les traces de l’enfance qui subsistent, un air de gravité ferme la porte à toute tentation d’analyse morphologique. Lui faire remarquer, c’est s’entendre répondre :

Mais je suis profondément grave.” A l’image de ce que sera tout l’entretien, Frédéric Lopez se confie – sincère, sans faux-semblants ni esquives -, mais demeure dans l’ombre de ses secrets intimes. Capable de révéler sans se dévoiler : un art que peu de gens possèdent !

 

Dans ce qu’il révèle, il y a sa naissance à Pau en 1967, son père croupier, sa mère femme au foyer, ses deux soeurs, les dix-neuf déménagements qui ont bousculé son enfance, ses études de journalisme, ses premiers pas en radio, en 1991, sur Autoroute Info, puis à la télévision sur Télé Lyon Métropole. “En fait, je voulais être écrivain. Mais ayant envie d’aller vers les autres, je ne pouvais m’imaginer travailler seul face à mon bureau. Du coup, le journalisme était un bon compromis.”
[…]

A 35 ans, il entreprend une thérapie, conscient que quelque chose cloche. “Je faisais rêver tout le monde. J’avais de la chance, de l’argent, la reconnaissance. J’avais tout pour être heureux et je ne l’étais pas.” Six ans d’analyse lui apprennent à ne plus aller systématiquement chercher l’approbation des autres, la décharge d’une culpabilité omniprésente, l’ancre dans l’instant.

J’ai appris que le bonheur reposait sur l’estime de soi. J’ai cessé de vouloir qu’on me comprenne à tout prix. Aujourd’hui, quand on me dit que je suis génial, je sais que ce sont des conneries. Mais quand on me dit que je suis nase, je sais aussi que ce sont des conneries. Au fond, j’ai appris la légèreté à 40 ans.”

La deuxième aventure concerne sa carrière, mais s’enracine, à n’en pas douter, dans ce travail qu’il fait sur lui-même. Lui qui avait toujours rêvé devant les documentaires du commandant Cousteau ou de Frédéric Rossif, lui qui avait beaucoup voyagé sac au dos, nourrit l’idée d’un concept autour de “l’ailleurs“. Elle naît lors de cette parenthèse de vacance professionnelle.

De mes expéditions, j’oubliais toujours le nom des lieux que j’avais visités. En revanche, je me souvenais précisément du nom des gens que j’avais rencontrés. J’avais aussi constaté que je trouvais chiantes les photos de vacances de mes amis, sauf lorsqu’ils apparaissaient dessus. Là, elles m’intéressaient.”

 

De ces réflexions surgit l’envie d’emmener quelqu’un de connu (moteur d’identification pour le public) en terre inconnue. Ce concept, Frédéric Lopez ne va cesser de l’affiner. Son cheval de bataille : l’éthique.

Respect absolu des peuples visités, aucun commentaire mais juste le recueil de la parole des uns et des autres, sans mise en avant de la célébrité. Et mille choses encore qui rendent sa série “Rendez-vous en terre inconnue” inattaquable, pour peu qu’on l’ait regardée.

Frédéric Lopez refuse, malgré les demandes, de vendre son concept à l’étranger. “Pas question que l’on s’en empare pour faire n’importe quoi, comme de débarquer en horde dans un endroit et chez des personnes que nous mettons, nous, des mois à découvrir et à préparer à notre visite.”

 

D’abord diffusée sur France 5, qu’il mettra un an à convaincre, puis sur France 2, l’émission est un succès. Elle fait aujourd’hui l’objet d’une “spéciale” (le 1er décembre, à 20 h 35) et d’un beau livre Rendez vous en terre inconnue de Frédéric Lopez La Martinière), sur lesquels figurent les Himba de Namibie et Muriel Robin, les Mentawaï en Indonésie avec Patrick Timsit, les Nenets de Sibérie avec Charlotte de Turckheim… (et des DVD Rendez vous en Terre inconnue)

Frédéric Lopez, qui anime depuis 2008 sur France 2 l’émission “Panique dans l’oreillette“, dont il est aussi le créateur, travaille pour la même chaîne, sur le projet d’un loto humanitaire qui financerait des aides au développement. Sa manière à lui “de viser la Lune pour être sûr, en cas d’échec, d’atteindre au moins une étoile“. Sa citation préférée, signée Oscar Wilde.

Par Véronique Cauhapé pour Le Monde
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*

Deux citations de Batbayar en guise de conclusion

Maintenant, vous connaissez mes valeurs : aimer son prochain, respecter la Nature…
Si on arrive à avoir du plaisir avec tout ça, c’est une satisfaction rare.
Dans un moment comme celui-là, je me dis qu’on vit sur la même planète, en dehors des langues et des religions.
On est tout simplement des humains sur cette Terre.

La privatisation de la terre, ce n’est pas pour les Mongols, ni pour la Mongolie.
À l’époque de nos ancêtres, les Mongols luttaient toujours pour la liberté de leur terre.
Les Mongols sont très attachés à leur terre. Nous avons un proverbe qui dit :
« Ne donne jamais cette terre, même si Dieu te le demande »

Beaux voyages !

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A propos de l'auteur

http://annagaloreleblog.blogs-de-voyage.fr/

5 commentaires

  1. J’aime aussi beaucoup. Idem pour les beaux souvenirs de “Chasse au Trésor” avec Philippe de Dieuleveut et pour “la course autour du monde” où nous l’avions découvert avec d’autres comme Didier Régnier, Jérôme Bony… J’en rêve encore…

  2. Je me régale a chaque émition , il est réconfortant de voir Sylvie Testut artiste parisienne reconnue avoir du mal a quitter “les Gorans” petit peuple du désert vivant en grande fragilité et grand inconfort. Frédéric Lopez Noue fait découvrir certains de ces peuples fragiles avant que nos sociétés ne les détruisent, involontairement et volontairement… merci pour ton évocation..

  3. J’aime et j’apprécie la manière dont Frédéric amène la vedette à ne s’étonner de rien !!! Un peu comme les ” chasses au trésor ” de DIEULEVEULT, que tu n’as peut-être pas connues, tout çà, déjà l’époque, dans le respect des populations. C’était un précurseur, si ce n’est que son hélico étonnait beaucoup !!!

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